‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 215 sur 332 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES HÉMIANOPIES · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES HÉMIANOPIES

I. Hémianopies homonymes. — On a trouvé dans les cas d'hémiano-i pie des lésions soit d'uhe bandelette optique, soit d'un hémisphère cérébral.i Les cas se rangent à ce point de vue sous les rubriques suivantes :

A. Les auteurs sont sensiblement d'accord pour admettre que l'hfmianopie homonyme résulte soit de la destruction d'une bandelette optique, soit de l'interruption de la conductibilité nerveuse d'une bandelette. Desi diverses autopsies confirmant cette thèse, nous citerons les plus probantes.! — En premier lieu nous plaçons l'observation de Gowers (1878), d'une hémianopie gauche avec hémiplégie gauche. Une lésion du pédoncule céré-i bral droit (cause de l'hémiplégie) avait fini par atteindre la bandelette optique de ce côté (l'hémianopie était venue plus tard s'ajouter à l'hémi-' plégie). — Le cas de Hirschberg (1875) est aussi très démonstratif. Hémianopie droite, aphasie et hémiplégie droite. Un gliosarcome volumineux di lobe frontal gauche (dont les lésions, d'après de nombreuses observations ne donnent pas lieu en elles-mêmes à des troubles visuels) avait comprimt, et aminci la bandelette optique gauche. — Deux autres cas de lésions d'unt' bandelette, coïncidant avec de l'hémianopie homonyme, l'un de Dreschfelrt (1880), l'autre de Hosch (1878), ne prouvent rien en cette question, attendu qu'il y avait en même temps d'autres lésions pouvant donner lieu à cette hémianopie. Dans le cas de Dreschfeld, une tumeur tuberculeuse avait envahi la couche optique et la capsule interne. Dans celui de Hosch, l'hémianopie semble avoir été occasionnée par une lésion du lobe occipital; 1;^ bandelette était entourée d'un foyer hémorrhagique récent.

Le célèbre cas de Wollaston (voy. p. 554) rentre probablement en parlitj ici. Cet auteur essuya une attaque passagère d'hémianopie homonymf gauche, et vingt ans plus tard, une attaque (de vingt minutes) d'hémianopit homonyme droite. Quatre ans plus tard, on trouva à l'autopsie dans lii couche optique droite une tumeur de la grosseur d'un œuf de poule, et um désorganisation de la bandelette du même côté. Wollaston avait lui-mênn diagnostiqué une tumeur cérébrale. |

HÉMIANOPIE. 595

ésion de la bandelette gauche produit tme hêmlanopic droite; une le la bandelette droite, mie hémianopie fjauche. aianopie est du reste pure, c'est-à-dire que l'acuité visuelle est norà peu près ; le fond de l'œil ne présente au début aucune altération, une n'a aucune tendance à empiéter sur la seconde moitié du champ

[ue le processus morbide envahit en même temps le chiasma, ou bien iint primitivement le chiasma, l'hémianopie perd ses caractères ty- L'acuité visuelle est abaissée, ordinairement dans une mesure très ;ée, soit sur un œil, soit sur les deux ; il y a tendance à la producmaurose absolue. Les lacunes du champ visuel ne sont pas absolu- 'métriques et ne restent pas stationnaires. Il y a ordinairement des ie névrite constatables à l'ophthalmoscope, et à la longue il survient jphie véritable du nerf. Ces cas n'ont donc avec l'hémianopie homo- Britable qu'une ressemblance lointaine, et encore seulement dans une lériode de leur évolution, qui est essentiellement progressive. — :jues données nécroscopiques illustrent les assertions précédentes. 1867) signale dans un cas de tuberculose miliaire des méninges et imons, dans la moitié droite du chiasma, la présence d'un tubercule de la grosseur d'une noisette. La bandelette droite était réduite de , de même que le nerf optique du même côté. Il y avait parésie de moteur commun et du facial à droite, hémianopie gauche, avec une visuelle de 1/50 à droite, de 1/5 à gauche. — Un patient de Mohr souffrait depuis longtemps de vertiges et de céphalalgie. D'abord il un rétrécissement de la moitié droite du champ visuel droit, avec lité visuelle normale. Plus tard la moitié droite du champ visuel se rétrécit également; l'acuité visuelle y était de 12/200; elle dimi- ;orè dans la suite. A l'ophthalmoscope, atrophie progressive des deux [1 y avait sur la selle turcique un angiosarcome de la grosseur d'une ui avait aplati le chiasma et le nerf optique gauche. La bandelette était envahie par le néoplasme. Dans le troisième ventricule un kyste itle plancher de cette cavité. — Signalons enfin le cas de Dreschfeld d'une tumeur carcinomateuse située à la base du cerveau, à droite gne médiane, et comprimant le chiasma, le nerf optique droit ainsi ; nerfs environnants. A gauche il y avait hémianopie temporale, à imaurose complète.

'hémianopie homonyme peut résulter d'une lésion des ganglions de ! du cerveau, d'une couche optique et probablement de celle d'un lie quadrijumeau antérieur, ce qui du reste se conçoit déjà d'après inexions anatomiques de ces ganglions avec la bandelette optique Pour ce qui est de la couche optique, des lésions de sa moitié pose, surtout du corps genouillé externe et du pulvinar pourront détruire es optiques de toute une bandelette. Une autopsie aussi démonstrative ssible a été faite dans un cas de ce genre par Gowers (1875). Cet

NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

auteuf trouva un ramollissement de la moitié postérieure de la coucln optique droite ; le pulvinar était détruit ; le ramollissement ne dépassai pas les limites de la couche optique. Gowers conclut qu'il devait y avoir ei hémianopie. Elfectivement H. Jackson avait constaté sur le vivant de l'hé mianopie et hémianesthésie gauches, ainsi qu'une hémiplégie gauche pas sagère. — Deux autres cas de lésions d'une couche optique avec hémianopie' dont l'un de Pooley (1877), l'autre de Dreschfeld (mentionné plus haut), ni sont pas purs. Dans le premier, le lobe occipital et les masses blanche autour de la couche optique étaient malades; dans le second (tumeur di la couche optique), la capsule externe était comprimée.

Tûrck a observé deux cas des lésions limitées au corps genouillé externe Malheureusement l'examen de la fonction visuelle n'avait pas été fait ave^ les soins voulus. Il est à supposer qu'il y avait de l'hémianopie, à peu prè: comme lorsque le siège de l'affection est dans la bandelette optique.

Dans l'hémianopie par lésions de la couche optique et du pulvinar, oi trouve consigné : hémorrhagie 4 fois, cicatrices par suite d'hémorrhagie; 2 fois, ramollissement 4 fois.

G. Rien qu'à en juger d'après les connexions anatomiques, une lésior limitée à un tubercule quadrijumeau antérieur semble pouvoir produin de l'hémianopie homonyme. Mais les lésions de ces tubercules ont toujour intéressé en même temps d'autres parties rie l'encéphale, soit le lobe occipital, soit la couche optique, etc. Aussi Prévost (1880) n'est-il pas fondé ; rechercher uniquement dans une lésion du tubercule quadrijumeau droi la cause d'une hémianopie droite, puisque dans le cas soumis à son obser vation il y avait aussi à droite un ramollissement dans la couche optique qu s'étendait dans la capsule interne et dans le lobe occipital.

D. L'hémianopie homonyme peut résulter d'une lésion du tiers posté rieur de la capsule interne, des radiations optiques dirigées vers le lobi occipital, du lohe occipital dans son ensemble ou seulement de Vécorce occi pitale. — Les données de l'anatomie pathologique sont encore insuffisante; pour étayer dans tous ses détails la proposition précédente; mais jointes au:, données de l'anatomie et de la physiologie, elles ne laissent plus guèn' subsister de doute à cet égard.

La proposition est clairement démontrée par l'anatomie pathologique pou ce qui regarde le lobe occipital dans son ensemble et l'écorce occipitale En fait de données positives, nous n'avons que l'embarras du choix.

Curschmann (1879) rapporte le cas d'un homme ayant bu par mégardedi l'acide sulfurique. Une hémianopie gauche fut le seul symptôme cérébral La mort survint le seizième jour après l'accident. Il y avait un grand foyer d' ramollissement dans le lobe occipital droit, étendu jusqu'à la surface céré brale, surtout au sommet et au côté interne.

Dans un cas d'hémiplégie et d'hémianopie gauches, Marchand (1882 trouva au sommet du lobe occipital droit un noyau nécrotique de la grandeu d'une noisette, environné d'un ramollissement jaune envahissant les partie

JIÉMIANOPIE. 597

nvironnantes, tant en superficie qu'en profondeur, dans l'étendue d'un demientimèlre.

Cas de Haab (1882) : la pointe du lobe occipital droit était affaissée par uite d'un ramollissement de toute l'étendue du Gyrus liippoccmpi, dans m cas où une endocardite avait occasionné une hémianopie et une liémiilégie gauches.

Un cas de Wernicke et llalin (1882) est célèbre en ce sens que l'hémialopie avait permis de préciser le siège d'un abcès cérébral, et de faire un issai pour évacuer le pus. Il y avait bémianopie et hémiplégie droites. On luvrit sur le vivant le crâne, et on finit par tomber dans la profondeur du obe occipital gauche sur un abcès, malheureusement de nature tuberculeuse.

Wernicke (1878) a observé un cas d'héniianopie droite, causée par un oyer de ramollissement à la convexité du lobe occipital gauche.

Westphal (1879) trouva un foyer de ramollissement dans la substance ilanche d'un lobe occipital, chez un individu mort après avoir présenté de 'hémianopie homonyme du côté opposé, et des convulsions de ce même côté ans paralysies.

Cas de Jastrowitz (1877) : aphasie avec rétrécissement du champ visue i droite, coïncidant avec un large ramollissement environnant un sarcome, lans le lobe occipital gauche.

Cas de Nothnagel (1879) : hémianopie gauche; à droite ramoHissenent de la troisième circonvolution occipitale dans une étendue de deux entimètres et demi, une altération au milieu de la partie latérale de la ouche optique datant des derniers jours de la vie, et qui par conséquent le pouvait pas être la cause de l'hémianopie.

Une observation de Keen et Thomson (1871) équivaut presque à une lutopsie. Une balle pénètre dans la tête sur la ligne médiane, h un et un juart de pouce au-dessus de la protubérance occipitale externe, et sort trois ■onces pins en avant, à gauche delà ligne médiane. Probablement donc que e lobe occipital gauche était lésé. Il survint de l'hémiplégie droite avec perte !e connaissance. On dut enlever des matières fongueuses faisant hernie à ravers la tête. Après une année le sensorium était bon, et la paralysie

lisparut. Acuité visuelle |, avec hémianopie homonyme droite.

Nous négligeons les observations, suivies d'autopsie, de Baumgarten (1878), eDreschfeld (1880), de Hosch (1878) et d'autres, dans lesquelles il y avait, utre une lésion du lobe occipital, des altérations de parties diverses de encéphale (couche optique, bandelette) qui à elles seules produisent l'hélianopie.

Les lésions d'un lobe occipital occasionneat donc une hémianopie homoyme du côté opposé à la lésion. La plupart du temps la substance blanche t l'écorce étaient intéressées. On pourrait donc se demander à laquelle des eux lésions est due l'hémianopie. Il ne saurait y avoir de doute que l'une t l'autre produisent cet effet. L'attribuer exclusivement, soit à une lésion de

NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

l'écorce, soit à une lésion de la substance blanche du lobe occipital, ce serait certes aller à l'encontre de toute logique, et faire abstraction des données si claires de la physiologie (p. 565 et suiv.). L'observalion de Westphal est du du reste une lésion de la seule substance blanche, et celles de Curchmann, de Marchand et de Wernicke peuvent bien passer pour des lésions exclusives de l'écorce.

Reste encore la capsule interne qui dans son tiers postérieur doit renfermer les fibres optiques d'une bandelette, et dont les lésions devront donner lieu à de l'hémianopie. En effet, comme les lésions de la substance blanche du lobe occipital (radiations optiques de Gratiolet) et celles de l'écorce occipitale donnent lieu à la même hémianopie que celles de la bandelette optique du même côté, il faut bien admettre que les éléments optiques^ d'une bandelette gagnent l'écorce occipitale du même côté; et ils ne pourront guère y arriver par une voie autre que le tiers postérieur de la capsule interne et par les radiations optiques sorties directement de la couche optique. — L'anatomie pathologique n'a toutefois pas encore dit son dernier mot à ce sujet. Dans les hémianopies assez nombreuses qu'on a trouvées liées à des lésions de la capsule interne, il y avait en même temps desi altérations, soit de la couche optique, soit des radiations optiques. Dmitrowsky et Lebeden ont rencontré dans une hémianopie droite un ramol-i lissement hémorrhagique de toute la couronne rayonnée gauche ; mais il ne; ressort pas de leur communication que les radiations optiques n'aient pas été intéressées. Une observation de Pflûger (1878) est du même genre. Cet auteur rencontra dans un cas d'hémianopie homonyme gauche un foyer hémorrhagique de la grandeur d'une petite pomme à droite dans le corps strié et dans la partie inférieure de la couche optique ; la substance médullaire était également un peu entamée.

Nous reviendrons plus loin sur l'amblyopie qu'on a trouvée liée à des lésions du tiers postérieur de la capsule interne (voy. Amauroses par lésions cérébrales). ■

II. Hémianopies hétéronymes. — Les premières fois que l'autopsie a été ' faite avec tous les soins voulus dans des cas d'hémianopie, il s'agissait précisément de cas d'hémianopie hétéronyme.

1° Hémianopie hétéronyme temporale. — Observation de D. E. Mûller (1861) : cécité complète passagère, suivie d'hémianopie latérale, d'abord de l'œil droit, puis de l'œil gauche; acuité visuelle assez bonne; pas d'autres paralysies, ni de nerfs sensibles, ni de nerfs moteurs, mais vertiges, bourdonnement d'oreilles, etc. — Sarcome de la grosseur d'une pomme, parti de l'hypophyse, et qui avait dû compvimer le chiasma sur la ligne médiane.

Observation de Saemisch (1865) : d'abord acuité visuelle diminuée, puis amaurose, suivie d'hémianopie latérale ; examen ophthalmoscopique négatif; mort par méningite. Une tumeur sarcomateuse de la grosseur d'un œuf

HÉMIAN'OPIE. 599

de pigeon en avant du chiasma, dans l'angle lornié par lot; deux nerfs optiqnes ; ceux-ci étaient déjetés sur les côtés.

Enfin, de même que pour l'hémianopie nasale, on signale dans la plupart des hémianopies temporales non contrôlées par l'autopsie, des signes de névrite, et un état progressif de l'affection, avec une acuité visuelle défectueuse. L'ensemble de ces caractères dénote qu'il s';igit de processus névriliques de sources diverses, siégeant aux environs du chiasma,

2" En fait de résultats nécroscopiques dans Vhémianopie hrlévomime nasale, on a signalé à diverses reprises (Knapp, 1873, Mandelstamm, 1875, Scliùle, 1874, etc.) des processus pathologiques chroniques à la base du crâne soit des méningites, soit des dégénérescences alhéromateuses, soit aussi des tumeurs. Les lésions siégeaient donc aux environs du chiasma, localisation qui d'ailleurs ressort de l'ensemble des observations cliniques. On mentionne en effet, sauf de rares exceptions (Daa, 1870), les signes ophlhalinoàcopiques de la névrite, et une tendance à la progression de TalTection, à l'envahissement de la seconde moitié du champ visuel, concurremment avec le développement d'une atrophie progressive du nerf optique conduisant à l'amaurose. — Dans un cas observé par Knapp (1875), d'une altération des deux angles latéraux du chiasma et des parties avoisinantes des nerfs optiques, iccompagnée de papillo-rétinite, il y avait des lacunes nasales dans les deux champs visuels. — Ce n'est donc pas une observation bien démonstrative. Deux autres cas publiés par von Graefe le sont encore moins.

localisation des processus morbides dans les divers cas d'iiémianopie.

Nous n'allons pas nous arrêter à tirer des faits d'hémianopie des preuves 30ur ou contre la décussation partielle des fibres optiques dans le chiasma. ]ette décussation partielle est un des faits les mieux établis par l'expérimenation physiologique et par certaines données de l'anatomie pathologique voy. p. 550 et p. 594). Relevons cependant les propositions suivantes, 'elatives au parcours des fibres optiques depuis la réline jusqu'au centre isycho-optique. Elles ont été formulées déjà dans la partie anatomique !t physiologique, où nous avons dû renvoyer à la partie clinique pour ce qui 'egarde certaines preuves à l'appui. Ces preuves anatomo-pathologiques iont contenues dans les nombreuses observations d'hémianopies homolymes, suivies de l'autopsie, que nous avons résumées dans les pages précélentes.

Des observations anatomo-pathologiques en question il résulte ce qui suit : "Chaque bandelette renferme des fibres optiques venues des deux yeux - preuve péremptoire de la décussation partielle dans le chiasma. Cela ésulte amplement des observations d'hémianopies (homonymes) produites •ar des lésions d'une seule bandelette optique. 2" Les nombreux exemples

iSUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

d'héitiianopie homonyme typique produites par des lésions d'un seul hémisphère cérébral (opposé à l'hémianopie), et siégeant notamment dans l'écorce du lobe occipital et dans la substance blanche qui s'y rend, démontrent que toutes les fibres optiques d'une bandelette se rendent dans l'hémisphère du mémo côté, dans l'écorce du lobe occipital, écorce qui chez l'homme aussi bien (pie chez le singe et chez le chien est le centre psycho-optique (1). 3° La plus grande partie, interne, de chaque rétine, est innervée par des fibres venues de l'hémisphère cérébral opposé (par le faisceau croisé), et une plus petite partie, temporale, de chaque rétine, est innervée par l'hémisphère du même côté (par le faisceau direct), une ligne droite verticale, passant par la fovea centralis, séparant les deux moitiés rétiniennes. A la limite entre les deux portions rétiniennes, nous avons une zone dans laquelle les fibres des deux faisceaux s'entremêlent, puisque dans les cas d'hémianopie la vision n'y est que diminuée. La fovea centralis^ le centre physiologique de la rétine, fait partie de cette zone ; elle est donc reliée aux deux lobes optiques. — L'inégalité des deux portions rétiniennes s'accorde avec le fait connu (p. 557) de l'inégalité des deux faisceaux du nerf optique. — Les preuves de ces dernières propositions sont renfermées dans ce que nous avons dit des symptômes et de l'anatomie pathologique des hémianopies homonymes.

D'après ce qui précède, nne hémianopie homonyme pourra être produite par des causes morbides siégeant aux endroits suivants, l'hémianopie étant toujours du côté opposé à la lésion : a. dans une bandelette optique ; b. dans la couche optique (et dans le tubercule quadrijumeau antérieur); c. dans le tiers postérieur de la capsule interne ; d. dans les radiations optiques qui de la couche optique se rendent à l'écorce occipitale; e. dans l'écorce occipitale elle-même.

Quant à décider entre ces différentes localités, cela pourra se faire ordinairement en tenant compte et des caractères propres de l'hémianopie et des symptômes concomitants : paralysies, anesthésies, etc., du mode de développement et de la marche des symptômes les plus divers, visuels et autres, qu'offrira le malade.

Établissons d'abord qu'une hémianopie homonyme typique est toujours le symptôme d'une lésion siégeant en un endroit plus central que le chiasma optique. Les mêmes éléments d'appréciation serviront aussi à préciser la nature de la lésion.

1° En aucun cas une véritable hémianopie ne peut résulter d'une lésion des deux nei'fs optiques. On pourrait imaginer une lésion double (névrite), siégeant contre l'œil au bord interne d'un nerf etau bord externe de l'autre;

(1) Les observations d'amblyopie croisée dans les lésions d'un seul hémisphère (de la capsule interne) ne sauraient prévaloir contre les preuves positives tirées des faits d'hémianopie ; nous y reviendrons plus loin, à propos des amblyopies et des amnuroses par lésion cérébrale.

HÉMIANOPIE. ,;,)!

elle pourrait donner lieu à des lacunes dans les deux nioilirs liomoiiymos des rétines. Mais il est à peu près impossible que les scototnes . aient les caractères de l'hémianopie. Ils seraient progressifs, pourraient diminuer, empiéteraient plus ou inoins sur la seconde moitié de la rétine, occuperaient même le point de fixation; l'acuité visuelle serait ordinairement déleclueuse, les champs de couleurs seraient plus ou moins rétrécis dans les deux moitiés du champ visuel, et enfin l'ophthalmoscope révélerait de la névrite. Les cas de scotomes plus ou moins symétriques de ce genre ne méritent pas le nom d'iiémianopie homonyme.

2° Une lésion du chiasma optique ne saurait pas non plus occasionner une hémianopie homonyme véritable, à moins de la supposer double et avec une délimitation absolument invraisemblable. Le cas n'a du reste jamais été observé. — Mais le chiasma peut être envahi par un processus morbide qui intéresse en même temps une bandelette et produit de l'hémianopie à ce dernier titre. Dans ce cas l'affection du chiasma masque plus ou moins l'hémianopie, en rend l'image confuse ; elle tend notamment à produire la cécité absolue de l'un ou l'autre œil, peut-être des deux à la fois. Si donc une hémianopie typique à son début se modifie dans le sens indiqué, surtout si elle envahit le point de fixation sur un œil, cela peut être le signe que le processus a envahi le chiasma. Le même elTel pourra cependant se produire si la lésion, bornée primitivement à une bandelette, finit par s'étendre à la seconde, ou bien lorsqu'il y a une lésion dans chaque hémisphère cérébral. Lorsque donc, dans le cours d'une hémianopie homonyme, on voit survenir des signes de névrite, il faut conclure que le processus siège à la base du crâne, soit qu'il y ait pris son point de départ, soit qu'une altération des hémisphères ait fini par léser la base du cerveau.

3° L'existence de scotomes symétriques parle en faveur d'un processus pathologique siégeant dans les hémisphères. En fait, on les observe à la suite d'insultes apoplectiques, quelquefois légères, mais qui, d'après l'ensemble des symptômes, reconnaissent une cause intracérébrale. Nous ne disposons cependant pas, du moins que nous sachions, d'une seule bonne autopsie faite dans un cas de ce genre. — En théorie, une lésion partielle d'une bandelette optique pourrait donner naissance à des scotomes symétriques. Mais les fibres optiques y sont ramassées en un faisceau tellement serré, qu'en règle générale ce dernier sera lésé dans toute son épaisseur, et que partant il y aura hémianopie complète. Dans les hémisphères, au contraire, les fibres sont moins étroitement serrées, et un processus pathologique pourra très bien n'en intéresser qu'une partie.

L'existence même des scotomes symétriques semblerait prouver que les fibres des deux faisceaux (direct et croisé) s'entremêlent dans les hémisphères, de manière à rapprocher celles qui proviennent de points rétiniens identiques; elle semble démontrer aussi que ces deux fibres se terminent dans l'écorce l'une très près de l'autre, sinon au même point. Pour échapper à la conséquence du fait des scotomes symétriques, qui parle contre les idées de Munk relatives à la constitution de la « sphère optique», Wernicke

NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

relève les caractères de dissemblance entre les deux scotomes, signalés à la page 585. D'après Wernicke, les scotomes seraient, en règle générale, plus ou moins dissemblables, incongruents.

Nous sommes en droit d'attendre des renseignements précieux sur l'arrangement des éléments sensibles dans le centre psycho-optique de la part de bonnes autopsies faites dans les cas de scotomes symétriques.

Nous concluons donc qu'une hémianopie typique, complète ou incomplète, est toujours le symptôme d'une lésion centrale, siégeant au delà du chiasma optique, soit dans une bandelette optique, soit dans un hémisphère cérébral.

A. Les caractères propres aux hômianopies hom.onymes par lésion des bandelettes optiques sont les suivants.

L'hémianopie occupe les moitiés homonymes des deux champs visuels dans toute leur étendue. En effet, une insulte agissant sur la bandelette (méningite delà base du cerveau, hémorrhagies, tumeurs, ramollissement propagé des parties cérébrales environnantes, etc.) anéantira, en règle générale, tout le faisceau fibrillaire si mince.

L'hémianopie est ordinairement absolue, c'est-à-dire que l'individu ne voit absolument rien au niveau des scotomes, en raison de la destruction de toutes les fibres optiques. Lorsque le siège de l'hémianopie est dans les hémisphères, les fibres peuvent n'être que comprimées, quelques-unes peuvent être détruites. Aussi la conservation d'un certain degré de vision au niveau des scotomes, même d'une simple perception lumineuse, parle en faveur d'un siège intracérébral de l'affection. — Le scotome hémianopique est de plus, d'après Fôrster, toujours négatif, c'est-à-dire qu'il ne se marque pas en noir; l'individu n'y voit rien, pas plus que derrière la tête.

La réaction pupillaire à la lumière est abolie pour le cas où une lumière tombe sur la partie hémianopique de la rétine. Cela se conçoit, puisque les fibres optiques sont interrompues, ordinairement par une tumeur, en un endroit plus périphérique que les ganglions réflexes pour les mouvements pupillaires (niveau des tubercules quadrijumeaux antérieurs). Dans certains cas où le siège de l'affeclion était dans un hémisphère, c'est-à-dire au delà des mêmes ganglions réflexes, celte réaction était conservée.

Une hémianopie homonyme par cause basale se compliquera plus vite d'atrophie intra-oculaire (de l'œil du côté hémianopique; voy. p. 590) qu'une hémianopie par cause intracérébrale. — La névrite, plus fréquente dans les processus de la base du crâne, peut cependant exceptionnellement compliquer une hémianopie intracérébrale.

D'après Feré, l'absence d'une anesthésie conjonctivale du côté de l'hémianopie serait une preuve que l'altération ne siège pas dans les hémisphères, mais dans une bandelette optique. Cette assertion attend une confirmation ultérieure.

La coexistence de paralysies d'autres nerfs sera souvent d'un puissant secours pour localiser la cause d'une hémianopie homonyme. Dans la partie la plus centrale de son parcours, la bandelette optique est couchée sur le

HÉMIANOPIE. 603 pédoncule cérébral; à la base du cerveau, elle est dans le voisinage des nerfs oculo-moteurs commun et externe, du pathétique, etc. Des paralysies de ces différents nerfs, ainsi que du trijumeau, du facial et même de l'hypoglosse, compliquent souvent les hémianopies par lésion de la bandelette, surtout à la base du cerveau. Ce sont alors les nerfs du côté opposé à l'hémianopie qui sont paralysés, contrairement à ce que nous allons trouver pour les hémianopies dont les causes résident dans les hémisphères cérébraux. — Dans le cas publié par Gowers, le processus morbide avait lésé la bandelette à l'endroit où elle court sur le côté supéro-externe du pédoncule cérébral; ce dernier était atteint également. Il y avait donc hémianopie et hémiplégie. L'hémiplégie et l'hémianesthésie (qui peuvent résulter d'une lésion pédonculaire) coexistant avec une hémianopie homonyme du même côté, ne sont donc pas absolument pathognomoniques d'une lésion il'un hémisphère. Cependant, d'après l'expérience très étendue de Nothnagel, les affections si fréquentes du pédoncule (ramollissement, hémorrhagie) n'intéressent que très rarement la bandelette optique susjacente. Celle-ci possède en effet un système vasculaire à part, indépendant du pédoncule ; ses vaisseaux lui sont fournis par une mince enveloppe de tissu conjonctif qui lui est propre. — La règle est donc que la complication avec l'hémianesthésie ou avec l'hémiplégie indique un processus intracérébral.

Dans les processus pathologiques à la base du crâne, dans sa partie antérieure, frontale, il y a très souvent une céphalalgie frontale intense, soit spontanée, soit à la percussion du crâne, et cela du côté opposé à l'hémianopie. Cette céphalalgie a été notée dans tous les cas contrôlés par l'autopsie.

Au sortir de la bandelette optique, les fibres optiques arrivent dans la couche optique (corps genouillé externe, pulvinar) et dans les tubercules quadrijumeaux. Pour ce qui est de la couche optique, sa destruction doit évidemment donner lieu à de l'hémianopie homonyme typique, au même litre que les lésions de la bandelette. En fait, aucun cas d'hémianopie homonyme ne s'est jusqu'ici révélé comme tenant à une lésion d'une couche optique (voy. les observations de Tiirck, notamment à la page 596). Nothnagel prétend qu'à en juger d'après les observations publiées, une lésion bornée à l'intérieur de la couche optique ne produit pas d'hémianopie, aussi longtemps qu'elle n'intéresse pas le stratum zonale.

Nous ne connaissons guère de symptôme pathognomonique d'une lésion de la couche optique. Charcot appelle l'attention sur la fréquence de l'hémichorée précédant ou suivant une attaque apoplectique dans la couche optique et dans la capsule interne. L'athétose est assez fréquente également dans les lésions de la couche optique et de la capsule interne. Nothnagel croit pouvoir affirmer, sur la foi des observations publiées, que les altérations bornées à la couche optique ne donnent lieu ni à de l'hémiplégie ni à de l'hémianesthésie persistante.

Les lésions des tubercules quadrijumeaux antérieurs ne s'étant offertes

NUEL. — AMBLYOPIES ET ÀMAUROSES.

que bilatérales (voy. plus loin, p. 016), on ne sait pas si la destruction d'un seul d'entre eux peut produire de l'hémianopie. Dans tous les cas, une lésion de ce genre peut être exclue lorsque dans une hémiplégie avec hémianesthésie (suites de la destruction d'un pédoncule cérébral) la pupille réagit à la lumière et lorsqu'il n'y a pas de paralysie des muscles oculaires.

B. L'hémianopie dont le siège est dans l'un ou l'autre hémisphère cérébral proprement d\t a des caractères particuliers, et très souvent on peut spécifier avec quelque précision son siège plus exact.

Disons d'abord que les causes ordinaires de ces hémianopies sont par ordre d'importance : les hémorrhagies, les ramollissements, les abcès et les tumeurs. Rappelons-nous aussi la disposition des éléments optiques dans les hémispbères. Les fibres, ramassées en un faisceau assez compact, s'élèvent vers les hémisphères en arrière de la couche optique, dans le voisinage immédiat de la partie postérieure de la capsule interne, qu'elles prolongent en arrière. Sous le nom de radiations optiques, le faisceau se dirige en arrière, s'étale en divergeant, et gagne les points les plus divers de l'écorce occipitale, le centre psycho-optique.

Le trouble visuel en lui-même se distingue souvent de celui d'une hémianopie basale. Assez fréquemment l'hémianopie est incomplète, tant pour son étendue que pour son intensité. La lacune peut ne pas occuper toute une moitié du champ visuel. Les scotomes symétriques reconnaissent ordinairement pour cause une lésion des hémisphères. Les lacunes, qu'elles occupent une moitié entière du champ visuel ou non, sont souvent relatives, c'est-àdire que l'acuité visuelle n'y est que diminuée; dans ce cas ils peuvent ne devenir manifestes qu'à un éclairage faible. Quelquefois la perception lumineuse persiste seule au niveau des scotomes. Ces particularités sont dues à ce que dans les hémisphères les éléments optiques fibrillaires ne sont pas ramassés en un mince paquet comme dans la bandelette optique; ils peuvent donc n'être détruits qu'en partie. D'autres fois ils semblent n'être que comprimés momentanément, par une hémorrhagie par exemple; dans ce cas l'hémianopie est passagère, ou bien elle s'améliore, quelque perception lumineuse reparaissant dans le scolome.

L'hémianopie peut toutefois être complète, et le scotome absolu. Dans ce cas il s'agira de destructions plus larges, comprenant tous les éléments optiques d'un hémisphère.

Jusqu'ici nous ne connaissons aucun signe distinctif entre les hémianopies par lésion de l'écorce occipitale et celles par lésion de la substance blanche. Dans l'un et l'autre cas, la réaction pupillaire à la lumière qui tombe sur la partie insensible de la rétine est conservée, car la lésion est toujours située au delà des ganglions de la base du cerveau.

L'existence ou la non-existence de certaines complications est de la plus haute importance pour localiser le siège d'une hémianopie. S'est-elle montrée primitivement comme partie intégrante d'une insulte apoplectique? Y a-t-il eu des convulsions, de l'amnésie? Y a-l-il actuellement une céphalal-

HÉMIANOPIE. (iu:,

gie, soit spontanée, soit à la percussion, à la région postérieuic du i iàne? Ces éléments, joints à l'absence de symptômes d'une lésion basalc, permettent ordinairement de localiser dans les hémisphères le siéije de la lésion, même en l'absence d'hémiplégie, d'hémianeslhésie, d'aphasie, elr.

Une hémianopie homonyme complète ou incomplète, non compliquée d'hémianesthésie, d'hémiplégie et d'aphasie, peut être produite par une cause siégeant dans le lobe occipital, soit dans l'écorce elle-même, soit dans la substance blanche du lobe, soit dans les deux à la fois. — La coexistence d'hémianesthésie et d'hémiplégie démontre que la capsule interne est intéressée. S'il y a seulement de l'hémianesthésie, on peut conclure que l'altération siège dans les parties postérieures du cerveau, en arrière du noyau lenticulaire, car les lésions du tiers postérieur de la capsule interne ne produisent que de l'hémianesthésie, pas d'hémiplégie. Si dans ce cas l'hémianopie est complète, il est probable que la lésion occupe plus ou nK)ins le lobe occipital, et qu'Une de ses ramifications s'étend jusqu'aux environs de la capsule interne; celte hypothèse deviendra presque certitude si dans lasuite l'hémianesthésie diminue alors que l'hémianopie persiste. Lorsque, au contraire, l'hémianopie s'améliore seule, il y a lieu de supposer que le foyer de la lésion se trouve dans le tiers postérieur de la capsule interne. Dans ce cas on constatera ordinairement un degré plus ou moins prononcé d'hémiplégie. Nous savons en elfet que l'hémiplégie est le symptôme obligé d'une lésion de la partie antérieure de la capsule interne, au même titre que les lésions de son tiers postérieur produisent l'hémianesthésie, y compris celle des organes des sens supérieurs, du goût, de l'odoral, etc. (Charcot).

Assez souvent on observe d'emblée de l'hémiplégie et de l'hémianesthésie avec un faible degré d'hémianopie ; ou bien l'hémianopie disparait, tandis que l'hémiplégie et l'hémianesthésie persistent. Dans ce dernier cas, qui semble se présenter souvent dans les apoplexies, il y a lieu de supposer que le foyer de l'affection est dans la capsule interne, peut-èire en même temps dans le corps strié ou dans le corps lenticulaire.

Si l'hémianopie par cause hémisphériffue se complique d'hémiplégie et d'hémianesthésie, celles-ci existent du côté de l'hémianopie. La co/m^/^a/a-om d'hémianopie avec une paralysie ou une aneslhésie du côté opposé, ordinairement de l'im ou l'autre nerf cvkmen, est pathognomonique d'une lésion de la base du cerveau.

Des renseignements topographiques de plus ou moins de valeur ressortent encore de l'étendue de l'hémiplégie. Une hémiplégie complète indiijue une lésion de la capsule interne. D'après Nolhnagel, les altérations de la capsule qui s'étendent au noyau lenticulaire paralysent, oulre le bras et la jambe, également le nerf facial. Une monoplégie (du côté de l'hémianopie), soil d'une seule extrémité, soit du facial ou dureleveur de la paupière supérieure, indiquent ou bien une lésion corticale dans les centres psychiques corres-

NUEL. — AMBLYOPIES ET AMAIIROSES.

pondants, ou bien une lésion très circonscrite de la couronne rayonnante, lésion qui ne pourrait guère s'étendre au lobe occipital ; elle peut donc être exclue s'il y a complication d'hémianopie. Il faut cependant dans ces cas songer à la possibilité de lésions circonscrites multiples, dont une dans le lobe occipital.

jN'oublions pas non plus que les lésions d'un pédoncule cérébral peuvent (p. 594) donner lieu à de l'hémianopie homonyme avec hémianesthésie et hémiplégie du même côté, car elles peuvent envahir la bandelette optique. Ce cas semble cependant être très rare ; la raison en est que le système circulatoire de la bandelette est indépendant de celui du pédoncule sousjacent. La coexistence d'une parésie du nerf oculo-moteur commun du côté non hémianopique pourra servir à assurer le diagnostic.

Les convulsions hémichoréiques, avons-nous dit, parlent en faveur d'une lésion d'une couche optique. Des convulsions d'un seul côté du corps, mais de nature épileptoïde, semblent être toujours dues à une lésion corticale, c'est-à-dire des deux circonvolutions centrales. Les convulsions épileptiques générales ne sauraient guère être utilisées pour localiser un processus morbide, bien que dans ce cas ce dernier semble toujours se trouver dans les hémisphères cérébraux.

L'aphasie, qui coexiste si fréquemment avec l'hémianopie homonyme, permet de porter un jugement sur l'étendue d'une lésion des hémisphères. L'artère sylvienne fournit par sa branche antérieure à la troisième circonvolution frontale, et par sa branche postérieure à Vinsula et à une grande partie du lobe occipital ; il est donc tout naturel qu'un processus de ramollissement, par exemple, ou une embolie dans le domaine de cette artère, produise de l'aphasie et de l'hémianopie. De nombreuses autopsies ont démontré que lorsque l'aphasie coexiste avec l'hémianopie, il y a des lésions de Vinsula, de la circonvolution de Broca, et d'une partie plus ou moins grande du lobe occipital. — L'aphasie ou l'hémianopie peuvent être passagères. Souvent l'hémianopie ne consiste qu'en des scotomes symétriques. — Enfin, une tumeur de Vinsula pourrait comprimer la bandelette. Mais ce cas n'a pas encore été observé.

Il est à remarquer que ce ne sont pas seulement les lésions du côté gauche qui produisent la combinaison d'hémianopie avec de l'aphasie. Le plus souvent, il est vrai, l'hémianopie est droite dans ce cas, mais on en connaît aussi qui étaient gauches.

On signale la complication de l'hémianopie homonyme avec Yalexie et avec Vagmphie, deux symptômes cérébraux similaires de l'aphasie, et qui semblent résulter de lésions du lobe occipital; on n'est pas encore parvenu aies utiliser pour localiser des processus morbides cérébraux.

Nous ne pouvons admettre qu'avec de grandes réserves les observations de lésions occipitales sans troubles visuels, car des scotomes symétriques échappent assez facilement à l'observation.

Dans tous les cas, les troubles visuels occasionnés par des processus sié-

HÉMIANOPIE. 607 géant dans un lobe occipital ne peuvent être que de nature liémianopique. Cette proposition est basée sur un nombre considérable d'oi)servations cliniques confirmées par l'autopsie, et elle revêt à nos yeux la valeur d'un axiome de la pathologie cérébrale.

Si l'on venait à prouver que le faisceau croisé se termine dans une portion d'écorce autre que dans celle où se termine le faisceau direct, conformément aux idées de Munk, une lésion corticale de peu d'étendue pourrait se borner à léser la fonction d'un seul œil ; mais encore le trouble serait-il hémianopique; il consisterait en un scotome plus ou moins étendu d'une moitié latérale du champ visuel monoculaire, scotome qui ne pourrait jamais embrasser tout à fait le point de fixation. L'acuité visuelle serait toujours normale ou à peu près, et en aucun cas il ne pourrait y avoir rétrécissement concentrique du champ visuel. C'est pour ce motif que l'observation de Nieden, d'un rétrécissement d'un champ visuel gauche dans tous les sens, mais particulièrement d'un côté, avec une acuité visuelle très défectueuse, dans un cas de lésion supposée de l'écorce occipitale d'un côté, ne nous semble pas de nature à être utilisée en cette question.

Sur 20 cas d'hémianopie due à des lésions des radiations optiques et de l'écorce occipitale, il y avait 4 fois hémorrhagie cérébrale, 3 fois embolie de branches de l'artère sylvienne, G fois ramollissement, 1 fois abcès, 1 fois sclérose, 3 fois des tumeurs et 2 fois des blessures (Wilbrand).

Nous renvoyons à Amblyopies et amauroses par lésions cérébrales pour ce qui regarde les amblyopies et les amauroses occasionnées par les lésions de la capsule interne d'un côté.

Localisation. des hémianopies hétéromjmes. — L'expérience clinique et l'analomie pathologique s'accordent à localiser le siège des hémianopies hétéronymes à la base du cerveau, au niveau du chiasma optique. Ce sont donc des localisations périphériques relativement à celles des hémianopies homonymes. Une lésion unique, soit d'une bandelette optique, soit d'un hémisphère, ne saurait, d'après la théorie, donner lieu à une hémianopio hétéronyme, soit nasale, soit temporale. Théoriquement, une lésion corticale double et circonscrite de l'écorce, en des endroits similaires, pourrait produire un tel trouble visuel ; en fait, le cas n'a pas été observé.

Dans un grand nombre de cas, la constatation d'une névrite plus ou moins accusée démontre que les nerfs optiques sont atteints par le processus pathologique; souvent il y a des paralysies des muscles oculaires, du nerf olfactif, tous symptômes d'une lésion basale. Les cas contrôlés par l'autopsie ont toujours fait découvrir des tumeurs, des méningites, etc., de la base du crâne, intéressant le chiasma optique.

Les premières observations d'hémianopie contrôlées par l'autopsie étaient des hémianopies hétéronymes. Les auteurs se sont dès lors évertués, il y a décela dix ans et plus, à construire des schémas hypothétiques du parcours central des fibres optiques, les uns dans l'hypothèse de la décussation

partielle, les autres dans celle de la décussation totale dans le chiasma (question non encore résolue à cette époque). Ces schémas devaient expliquer les hémianopies hétéronymes, tant internes qu'externes, et même les hémianopies homonymes, par des processus morbides intéressant différentes parties du chiasma. — Aujourd'hui, nous devons partir du fait bien constaté de la décussation partielle dans le chiasma et essayer de localiser avec quelque exactitude aux environs du chiasma les hémianopies hétéronymes; les homonymes reconnaissent toutes, d'après ce qui précède, des sièges plus centraux.

a. Une hémianopie temporale typique pourrait résulter d'une lésion intéressant la ligne médiane du chiasma, par exemple d'une compression exercée par une tumeur quelconque, une exostose, ou de la distension du recessus sus-chiasmatique du troisième ventricule (p. 539). Une telle compression pourrait abolir la conductibilité de toutes les fibres des deux faisceaux croisés, et laisser intacte celle des faisceaux directs. Dans le cas de Mueller (p. 598) une telle compression paraît avoir été exercée réellement. Dans celui de Saemisch (p. 598), la tumeur ne semblait pas avoir comprimé le chiasma sur la ligne médiane ; les deux nerfs optiques étaient déjetés sur les côtés, et par conséquent comprimés à leurs bords internes. Cette dernière compression devrait plutôt donner lieu à une hémianopie nasale, si avec Gudden nous admettons qu'en cet endroit le faisceau direct se place au côté interne du nerf.

D'après ce que nous avons dit (à la page 560) de l'intertrication assez intime du faisceau direct et du faisceau croisé dans le chiasma, les lésions d'une moitié du chiasma pourront bien produire des lacunes dans le champ visuel, mais elles ne pourront pas être typi(jues.

Une tumeur croissante pourra produire d'abord une hémianopie temporale en comprimant le milieu du chiasma. Mais, dès qu'elle empiétera sur l'une ou l'autre moitié du chiasma, sur un nerf ou même sur une bandelette, l'hémianopie se transformera en amblyopie (avec défectuosité des deux moitiés d'un champ visuel) et en amaurose de l'un ou de l'autre œil, plus tard de tous les deux. Une méningite intéressant le chiasma donnera naissance, en règle générale, à une hémianopie irrégulière, avec tendance à l'envahissement de tout le champ visuel.

On ne connaît pas un seul exemple hémianopie nasale typique, et on ne voit pas trop quelle lésion pourrait lui donner naissance. Il s'agit ordinairement de lacunes plus ou moins grandes dans les moitiés nasales des deux champs visuels. Dans le cas de Knapp, compliqué de papillite, il y avait deux lésions symétriques aux angles latéraux du chiasma, lésions qui intéressaient donc surtout les deux faisceaux directs. — Des névrites partielles localisées en des endroits symétriques, mais mal déterminés encore, pourront donner naissance à des lacunes, soit dans les deux moitiés internes, soit dans les deux moitiés externes des deux champs visuels. Les symptômes concomitants montreront alors qu'il s'agit d'une lésion périphérique, et non pas d'une véritable hémianopie.

HÉMIANOPIE. tiO'J

D'après la disposition du faisceau direct et du faisceau croisé dans la bandelette optique, des lésions symétriques et partielles des deux bandelettes optiques pourraient produire, soit de l'héniianopie nasale, soit de l'hémianopie temporale. On n'a pas rencontré de cas de ce genre ; ce ne serait du reste pas une hémianopie véritable, puisqu'elle serait due à deux lésions, et non pas à une seule.

Voyez plus loin, Amaurose par lésions cérébrales, pour compléter les troubles visuels produits par les lésions du chiasma.

Les prétendues hémianopies en haut ou en bas observées quelquefois ne rentrent pas dans la classe des bémianopies. Ce sont toujours des cas de névrite double avec rétrécissement du champ visuel, plus prononce en haut ou en bas. — Peut-être — ce point n'est pas décidé — qu'une lésion bornée aux plans supérieurs ou inférieurs du chiasma peut devenir la cause d'une telle hémianopie. — Enfin il se pourrait qu'une hémianopie binoculaire supérieure ou inférieure fût le fait d'une lésion double et symétrique des deux lobes occipitaux. On ne connaît aucun exemple de ce genre.

Les hémianopies monoculaires, publiées comme telles, ne méritent certainement pas ce nom. Ce sont exclusivement des névrites. Toutefois, une observation de Nieden, signalée à la page 594, démontrerait, si elle venait rà se confirmer, qu'une lésion circonscrite de l'écorce d'un lobe occipital pourrait produire une lacune dans une des moitiés latérales d'un seul champ visuel monoculaire.

BIBLIOGRAPHIE DE l'hÉMIANOPIE

1723. Abr. Vater et J. Chr. Hkinicke. Dissert, qua visus iluo vitia rurissima, ail. duplicati, ait. dimitliati exponuntur. Wittenb. — Cité in A'/in. Monatsbl. f. Augenheill,., t. Vil, p. 428.

182i. WoLLASTON. On semidecuss. of Ihe opt. nerves {Phil. Tvansacl., I, p. "222). 1840. Mackenzie. A pract. treatise, etc., p. 822.

1848. Steifensand. Ueber Hemiopie. Cité in Camlall's Jahresber., t. III, p. 92. 1856. Von Graefe. Hemiopische Gesiclitsfeldbeschrankungen {Arcli. f. Ophth., t. II, 2. p. 286).

1858. VoN Graefe. Ueber die mit Diabètes mellilus vorkommenden Sehstor. (IbuL, t. IV, 2.

1859. TuRK. Wiener 5i<j6e)-.. p. 191.

1861. MUELLER (D. E.). Visus dimidiatus durcb eine Geschwulst in der Sella turcica (Ibid., t. VIIl, 1, p. 160).

1864. HuGL. Jackson. Med. Times and Gai-, t. I.

1865. YON Graefe. Gleichscitige cérébrale Hemiopie, etc. (KUn. Monatsbl. f. Augenheilh. ,

— — Temporale Hemiopie in Folge basilarer Affection, etc. (Ibid., t. 111, p. 268).

— GuNNiNG. Nederl. Tijdschr. v. Geneesk., t. II.

— Saemisch. Latérale Hemiopie, durch einen Tumor bedingt (KUn. Monatsbl. f. Augeu-

lieilk., t. III, p. 51).

DE wecker et landolt. — 39

MIEL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

1866. Blessig. Centralbl. f. d. med. Wissensch., p. 343.

-- MANDELSTAMM(E.).Z\vei Fallevon Neuritis opt. dursch basil. Tumor, mit nasaler Hemianopie (Pagenstecher's Klin. Mittheii, fasc. 3, p. 72).

— Wecker. Traité des inaladies des yeux, I!, p. 384.

— MoNOYER. Ann. d'OcuL, t. LV, p. 247.

1867. Zagorski. Fall von gleichseit. Hemiopie nach apoplect. Insuit mit vollst. Restilul.

(Klin. Monatsbl. f Augenheillc, t. V, p. 322).

— Alexander. Fall von hemiop. Gesichtsfeldbeschr. {Ibid., t. V, p. 88).

— Hjort. Fall von Hemiopie (Ibid., t. V, p. 166).

— QuAGLiNO. Hémiplégie gauche avec amaurose. Guérison. Hémiopie, etc. {Aiui.

d'OcuL, 1868, extrait de Giorn. d'Oft. ital., t. X, p. 106).

— Morgan (De). Pathol. transact., t. XVIII (Tumeur ayant envahi le chiasma).

1868. Loevegren. Fall af Hemiopi (Hijgiea, t. XIII, n° 5; extrait in CantaU's Jahresber..

1868, II, p. 499).

— Galezowski. Chromaloscopie rétinienne, p. 226.

— Foerster. Compt. rend, du congr. pér. internat, de Paris, p. 130.

— Betz (Fr.). Klin. Monatsbl. f. Augenheilk., p. 274.

1869. Sander (J.). Ueber Aphasie {Arch. f. Psychiatrie u. Nervenkr., H, 1, p. 60).

— Del Monte. // Movimento, 12.

1870. Daa. Hemiopi (Norsk. med. Ark., Il, n" 20; extrait in Nagel, Jahresber. 187l),

— COLSMANN. Fall von later. Hemiopie, etc. {Berl. klin. Wochenschr., p. 388).

1871. Del Monte. Emiopia incrociata e diabète, etc. (// Movimento).

— Berthold. Berlin, klin. Wochenschr., p. 46.

— Keen and Thomson. Gunsliot wound of the brain, etc. Hemiopia. (Transact. of llie

Amer. Ophlh. Soc, VIII, p. 122).

— Derry (R. h.). Cérébral Hemiopia, etc. (New-York med. Rec, octobre).

1872. Mauthner. Zur Casuistik d. Amaurose (Oester. Zeitschr. f. prakt. Heilk., XVlll,

— Boncour. Hémiopie homonyme droite cérébr. (Journ. d'Ophth., t. I, p. 335).

— Bernhardt (M.). Vorkommen u. Bedeut. d. Hemiopie bei Aphasischen (Berlin, klin.

Wochenschr., n" 32).

1873. Knapp. Hemiopie and sectorlike defects on the field of vision, etc. (Arch. of se. and

pract. med., n° 4).

1874. COHN (H.). Ueber Hemiopie bei Hirnleiden (Klin. Monatabl. f. Augenheilk., t. XII.

— Ylling. Zur Casuistik d. Hemiopie (Allgem. Wien. med. Zeitg).

— Schcen. Die Lehre vom Gesichlsfelde. Berlin, p. 49.

— Veyssière. Rech. clin, et expérim. sur l'hémianesthésie de cause cérébrale. Thèse,

Paris.

— Schiess-Gemuseus. Zehender's Jahresbericht, 41 .

1875. Landolt. De l'amblyopie hystér. (Arch. de physiol. norm. et path., p. 643).

— Schoen. Die Verwerthung d. Augenaffect. f. d. Diagnose, etc. (Arch. d. Heilk., XVI, I ).

— Rendu (H.). Des anesthésies spontanées. Thèse, Paris.

— Bull. Philad. med. Times, Janv. 9.

— Jackson (H.) et Gowers. Autopsy on a case of hemiopia, etc. (Lancet, 1875, May 22,

p. 722. Ophth. Hosp. Rep., t. Vlll, p. 330).

— HiRSCHRERG. Zur Semidecussation d . Schnervenfasern im Chiasma d. Menschen

(Arch. f. path. Anat., LXV, p. 116).

— Mandelstamm (E.). Zur Frage ueber Hemiopie (Klin. Monatsbl. f. Augenheilk., \ïll,

— Williams (E.). Transact. of. the Amer. Ophth. Soc, p. 298.

1876. Keen and Thomson (W.). Case of sectorlike defect of field of vision (Transact. of the

Amer. Ophth. Soc, p. 122).

HÉMIANOPIE. 6H

1876. HiRSCHBERG. Zur Frage uber Schnervenkreuzung (Arclt. /'. Aiinen. u. OhienheUk

— Plenck. Ueber Hemiopie, etc. (Ihid., p. 140).

— SCHWEiGGER. Hemiopie u. Schnervenlciden {Arch. f. Ophlh., t. XXII, 3, p. ilCt).

— FOERSTEH. Graefe et Saemisch. Mb., t. VII, p. 113 et siiiv.

— GowERS (W. R.). The state of the arteries in Briglit's diseasc [Biit. med. Journ.,

Dec. 9).

— HuGUENiN. Uebor Hemiopie (Corresp.-BL f. Schweiz,er Aerzle, p. IGO).

— Smith (R.). Transitory hemiopia and heniidysaesthesia (iJ/erf. Times atul Gai., t. LUI,

— Cayley. Case of left hemiopia (/ôid., p. 516).

— Power. Hemiopia and partial paralysis {Ibid., p. 255).

— Ringer. Ibid; p. 489.

— SCHELL (H. S.). A case of hemiopia {Philad. med. and surg. Rep., p. 204).

— Pitres. Sur l'hémianesthésie d'origine cérébrale et sur les troubles de la vue qui

l'accomp. {Gaz. méd., p. 362).

— Landolt. De la valeur de cert. sympt. ocul. dans la local, des malad. cérébr. (Bull.

de la Soc. de méd. prat. de Paris, p. 149).

1877. Leber. Graefe et Saemisch, Hdh., t. V, p. 929.

— DiCKiNsoN. Hemiopia (C/ticagro med. Journ. and Exam., p. 362).

— Harlan. Hemiopia and decuss. in the opt. chiasma {Philad. med. and surg. Re-

porter, p. 172).

— GowERS. Brit. med. Journ., nov.

— POOLEY. Arch. f. Augen. u. Ohrenheilk., t. VI, 1, p. 27.

— Brown-Séouard. Arch. de phijsiol., mai-cet.

— Jastrowitz. Tumor inilinken Hinterlappen, Aphasie, rechtseitige Hemianopsie {Cen-

ti'albl. f.prakt. Augenheillc, déc).

1878. Ch ARGOT. Leçons sur les localisations cérébrales. Paris.

— GowERS (W. R.). Pathol. Beweis einer unvollst. Kreuzung d. Schnervenfasern beim

Menschen [Cenlralbl. f. d. mediz. Wissensch., n" 31).

— HosCH. Ueber Hemianopsie und Schnervenkreuzung [Schweiz. Corr.-Bl., VUI,

— WÉRNiCKE. Ein Fall von rechtseitiger Hemiopie (Arch. f. Anat. u. Phijsiol. (Phijsiol.

Abth.), p. 178).

— HiRSCBBERG. Ueber Hemianopsie (Berl. klin. Wochenschr., n° 13).

— Neftel. Arch. f. Psychiat., VUI, 2, p. 409.

— Baumgarten. Hemiopie nach Erkrankung d. occipit. Hirnrinde (Centralbl. f. d. me-

diz. Wiss., n» 21).

— CouRSSERANT. Hémiopic temporale unilatérale. Phosphaturie (Gaz. des /io;)i<., p. 276).

— Claeys (G.). Quelques remarques sur l'hémianopsie (Ann. d'ocul., t. LXXX,p. 110).

— Marchand. Cenlralbl. f. d. med. Wissensch.

— PFLiiGER. Bericht ûber d. Berner Augenklinik, p. 57.

1879. Treitel. Arch. f. Ophth., t. XXV, 3, p. 67.

— CuRSCHMANN. Ueber d. cerebr. Centren d. Gesichtssinnes (Centralb. f. prakt. Augen-

heilk., p. 181).

— JANY. Zur Hemianopsia temporalis {Ibid., p. 101).

— Grossmann. BerL klin. Wochenschr., n" 10.

— Bellouard. De l'hémianopsie, etc. Thèse. Pans.

— Capdeville (De). Un cas d'hémiopie latérale droite (Marseille méd., XVI, p. I3G).

— RosENTHAL. Untersuch. u. Beobacht. uber Hystérie {Wien. med. Presse, n"^ 18

et 25).

— Dmitrowsky et Lebeden. Cité in Centralbl. f. prakt. Augenheilk., 1880, p. 84.

— MOHR (Ad.). Ein Beitrag zur Frage d. Semidecussation im Chiasma nerv. opt. (Arch.

f. Ophth., t. XXV, 1, 57).

— Mauthner. Ueber Hemiopie (Mittheil. d. luien. med. Docloren-CoUegiums).

Nl'EL. — AMBLYOPIES ET AMAUROSES.

1880. Mauthner. Gehirn u. Auge {Vortr. aus d. Augenheilk., fasc. VI-VIII, p. 155).

— Robin. Des troubles oculaires dans les maladies de l'encéphale, l'aris.

— Ferrier. Affeclioiis of vision from cérébral diseuse (Brit. med. Journ., p. 338).

— Dreschfeld. Hemianopsia, liemiplegia and hemianestliesia (Ibid., p. 744).

— Grasset. Des localisations dans les maladies cérébrales. Paris.

— Prévost. Note relative à un cas d'hémiopie, etc. {Rev. mens, de méd. et de chir.,

— Galezowski. Hémiopie croisée ciiromatique, etc. (Gas. méd., p. 163).

— Lang. Beobacht. iiber Hemianopsia {Centralbl. f. pract. Augenheilk., Juli).

— Retli. Ein Fall von Hemianesthesie (Pest. med.-chir. Presse, p. 191).

— Nothnagel (H.). Topische Diagnostik der Gehirnkrankheiten. r- Bellouahd. De l'hémianopsie. Paris.

1881. Wer.nicke. Ueber eine griissere Anzahl von Gesichtsleldaufnalimen, etc. (Arck. /.

Anat. u. Physiol. (Phijsiol. Abth.), p. 171).

— Westphahl (G.). Charité-Annalen., VI, p. 342.

— Faner (S.). Untersuch. ïiber d. Localisât, d. Functionen in der Grorshirnrinde.

Wien.

— WiLBRAND (H.). Ueber Hemianopsie, etc. Berlin.

— Chauvel. Sur quelques cas de perte immédiate unilatérale de la vue à la suite d'un

traumatisme du crâne et d,e la face (Bullet. de la Soc. de Chir., n° 7).

— Ferrier (D ). Cérébral amblyopia and hemiopia (Brain, III, p. 456).

— Steinheim (A.). Zur Hemianopsia temporalis yCentralb- f. prakt. Augenheilk., août).

— Gille. De l'hémiopie avec hémiplégie, etc. {Gaz. des hôp., p. 238).

— Westphal. Charité-.Ann., p. 342.

— Tkeitel. Scharf begrenzte, recidivirende temporale Hemianopsie (Arch. f. Augen-

heilk., p. 460).

— Bjerrum. Hémianopie pour les couleurs. Analysé in Nagel Jahresb.

— Heuse. Hemianopsie bel Scliiidelverletzung (Centralbl. f. prakt . Augenheilk.,

juillet).

— Ross. Tumor of pituitary body [Brit. med. Journ., I, p. 852).

— Ferré. Gaz. méd. de Paris, n°50.

— Bernhardt (A.). Beitr. zur Lehre von den Stroungen d, Sensibilitât u. des Sehver-

mogens bei Lâsionen d. Hirnmantels [Arch. f. Psych. «. Nervenkrankh., t. XI, p. 781).

— Charpentier (Aug.). L'examen de la vision, etc. Paris, p. 36.

1882. Parinaud. Des rapports croisés et directs des nerfs optiques avec les hémisphères

cérébraux (Recueil d'Ophth., p. 259).

— Marchand (F.). Beitrag. zur Kentniss der homonymcn bilateralen Hemianopsie, etc.

(Arch. f. Ophth., t. XXVIII, f. 2, p. 63j.

— Westphal. Charité- Ann., p. 466.

— Mayerhausen. Zur Gasuistik der Sehstorungen nach Schiidelverletzung (Centralbl. f

prakt. Augenheilk., p. .44).

— DujARDiN. Un cas d'hémiopie (Journ. des se. méd. de Lille, p. 718).

— Land and Fitzgerald. Homonymous hemianopia, etc. (Lancet, II, p. 103).

— Haab. Ueber Cortex-Hemianopie (Klin. Monatsbl. f. Augenheilk., p. 141).

— PFLiiGER. Ueber Hémianopie (Schweii. Corresp.-Bl., n° 20).

— Wernicke et Hahn. Idiopathischer Abscess des Occipitallappens durch Trépanation

entleert [Arch. f.palh. Anat., p.2dô).

— NoYEs (H.). Two cases of hemi-achromatopsia (Arch. f. Augenheilk., XI, 2 juin).

— Little. Horizontal hemiopia, etc. (Ophth. Rev. Lond., I, p. 183).

— FÉRÉ. Amblyopie croisée et hémianopsie d'origine cérébrale (Arch. de NeuroL, III,

— Wernicke (C). Lehrbuch der Gehirnkrankheiten, t. I.

1883. NiEDEN. Ein Fall von einseitiger temporal. Hemianopsie d. recht. Auges nach Tré-

panât, d. linken Hinterhauplbeins (Arch. f. Ophth., t. XXIX, f. 3, p. 143).

AMBLYOPIES CÉRÉBRALES

(ÎI3

Page 1