‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 59 sur 147 · FIBRES DU COUPS VITRÉ · texte numérisé non relu

FIBRES DU COUPS VITRÉ

dans la région de Vora serrata des faisceaux de fines fibrilles qui se rendent en cet endroit à la surface du corps vitré et parcourent, une fois en contact avec la membrane limitante, comme fibres zonulaires, la zonula en avant. Quoique je me sois rendu compte de l'existence de ces fibrilles dans la région de Vora serrata, ]e n'ai pourtant nullement pu me convaincre que les fibres de la zonula prennent toutes leur unique origine dans de pareilles traînées fibrillaires.

A l'exception des fibrilles de la région de Vora serrata, ces éléments, ainsi que les fibres, constituent des éléments excessivement peu répandus; ceux [ qui le sont moins encore sont les fibres que Lieberkûbn a décrites et qui paraissent en outre, suivant leur provenance, être tout autrement constituées, comme les traînes fibrillaires décrites par Iwanoff et moi. Pendant que les premières sont très probablement de nature élastique, les dernières ont évidemment beaucoup d'analogie avec les fibrilles du tissu cellulaire. Elles se rencontrent en plus grande quantité dans le corps vitré de l'embryon, voici pourquoi sa substance paraît finement striée et plus résistante que celle de l'adulte (de Wittich) (29).

Tout autres sont les réseaux de fibrilles qui se montrent à l'élat patholo- ; gique, principalement au début de la suppuration, et qui apparaissent en [ grandes traînées clans la gélatine du corps vitré (0. Weber). D'après mes recherches, ce sont des éléments très résistants qui rappellent les fibres élastiques et qu'on peut comparer avec les fibres particulières qui, à l'état pathologique, apparaissent dans la névroglie du nerf optique (1).

Toutes les autres indications sur l'existence de fibrilles, de quelque nature qu'elles soient, qu'on trouverait dans le corps vitré, reposent sur des images provoquées par des réactifs et qui ne peuvent en aucun cas être interprétées comme préexistantes. Il en est ainsi de l'affirmation de Ciaccio (57), qui pouvait, après avoir employé de l'acide chromique ou de l'alcool, démontrer la présence de fins réseaux fibrillaires, qu'il identifie avec ceux décrits antérieurement par Bowman (21) dans le corps vitré embryonnaire. Pourtant Bowman décrit dans les points nodaux de ces réseaux fibrillaires de petits renflements sphériques comme « nuclear granules ». Ce ne serait, d'après Ciaccio, que l'effet optique de sections de fibres qui se recourbent pour se rendre dans un autre plan. Déjà Lieberkiihn (63) a attiré l'attention sur ce fait, que beaucoup de réactifs, principalement l'alcool et l'acide chromique., provoquent l'apparition de fibrilles. D'après mes propres observations, la forme des dépôts que provoque l'emploi de l'acide chromique ou de l'alcool est telle que de fins corpuscules se trouvent épars entre de petits corps bacilliformes. Ces derniers se trouvant répartis dans les sens les plus divers, il en résulte comme des réseaux fibrillaires. L'examen avec de très forts objectifs les fait apparaître en morceaux n'ayant aucun contact les uns avec les autres; ils se placent souvent en zigzag mutuellement, et paraissent identiques à ce que Merkel (34) a décrit comme fibres en zigzag, « fibres fulgurantes », dans des yeux pathologiques.

Aussi le fin réseau que décrit Blix (54) dans les points nodaux où se rencontreraient des cellules fusiformes ou étoilées sans noyau doit probablement se rapporter aux produits artificiels que Bowman et Ciaccio ont énumérés.

Dans les travaux d'auteurs plus anciens, nous voyons aussi fréquemment indiquée la structure fibrillairc du corps vitré. Ainsi Huschke (10) décrit des faisceaux fibrillaires qui rayonnent delà membrane hyaloïde dans le corps vitré, mais dont la démonstration ne peut être

(1) Michel, Ueber einc Hijperplasie des Cniasma und des rechien Nervus opticus bel Elej phantiasis (Arcltiv fur Ophlhalm,, xix,3).

faite qu'après durcissement dans du sublimé ou du carbonate de potasse. Pappenheim (14), ayant vu dans des corps vitrés conservés dans le carbonate de potasse une structure fibrillaire, suppose qu'il s'agit de tubes remplis de liquide.

Nous avons déjà mentionné qu'on réussit moins facilement à démontrer, dans le corps vitré frais et développé, la présence de cellules que cela ne se peut pour le corps vitré embryonnaire, mais que, incontestablement pourtant, celui de l'adulte en renferme. En examinant attentivement, on les reconnaît, principalement dans les couches périphériques, sans l'addition d'aucun réactif. Elles paraissent comme des éléments excessivement pâles, dont le pouvoir réfringent ne diffère que fort peu de la substance ambiante. L'acide chromique ou le liquide de Mùller les rend plus apparentes; mais, pour les bien faire ressortir, il est recommandable de teinter le corps vitré avec du carmin ou de l'aniline. Les éléments cellulaires apparaissent alors dans la substance du corps vitré sous les formes les plus diverses. D'après le procédé d'Iwanoff (48), on peut distinguer trois formes principales, mais qui, ainsi [que je dois le souligner, se révèlent par de nombreuses formes intermédiaires comme appartenant à une même catégorie. On distingue ainsi :

1. Des cellules rondes avec un ou plusieurs noyaux, ayant absolument la même nature que les cellules subhyaloïdiennes sus-décrites avec détail, proviennent évidemment de la même source aussi. Ces cellules se trouvent isolément parsemées dans la substance du corps vitré, mais en quantité relativement faible, et principalement dans les parties périphériques.

2. La seconde forme qui, d'après Iwanoff, est représentée par des cellules fusiformes ou étoilées, se rencontre principalement dans la couche corticale. Ces cellules (fig. 141, a et b) affectent les formes les plus irrégulières, montrent des contours incurvés et ordinairement plusieurs longs prolongements protoplasmatiques qui portent çà et là de petits renflements sphériques dont la nature protoplasmatique est aussi aisément démontrable. Ces globules sont tantôt isolés près d'un prolongement, tantôt en plus grand nombre rangés les uns derrière les autres comme des perles. Le bout du prolongement est tantôt pointu (fig. 141, a), tantôt garni d'un globule (fig. 141, d). Ce dernier ne se rattache souvent que par un très fin pédicule au corps cellulaire, de façon que la possibilité d'un détachement paraît probable. En réalité, on rencontre souvent de pareils globules détachés, de même substance, au voisinage de ces cellules (fig. 141, d). J'aurai occasion d'y revenir.

3. La troisième forme de cellules du corps vitré, d'après Iwanoff, se caractérise par la présence de vésicules claires que contient le corps cellulaire. D'après mes observations, ces cellules ne sont que très rarement simplement celluleuses ; la plupart possèdent un (fig. 141, c, e,f) ou plusieurs (g) prolongements de la même nature que ceux de la seconde catégorie qu'on vient de décrire. Les vésicules sont, ou nettement délimitées, ou aussi indistinctement contournées, de manière qu'on reçoit l'impression comme s'il s'agissait du

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