‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 102 sur 147 · Capsule du cristallin (capsula lentis · texte numérisé non relu

Capsule du cristallin (capsula lentis

La capsule est une membrane diaphane fortement élastique qui délimite complètement en les isolant du dehors l'épithèle et les fibres du cristallin. Près de son bord et de sa surface antérieure la capsule est. solidemenl réunie à la zonule, tandis que sa surface postérieure adhère au corps vitré. Suivant les diverses régions son épaisseur varie. La plus forte épaisseur (11 à 15 [j.) se rencontre à la face antérieure et principalement au milieu de la capsule antérieure. Vers les bords, son épaisseur diminue déjà et tombe, vers la face postérieure, au point que la capsule postérieure n'atteint que le minimum de 5-7 p. près du pôle postérieur.

La capsule est extrêmement élastique, les portions excisées se recoquillenl en dehors. Dans sa constitution chimique elle se différencie aussi bien de la substance élastique que de la substance fournissant de la colle du tissu conjonctif, de la première par sa moindre résistance contre les acides concentrés, et par sa dissolubilité en la faisant bouillir pendant plusieurs heures dans de l'eau (Strahl); de la seconde elle se distingue en ceci qu'en laissant refroidir cette dissolution elle ne se prend pas en gélatine, et en outre par sa

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solubilité dans de la trypsine. Elle se rapproche le plus comme qualité chimique du sarcolemme et de la membrane propre des glandes (Chittenden). A un très fort grossissement, des coupes de la capsule du cristallin paraissent munies de fines stries parallèles (Valentin). Berger a réussi, en se servant d'une macération dans une solution d'hypermanganate de potasse, à fragmenter la capsule dans le sens de ces lignes parallèles. Il est particulièrement facile de détacher, aussi bien de la capsule antérieure que de la capsule postérieure, une lamelle externe qui, à l'exclusion des autres, se trouve en tinuation avec la zonule (lamelle zonulaire). Il est plus difficile de reconconnaîtredans la partie intérieure et plus grossie de la capsule une structure lamellaire; pourtant elle s'y trouve aussi indiquée, et on doit se représenter ces diverses lamelles comme agglutinées par du ciment. Aucun élément cellulaire ne se trouve renfermé dans la capsule même. Il sera question plus loin d'une striature radiée de la lamelle zonulaire provenant de la zonule même.

On a envisagé la cristalloïde tantôt comme une membrane cuti culaire formée par les cellules épi théliales du cristallin (Kessler), tantôt comme purement de la nature du tissu conjonctif (Lieberkulin, Sernoff, Babucliin, J. Arnold, W. Mùller). D'autres investigateurs(Kolliker)

Fie. 155. — Vaisseaux de la membrane pupillaire à la surface du cristallin d'un chat nouveau-nc, d'après Kolliker.

se placent à un autre point de vue intermédiaire, les uns n'envisagent (comme Manz exclusivement pour la capsule antérieure) qu'une partie de la cristalloïde comme de formation cuticulaire et réservent le reste comme appartenant au genre de membranes de tissu conjonctif. Ceux qui adhèrent exclusivement à cette dernière provenance font valoir la structure lamellaire, les qualités dermiques et surtout la provenance embryologique. Car chez les mammifères et chez l'homme le cristallin se trouve entouré d'une membrane vasculaire (capsule vasculaire du cristallin) (fig. 155), membrane dont la, substance propre se continue avec celle du corps vitré. Les vaisseaux de cette capsule émanent, en ce qui concerne la surface postérieure du cristallin, d'une artère qui, pendant la vie embryonnaire, représente la continuation de l'artère centrale de la rétine, allant de la papille du nerf optique à la surface postérieure du cristallin en traversant le corps vitré (A.capsularis s. hyaloidea). Au voisinage de la surface postérieure du cristallin, et un peu excentriquement en bas, l'artère hyaloïdienne se divise brusquement en de nombreuses

SCinVALI'.E. —

AXAT0M1E.

petites branches qui se répandent en sens radié le long de la surface postérieure du cristallin vers son bord. Ces branches ont pris avec la substance du corps vitré qui s'étale entre elles, le nom de membrane capsuluire. Arrivées au bord du cristallin, elles se recourbent sur la surface antérieure et prennent de nouveau un parcours radié vers le centre de cette surface antérieure, mais se trouvent, avant de l'avoir atteint, renforcées par de nouveaux vaisseaux radiés, provenant, eux, du bord pupillaire. Ces derniers dénotent en partie leur caractère de vaisseaux veineux et servent avec de petites veines qui accompagnent l'artère capsulaire jusqu'à la surface postérieure du cristallin et aboutissent à la veine centrale, à déverser le sang que l'artère capsulaire a fourni à la membrane capsulaire vasculaire. Celte portion de la capsule vasculaire contenant des veines et fermant l'ouverture pupillaire, s'appelle membrane pupillaire (fig. 156, 9). La portion qui relie celle-ci avec la membrane capsulaire, mais qui, en réalité, en fait partie, est désignée jusque vers le bord cristallinien comme membrana capsulo-pupillaris (fig. 156, 8; Cette dernière et la membrane capsulaire sont une seule et même membrane. — La capsule

Fig. 156. — Coupes schématique horizontale et méridionale à travers un œil embryonnaire. Les parties mêmes de la cupule visuelle présentent des hachures foncées, les enveloppes externes et internes des hachures claires.

1-5. Ophthalmencephalon — 1. Nerf optique — 2. Rétine. — 3. Epithèle. — 4. Blaslcme de la pars i Maris relinœ. — C. Cristallin. — 7-8. Enveloppes internes de la cupule visuelle. — 7. Corps vitré. — S. Membrane capsulo-pupillaire. — 9-15. Enveloppes externes de la cupule visuelle. — 10. Blastcme de l'iris se confondant avec la membrane pupillaire. — 11. Chambre antérieure. — 12. Cornée. — 13. Blastème de la sclérotique et de la choroïde. — 14. Blaslème de l'enveloppe du nerf optique.

vasculaire du cristallin sert à la nutrition de sa substance propre et implique l'accroissement rapide pendant la vie embryonnaire. Chez le nouveau-né, cette membrane a, dans des conditions normales, complètement disparu ; chez divers mammifères, par contre, elle persiste encore plus ou moins longtemps après la naissance.

Aussi la membrane capsulaire vasculaire représente une enveloppe de tissu conjonctif en continuité avec le tissu du corps vitré et le tissu conjonctif de l'iris (comp. fig. 156j. De cette enveloppe de tissu conjonctif doit, d'après l'opinion des auteurs sus-mentionnés, naître la capsule du cristallin développé. Le fait est qu'il préexiste déjà une line capsule du cristallin, avant que la surface antérieure de la lentille se soit entourée de cette enveloppe de tissu conjonctif (Kessler, Kôïliker). Cette capsule ne peut être envisagée autrement que comme formation cuticulaire; mais il est très peu probable que la cristalloïde postérieure, qui, à part son épaisseur, se comporte absolumentcomme la cristalloïde antérieure, soit d'une provenance autre. Il faudrait pour cela qu'on puisse démontrer au moins entre ces deux portions une ligne de démarcation, mais rien de semblable n'existe.

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Il faut donc assigner à la crislalloïde postérieure une provenance identique à celle de la capsule antérieure. Qu'il en soit ainsi, au moins pour une partie de la crislalloïde postérieure, et qu'elle soit deprovenancecuticulaire, c'est ce qui résultedu faitde son apparition antérieure à celle de l'enveloppe de tissu conjonctif. Par cela nous n'entendons pas moins qu'elle ne soit en partie d'origine du tissu conjonctif. Je crois que son union si intime avec la zonulc, ainsi que la possibilité d'isoler une lamelle zonulaire, s'explique sans forcer les choses, par ce fait qu'on doit envisager ses courhes internes comme formation cuticulaire, mais sa couche externe, la lamelle zonulaire, comme dérivant de la capsule vasculaire et embryonnaire du cristallin. Il faudrait aussi rechercher dans cette provenance cuticulaire la raison de cette différence sensible d épaisseur entre la crislalloïde antérieure et la postérieure. La capsule antérieure est continuellement renforcée par l'activité des cellules invariablement placées derrière elle, tandis que les cellules épilhéliales de la cristalloide postérieure du petit sac lenticulaire primitif montrent déjà très tôt une tout autre activité, celle de se transformer en fibres cristalliniennes; pour cela elles peuvent dans une mesure moindre, ou même pas du toul, fournir des matériaux destinés a renforcer la membrane cuticulaire.

En traitant la crislalloïde postérieure avec du nitrate d'argent, on réussit à démontrer, sur sa surface externe, un dessin rappelant la présence d'un épitbèle (Ewart), dans lequel se distinguent des noyaux (Ulrich, Deutschmann). Ce tracé argentin supra-capsulaire manque sur la capsule antérieure, et il faut le rapporter à la conglutina lion avec le corps vitré, attendu qu'il n'est plus démontrable sur la crislalloïde dégagée du corps vitré (Deutschmann).

2. U épithèle du cristallin (épithèle de la capsule antérieure).

L'épithèle du cristallin est un épithèle pavimenteux à simple couche. Chez l'enfant, les cellules qui le composent sont aussi hautes que larges (10 [/. dans les deux dimensions) ; chez l'adulte, au contraire, elles s'aplatissent fortement et prennent, vues sur un plan, une configuration hexagonale, de 19 à 21 pt de diamètre. Leur corps est grumeleux, assez souvent parsemé de vacuoles; le noyau sphérique renferme un à deux nucléoles. L'isolement des cellules épithéliales s'obtient assez difficilement à l'état frais. En les isolant, on voit

i, que les contours n'en sont pas toujours lisses, mais qu'ils sont munis de prolongements plus ou moins longs, simples ou bifurques (Hoscli). Ceux-ci reviennent, autant qu'on en peut juger, à la surface externe des cellules; par conséquent ils se trouvent sous-jacenls à la capsule et, à ce qu'il paraît, placés dans une mince couche albumineuse sous-capsulaire, dans laquelle Deutschmann vit apparaître, en traitant des cristallins frais avec du nitrate

i d'argent, des dessins rappelant l'endolhèle ; mais ils ne renferment jamais de

I noyaux. Cette couche albumineuse se continue aussi entre les fibres cristalliniennes et la capsule, c'est-à-dire le long de la capsule postérieure, comme

I une couche d'une ténuité extrême, et elle donne aussi ici en se servant de la méthode d'argentalion les mêmes réseaux de lignes noires que sous la capsule antérieure. Pareils dessins réticulés analogues qui se produisent sans argenlation ne doivent pas être rapportés à la délimitation d'attache des fibres cristalliniennes; car, ainsi que le démontre la description du parcours des fibres cristalliniennes, il n'existe pas pareilles attaches dans le cristallin complètement formé.

Vers le bord du cristallin l'état granulé des cellules épithéliales s'accentue

SCHWALBE. - ANATOMIE.

davantage. Des coupes méridionales; nous apprennent qu'en même temps les cellules deviennent plus étroites et gagnent en hauteur (fig. 154, 2 et fig. 157 cette dernière d'après O.Becker), et qu'en s'étendant progressivement en hauteur, elles finissent par se transformer en fihres cristalliniennes (près de 3, fig. 154) tournant primitivement leur convexité en dehors (fig. 154, 4); mais peu à peu elles s'allongent et finissent par former des arcs à convexité extérieure (voy. plus loin). Sur des sections méridionales, il se produit ainsi une figure en vortex, le vortex marginal du cristallin (vortex cristallinien (1) d'après 0. Becker et autres).

L'allongement des cellules épithéliales dans le vortex marginal se produit tout d'abord de telle manière que la portion de la cellule située entre le noyau et la capsule gagne en longueur. Les noyaux s'éloignent proportionnellement de la capsule en formant alors une zone située à peu près à l'équateur du cristallin, zone à convexité postérieure, mais qui bientôt se transforme en dedans en une zone à convexité antérieure. Le tracé en S que forment les noyaux des jeunes fibres, sur des coupes méridionales, est la zone des noyaux du cristallin de Meyer, Varc des noyaux d'O. Becker.

Comme les fibres centrales du cris-

(1) Le nom de vortex cristallinien serait abandonné pour cette disposition, attendu qu'il a été depuis longtemps assigné à un arrangement autre dans la structure du cristallin. Il s'agit de l'émanation en lignes formantvortex des rayonsdu cristallin et placées entre deux rayons du dessin de la soudure (ou de l'étoile) du cristallin (voy. plus loin). Cette disposition est désignée par Huschke, Arnold et autres comme vortex cristallinien et conservera ce nom dans notre description.

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tallin sont dépourvues de noyaux, l'arc des noyaux n'atteint pas l'axe du cristallin. — Plus le sujet est avancé en âge, moins se trouve développé le vortex marginal ainsi que l'arc nucléolaire.

Entre la surface postérieure de l'épithèle et la face antérieure de la masse .des fibres cristalliniennes, c'est-à-dire à la place du creux primitif de la vésicule lenticulaire embryonnaire, se trouve, dans des cristallins frais, une mince couche albuminoïde sous-épithéliale, qui agglutine l'épithèle et les j fibres. Elle présente, après avoir été traitée par le nitrate d'argent, les mêmes lignes noires encadrant des champs polygonaux. La présence de celte couche explique l'apparition d'une gouttelette d'un liquide renfermant des globules d'albumine (humor ou liquor Morgagni) lorsqu'on pique la capsule ! antérieure. En absorbant l'eau de la substance des fibres, l'espace en fente capillaire, occupé par la couche albuminoïde sous-épithéliale, peut sensiblement s'élargir, ainsi que cela se produit, par exemple, par la congélation (Michel). Par ce fait, la substance propre du cristallin parait mobile, dans j sa capsule, au-dessous de laquelle se trouve située une plus grande quantité J de liquide. De même, en plaçant des cristallins frais dans de l'acide nitrique | a 20 pour 100, on observe pareil retrait de la substance des fibres.

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