AMPLITUDE
L'amplitude d'accommodation est donc, dans ce cas, égale à la réfraction que présente l'œil lorsqu'il est adapté à son punctuin proximum.
Nous pouvons exprimer la même chose encore autrement.
Le punctum remotum de l'emmétrope étant situé à l'infini, la lentille qui remplace l'accommodation en adaptant l'œil à son punctum proximum, doit donner aux rayons qui proviennent du punctum proximum une direction parallèle, comme s'ils provenaient de l'infini. Ceci n'est possible que lorsque le foyer de la lentille et le punctum proximum coïncident. La distance focale A de la lentille qui représente l'amplitude d'accommodation et la distance P du punctum proximum sont donc égales dans ce cas : A = P, et, par conséquent, la force réfringente de la lentille (p), qui représente l'œil lorsqu'il est adapté à son punctum proximum, est égale à l'amplitude d'accommodation : a = p.
Prenons un exemple :
Un emmétrope qui voit jusqu'à 125 millimètres ou —, a une amplitude d'accommodation de ^ = ^ ou 8 dioptries :
et un emmétrope qui a une amplitude d'accommodation de 5 dioptries ! voit à la distance focale de 5 D = 20 centimètres.
Amplitude d'accommodation de l'hypermétrope. — Prenons maintenant un hypermétrope, et déterminons son amplitude d'accommodation. Supposons que son punctum proximum soit également situé à 125 millimètres, ou à
^ comme celui de l'emmétrope de tout à l'heure. Son amplitude d'accoaimodation doit être nécessairement plus grande que celle de Femmé- 1 trope.
' Rien que pour se rendre emmétrope, l'hypermétrope a déjà été obligé de faire un effort d'accommodation, pour remplacer la lentille convexe qui aurait corrigé son amétropie, qui l'aurait rendu emmétrope. A partir de ce moment, il lui a fallu ajouter encore à son système dioptrique la même lentille qu'il faut à l'emmétrope pour s'adapter à son punctum proximum.
La première de ces lentilles est égale à - ou ?',R étant la distance du punc-
tum remotum de l'œil hypermétrope; et la seconde lentille est p ou -. Aous
avons donc, pour Vamplitude d'accommodation de l'hypermétrope, la formule :
OU
DE WECKr.R ET LANDOLT. 111. — 11
Nous pouvons considérer la chose encore autrement :
Dans l'hypermétropie, le punctum remotum est situé en arrière de l'œil.
R est donc négatif. L'expression ^ ou r est donc également négative. C'est
pourquoi nous avons dit que l'hypermétropie peut être comparée à une lentille concave (négative) qu'on aurait ajoutée à l'œil. La formule de l'amplitude d'accommodation devient donc :
ou
Exemples : Un hypermétrope de 3 dioptries a son punctum proximum à 125 millimètres. Quelle est son amplitude d'accommodation? — Adapléau
point P, cet œil représente une force réfringente de ou 8 diop-
tries. Mais, avant de voir à cette courte distance, l'hypermétrope a été obligé de corriger son amétropie, en faisant un effort d'accommodation correspondant au degré de cette amétropie. La totalité de son amplitude d'accommodation est donc de 3 -|- 8 = 11 D.
Ou encore :
Le punctum remotum de l'hypermétrope de 3 D est situé à — ou 333 millimètres en arrière de l'œil, et la foi-mule de l'accommodation donne :
A UW"''^ iW" ~ Vil
ou
Prenons un autre cas, et demandons-nous où se trouve le punctum proximum d'un hypermétrope de 3 D qui dispose de 8 D d'amplitude d'accommodation. Raisonnons :
S'il a une hypermétropie de trois dioptries, il doit avant tout dépenser trois dioptries de son pouvoir accommodateur pour se rendre emmétrope ; restent donc cinq dioptries pour clianger son adaptation à une distance finie. Cette distance sera égale à la distance focale de cinq dioptries, soit :
~ = 20 centimètres,
ACCOMMODATION. — AMPLITUDE
ou, avec la formule :
Nous en déduisons :
ou encore, avec la formule de Donders :
Dans l'hypermétropie, il peut aussi arriver que, tout en disposant d'une certaine force accommodatrice, l'œil ne parvienne pas à voir à une distance finie. C'est ce qui a lieu lorsque l'amplitude d'accommodation est moindre que le degré de l'hypermétropie. Alors toute la force accommodatrice parvient seulement à diminuer le degré de l'hypermétropie, à augmenter la distance négative du point auquel l'œil est adapté et à l'approcher de l'infini, mais non pas à le faire passer en avant de l'œil, à une dislance finie. Ainsi un hypermétrope de 5D, doué d'une amplitude d'accommodation de8D, parviendra à corriger une bonne partie de son hypermétropie. Mais son état le réfraction sera toujours de 2 D plus faible que l'emmétropie ; il sera :oujours hypermétrope, négatif, c'est-à-dire adapté à des rayons convergeant fers un point situé en arrière de lui. Son pouvoir de réfraction à l'état de cepos est exprimé par r= — 5 D; son amplitude d'accommodation par ï=3D, et sa réfraction pendant l'adaptation à son punctum proximum par :
Le punctum proximum sera donc situé à ^ , c'est-à-dire à 50 centimètres en arrière de l'œil. Le même résultat est obtenu par la formule ie Donders :
p ~ I ÏÏr  ~ R ~ 20 ~ ~" 50 '
donc
p = — 50 centimètres.
Inflaence de l'âge sur la réfraction et sur l'aecommadation.
A. Réfraction statique. — Le pouvoir réfringent de l'œil kVétat de repos ^ en d'autres termes, la position du punctum remotum ne varie pas jusque vers Vâge de cinquante-cinq ans. Un emmétrope voit toujours à l'infini ; un
myope doat le punctum remotum est situé à 25 centimètres ou — a toujours besoin d'un verre concave de 4D pour voir à grande distance, et le punctum remotum d'un hypermétrope de 2 D se trouve invariablement — , ou
50 centimètres en arrière de lui.
Ce n'est qu'à partir de cet âge qu'on constate un changement dans l'état de réfraction de l'œil, en ce sens que la force réfringente diminue. Le punctum remotum (positif) s'éloigne de l'œil, -j-R devient plus grand, -|- i = jplus petit; le punctum remotum négatif de l'hypermétrope se rapproche de l'œil, — R diminue, — = — r, c'est-à-dire le degré de l'hypermétropie, augmente.
L'emmétrope commence à devenir hypermétrope (hypermétropie acquise), le myope voit diminuer sa myopie au fur et à mesure que son punctum remotum s'éloigne, et l'hymerpétrope constate une augmentation fâcheuse de son hypermétropie.
m /' m ss M jo .Ts iTo f.r m 7^
•ïs
FiG. 77.
Cette diminution dans la puissance réfringente est en effet indépendante de la nature de la réfraction de l'œil . Elle atteint l'emmétrope au même degré que le myope et l'hypermétrope. Elle ne dépend que de l'âge, et suit une loi nettement définie, que Donders a découverte (1). Elle est exprimée par la courbe rr du schéma (fig. 77).
(1) Donders, loc- cil., p. 204., éd. angl., — p. 173, éd. allem.