DURÉE DE LA «SESTATIOX
En France, on admet en général que la durée de la grossesse e^t de 9 mois ou 270 jours. Nous verrons tout a l'heure que 280 est un chiffre un peu plus exact, et encore ce dernier terme n'est qu'une moyenne qui subit de nombreuses variations, et le plus ordinairement la grossesse se termine quelques jours avant ou après celte époque.
Dans l'espèce humaine, les rapprochements sexuels sont assez fréquents pour qu'il.devienne fort difficile, à moins de circonstances particulières, de noter la date exacte de la copulation fécondante.
Cette date exacte élant connue, je ne crois pas qu'elle puisse permettre, comme on l'admet, de déterminer rigoureusement la durée de la gestation. En voici les raisons :
Mais rappelons d'abord brièvement quelques-unes des circonstances importantes de la génération. Pour que la fécondation s'accomplisse, il faut : Me contact de deux germes, et le germe femelle n'est mis en liberté qu'à l'époque menstruelle, c'est-à-dire environ une fois par mois ; 2° on a constaté la présence de spermatozoaires vivants dans les organes de la femelle huit jours après la copulation , et on ignore si ce terme est la dernière limite de leur vitalité ; 5° Enfin, on a observé trop souvent, pour que le fait soit discutable, que des femmes deviennent mères à la suite d'un coït pratiqué pendant l'époque inter-menslruelle.
D'après ces données , qui sont fournies par l'observation la mieux établie , il existe donc, dans un certain nombre de cas, un intervalle de plusieurs jours, peut-être huit, peut-être davantage entre la copulation et la fécondation. Or, la grossesse ne commence qu'au moment de l'union des germes, et, si son début n'est pas exactement connu, il est évident qu'on n'en peut mesurer rigoureusement la durée.
Ce fait sera incontestable jusqu'à ce qu'on ait démontré que la fécondation peut s'opérer dans l'ovaire même, avant la déhiscente de l'œuf ; ce que personne n'est en mesure de faire pour l'homme, ou bien qu'on ait prouvé que la copulation peut déterminer des ovulations supplémentaires ; je crois avoir démontré (page 158) que le fait est inadmissible.
II parait donc assez probable que, quelle que soit l'époque du coït fécondant, l'union des germes n'a lieu qu'au moment des règles, lorsque l'œuf est
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expulsé de l'ovaire. Ce point établi semblerait permettre de fixer l'époque de l'accoucbemenl à peu près vers le retour d'une période menstruelle : ce serait la neuvième si la fécondation a eu lieu immédiatement à la fin des dernières règles, et la dixième si elle ne s'est accomplie qu'au moment où la première menstruation qui a fait défaut devait se manifester.
Les différentes méthodes qui ont été proposées pour supputer la grossesse aboutissent, en résumé, à choisir l'une ou l'autre de ces époques.
Cette latitude d'un mois laissée au doute est déjà un motif qui s'oppose à ce qu'on pronostique avec précision le terme de la grossesse ; mais il en existe encore d'autres non moins sérieux. Pour que le mode de supputation que nous venons d'exposer repose sur des bases un peu exactes, il faut nécessairement que l'intervalle qui sépare chaque époque menstruelle soit toujours régulièrement la même, car si avant la gestation la femme voyait apparaître ses règles à des périodes irrégulières, ou si elle était réglée plus d'une fois dans un seul mois, il est évident qu'on ne saurait prendre pour base de la supputation le retour de la neuvième ou de la dixième époque menstruelle, puisque cette époque ne peut être précisée. Or, nous savons que les femmes qui se trouvent dans ces conditions anormales sont assez nombreuses.
En interrogeant avec soin la femme sur l'état habituel de sa menstruation, on pourra assez facilement éliminer celte cause d'erreur, et réserver ce mode de supputation exclusivement pour les cas où le sujet se présente sous ce rapport dans des conditions physiologiques.
Mais ce n'est pas tout, et de pareilles précautions ne suffisent pas pour qu'on soit autorisé à pouvoir considérer le retour d'une époque menstruelle connue, comme la date assurée de l' accouchement. Les observations de Mcn iiuan, Murphy, Reid et Devilliers, que nous allons signaler, prouvent que très-souvent celte date correspond a un intervalle inter-menstruel. Ces observations mettent, en outre, en évidence une autre cause d'erreur, c'est que la durée apparente de la gestation présente de très-nombreuses variétés, et qu'elle s'écarte souvent en plus ou en moins du 270e jour accepté à titre de règle générale.
Comme on le voit le problème du terme de la grossesse est beaucoup moins simple qu'on ne s'accorde généralement ;'i le croire, et le calcul des probabilités, en apparence le mieux établi, peut se trouver en défaut.
Cependant si les causes d'incertitude que je viens de signaler rendent presque impossible l'appréciation du terme d'une grossesse dans un cas donné, le groupement d'un grand nombre de faits permet de formuler des approximations qui oui leur importance lorsqu'on les applique à la généralité des cas.
Herriman, Murphy et Reid, ont publié une série d'observations sur la durée de la grossesse, qui ont été réunies par Simpson. Leur nombre s'élève à 782; ces auteurs en ont calculé la date d'après la fin des dernières règles. Ces faits sont rassemblés dans le tableau suivant, où j'ai noté le total des trois observateurs pour chaque date , et la proportion que celte date fournit pour cent
DURÉE DE LA GROSSESSE
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