PARTIE CLINIQUE (DIAGNOSTIC DE L'HYPERMÉTROPIE TYPIQUE
abord pour le médecin que lorsque la personne qui le consulte, bien qu'encore relativement jeune, lui raconte qu'elle voit bien de loin,, mais qu'elle éprouve une certaine difficulté à fixer les objets rapprochés, à lire ou à écrire.
Cette ressemblance avec la réfraction normale peut s'étendre, dans le jeune âge, jusqu'aux degrés moyens de l'hypermétropie. Ces derniers toutefois ne manqueront guère de frapper l'observateur, soit par les plaintes des malades, qui décidément éprouvent de la peine à voir de près, soit par un ensemble de signes extérieurs, que nous avons décrits et qu'on pourcait qualifier d'habitus hypermétrope : un crâne brachycéphale, une face iplatie, des yeux petits et mobiles font déjà présumer l'hypermétropie. Si à cet aspect vient se joindre une tendance à la convergence exagérée 3u un strabisme convergent déjà établi, on sera presque sûr d'être en présence d'un degré moyen d'hypermétropie.
L'habitus hypermétrope est encore plus frappant dans les degrés élevés : combiné avec une tendance au rapprochement excessif des objets fixés, il era poser d'emblée le diagnostic différentiel avec la myopie extrême, qui lonne lieu à la même particularité. Nous avons de plus, dans cette catégorie l'hypermétropie typique, l'insuffisance de l'acuité visuelle, quelquefois le strabisme divergent, et l'amélioration de la vue sous l'influence de verres îonvexes forts.
L'hypermétropie n'est, en effet, établie d'une façon indubitable que lorsque 'optométrie a relevé le défaut de réfraction statique qui la caractérise. C'est, ;omme nous l'avons exposé plus haut (p. 253 et suiv.), Vophthalmoscope lui représente le moyen le plus sûr, non seulement d'établir la nature de ^métropie, mais aussi d'en déterminer le degré. Des verres de lunettes )lacés devant l'œil, ou toute autre des méthodes subjectives d'optométrie lue nous avons décrites, sont loin de donner un résultat aussi sûr. Nous ivons déjà expliqué pourquoi : c'est à cause de la réfraction dynamique, de 'accommodation.
Cette faculté d'augmenter son état de réfraction joue un rôle très imporant dans l'hypermétropie, parce qu'elle sert à corriger, à neutraliser une )artie, sinon la totalité de ce défaut de réfraction, et à adapter l'œil à des iistances finies (p. 157).
La force de l'accommodation employée dans l'intérêt de la correction de 'hypermétropie est si puissante chez de jeunes individus, que non seulement iUe adapte leurs yeux parfaitement, à grande et à courte distance, mais [u'elle s'exerce même sans nécessité et contrairement à l'intérêt de ces yeux orsqu'on les munit de verres convexes. Il arrive, en effet, que déjeunes lypermétropes rejettent le secours de ces verres, tout comme le ferait un îmmétrope. L'ophthalmoscope et les mydriatiques seuls permettent, dans :es cas, d'établir le véritable état de réfraction.
Théoriquement on pourrait supposer que la recherche du punctum proximum devrait y conduire également. L'amplitude d'accommodation étant la
même dans tous les yeux sains, quel que soit leur élat de réfraction, le punctum proximum doit être plus éloigné; en d'autres termes, la réfraction qu'ils présentent pendant qu'ils fixent leur punctum proximum dpit être inférieure, dans des yeux qui en dépensent une certaine quantité pour neutraliser leur défaut de réfraction statique, à celle des emmétropes du même âge, qui en emploient la totalité en-deçà de zéro, c'est-à-dire sur le domaine de la réfraction positive (p. 171). ■ .
Ce moyen de diagnostic ne serait cependant pas très pratique. L'hyper- if métropie qui pourrait être confondue avec l'emmétropie n'est jamais d'un degré bien élevé. La différence du maximum de réfraction dont l'œil est susceptible, p, n'est donc que très faible. La différence de P, c'est-àdire de la distance du punctum proximum à l'œil, est également très petite, parce que le phénomène en question ne se présente que chez des individus très jeunes, où l'accommodation est très puissante, où le punctufn proximum est donc très rapproché de l'œil et où, en conséquence, à une différence de quelques dioptries ne correspond qu'une différence minime des distances focales.
Par exemple, deux enfants de dix ans ont une amplitude d'accommodation de 14 D. Chez le premier, emmétrope, p est de 14 D, et le punctum proxi-
mum se trouve à P = — = 71 millimètres. Le second, hypermétrope de 3 D,
a un de 14 — 3 = 11 D. Par conséquent, P = — = 91 millimètres. Mal- ;
gré la différence de 3 D dans la réfraction statique, celle de la dislance des i punctums proximums n'est donc pas supérieure à 2'"'. Or un écart de i 2 centimètres est très difficile à évaluer d'une façon absolue dans l'opto- 1 métrie subjective. Il faudrait, pour augmenter la différence linéaire, munir i les yeux de verres concaves, pour éloigner le punctum proximum de l'œil, comme nous l'avons indiqué page 277. i Mais, outre que cette méthode serait déjà plus compliquée que la déter- ; mination objective, elle serait toujours entachée d'une source d'erreurs, parce | que la constance de l'amplitude d'accommodation n'est pas absolue; elle est< sujette à des variations, même à l'état physiologique, mais surtout sous l'in- ' fluence de causes débilitantes générales ou locales (faiblesse ou parésie du muscle ciliaire). On ne saurait donc tirer une conclusion absolument certaine de la situation du punctum proximum d'un jeune enfant sur le degré de soii' hypermétropie, ou sur l'absence de cette forme d'amétropie.
Hypermétropie latente, — manifeste, — totale.
11 arrive souvent qu'un spasme d'accommodation couvre la totalité de| l'hypermétropie, lorsque cette dernière n'est pas très forte, mais surtout' lorsque le pouvoir accommodateur est très puissant, comme c'est générale-| ment le cas chez les enfants. i