PARTIE CLINIQUE (PROPHYLAXIE DE LA MYOPIE
zontale ou incliaée.Elle porte, comme objels-typos, des points noirs sur fond blanc. L'autre planchette est munie d'un miroir, qui réfléchit les objets-types dans l'œil de l'observateur. Un mètre enroulé, fixé à la première tablette, sert à mesurer la distance à laquelle les objets-types sont reconnus. Étant donnée la distance maximum D à laquelle. l'observateur compte les points, dans les conditions les plus favorables (le papier étant exposé à la vive lumière du jour), l'éclairement e de l'endroit en question est exprimé par la formule suivante :
Ion. e = -,
oùd est la dislance à laquelle il faut se rapprocher pour compter les points placés à cet endroit.
Lorsque la fraction ^ est égale à 1, c'est-à dire lorsque l'acuité est à son
maximum, e est égal à 10, puisque l'unité est le logarithme de 10. On voit que, de cette façon, nous nous servons, pour évaluer l'éclairage, de l'acuité visuelle. Ce procédé, incertain en photomélrie physique, parce que le rapport entre la perception des formes et la sensation lumineuse ne saurait èlre précisé avec une rigueur mathématique, est parfaitement applicable dans notre cas. D'abord, en pareille occasion, une exactitude aussi grande n'est ni nécessaire, ni même possible. Ensuite, pour les limites entre lesquelles oscille la quantité de lumière que nous avons à examiner, l'acuité visuelle varie sensiblement comme le logarithme de l'éclairage (1).
Le procédé est, comme on voit, tout ce qu'il y a de plus simple. Il a, de plus, l'avantage de donner toujours l'éclairage de l'endroit même auquel le travail s'accomplit, et non celui d'un mur contigu ou d'un plan vertical qui s'élève à cet endroit. L'éclairage est, en effet, bien diflerenl dans l'un et dans l'autre cas. On n'a, pour s'en convaincre, qu'à étendre un livre sur la table et à le redresser ensuite verticalement en le tournant vers le jour. L'éclairage est nécessairement bien plus faible dans le premier cas que dans le second.
Gril nous semble, sauf à modifier cette opinion par de plus nombreuses observations, que l'éclairage ne devrait jamais descendre au point d'abaisser l'acuité visuelle au-dessous de 3/5 pour la lecture et l'écriture, le dessin, etc. C'est-à-dire que, si l'observateur compte, dans les meilleures conditions, les points du photomètre à 5 mètres, il faut qu'il ne soit pas obligé de se rapprocher en deçà de 3 mètres, lorsque ces points sont placés à l'endroit du travail, et que l'expérience a lieu au moment où celui-ci s'accomplit. Inutile de dire que le même appareil peut servir à toute personne, à la condition qu'elle établisse au préalable son maximum de distance D.
Après l'éclairage général, il convient de considérer la différence entre robjet visuel et le fond sur lequel il se détache. Plus celte différence est grande et plus la vision est facile. Le contraste le plus fort qui puisse exister est celui entre le blanc et le noir. Chacun a pu observer que la lecture est
(1) A. Posch, Ueber Sehschdrfe u." Beleuchtg. [Arch. J. Atigen-u. Ohrenheilk. V, 1, p. 14., 1876).
plus commode quand le papier est bien blanc et les lettres bien noires, que l'écriture est le plus agréable avec de Tencre noire sur papier blanc. Rien n'est plus fatigant que la lecture d'un texte pâle sur un mauvais papier grisâtre. Les couturières se plaindraient bien moins d'asthénopie, s'il leur était loisible de coudre leur étoffe blanche avec du fil noir et surtout inversement. Aussi vaudrait-il cent fois mieux consacrer tous ses efforts à procurer aux écoliers, aux lecteurs de journaux, à tout le monde en somme, de beau papier blanc et une encre d'un noir pur, qu'à fabriquer un papier coloré suivant des considérations purement théoriques. Nous avons déjà dit plus haut que la lumière blanche doit certainement convenir mieux que toute autre à nos yeux, qui se sont développés sous son influence.
Il n'est pas moins important, pour la distinction des objets, que ceux-ci soient nettement dessinés.
Cette observation concerne surtout encore la typographie. Une impression défectueuse est absolument défavorable pour les yeux, de même qu'il est infiniment plus fatigant de déchiffrer des manuscrits que de lire de l'imprimé. Des caractères simples, comme les français, sont, toutes choses égales d'ailleurs, préférables aux lettres plus compliquées, comme les gothiques. El, parmi les dérivés du type latin, les elzévirs et le type répandu en Amérique et en Angleterre sont supérieurs; les déliés sont plus prononcés que dans les caractères généralement en usage en France; la lettre a ainsi plus de corps, reste plus facilement reconnaissable quand le texte se détériore, ou que la lumière baisse.
Une exécution soigneuse est surtout de rigueur pour les chiffres, dont la lecture exige la distinction nette de tous les détails, comme un nom propre, un mot inconnu, tandis que le lecteur habitué devine les mots courants à leur aspect général, sans épeler lettre par lettre. Le mot est pour lui une figure entière et non un composé de lettres distinctes.
Il faut enfin que les objets aient une certaine grandeur.
A propos de la typographie, qui revêt une importance si prépondérante dans le monde civilisé, et qui, pour tant de lumière répandue, a aveuglé, à tous les points de vue, tant de gens, voici ce que conseillent les auteurs experts en cette matière :
Il faut que la hauteur des lettres minuscules ne soit pas moindre de 1""",5. L'épaisseur des pleins doit être au moins de 0""",25. Les différentes lettres du même mot ne se rapprocheront pas en deçà de 0"'",5, et l'interligne, l'espace qui sépare le haut des lettres minuscules, comme I'h, du bas des mêmes lettres de la ligne précédente, sera au minimum de 3 à 2""",5. Enfin, ils recommandent que la longueur de la ligne imprimée ne dépasse pas 100 millimètres, à cause des variations de la convergence et de l'accommodation qu'elle peut amener chez des personnes qui s'en rapprochent beaucoup (1).
1) Cohn, Die Hygiène d. Auges in d. Schulen- Wien u. Leipzig, 1883 (p. 148-163).