I — APPAREIL DIOPTRIQUE DE L'ŒIL
L'appareil dioptrique de l'œil se compose des éléments suivants : La cornée ; L'humeur aqueuse ; Le cristallin ; Le corps vitré.
L'action réfringente de ces différentes parties dépend de la courbure des surfaces, de leurs distances récipi'oques et de l'indice de réfraction des milieux qui les séparent. On trouve la signification de ces expressions dans le premier chapitre de ce volume.
La courbure des surfaces réfringentes a été déterminée à l'aide des images de réflexion qu'elles produisent. Qu'on prenne deux objets à surfaces convexes réfléchissantes différentes, un clou de tapissier par exemple et une loupe, ou simplement deux verres convexes différents, qu'on tourne le dos à la fenêtre, et qu'on observe les reflets de celle-ci sur les deux surfaces ; on verra immédiatement que la surface la moins convexe donne l'image la plus grande, et que la plus petite image correspond au plus petit rayon de courbure. Il existe donc un rapport intime entre la grandeur de l'image réfléchie et la coui'bure, disons le rayon de courbure pour être plus exact, d'une surface sphérique.
C'est cette expérience qui a servi à déterminer la courbure des surfaces de la cornée et du cristallin.
On a mesuré le diamètre des images de réflexion qu'elles fournissent pour un objet de grandeur donnée, placé à une distance connue. Du rapport qui existe entre la grandeur de l'image et celle de l'objet, on a conclu à la grandeur du rayon de courbure.
On se sert pour ces mensurations d'instruments auxquels on donne, depuis Helmholtz, le nom d'ophthalmomèlres. Ils ne permettent pas seulement des mensurations très précises, mais ce qui les distingue d'autres instruments de mensuration, ils affranchissent encore le résultat des erreurs qui pourraient provenir de mouvements de l'œil observé.
J'ai donné dans le chapitre Ophthalmométrie (Graefe et Saemisch, III, p. 204, etde Wecker et Landolt, I, p. 107), la description de l'ophthalmomèlre de Helmholtz, de celui de Coccius, de Mandelstamm et Schôler et du mien, de même que leur mode d'application et les procédés de mensuration des différentes parties de l'œil. MM. Javal et Schjôtz ont depuis construit un instrument basé sur le principe de celui de Helmholtz pour la détermination de la courbure cornéenne (I).
(1) Ann. d'oc, juillet-août 1881.