‹ Traité complet d'accouchements (volume 2)Chapitre 3 sur 277 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

(incision.

bime années de pratique et d'observation m'ont permis

|ftuler, à rexpériencede ceux qui m'ont précédé, mon con-

n( d'expérience personnelle. Dans un ouvrage de cette

f>leséléments scientifiques forment deux grands courants

Kts, et cependant destinés à se mélanger à chaque page :

Ifcl la pratique, l'autre la théorie.

itout, j'ai voulu faire un livre de pratique*, cette partie

p propos, je citerai le fragiiieiii de la lettre d'un maître dont l'autorité et h

îSûDt grandes. J'en aurais fait certainement uiiç préface si sa volonté

î ne m'eût imposé d'en biffer tous les noms et la signature. La lettre pn!

iKrte et cruelle pour quelques aniours-propres, et mon cher maître craint

M. On parlait donc de votre livre, et chose qui m'a surpris, tout le monde en f du bien, même *'* , qui n'est pourtant guère de vos amis; il est vrai qu'il n éen terminant : '

k^Seulemenl Joulin n'est pas praticien.

[toraraent pouvez-vous avancer que l'auteur du livre le plus pratique que non> Isur les accouchemenls n'est pas praticien? La Fontaine a écrit queliftie part : ? on connaît Tartisan. On pourrait dire avec autant de raison : Le praticien ait à ses œuvres.

"h foi, je n'en sais rien, je Tai entendu dire.

f fat entendu dire! Vous connaissez la valeur et la poilée de cette phrase ; elli' iles gens de la préoccupation de penser et déjuger par eux-mêmes: elr Pgeia responsabilité des malveillants et des niais.

W<avez creusé votre sillonde vive force, vousvousétesimposéâ ceux qui voulaient feljan-er le passage, mais vous n'avez pas la prétention de croire que les résistances W \^incues, et que vos compétiteurs se résigneront à vous tenir l'échelle...

tu à l'opposition qui a pour base l'intérêt personnel , la meute des amourh- '^ blessés jadis par vus flèches médicales feiwm^ pourrez compter un nombn IBDnahle d^adversaires« Us ne vous attaqueront pas sur le terrain scient»

MLlS ACC. tf

VI PHÉFAGE.

m'a toujours paru trop sommairement traitée par les auteurs. 11 ne suffit pas de formuler un précepte, il faut encore en détailler l'application. Dans le plus grand nombre des cas, le rôle de l'accoucheur est médiocrement actif, son intervention se réduit à remplir une foule de petites indications. Ces indications semblent peu importantes, quand on les considère à l'état d'isolement, mais leur réunion constitue souvent toute la pratique. L'enseignement des menus détails a été trop sacrifié ; le jeune médecin, à ses débuts, est obligé de faire lui-même, sous ce rapport, son éducation ; et l'absence de règles et de conseils pratiques lui causent parfois un certain embarras. Je me suis efforcé de combler ces lacunes et de ne laisser dans l'ombre aucun des détails dont la connaissance peut être utile en obstétrique.

En ce qui concerne la théorie ; celle des anciens accoucheurs reposait trop souvent sur des hypothèses et sur des affirmations insoutenables. Beaucoup de ces hypothèses sont arrivées jusqu'à nous, et ont trouvé dans les traités modernes une hospitalité généreuse. La théorie de la science actuelle est basée sur des faits rigoureusement observés ; elle conduit nécessairement aux applications précises, aux doctrines exactes. J'ai fait la guerre aux hypothèses, non par de simples dénégations, mais par la démonstration; la négation d'un fait accepté n'a d'autorité que lorsqu'elle est eçcortée de preuves. J'ai également rejeté toutes les banalités puériles, relatives aux étiologies, aux traitements, etc. ; c'est encore là un vieux legs du passé que ne peut accepter la science de nos jours. Il vaut mieux avouer notre ignorance ou notre impuissance que d'enregistrer des niaiseries.

J'ai puisé à toutes les sources, et la littérature étrangère m'a

i que... Mais ils tourneront la difficulté, ils mettront en doute la valeur du pnti- < cien. Or, comme la pratique est murée et que rœil du voisin n'y pénétre qu*acci- 4 dentellement , les malveillants lanceront leur petit projectile en ajoutant : Je Vai 4 entendu dire ! Et les niais qui n'ont pas lu votre livre le répéteront de confiance ; « bongez-y, les niais sont bien nombreux .. >

Moinb nombreux, clier maître, que vous neseinblez le croire; dans tous les cas, les niais n'imposent leur opinion qu'aux... niais, et quel que soit leur nombre » je m*en préoccupe peu, ce n'est pas pour eux que j'écris, c'est pour les autres.

PHÉTACE. VU

fourni de nombreux documents. J'ai pu introduire dans mon

Uvre des chapitres entièrement nouveaux (voir : nota, p. 1225).

Lorsque les idées ou les travaux me sont personnels, j'en parle

en mon nom; lorsqu'ils portent un nom, j'ai soin d'en citer

l'auteur.

J'ai donné un grand développement à la bibliographie, et en cela, je crois avoir rendu un véritable service aux travailleurs. A l'exception de l'excellent Traité de mon bien cher maître, le professeur Velpeau, les livres d'obstétrique ne fournissent point de renseignements de cette nature, et chacun doit faire soimême son érudition. J'ai réuni plus de huit mille documents dont le plus gtand nombre se trouve distribué à la fin des chapitres. Les travailleurs qui aiment ce genre de recherches peuvent seuls apprécier ce que cette partie de mon œuvre ma coûté de peines et de temps. J'ai collationné avec soin toutes mes indications, et si dans ce nombre énorme de chilTres et de dates il s'est glissé quelques erreurs typographiques, elles sont certainemend bien peu nombreuses. La bibliographie aura encore cette utilité, de permettre aux étudiants qui soutiennent des thèses sur les accouchements, de les faire moins faibles. Elles sont en général tellement défectueuses, que j'ai rarement pu leur donner place dans mes index.

A une époque où l'on signe volontiers des livres écrits par d'autres, j'ai besoin de déclarer que je n'ai accepté aucune collaboration, toutes mes recherches me sont absolument personnelles, et j'ai seul droit au blâme ou aux éloges qu'on accordera à cet ouvrage.

L'ordre que j'ai suivi dans sa rédaction est l'ordre naturel de révolution des phénomènes physiologiques. Je me suis surtout attaché à grouper avec méthode les différents éléments des chapitres, de manière à ce que chacun d'eux forme au- Unt que possible un tout complet et homogène. J'ai fait suivre les chapitres d'un résumé, qui permet à l'élève de repasser en quelques minutes le sujet de plusieurs heures d'étude.

La manière dont ce livre a été publié m'a permis de connaître ropiniou des maîtres et celle de la presse scientifique, avant qu'il

VIU PHÉKACE.

ne fui euUèreinenl lenniiié. Je remercie les maîtres de leurg lelli^s et de leurs avis bienveillants, je rejiiercie les journalistes de leurs appréciations courtoises. Jusqu'ici je n'ai reçu que des éloges des hommes compétents, et c'est là surtout la récompense que j'ambitionnais pour un si rude labeur.

JOULIN,

< t'ror«»»eui' agrégé de 1» Facullé de Médecine.

Taris, 18 mai 1867.

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