RÉSULTATS DES OPÉRATIONS DE CATARACTE
des ressources de la thérapeutique chirurgicale^ tant qu'on ne pourra placer la statistique sur une base uniforme de méthode opératoire et d'exécution technique, ainsi que de soins consécutifs ? Est-ce nécessaire de rappeler quelles variétés d'opérations on classe encore actuellement sous la dénomination d'extraction, d'après la méthode opératoire de de Graefe plus ou moins modifiée, ou par extraction sclérale?
Que voulons-nous déterminer par la statistique ? Savoir non le nombre d'opérations de tel ou tel opérateur, ni le degré d'habileté dont il pense faire étalage, mais bien en partant d'un point de vue d'ensemble uniforme, jusqu'à quelles limites la cataracte est guérissable. Cette uniformité de base, sur laquelle doit reposer la statistique, nous fait encore actuellement défaut. Voici aussi pourquoi les tableaux que nous présentons ont plutôt un intérêt de curiosité que d'utilité pratique.
La comparaison des deux tableaux de notre maître de Arlt comprenant neuf années d'extractions à grand lambeau et huit années d'extractions avec section périphérique (voy. p. 1029, fig. 213) est fort intéressante. Ainsi l'on voit le tant pour 100 de pertes de 17,60 tomber à 10,61. Il aurait été curieux de pouvoir chiffrer de combien ce gain de 7 pour 100 a été racheté par une réduction de l'acuité visuelle, autrement dit par une diminution de la pureté des résultats, et combien le nombre de jours de séjour dans l'hôpital a été plus considérable pour les extractions périphériques que pour les extractions à grand lambeau, quoique, isolément prises, celles-là guérissent plus vite que les extractions à grand lambeau; mais la balance penche franchement en faveur de ce dernier mode opératoire par le nombre infiniment moins considérable de guérisons traînant en longueur.
Il n'est pas moins instructif, en comparant les tableaux de Arlt, Horner et le nôtre, de constater une certaine fluctuation dans le nombre des succès, et surtoutdes insuccès complets (suppuration), de voir des écarts en ce qui concerne l'extraction à^grand lambeau de 6,82 pour 100 à 17,60 pour 100 chez M. de Arlt; chez ce même opérateur, pour les cataractes dites linéaires, des écarts de 7,27 à 13,49 pour 100; chez Horner, des différences de 2,6 à 10,4 pour 100; chez nous, de 1,7 à 6,4 pour 100. Il m'est resté inexplicable comment je n'ai pu voir réapparaître cette période heureuse de plus de quatre cents extractions exemptes de suppuration, comprenant une partie de l'année 1879, toute l'année 1880, et une partie de l'année suivante; et pourtant, depuis cette époque, on a plutôt redoublé les soins de propreté ou d'antisepticisme. On est donc forcé, lorsqu'on reste constamment avec le même personnel clinique (par conséquent les mêmes soins), lorsqu'on ne change pas de procédé opératoire, ni de méthode de pansement, d'admettre qu*, tout en n'établissant les statistiques qu'avec les cas de cataractes déclarées simples, il doit se glisser dans le nombre quelques cas compliqués (1),
(1) La complication porte sur des faibles degrés d'altérations des voies lacrymales, de maladies palpébrales et non des affections du fond de l'œil.
DE WFXKER.
et que ce mélange inévitable et accidentel donne lieu à ces fluctuations, même chez des opérateurs que l'on peut considérer comme procédant avec une dose égala et uniforme de dextérité manuelle pour leurs opérations, et avec des^ soins égaux pour le traitement consécutif.
Ce qui est regrettable, c'est qu'on opère sur des chiffres de malades qui ne garantissent pas les probabilités mathématiques d'une statistique, et que les accidents qui se produisent se répètent à des intervalles tellement écartés, qu'on ne peut que difficilement grouper dans sa mémoire les circonstances analogues dans lesquelles ils se sont produits. Toutefois ces tableaux conservent une certaine valeur pour la comparaison de nos successeurs, probablement mieux partagés à cet égard.
CLIIVIQUE DE VIEIVIVE (fie Arlt) (1)
(Voy. fig. 203 (retournée), p. 1028).
ANNÉE
NOMBRE
des