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INFLUENCE DE L'AGE SUR L'ACCOMMODATION

Le punctum proximum s'éloigne donc de l'œil, et la force réfringente que présente l'œil lorsqu'il met en jeu tout son pouvoir accommodateur, diminue en proportion.

Donders a représenté, par la courbe pp du schéma (fig. 76), la réfraction de l'œil lorsqu'il est adapté à son punctum proximum, c'est-à-dire les niaxima de force réfringente qu'un œil peut obtenir à différentes époques de la vie.

Le premier chiffre indiqué par la courbe est, à l'âge de dix ans, de 14 dioptries. Cela signifie qu'un enfant de dix ans peut, en mettant en jeu toute son accommodation, augmenter la force réfringente de son œil de 14 dioptries.

A partir de ce moment, la courbe pp tombe rapidement. A trente ans, l'accommodation n'étant plus que de 7 dioptries, a déjà diminué de la moitié.

Entre soixante et soixante-cinq ans, la courbe pp arrive à la ligne zéro, c'est-à-dire que le punctum proximum est aussi éloigné que l'était autrefois le punctum remotum. — Une personne qui a été emmétropejusque vers l'âge de cinquante ans, et qui est devenue hypermétrope par suite du changement sénile de son cristallin, parvient juste encore à corriger cette hypermétropie acquise à l'âge de soixante-sept ans, mais seulement en mettant en jeu toute l'accommodation dont elle dispose. Elle ne peut donc plus ramener le punctum proximum en deçà de l'infini.

A partir de cet âge, la courbe pp descend de plus en plus au-dessous de zéro, c'est-à-dire que le punctum proximum est plus éloigné de l'œil que ne l'était le punctum remotum jusqu'à cinquante-trois ans. La force réfringente que présente l'œil à l'état du maximum d'accommodation est plus faible que celle qu'il présentait naguère à l'état de repos. Un emmétrope devient hypermétrope de 0,75 dioptries à l'âge de soixante-cinq ans, et, en mettant enjeu toute son accommodation, il lui reste toujours 0,25 dioptrie d'hypermétropie.

A soixante-treize ans, les deux courbes se confondent, c'est-à-dire que le punctum proximum et le punctum remotum coïncident. La réfraction n'est plus susceptible d'aucun changement. Il n'y a plus d'accommodation, et, en outre, ce point de fusion des deux courbes se trouvant à 1,5 dioptrie au-dessous de zéro, la force réfringente invariable de l'œil, à cet âge, est de 1,5 dioptrie plus faible qu'elle n'était dans la jeunesse.

La courbe unique, formée par la fusion des courbes pp et rr, continue à baisser encore, comme nous l'avons vu, jusqu'à quatre-vingts ans. Au delà de cet âge, on n'a plus fait d'expériences concluantes.

Vamplitude d'accommodation, c'est-à-dire le changement de réfraction dont un œil est susceptible à l'aide de son pouvoir accommodateur, trouve évidemment son expression dans le nombre des dioptries comprises entre la courbe rr du repos et la courbe pp du maximum d'accommodation {a=zp — r).

Nous obtenons ainsi, pour l'amplitude d'accommodation, le tableau suivant :

Amplitude

Anrie'es. d'accommodation.

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