DK LA MORTALITÉ (USÉE PAR L ACCOLC U LM E VI
Proportion pour les mères. — La mortalité est extrêmement différente, si on examine le résultat des accouchements dans les hôpiliux et dans la pratique de ville. Ces différences considérables tiennent exclusivement aux conditions désastreuses qui sont laconséquence de l'entassement d'un grand noumre d accouchées dans un même établissement. Ces causes meurtrières obligent souvent l'administration à évacuer complètement les Maternités.
L'hygiène et l'humanité exigent donc que ces établissements soient soumis à une réforme complète.
Husson, dans son élude sur les hôpitaux, a publié la statistique de la Maternité depuis 1802 jusqu'en 1801. Pendant cette période de soixante années le total des accouchements a été de 1 ô*>, 1 OT*, qui ont fourni 7,."»7ô décès, suit ! sur 21 accouchements. Cette triste proportion est dépassée dans certaines années, et mon collègue Tanner, en 18Ô0, l'a trouvée de I sur KL Lu 1801, elle a été, d'après Malgaigue, dans les hôpitaux de Paris, de 1 sur 10, et en 1802, de 1 sur 1 i.
Le relevé des hôpitaux de province, publié par Malgaigne, bien qu'un peu moins triste, fournit encore une mortalité considérable.
Tarnier cite, d'après Lefort, la statistique des hôpitaux de Vienne, Munich, Leipzig et Saint-Pétersbourg, la mortalité y est à peu près la même.
Cependant la statistique donnée par Collins, sur les accouchements de son hôpital de Dublin, est plus favorable. Sur 16, il 4 accouchements, il n'accuse que 10'» décè -, c'est-à-dire 1 sur 100.
. Si maintenant nous examinons les résultats de la pratique de ville, nous trouvons des chiffres heuieusement bien différents. Sur 0,22*2 accouchements qui ont eu lieu dans l'ancien douzième arron-
Af.COUCHFMKNT.
dissement, Tarnier n'a constaté que 10 décès, soit 1 pour 322 accouchements. Cette proportion est plus favorable que relie qui a été rencontrée par les autres statisticiens; Trébuchet a noté 1 décès sur 250 accouchements, pour toute la ville de Paris, les hôpitaux exceptés. Malgaigne, dansles mêmes limites a fait le relevé des années 1861 et 1862, qui fournissent un total de 99,911 accouchements donnant 559 décès, soit 1 sur 178. Cette dernière statistique comprend deux éléments distincts, l'un est fourni par les bureaux de bienfaisance, c'est-à-dire par une population indigente vivant dans des conditions misérables et au milieu des privations. L'autre élément est constitué par les femmes de la ville dont l'existence est entourée, en général, de plus d'aisance et de confort; et rependant en décomposant les chiffres de la statistique de Malgaigne, et en examinant la part de chacune de ces catégories, j'ai trouvé que la mortalité est, à une fraction près, exactement la même. Ce résultat est digne d'attention, il semblerait qu'en dehors de l'influence funeste de l'atmosphère des hôpitaux, les dangers de l'accouchement ne sont point augmentés ou diminués par le milieu hygiénique dans lequel la femme vit
Indépendamment des accidents imprévus et des causes de dystocie, fournies par des vices de conformation de la mère ou des mauvaises positions du fœtus, que nous étudierons plus tard, Clarke et Simpson, ont fait jouer un grand rôle au sexe de l'enfant, au point de vu de la mortalité de la mérc. 11 ressort des tableaux, publiés par ces auteurs que, dans 401 accouchements laborieux, le nombre des fœtus mâles était de 256; et celui des filles de 145; ce qui fournit une proportion de 165 pour 100. Ce résultat serait dû au développement plus considérable des mâles.
Proportion de la mortalité pour les enfants. — Il est assez difficile de déterminer exactement le nombre des enfants qui succombent sous l'influence du travail. Four un certain nombre, la mort remonte parfois à une époque antérieure a l'accouchement ; la proportion des mort-nés ne donne donc pas le chiffre exact que nous cherchons.
J'ajouterai que les conditions ne sont pas les mêmes pour les naissances prématurées. Le petit volume du fœtus rend son expulsion plus facile, mais sa résistance vitale est moindre ; et Dubois a noté que, dans ces conditions, la proportion des morts, survenue sous l'influence du travail, était notablement augmentée.
En réunissant le nombre des naissances inscrites dans les deux premiers tableaux du tome I et 11, de madame Lachapelle, on trouve un total de 57,895, dont 1,526 mort-nés, ce qui fait, â une fraction près, 1 sur 25. Mais c'est là un résultat brut, qui ne donne nullement une idée exacte de la réalité, car rien n'indique la proportion des fœtus macérés, ou mort à une époque antérieure.
Collins, sur 16,654 naissances, dans son hôpital de Dublin, a constaté 1,121 mort-nés; la proportion est de 1 sur 15. Mais Collins a soin de noter que, sur ce nombre, 527 étaient macérés, ce qui réduit à 594 ceux qui ont pu succomber, pendant ce travail. La proportion réelle n'est donc plus de 1 sur 15, mais bien de 1 sur 28. Dubois a donné une statistique des naissances, à la Maternité, comprenant quatre années, de 1829 à 1853; le total est de 10,742,