‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 204 sur 332 · PARTIE CLINIQUE (ANTAGON. ENTRE MYDRIAT. ET MYOT · texte numérisé non relu

PARTIE CLINIQUE (ANTAGON. ENTRE MYDRIAT. ET MYOT

vingt-quatre heures, tandis que la mydriase qui l'accompagne durerait quatre-vingt-seize heures.

Nous avons j vu d'ailleurs qu'il faut considérer la daturine et l'atropine comme identiques.

M. Oliver (l), en comparant l'action des sulfates de daturine ei tVhyoscyamine, trouve que O'''',00135 de chacun de ces sels, instillé dans l'œil sain, suffit pour dilater la pupille au maximum et jDour paralyser son accommodation. Les deux effets se feraient attendre plus longtemps et disparaîtraient plus promptement pour la daturine que pour rhyoscyamine.Cettr dernière produirait, suivant l'auteur, très facilement des troubles généraux, même après une seule instillation.

4° L'action de lagelsémine a été examinée également par M. Jaarsma (2). Il en a employé le sulfale, dont il a instillé dans l'œil des solutions au cinquième et au dixième. L'effet de ce médicament s'est montré très variable d'une personne à l'autre. Chez l'une le punctum proximum changeait à peine de place, malgré une mydriase complète, tandis que chez une autre l'accommodation était entièrement paralysée déjà au bout de deux heures et demie sous l'influence d'une goutte de la même solution (20 pour 100).

11 en est de même des autres symptômes qui accompagnent l'instillation de ce mydriatique. Certaines des personnes examinées ressentaient à peine une légère cuisson de la conjonctive après l'instillation, tandis que celle-ci provoquait chez d'autres une injection très forte, bien que passagère; d'autres enfin, dont la conjonctive avait parfaitement supporté une solution au cinquième du médicament, éprouvaient, au bout d'un quart d'heure déjà, une sensation d'amertume très désagréable dans la bouche, accompagnée de nausées.

L'incertitude de son action et la facilité avec laquelle elle provoque des symptômes généraux rendent la gelsémine impropre à l'usage pratique. Peutêtre est-elle utilisable sous une autre forme, ou à un état de pureté plus grand.

Antagonisme entre les mydriatiques et les myotiques. — L'atropine et l'ésérine, ainsi que leurs succédanés, ayant une action physiologique directement contraire, il est intéressant de se demander comment se comportent ces deux agents mis en présence l'un de l'autre, s'ils arrivent à se neutraliser réciproquement, si l'action de l'un peut totalement enrayer celle de l'autre, ou si les deux manifestent leur pouvoir quoique à un degré inégal.

Les avis des expérimentateurs ne sont guère partagés sur ce point. M. Rossbach semble être le seul à admettre la prédominance absolue des substances paralysantes sur les médicaments excitants du système nerveux. Il soutient,

(1) Oh. A. Oliver, TIjc comparative action of siilphate of daturia and of suiphate of hyoscyamia upon Ihe iris and ciliary muscle {Amer. Journ. of tlie med. sciences, juillet 1882).

(2) Jaarsma, loc. cil., p. Gl.

en particulier, qu'une pupille dilatée par un niydriatique ne peut être l'esserrée par un myotique que dans des conditions exceptionnelles. Ainsi, lorsque l'atropine étant injectée sous la peau en très faible quantité, la physostigmine est portée directement dans le sac conjonctival à une dose assez considérable (1).

Si cette opinion est contredite par la presque universalité des auteurs, il reste toutefois établi que l'action de l'atropine et de ses congénères Slir le système nerveux l'emporte de beaucoup sur celle de l'ésérine et des substances analogues. On a néanmoins toujours constaté une neutralisation partielle de l'effet des premières, lors de l'administration des secondes, non seulement en ce qui concerne les phénomènes de sécrétion [Luchsinger, Heidenhain(2), Vulpian(3)], mais surtout pour ce qui a trait aux altérations de la pupille et de l'accommodation.

Les meilleures expériences que nous possédions sur ce sujet sont encore dues à Donders et à ses élèves (4) et à de Grœfe. Ces auteurs ont constaté que, lorsque les instillations du mydriatique et du myotique sont simultanées, c'est ce dernier qui déploie d'abord son action, mais pour être bientôt surmonté par son antagoniste, qui garde définitivement l'avantage. De Graefe a vu que l'action de l'atropine pouvait être interrompue momentanément par l'instillation d'une solution de calabar, mais qu'après ce temps d'arrêt elle reprenait son cours normal.

Il résulte également des essais pratiqués sous la direction de Donders que la fève de calabar est encore capable de rétrécir le diamètre de la pupille agrandi au maximum par l'atropine, et de faire avancer le punclum remotum pendant la paralysie complète du muscle ciliaire. L'amplitude d'accommodation se rétablit alors en partie; mais cette influence est de courle durée, et les diagrammes montrent que l'effet de l'atropine redevient toutpuissant à la fin de l'expérience. MM. Krenchcl et Schafer ont constaté les mêmes faits pour la pupille (5), et M. Schafer (6) a vu que l'ésérine était capable d'enrayer totalement la mydriase que tend à provoquer l'homatropine. Par contre, la duboisine et surtout l'atropine combattent avec plus d'avantage l'effet de leur antagoniste.

Nous avons déjà dit plus haut que les préparations de pilocarpine pouvaient être employées avec succès contre les symptômes d'intoxication produits par l'atropine ou les substances du même groupe.

(t) Uossbach et Frolilich, Verhandl. d. phijsic.-medic. Ces. in Wurzbiirg. tic{io¥o\gr. V. Baad , p. 1-79, 1873. — Uossbach, Arcli. f. d. gesammte Physiol., t. XXI, p. 1, 1879.

(2) Heidonhain, PfUlger's Arcliiv, t. IX, p. 335.

(3) Vulpian, Cas. des hôp., n° 47, 1875.

(4) Donders, loc. cit., p. 617, éd. angl. ; p. 522, éd. allem.

(5) Krenchel, Arch. /. Ophth., t. XX, I, p. 127-134, 1874.

(6) Schafer, Arch. /. Augenh., t. X, p. 186, 1881).

APPENDICE

Page 102. — La traduclioii de l'ouvrage fondamental de Gauss (Dioptrische Untersuchungen, in Abhandlungen der k. Gesellschafl der Wissenschaflen zu Gôttingen, t. I, 1840), a été faite par Bravais, et se trouve dans les Atmales de chimie et de physiq ne, -i^ série, t. XXXIII, 1851.

Nous recommandons encore au lecteur désireux de se familiariser avec cette importante théorie Vlnterprétation géométrique de la théorie de Gauss, etc., par Ad. Martin de chimie et de physiqiie, 4'-' série,

Les lois élémentaires de la réfraction ont été rendues très compréhensibles par des appareils démonstratifs dus à M. Gariel : Démonstration des lois de la réfraction (Association française pour l'avancement des sciences . Lille, 1874, p. 244, et Montpellier, 1879, p. 423).

Page 160. — A l'alinéa imprimé en petits caractères ajoutez : la distance iîP qui sépare le punctum proximum du punctum remotum a été appelée par Donders h parcours d'accommodation, the région of accommodation, das Accommodationsbereich, het accomniodatie-gebied. Donders, loc. cit., p. 150, édit. angl.; p. 127 édit. allem.

Page 153. — A propos de la théorie de Helmholtz sur le mécanisme de l'accommodation et des observations de MM. Becker et Coccius sur les phénomènes que présentent dans l'œil vivant le système cristallinien et les procès ciliaires, nous devons mentionner encore l'intéressant travail de M. le professeur Hjort (1), de Christiania. Son observation est des plus concluantes :

11 s'agissait d'un homme qui, par suite d'une explosion de dynamite, avait perdu l'iris d'un œil en totalité, sans que les fonctions de cet œil eussent sensiblement souffert. L'acuité visuelle était normale, l'amplitude d'accommodation de 5,8 D, celle de l'autre étant de 7 D, en rapport avec l'âge (30 ans) de l'individu. La contraction du 1 muscle ciliaire l'ut provoquée tantôt par la fixation d'un objet rapprocbé, tantôt par l'instillation d'une solution de calabar. Les modifications que subissent, lors de celte contraction, l'équateur du cristallin, les procès ciliaires et la zone de Zinn purent être observées avec la plus grande netteté. Les examens à l'oeil nu, aussi bien qu'à l'aide de la loupe de Briicke,ont conduit M. Hjort aux mêmes résultats que M. Coccius, sauf en ce

I (1) Hjurt, klin. Monatshl.. p iOô, 187(5.

qui concerne la largeur de l'espace compris entre le bord du cristallin et les procès ciliaires. Alors que le savant ophthalmologiste de Leipzig a cru voir augmenter pendant l'accommodation cet « espace zonulaire », comme il l'appelle, M. Hjort s'est convaincu que son diamètre ne varie pas, que l'avancement des procès est toujours proportionnel à la rétraction de l'équateur cristallinien. Le cas de M. Hjort était plus propre à faire la lumière sur le mécanisme de l'accommodation que les précédents. Les observations ont été répétées maintes fois dans les meilleures conditions, et leurs résultats parlent d'une façon aussi concluante que possible en faveur de la théorie de Helmholtz.

Légende des figures :

Reproduction de l'œil observé par M. Hjort.

Fig. 133. — État de repos.

134. — Effet de la contraction du muscle ciliaire sous l'influence du calabar.

ce et ce. Équateur du cristallin.

l'P et P'P'. Procès ciliaires et bord cornéen.

APPENDICE. 523

Page 218. — Le lecteur a pu voir, p. 354 et p. 454, que nos expériences relatives à la quote d'accommodation et de convergence qu'il faut avoir en réserve pour» un travail continu nous ont mis en mesure d'être plus précis à ce sujet. Nous sommes, en effet, arrivé à l'exprimer par une fraction ordinaire, que nous croyons à peu de chose près constante, et qui, suivant nos observations, ne doit pas s'éloigner beaucoup de la quote réelle.

Page 258. — Il est très difficile, dans les conditions ordinaires, de diagnostiquer à l'image droite les degrés de myopie supérieurs à 8 ou 10 D. Cela tient à la diminution du charnp de la vision nette et de son intensité lumineuse, par le fait de la position des verres correcteurs au delà du foyer antérieur de l'œil myope et de la trop grande diffusion de l'image rétinienne de la source lumineuse.

Ces deux obstacles ont été levés de la manière la plus avantageuse par un moyen dù à Bl. le docteur Eperon (1). Il interpose, entre l'œil et le miroir, un ménisque divergent de 13D, qui transforme, suivant le cas, la myopie forte en une hypermétropie ou une emmétropie, ou une myopie faible, tous états de réfraction très faciles à déterminer à l'image droite. Il va de soi qu'il faut ajouter ce numéro — ^ 13 au verre concave, ou soustraire du verre convexe avec lequel on voit le plus distinctement le fond de l'œil examiné, pour obtenir le degré de myopie de ce dernier.

L'emploi du verre concave oblige à se servir d'un miroir convergent à très court foyer (6 ou 5 centimètres), dont la surface doit être distante du ménisque d'au moins 5 millimètres.

Toutes ces modifications ont été apportées à l'ophthalmoscope du docteur Landolt par les opticiens Crétès et Roulot, à Paris.

Page 326. — Nous aurions pu, si nous n'avions été restreint par le cadre de notre travail, multiplier les preuves en faveur de l'idée que nous soutenons concernant l'étiologie de l'hypermétropie, à savoir le défaut de développement de l'œil, qu'il soit peu appréciable ou très accusé. Nous citerons ici encore quelques observations qui corroborent cette manière de voir.

M. Schmidt-Rimpler (2) a constaté un degré élevé d'hypermétropie dans deux yeux présentant un colobome maculaire de la choroïde seule, sans ectasie et sans lacune du champ visuel. Or l'occlusion incomplète de la fente chorio-rélinienne est généralement due à un obstacle dans l'évolution complète de l'organe visuel.

M. Desjardins(3) a trouvé que presque tous les sourds-muets de naissance

(1) Eperon. De la détermination à l'image droite des deyrés élevés de myopie {Arch. d'opht., p. 217, 1884).

(2) Schmidt-Rimpler, Arch. f. Ophth., XXVI, 2. p. 221, 1880.

(3) Desjardins, Ann. rf'ocu/., t. LXXXIV, p. 103, 1880.

sont hypermétropes. M. Schaefer (1) a été également frappé du petit nombre (le myopes et d'emmétropes qu'il a rencontré parmi les élès es d'une institution de sourds-muets qu'il a examinés. Il est permis d'admettre un certain rapport entre l'arrêt de développement de l'organe de l'ouïe et celui beaucoup moins prononcé de la vue.

Page 372. — Nous mentionnerons ici pour mémoire les verres taillés suivant la forme d'un ellipsoïde de révolution: ils ont été indiqués par M. Stilling dans le but de corriger l'astigmatisme (2). Nous ne sachions pas qu'ils aient jamais reçu d'application pratique.

Pages 408 et suivantes. — Dans notre chapitre slati stique sur l'étiologie de la myopie, nous avons dù nous borner à résumer les travaux les plus impor- t tanis parus sur ce sujet. Les résultats intéressants qui découlent des exa- ! mens en masse faits par M. Nicati(3) à Marseille nous engagent à reproduire ici la statistique de cet auteur :

Nombre d'yeux examinés : 3434.

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