‹ Traité complet d'ophthalmologie [electronic resource]Chapitre 59 sur 332 · PARTIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PHYSIQUE

optomètres et autres instruments d'optique, ou encore à l'aide de {'accommodation.

En effet, un verre convexe appliqué directement contre la cornée de l'œil artificiel a la même action qu'une augmentation de courbure de cette surface réfringente, équivalant à l'accommodation de l'œil normal.

C'est de la même façon qu'on produit Vamétropie de courbure, la myopie à l'aide d'une lentille convexe, l'hypermétropie à l'aide d'une lentille concave appliquée contre la surface réfringente de l'œil artificiel.

Mais ce ne sont pas seulement les rayons incidents, c'est aussi la lumière émergente de l'œil qui peut être étudiée à l'aide de cet instrument. Il sert donc également à Vophthalmoscopie et à la résolution des problèmes qui s'y rattachent. Aussi l'œil artificiel nous a-t-il rendu de grands services pour notre propre instruction et pour la démonstration dans nos conférences.

Nous n'hésitons donc pas à le recommander à ceux qui désirent se familiariser entièrement avec la réfraction oculaire. L'expérimentation nous parle toujours d'une façon plus claire et plus vive que les formules et les dessins mêmes.

Il faut seulement que l'instrument livré par l'opticien corresponde exactement à nos indications. Il faut, avant tout, que notre œil artificiel, rempli d'eau, ait une longueur focale de 20 millimètres juste, c'est-à-dire que l'image d'un objet situé à 5 mètres au moins se forme avec la plus grande netteté sur la surface postérieure (dépolie) de la rétine artificielle, quand celle-ci est éloignée de 20 millimètres du sommet de la cornée. A partir de cette position on doit pouvoir raccourcir et allonger l'œil de 3 millimètres, ce qui donne une hypermétropie ou une myopie axile de 10 dioptries. Dans le premier cas, l'image rétinienne de l'objet éloigné est le plus nette quand on place à 10 millimètres en avant de la cornée un verre convexe de 10 dioptries; dans le second cas (myopie), lorsqu'on place au même endroit un verre concave de 10 dioptries.

L'exécution de l'œil artificiel a été perfectionnée dans ces derniers temps, mais le principe est toujours le même; j'ai seulement changé la division, qui, au lieu de partir du centre de courbure de la surface comme zéro, part maintenant de la surface réfringente même. La page 120 de cet ouvrage contient la raison qui nous a fait préférer cette nouvelle échelle. Chaque œil artificiel doit être accompagné d'une brochure qui contient la description et plusieurs exemples de son maniement (1).

Listing a été le premier, mais non le seul, qui ait indiqué un œil réduit.

En 1877, M. Stammesliaus, dans un ouvrage très bien écrit, et que nous avons consulté souvent, a proposé de faire coïncider le sommet H de la surface réfringente de l'œil réduit avec \e second point principal de l'œil schématique, et son point nodal avec le second point nodal de l'œil schématique.

(1) Notre œil artificiel a été réalisé d'abord par M. Crétès et en dernier lieu par M. Nachet jeune (à Paris), qui l'a exécuté avec beaucoup d'habileté.

LANDOLT

Son rayon de courbure est= SjSlSî"", l'indice de réfraction 1,3365 (comme pour l'humeur aqueuse et le corps vitré). La première distance focale est de 15,4983°"°, la seconde de 20,7 ISS'»".

Il obtient ainsi, pour la grandeur des images rétiniennes, des valeiTS qui se rapprochent davantage des valeurs réelles.

La distance de l'image au second point nodal, g", étant de beaucoup plus petite que celle de l'objet au premier point nodal, g', des différences dans la première de ces distances jnduent jilus sur la grandeur de l'image que des différences de g'.

En 1879, deHasner (Das millier e Auge) a encore proposé un autre œil réduit. Pour se rapprocher davantage des valeurs du rayon de courbure et de la longueur de l'œil réel,

. il a basé son œil réduit sur le rapport c'est-à-dire que F" est = 22,5°'°', longueur

de l'œil réduit; F' = IS""", l'indice de réfraction = = 2 = indice de réfraction du

verre; et le rayon de courbure = 12,5 — 15 = 7,5 millimètres. G'' est donc, dans l'œil réduit de Hasner, = 15 millimètres, comme dans celui de Donders.

Combinaison de Pϔl et d'une lentille.

Il arrive très souvent que les rayons lumineux ne pénètrent pas directement dans l'œil, mais seulement après avoir traversé une lentille. Les constantes optiques de l'œil seul ne suffisent plus alors pour connaître la direction finale des rayons, en d'autres termes, pour déterminer l'endroit où se forme l'image, de même que la grandeur de celle-ci. On se trouve alors en face d'un système plus compliqué, composé de la lentille et de l'œil. C'est pour ce système combiné qu'il faut alors déterminer les points et plans cardinaux, avant de pouvoir se rendre compte des images que reçoit l'œil dans de pareilles conditions.

Pour trouver les constantes optiques du système combiné, on suivra encore le même chemin que nous avons suivi pour trouver celles de l'œil, composé, lui aussi, de deux systèmes dioptriques. Les constantes optiques l'ésulterortt de la combinaison des constantes des deux systèmes. Une fois connues, elles serviront à la construction et au calcul de la marche des rayons, exactement comme pour l'œil (fig. M et 45).

Ce cas peut se présenter, lorsqu'il s'agit de trouver la grandeur absolue des images rétiniennes formées par une loupe. On se servira alors des points cardinaux de la loupe, dont l'épaisseur n'est pas négligeable, et de l'œil schématique. Mais le plus souvent c'est l'influence des verres de lunettes sur la grandeur des images rétiniennes qu'on désirera connaître, et encore moins la grandeur absolue de ces images, que la grandeur relative d'une combinaison à l'autre, d'un œil à l'autre.

Dans ce cas le problème est beaucoup plus simple. On peut se servir de l'œil réduit avec une seule surface, et considérer la lentille comme infiniment mince.

Les formules pour déterminer les constantes optiques d'un système combiné de ce genre sont toujours celles ( H, 12, 13, 14) que nous avons don-

nées précédemment, et que nous avons employées dans le premier volume de cet ouvrage (p. 487-497). C'est seulement pour épargner au lecteur la peine de les chercher que nous les répétons ici, de même qu'une figure explicative. Il sera peut-être souvent désireux de s'en servir précisément pour se rendre compte de l'influence des verres de lunettes sur la grandeur des images rétiniennes (1). ,

La lentille a alors un seul point principal ou nodal à son centre (a).

Soit F sa distance focale.

Soit e la distance «a qui sépare le point principal du premier système (lentille) de celui du second (œil).

Dans l'œil, nous appelons :

a, le point principal =:= sommet de la surface réfringente; K, le point nodal == centre de courbure de la surface réfringente ; <f', le premier foyer ; <f>", le second foyer;

F' = af' la première distance focale principale; F" — a<f" la seconde distance focale principale.

FiG. 49.

Dans le système combine (lentille -{- œil), nous appelons : h', le premier point principal; /i", le second point principal; t', le premier foyer; t") le second foyer ;

(1) Comparez Helmholtz, Optique physiologique, p. 58 de l'original ; p. 77 de l'édition française, formules 11 d. 11 e et H f.

g' = h't', la première distance focale principale = k"t" = y";

g" — h"t", la seconde distance focale principale = k't' = y';

k', le premier point nodal;

k", le second point nodal.

Nous connaissons les constantes optiques de chacun des deux systèmes. Voici les formules qui servent à déterminer les constantes optiques du système combiné :

eF

dF"

La situation des points k' et k" résulte du fait que k"t" = en k't' = g", et que k'k" = h'h".

La bibliographie des lois d'un système dioptrique combiné est déjà assez considérable. L'ouvrage fondamental pour nous, après celui de Gauss, est toujours l'Optique physiologique deEelmhohz. L'ouvrage deDonders, Onthe Anomalies of Accommodation and Refraction, est encore très précieux. Nous avons, de plus, consulté avec fruit le livre de Gavarret : Des images par réflexion et par réfraction (Paris, 1866), dont nous avons donné la déduction des formules pour les lentilles et pour l'œil schématique. Il faut seulement se rappeler, en consultant ce livre, que M. Gavarret parle des lentilles placées dans l'air.

Citons encore l'exposé des théories de Gauss parVerdet, Leçons de VÉcok normale, optique, vol. II (1860). — G. Neumann, Die Haupt-und Brennpunkte eines Linsensy stems (Leipzig, 1866), qui donne du problème une solution très simple et très originale. — ^v\\wç:V,Einleitung in die Dioptrik des Auges (Leipzig, 1866). — Stammeshaus, Darstellung der Dioptrik des normalen menschlichen Auges (Leipzig, 1877). — Matthiessen, Grundriss der Dioptrik geschichteter Linsensysteme (Leipzig, 1877). — Happe, Das dioptrische System des Auges (Berlin, 1877). — Hasner, Das mitt- 1ère Auge (Prag, 1879). — Guébhard, Exposé élémentaire des découvertes de Gauss et de Listing (Ann. d'oculistique, LXXXI, mai 1879).

Page 1