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DE WECKEB. ~ ANATOMIE MICROSCOPIQUE

dire, à peu près les mêmes rapports qu'ont les petits espaces séreux du tissu cellulaire qu'on rencontre çk et là comme annexés à de plus grandes cavités séreuses, ainsi que, par exemple, près de beaucoup de bourses muqueuses à parois trabéculaires. La comparaison entre les cavités du cœur et les treillis de ces parois trabéculaires peut aussi trouver place ici. De même que le sang entre dans les lacunes trabéculaires du cœur, l'humeur aqueuse pénètre dans le tissu caverneux de l'angle iridien.

L'endothèle de la membrane de Descemet se continue au delà des trabécules de l'espace de Fontana sur la surface de l'iris, et complète ainsi le revêtement endothélial de la chambre antérieure qui chez l'adulte n'est interrompue que par la pupille et forme ainsi un sac presque clos. Près du bord pupillaire l'endothèle de la face antérieure touche le véritable épithèle de la face postérieure de l'iris. Ce contact ne s'établit que plus tard par la disparition de la membrane pupillaire, et nous avons ici un de ces endroits rares du corps humain où il y a contact direct entre un endothèle et un épithèle. Au point de vue embryologique, ces deux couches cellulaires sont absolument à différencier.

Eu égard à la réunion qui existe entre l'appareil musculaire de l'accommodation, d'une part, et la cornée, la sclérotique et le tissu de l'angle iridien, d'autre part, je me vois forcé ici de dire aussi quelques mots de cet appareil. La portion circulaire du muscle ciliaire (fig. 25, L), découverte par H. Millier, n'a pas de rapport direct avec les parties du globe oculaire qui nous intéressent ici ; mais il n'en est pas ainsi des fibres méridionales. Nous avons déjà fait remarquer que leurs tendons élastiques passent dans le réseau Irabéculaire de l'angle iridien, et principalement dans cette partie que Schwalbe (265) a décrite comme anneau terminal postérieur. Le muscle est séparé de la sclérotique par le tissu lâche qu'on désigne sous le nom de lamina fusca. Suivant H. Mûller (211), quelques faisceaux isolés du muscle accompagneraient les artères ciliaires jusque dans leurs canaux scléroticaux correspondants.

Il faudra, suivant la découverte de Crampton (54), qui a été, depuis les ' recherches de Brûcke (32), Donders (61), H. Mûller (208, 209, 210), Mannhardt (188), de Hûttenbrenner (116 û^), Rollett et Iwanoff (125), soumise à bien des controverses, admettre chez les oiseaux plusieurs portions des fibres musculaires méridionales. Je puis parfaitement me prononcer en faveur de la description exacte de Rollett et Iwanoff, qui concorde très bien avec celle de H. MùUer. Suivant ces auteurs, il faut, eu égard à l'origine et aux attaches, distinguer trois parties musculaires méridionales, savoir : I, la portion externe s. Cramptoniana (le musculus Çramptonianus des auteurs) située entre le réseau trabéculaire de l'angle iridien et les parties voisines de la cornée et de la sclérotique, principalement l'anneau osseux de cette dernière ; II, la portion intermédiaire s. Donders- Miilleriana placée entre le réseau trabéculaire mentionné et la choroïde ; III, la portion interne s. Briickiana (Tensor choroideœ des auteurs) placée entre la sclérotique et

la choroïde. Parfois, j'ai aussi rencontré chez l'homme (voy. fig. 25, M) des faisceaux de fibres méridionales qui couraient entre le réseau de trabécules et la sclérotique, faisceaux qui seraient alors l'homologue du muscle Cramptonianus des oiseaux.

Hovius décrit son circulus venosus dans un ouvrage sur le mouvement des liquides dans l'œil (Tractatus de circulari humorum motu in oculis, Lugd. Batav., 1716 et 1740). Il a, ainsi que Briicke l'a démontré, représenté dans cet ouvrage le canal de Fontana, et l'a envisagé comme une voie séparée du circulus venosus. Plus tard, on a confondu le canalis Fontance que Fontana (79) a décrit dans son ouvrage connu sur le venin de la vipère, avec le canal de Schlemm. Il en est ainsi, par exemple, chez Lauth, qui, dans son Manuel d'anatomie, 1829, et Neues Handbuch der prakt. Anatomie, Stuttgart et Leipzig, 1835, t. I, p. 322), revendique la priorité d'une première description exacte de ce canal, qui, suivant son dessin peu utile, n'est en réalité autre chose que le canal de 5c/i/emm, mais qu'il désigne comme canal de Fontana. Récemment encore, Pelechin (224) a commis la même erreur. La publication de Schlemm (259) date de l'année 1830. Hueck (115 a) a introduit en 1841 pour l'œil du bœuf l'expression de ligamentum pect natum, mais entend évidemment par là ce que récemment Rollett et Iwanoff (125) ont décrit comme prolongements de l'iris. A part cela, Hueck décrit comme canalis Fontance anterior, médius et posterior, trois canaux distincts, dont, comme l'a démontré Briicke (31), le premier seul correspond au canal que Fontana a décrit, tandis que les autres ne représentent que des lacunes plus ou moins grandes et instables du tissu de l'angle iridien, car on ne réussit pas, ainsi que l'ont montré Rollett et Iwanoff, à retrouver ici régulièrement plusieurs canaux. C'est Briicke (31, note, p. 52) qui réduit ici à leur véritable nombre les canaux décrits dans cette région et établit nettement la distinction entre canalis Fôntanœ et canalis Schlemmii, mais ses efforts n'ont pas été suffisamment appréciés, ainsi que le prouve l'exemple de Pelechin et la description confuse qu'on trouve dans beaucoup de manuels publiés depuis ce temps. Ce n'est que depuis le remarquable travail de Rollett et Iwanoff (125) sur cette région du globe oculaire, travail auquel Schwalbe (265) s'est rallié dans des principaux points, qu'on a acquis une appréciation saine de la disposition anatomique de cette région. Le principal mérite de Rollett et d'iwanoff réside dans la démonstration du fait que ce qu'on désigne comme canal de Fontana n'est pas un simple canal, mais un système de lacunes traversées par de nombreux trabécules, et que le ligament pectine de l'iris correspond à une partie de ce réseau trabéculaire, réseau particulièrement développé dans le bœuf et le porc. Ces auteurs ont en outre prouvé que la chambre antérieure communique directement avec les interstices de ce réseau trabéculaire, ce qui, du reste, avait déjà été prouvé par H. Millier (208) en injectant la chambre antérieure. Par ces démonstrations, les indications de Flemming (76), qu'il existerait une lamelle non interrompue de la membrane de Descemet passant au devant de l'angle iridien pour se rendre à l'iris en isolant cet angle de la chambre antérieure, ont été réfutées. Rollett et Iwanoff ont fourni, parmi d'autres détails encore, la démonstration de l'existence de l'anneau terminal antérieur de Schwalbe. — Parmi les auteurs qui ont fait des recherches sur cette région, il faut encore citer Reichert (239), Kiilliker (135, 136), Van Reecken (238), Cramer et Helmholtz {Archiv fur Ophthalm., t. I, « le ligamentum pectinatum et son influence sur l'accommodation »), Lôwig (178, 179), Haase (93) et Henle (106). Reichert décrit le premier la dissociation de la membrane de Descemet en fibrilles. Lowig, qui a travaillé sous la direction de Reichert, fait déjà mention de ce fait que les fibres de la membrane de Descemet se réfléchissent dans le tissu de l'iris et que l'endothèle se continue siir le tissu trabéculaire. Haase s'occupe surtout de savoir si ce tissu est de nature connective ou élastique, lui-même croit qu'il s'agit d'un tissu connectif particulièrement modifié et très résistant. Autant que j'en puis juger par moi-même, il faut considérer avec Henle (qui le premier a exactement décrit les plaques perforées), Bowman et Schwalbe, que le tissu de l'angle iridien est aussi bien composé de fibres et plaques de tissu connectif, que de fibres élastiques qui se montrent juxtaposées et se transforment les unes dans les autres. Briggs (345) et Konigstein (378) nient que la membrane de Descemet se dissocie en fibres rentrant comme partie importante dans la constitution du tissu iridien. Briggs trouva dans les plus importants prolongements iridiens du lapin les mêmes gaines que je viens de décrire chez le cheval, mais en outre, que l'axe fibrillairc de pareil prolongement, axe qui provient du tissu iridien, ne

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se continue pas dans la membrane de Descemet à son point de naissance, maisyque ce n'est que la gaine qui s'y confond. L'axe, par contre* traverse la membrane de Descemet pour se confondre avec le tissu propre de la cornée. BrUjgs et Konigstein croient donc que la membrane de Descemet ne participe à la formation du tissu trabéculaire de l'angle iridien que par la constitution de revêtements en forme de gaines. AU (368), au contraire, s'associe à la manière devoir de Reichert et Sch\valbe,et donne un bon dessin du tissu caverneux de l'angle iridien, quoique ce dessin ne corresponde pas à tous les cas.

Le travail le plus complet sur le sujet qui nous occupe est celui de Schwalbe (265). C'est lui qui démontra le premier la communication régulière et large de la chambre antérieure avec le système de lacunes de l'espace de Fontana, et insista sur l'importance de cette disposition, tandis que Rollett et Iwanoff n'avaient admis en cet endroit que de rares points de communication. C'est Schwalbe qui fixa la connaissance des dispositions du canal de Schlemm avec l'espace de Fontana, en montrant l'homologue du canal de Schlemm chez le bœuf et le porc sous forme de petites lacunes qui existent dans le réseau trabéculaire de l'angle iridien à un endroit correspondant à ce canal. Nous devons à Schwalbe une démonstration précise de la soi-disant rainure sclérale ainsi que de la terminaison de la membrane de Descemet (anneau terminal antérieur et postérieur). Gerlach (Ziisatr II), auquel les indications de 5c/iît'«//je ont été évidemment inconnues, a récemment de nouveau décrit l'anneau élastique postérieur, et une seconde fois exposé en détail ses rapports avec l'implantation de l'iris. Il donne sur des coiipes méridionales à cet anneau constant une configuration prismatique. Mais le point le plus important est cette constatation que la chambre antérieure communique avec le canal de Schlemm et par celui-ci avec les veines sclérales, constatation qui engage Schwalbe à déclarer le canal de Schlemm un espace lymphatique, mais qui est eu communication avec les vaisseaux sanguins. La raison pour laquelle, dans les conditions normales, le sang n'entre pas dans la chambre antérieure, consisterait, d'après Schwalbe (abstraction faite d'un appareil valvulaire), en ce qu'il existe de nombreuses voies dérivatives autres pour le sang veineux, et que par conséquent les veines en communication avec le canal de Schlemm n'entrent en jeu que sous une pression anormalement exagérée. Ici Schwalbe se trouve en contradiction flagrante avec Lcber qui, môme après avoir pris connaissance des recherches de Schwalbe, maintient son opinion antérieure, à savoir, que le canal de Schlemm serait un vaisseau sanguin. Leber se trouve ainsi en accord avec Iwanoff et lloUett. Au lieu d'un simple canal de Schlennn, Leber trouve, ainsi que Rouget (252), généralement un plexus de vaisseaux (i)lexus ciliaire de Leber). En faveur de sa manière de voir, Leber cite la possibilité d'injecter le canal, et le fait qu'on rencontre du sang dans ce canal chez les pendus (Iwanoff et Rollett). Ajoutons que Fr. Arnold (7) indique qu'on peut injecter le caiial ))ar les artères, mais jamais par les veines, et que Sappey {Traité cranatomie, 'i" édit., t. lll, p. 722) a réussi à remplir toutes les veines ciliaires antérieures avec du mercure en injectant par le canal de Schlemm. — Pour moi, on ne pourrait admettre comme probant qu'un fait, c'est si l'on réussissait à montrer et à rendre visible du sang chez le vivant dans le canal de Schlemm. Pour des raisons anatomiques que j'ai exposées plus haut, je dois me ranger à côté de Schwalbe. Les points sur lesquels nous diff^érons par des détails, que j'ai crus devoir ajouter à sa description, ressortent, en comparant nos travaux. De plus amples renseignements sur le canal de Schlemm et de Fontana se trouvent chez Fr. Arnold et Pelechin (224).

Depuis les recherches de Schwalbe (265) et celles plus récentes de Michel (197), Alex. Key (328) et G. Retzius, nous savons que la sclérotique ne possède pas plus que la cornée de véritables vaisseaux lymphatiques avec des parois propres : deux espaces lymphatiques, exactement décrits p. 61 etsuiv.), sous le nom d'espace périchoroïdal et d'espace de Tenon, limitent cette membrane, l'un à sa surface externe, l'autre à sa surface interne. L'espace de Tenon s'étend, en général, du point d'entrée du nerf optique à la rainure cornéenne. D'après Schwalbe, son extrémité postérieure serait, cliez le porc, à 4-5"'"" de la paupière ; chez le cheval, encore un peu plus éloignée de celle-ci. L*espace périchoroïdal^ chez le lapin et chéz l'hommè, présente la plus grande

largeur en avant, près de la chambre antérieure. Chez le porc, cet élargissement antérieur est plus limité. A ces deux espaces lymphatiques s'associent ceux déjà décrits dans les gaines du nerf optique (supra-vaginal et intervaginal), ainsi que le système des lacunes de la sclérotique.

Les injections nous enseignent quel chemin suit la lymphe dans ces espaces. L'espace périchoroïdal communique d'abord avec celui de Tenon au moyen des fentes lymphatiques qui entourent, comme d'une gaine annulaire, les vasa vorticosa. Ces sinus périvasculaires au voisinage de la surface scléroticale se concentrent derrière les veines.

J'ai pu constater, comme Schwalbe, qu'une injection poussée dans l'espace périchoroïdal pénètre par cette voie dans celui de Tenon. Si cette injection a été continuée un certain temps sous une haute pression, elle remplit aussi les lacunes de la sclérotique. Une solution alcaline de térébenthine ou bien l'extrait éthéré de noix d'anacardium dissous dans la térébenthine sont les liquides qu'on emploiera de préférence. On voit alors apparaître sur la surface de la sclérotique une grande quantité de petits points colorés, et une coupe de cette membrane examinée au microscope laisse voir le sj'stème des lacunes rempli d'un liquide rouge ou rouge brun, tout comme on le constate après les injections faites directement dans le tissu scléral (Michel). Cette dernière manière d'injecter prouve aussi que les lacunes de la sclérotique s'ouvrent dans ces deux grands réservoirs lymphatiques : l'espace périchoroïdal et celui de Tenon.

Pas plus que Schwalbe, je n'ai pu injecter d'autres cavités lymphatiques du bulbe par l'espace périchoroïdal. Mais on peut remplir ce dernier par l'espace intervaginal (subvaginal). La masse injectée y arrive alors par les lacunes de la sclérotique, mais ne suit pas la route inverse.

Une injection peut passer de l'espace subvaginal (intra-vaginal) dans l'espace supra-vaginal et dans celui de Tenon. La communication entre les deux premiers espaces susnommés a lieu, ainsi que l'a démontré Michel, à travers la gaine externe du nerf optique par des fentes lymphatiques. Les deux espaces supravaginal et de Tenon sont, ainsi qu'il a été dit pges. 1)2, ii 13 s mIô ; même grande voie lymphatique. De l'espace de Tenon on peut pareillement injecter l'espace périchoroïdal (Schwalbe).

Quelle voie suit la lymphe pour sortir de la chambre antérieure : c'est ce qu'il est difficile de dire. Ainsi que nous l'avons mentionné plus haut, les injections démontrent l'union qui existe entre cette chambre antérieure et le système veineux de la sclérotique. Quant à l'existence d'une voie d'écoulement normale, elle reste très douteuse. Ce qui me paraît le plus vraisemblable, c'est que le liquide de la chambre transsude peu à peu à travers les lacunes de la cornée, de la sclérotique et du muscle ciliaire : le tissu caverneux du ligament suspenseur de l'iris doit à ce propos être pris en considération. Comparez aussi ce qui est dit pages 18 et 19.

D'après les recherches de Schwalbe^ les courants lymphatiques dont il a été question plus haut se déversent par l'espace supra-vaginal dans la cavité

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lymphatique cérébral connue sous le nom d'espace subdural. Jusqu'à présent on ne leur connaît pas d'autre voie d'écoulement.

Les nouvelles recherches d'Axel Key et de G. Retzius (328) et les plus récentes de H. Schmidt (262), Michel (197) et de Wolfring (319) nous ont appris l'existence à côté des espaces sus- et sous-vaginal d'une troisième cavité lymphatique. Celle-ci, que je désignerai sous le nom à'espace périneuraly se trouve entre la gaîne interne de l'optique et la substance propre de ce nerf. D'après Axel Key et Retzius, il ne communiquerait pas avec l'espace subdural, mais bien avec l'espace subarachnoïdal de la boîte crânienne. Wolfring a montré que les voies lymphatiques contenues dans le nerf optique et dans les mailles de la lame criblée peuvent être remplies par cet espace. Schmidt et Michel ont pu aussi remplir ces mêmes voies par l'espace subvaginal, ce qui démontre qu'il existe une communication entre ce dernier et l'espace périneural et, en dernière analyse, entre les trois espaces qui entourent le nerf optique et ses gaines. Je n'ai fait moi-même aucune recherche à ce sujet.

En résumant ce qui a rapport aux lymphatiques de l'œil, il importe d'abord de faire remarquer qu'ici l'écoulement de la lymphe se fait par un système de fentes et de grands espaces, et non par des vaisseaux lymphatiques, comme cela a lieu habituellement. Le bulbe sous ce rapport ressemble au cerveau dont il est embryogéniquement une dépendance, du moins chez les vertébrés. Nous pouvons, avec Schwalbe, distinguer deux courants lymphatiques : un antérieur, l'autre postérieur. L'antérieur embrasse les paupières, la conjonctive et la cornée, aussi les parties voisines de la sclérotique ; il possède pour les paupières et la conjonctive une voie d'écoulement ordinaire (des vaisseaux), dont le trajet n'est pas entièrement élucidé, et un espace lymphatique, la chambre antérieure, qui communique avec les veines ; peut-être aussi a-t-il encore dans les lacunes de la cornée et de la sclérotique les vaisseaux de l'iris et du muscle ciliaire d'autres voies d'échappement.

Le courant lymphatique postérieur est immédiatement en rapport avec le cerveau. Nous avons ici affaire à un système de fentes, de canaux et à des espaces. Ces derniers : périchoroïdal, de Tenon, supra et subvaginal et périneural, communiquent plus ou moins directement les uns avec les autres et débouchent tous par l'entremise des espaces périneural, subvaginal et supravaginal, ou dans l'espace subarachnoïdal ou dans le subdural. A partir de là l'écoulement de la lymphe se fait par de nombreux détours, à la manière ordinaire.

Les connaissances que nous possédons sur les lymphatiques de l'œil sont de date récente. Fr. Arnold, qui a donné les premières notions positives sur les lymphatiques de la conjonctive, considère déjà comme une cavité séreuse entre la sclérotique et la cornée l'espace désigné récemment par Schwalbe, sous le nom de périchoroïdal. Puis suivent les publications de Sappey, Kôlliker(135, 136), His (113-116), Teichmann (286), Saemisch (254),Lightbody (173), V. Thanhoffer (284) et W. Krause (146, 148), qui toutes ont rapport à la conjonctive et à la cornée. Kôlliker décrit entre le limbe et le bord

cornéen, chez un jeune chat, à côté des vaisseaux sanguins, d'autres vaisseaux plus larges se dirigeant vers la cornée et présentant ou des extrémités effilées ou des sinuosités renflées dans lesquelles il a trauvé des cellules semblables aux corpuscules lymphatiques avec un fluide plus clair. Plus tard His a retrouvé des éléments semblables.

Ces vaisseaux, tels que les a décrits et représentés Kôlliker, peuveni bien, d'après mes injections, être considérés comme des vaisseaux lymphatiques (voy. fig. 3, p. 23). Saemisch a vu dans la cornée de la souris et du rat des formations utriculaires entremêlées avec les nerfs et formant un réseau ; il n'était pas toujours possible d'établir la manière dont se faisait cette union. Saemisch, qui incline à croire que ce sont des vaisseaux lymphatiques, ne se prononce pas cependant affirmativement. Nous avons plus haut, à propos de la description des nerfs de la cornée, mentionné quelle signification Hoyer donne à ces éléments. Les recherches de de Recklinghausen, comme les travaux de Teichmann, dont il a été déjà tenu compte, ont élé d'une très-grande importance, non seulement pour les lymphatiques en général, mais particulièrement pour ceux de la cornée et de la conjonctive. Je dois ici revenir sur ce fait établi par de Recklinghausen à cause de sa connexité avec le sujet dont nous nous occupons, à savoir que les canaux qui font communiquer les lacunes entre elles et dans l'intérieur desquels il a démontré l'existence de troncs nerveux peuvent être considérés comme des canaux lymphatiques.

D'après une note de son ouvrage bien connu (p. 68), Teichmann paraît avoir démontré par des injections l'union qui existe entre les lymphatiques qui entourent les nerfs de la cornée et le système de lacunes de cette membrane. Cependant il ne s'explique pas d'une façon bien précise à ce sujet.

Il a été déjà question, d'une manière très explicite, de ces canaux plus grands, tapissés d'endothélium, capables d'être injectés, que Thanhoffer, et Krause regardent comme des vaisseaux lymphatiques. Sappey nie énergiquement la présence des lymphatiques dans la cornée. (Voy. pages 722-723 de son Traité d'anatomie descriptive, t. III.)

Nos premières connaissances exactes sur l'appareil lymphatique de l'œil, si intéressant et si particulier, datent des recherches approfondies de Schwalbe, qui ont été confirmées et étendues par Axel Key, G. Retzius, ensuite par Michel Schmidt, Manz (191) et Wolfring. J'ai pu corroborer sur leurs points principaux ces travaux, qui ont été déjà appréciés, pour la plus grande partie, dans le courant de cet ouvrage.

Les connexions indiquées par Schwalbe entre les espaces lymphatiques du cerveau et ceux du bulbe appellent des recherches ultérieures ; la grande importance de ces rapports est suffisamment démontrée par le retentissement, sur le bulbe, des processus intracrâniens. Je citerai ici, pour mémoire, les considérations de Sichel fils (271), les observations et les expériences par les injections de Schmidt, Manz, Forlanini (80) et Michel. Schmidt a pu seulement injecter par l'espace subdural l'espace subvaginal, ainsi que le réseau lymphatique qu'il a décrit dans la lame criblée, et il n*a trouvé aucune com-

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munication entre cet espace subdural et celui de Tenon, non plus qu'avec l'espace périchoroïdal et les lacunes intrasclérales.

Manz et Forlanini n'ont pas confirmé le réseau de la lame criblée de Sclimidt. Michel a vu, chez l'homme, le réseau s'injecter, mais rarement, et seulement après que les lacunes de la sclérotique étaient remplies. Wolfring n'a pu injecter le système lymphatique de la lame criblée, ni par le cavité de l'arachnoïde (espace subdural ou subarachnoïdal), ni par l'espace subvaginal; il a, au contraire, fréquemment réussi en poussant l'injection immédiatement sous la gaine interne de l'optique, et il arrivait en même temps à produire un réseau Ipnpliatique régulier dans l'intérieur du tronc nerveux. Pendant que les vaisseaux sanguins pénètrent dans les faisceaux de tissu conjonctif qui séparent les faisceaux nerveux, les lymphatiques s'arrêtent à la surface de ces derniers et les entourent d'un réseau de mailles.

Afin d'obtenir de bonnes coupes de la comée et de la sclérotique, je les fais durcir dans le liquide de IMiiller. On doit avoir soin, afin que les membranes conservent leurs rapports normaux et leur tension normale, de mettre les bulbes entiers dans le liquide, qu'ils reposent sur le fond du vase, que la liqueur durcissante soit en grande abondance et qu'elle soit renouvelée deux et trois fois dans l'espace de huit jours. Après quatorze ou dix-huit jours de macération, ils sont lavés dans fcau et plongés dans l'alcool pur. On pratique les coupes des membranes quand on extrait les bulbes de ce dernier liquide.

On réussit à bien préparer toutes les parties de la cornée avec le chlorure d'or et de soude et le chlorure d'or et de potasse. J'ai suivi ici la méthode bien connue deCohnheim, et j'ai essayé les modifications nouvellement introduites par Hénocque, Klein, Hoyer et Ranvier dans cette préparation. Je prescris, à cet égard, les moyens recommandés dans les manuels de technique microscopique, notamment dans l'ouvrage bien connu de Frey. Les cornées traitées par l'or fourniront de bonnes préparations, soit en coupes, soit en surface, si on a soin de déchiqueter les membranes en lamelles, à l'aide d'une aiguille à cataracte. Comme colorants, on emploiera de préférence, pour la cornée et la sclérotique, l'hématoxyline.

La meilleure méthode d'examen pour la cornée consiste à préparer cette membrane fraîche dans son humeur aqueuse, ainsi que cela a été fait par de Recklinghausen, Kiihneet Engelmann. Je procède de la façon suivante : Après avoir, avec des ciseaux ou une lance, coupe la cornée en un seul ou plusieurs morceaux, je les transporte avec l'humeur aqueuse sous un mince couvre-objet muni d'un anneau de papier satiné : toute pression est ainsi évitée, et j'entoure le tout d'une bordure d'huile, afin de prévenir l'évaporation. Protégée de cette façon, la cornée peut rester de vingt-quatre à trente-six heures sans s'altérer notablement.

La méthode par l'imprégnation d'argen a cet avantage, sur lequel appuie de Recklinghausen, que les éléments se conservent dans l'état où ils sont au moment de l'imprégnation. Il ne faut jamais, pour avoir, avec cette méthode, une bonne préparation, plonger dans le bain d'argent une cornée détachée du bulbe, mais le bulbe lui-même tout entier. Chez les petits animaux, tels que la grenouille, on y met toute la tête, les paupières ayant été préalablement enlevées. Pour chasser l'épithélium, je préfère le procédé de de Recklinghausen, c'est-à-dire l'emploi de vapeur de l'eau bouillante. 11 faut avoir soin alors, dès que l'épithélium est légèrement trouble, de l'enlever avec un pinceau trempé dans l'humeur aqueuse. Quand la substance propre de la cornée montre les plus légers troubles, l'imprégnation d'argent ne sera suivie d'aucun bon résultat. Ce qui nous reste à dire de ee procédé est suffisamment connu par les traités sur la matière.

Je m'en tiens à ces quelques remarques ; il n'entre pas dans mon intention d'énumérer ici toutes les méthodes d'examen concernant la cornée, la sclérotique et les paupières, d'autant que nous possédons suffisamment de traités

BIBLIOGRAPHIE. 83

sur ce sujet. Je n'ai parlé que des procédés que j'ai moi-même expérimentés, et de ceux que je pouvais considérer comme les moins connus.

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