OPÉRATIONS QUI SE PRATIQUENT SUR LE TISSU SÉREUX
La chirurgie, dans le traitement des maladies du système séreux, est appelée à intervenir pour les cas d'épanchement.
Les épanchements que peuvent renfermer les séreuses se divisent en trois classes : épanchements séreux ou hydropisies, épanchements sanguins, épanchements purulents.
1° Épanchements séreux. — Ces épanchements peuvent être trailés de trois manières différentes, ou bien par la ponction simple qui, le plus habituellement, n'est autre chose qu'un palliatif, ou bien par la ponction suivie d'injection iodée, ou enfin par le drainage au moyen des anses élastiques.
Quant aux indications particulières pour l'emploi de ces diverses méthodes, nous renvoyons le lecteur aux articles qui se rapportent à l'hydrocéphalie, aux épanchements dans les plèvres, dans le péricarde, à l'ascite, auspina-bifida, à l'hydrocèle et aux maladies des articulations.
2° Épanchements sanguins. — Le traitement de ces épanchements exige des précautions toutes particulières. D'abord nous ferons remarquer que tout doit être tenté pour obtenir la disparition du liquide épanché par résorption avant d'en venir à des moyens opératoires. Voici pourquoi : l'épanchement sanguin abandonné à lui-même peut n'avoir d'autre inconvénient que la gène mécanique résultant de la compression qu'il exerce. Mais s'il vient à s'échauffer et à provoquer une suppuration , alors il constitue une affection excessivement grave , d'abord parce que la suppuration dan* les séreuses est toujours quelque chose de très-grave, et, en second lieu, parce que par le fait de son mélange avec les caillots sanguins, le pus s'écoule plus difficilement au dehors.
Paudra-t-il donc, comme cela a été proposé, par exemple pour l'empyème de sang, ouvrir largement les cavités séreuses? A cette question voici notre réponse. Pour tous les cas où il n'y aura aucune preuve de suppuration, nous repoussons formellement l'incision des séreuses ; pour le cas où l'épanchenicnt sanguin s'accompagne de suppuration, nous n'admettons l'opportunité d'une large, ouverture qu'après avoir reconnu que, malgré le lavage répété de l'intérieur de la poche, au travers de la canule d'un trocart et malgré l'emploi du drainage par les tubes élastiques, il y a insuffisance d'évacuation et dès lors nécessité d'un débridement plus large.
3° Éjjanchcments purulents. — Pour ceux-ci, l'expérience que nous avons acquise nous paraît avoir prononcé d'une manière absolue ; c'est au drainage qu'il faut donner la préférence en le combinant, s'il y a lieu, avec l'injection iodée.
Quant à l'injection iodée seule, elle est nuisible en ce qu'elle peut exciter un degré d'inflammation sur-aiguê qui aggrave la position du malade et produit des phénomènes d'étranglement dus à l'exiguïté des ouvertures par lesquelles on fait pénétrer le liquide irritant dans les séreuses.
Il va sans dire que, surtout dans cette circonstance, le drainage ne doit être privé d'aucun de ses auxiliaires. On doit employer les douches détersives, les injections iodées elles-mêmes qui, trouvant une soupape de stircté dans la présence des tubes, peuvent produire leurs eiïets utiles sans donner lieu aux inconvénients qu'on leur reproche en pareil cas.
SECTION XI