‹ Traité complet d'accouchementsChapitre 121 sur 183 · DURÉE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

DURÉE DU TRAVAIL

La durée du travail est extrêmement variable, et si, eh général, les pluripares accouchent un peu plus rapidement que les multipares, on observe sur ce point de nombreuses exceptions.

Madame Lachapelle, sur un total de 2,355 accouchements, a noté que le travail a duré

1 heure dans 100 cas.

Ce qui donne une moyenne de cinq à six heures. C'est dans les huit premières heures que Ton oîjserve les plus fréquentes terminaisons.

Merriman a donné une statistique de 226 cas dont la moyenne générale • est d'un peu moins de quinze heures. Mawsell en a fourni une autre, basée sur 442 observations, dont la moyenne est d'environ dix heures et demie. Faut-il conclure de la différence qui existent entre les moyennes de ces deux derniers accoucheurs et celle de madame Lachapelle que le travail est plus long chez les Anglaises que dans notre pays? La statistique suivante va nous prouver le contraire.

Collins dans un relevé portant sur 15,850 cas a noté que le travail avait

VI heures dans 17.) cas.

DURÉK DU TRAVAIL.

duré : une heure pour 5,517», d'une à quatre heures pour 7, 171, et de quatre à douze heures pour 4,01)7 ; les 700 cas restants se sont terminés à des époques plus éloignées et variables. Cette statistique donne des résultats très-dilTérents de celles de Merriman et de Mawscll, et comme elle porte sur un plus grand nombre de cas, il est probable qu'on doit la considérer comme l'expression plus exacte de la réalité.

Il existe une indépendance complète entre les différents temps du travail, et les diverses phases d'un même temps. L'accouchement trés-lcnt au début, peut prendre subitement une marche rapide et se ralentir de nouveau. Cette alternance de calme et d'activité peut se manifester à plusieurs reprises sans que rien ne permette de prévoir de semblables fluctuations. Aussi est-il prudent de ne jamais pronostiquer exactement l'heure de la délivrance, quelle que soit la marche du travail qui s'est déjà accompli. Un brusque changement peut déconcerter les prévisions qui semblaient les mieux justifiées, et l'événement vient donner un désagréable démenti à l'accoucheur. L'erreur eu pareil cas n'est pas sans importance au point de vue de la patiente, qui est presque toujours disposée à interpréter les choses d'une manière fâcheuse. Si le travail dépasse les limites qu'on lui a assignées, elle s'imagine qu'un accident imprévu complique sa situation , et il faut éviter avec soin tout ce qui peul ajouter à ses appréhensions. Comme cette question est toujours posée par la patiente et qu'elle y revient à chaque instant avec insistance, il faut y répondre d'une manière évasive et ne rien préciser.

En général la période de dilatation est beaucoup plus longue que celle d'expulsion, et il m'a paru que Cazeaux * en admettant que la première est à la seconde comme 2 ouô est à 1, a donné une proportion un peu faible, il me semble que celle de 4 ou h :: 1 , serait plus exacte.

Churchill a noté dans 981 cas la durée du temps écoulé depuis le commencement du travail jusqu'à la rupture des membranes. Voici le résultat de cette recherche

Clicz 167 finîmes, la durée a été de 2 h.

Chez 8 femmes, la durée a été de 30 à 58 li.

— environ

— environ

Ce qui donne une moyenne d'environ sept heures et demie.

Dans 81 '2 cas le même auteur a noté le temps écoulé depuis la rupture des membranes jusqu'à l'expulsion complète et il a trouvé les chiffres suivants :

Dana 500

ens, ce temps a été de 1 heure.

Dans 11

Os deux tableaux ne peuvent se compléter, car évidemment le second comprend des faits de dystocie ou de ruptures prématurées des membranes, ltien que cette dernière condition n'enlève pas à l'accouchement son caractère physiologique, elle constitue cependant une anomalie qui empêche d'utiliser les résultats de ce tableau au point de vue de la comparaison rigoureuse de la durée des deux périodes. En acceptant ces chiffres on trouve une moyenne d'un peu moins de deux heures et demie. Mais si on retranche les observations dans lesquelles l'expulsion du fœtus a eu lieu plus de quinze heures après la rupture des membranes, on fait encore une large part aux mauvaises conditions, cette moyenne s'abaisse à environ une heure et demie, Cependant je ne veux pas admettre comme décisifs des chiffres aussi peu certains, et je crois que de nouvelles recherches sont nécessaires pour élucider ce point de la question.

L'âge avancé de l'accouchée n'a pas d'influence très-sensible sur la durée du travail, même dans les cas de primiparité. Cazeaux* accorde que l'hérédité en exerce une notable sur la lenteur ou la rapidité de l'accouchement, et l'on verrait dans trois ou quatre générations le travail s'accomplir de la même manière, bans ces cas, les renseignements qui portent sur quatre générations proviennent évidemment de la tradition de la famille et il est difficile de beaucoup compter sur l'exactitude de pareils documents. J'émettrai un doute semblable sur la valeur des récits qui nous ont été transmis par les voyageurs, au sujet de la courte durée et de la facilité de l'accouchement chez les peuplades a l'état de barbarie, et, malgré les autorités citées par Burns*, je crois que nous ne savons rien de ce qui se passe chez les peuplades de l'Afrique, de l'Inde et du Croënland. Avec des statistiques assez complètes, nous n'avons pu encore déterminer chez nous exactement la durée moyenne de la parlurilion, et le récit d'un voyageur, le plus souvent étranger à la médecine et qui n'a rien observé par lui-même, deviendrait pour nous une autorité ! Ce serait se montrer de trop facile composition. 11 est possible que ce lait, si généralement admis en ce qui concerne les peuplades ;ï l'état primitif, soit vrai dans de certaines limites, mais la preuve scientifique n'en a pas encore été faite.

C'est probablement de cette croyance qu'est sortie l'opinion que les femmes de la campagne accouchent plus rapidement que celles qui sont élevées dans la mollesse et l'oisiveté. H est certain que chez ces dernières les phénomènes nerveux prennent plus d'intensité et que, en raison de cette disposition, les suites de couche sont plus souvent fâcheuses, mais aucun document autre que l'opinion vulgaire n'établit une différence dans la longueur du travail chez les femmes des villes ou des campagnes.

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