PARTIE CLINIQUE (TRAITEMENT DE L'HYPERMÉTROPIE
déplacés vers la périphérie du verre, exactement comme s'ils étaient vus à travers un prisme, aussitôt que la ligne de regard travei'se une partie excentrique du verre. Cet efïet prismatique sera d'autant plus sensible que la partie à travers laquelle on regarde est plus rapprochée du bord de la lentille, et que celle-ci est plus forte. Il est facile de s'en rendre compte à l'aide du premier verre convexe venu.
li'effet prismatique des verres convexes est extrêmement important à considérer dans la pratique. Supposons, par exemple, deux yeux (0 et 0', fij;. 114) munis de verres convexes, dont les axes YG et Y'C sont dirigés parallèlement. Si les lunettes servent à regarder des objets éloignés, ces objets sont vus parfaitement à leur place, parce que les lignes de regard coïncident alors avec les axes des verres. Mais, si les verres ainsi placés sont destinés à faire voir de près, leur action prismatique se fera immédiatement sentir, parce qu'en convergeant, les yeux regardent à travers les parties internes des verres, qui agissent comme des prismes à sommet dirigé vers le nez, et dévient les rayons vers la tefhpe.
Ainsi les rayons venus d'un objet A subiront en P et F' une déviation vers F et F', et l'objet sera vu en B. Les yeux sont donc obligés, dans ce cas, de faire un effort de convergence plus considérable : au lieu d'un angle PAM (ou à peu près), ils convergent d'un angle PBM.
L'effet des lunettes convexes sur la convergence se fait déjà sentir pour des numéros inférieurs, surtout si les muscles sont un peu faibles, comme cela est souvent le cas. Ils déterminent alors une asthénopie inexplicable pour ceux qui ne connaissent pas l'action des verres qu'ils prescrivent. A partir de 4 dioptries, leur influence sur la convergence ne saurait être négligée dans aucun cas. Les numéros forts, mal montés, peuvent produire une diplopie très fâcheuse. Il arrive ainsi que les personnes opérées de cataracte aux deux yeux ne voient de près que monoculairement, en fermant l'un ou l'autre œil. Aussitôt qu'elles ouvrent les deux yeux, elles voient ) double et sont extrêmement gênées.
Qu'est-ce qu'il faut faire dans ces cas? Théoriquement, il faudrait donner aux verres une inclinaison telle que les lignes de regard coïncident avec leurs axes dirigés sur l'objet, ou, ce qui revient au même, il faudrait que le plan du verre fût perpendiculaire à la ligne qui relie l'objet à la fosse centrale de l'œil. On comprend qu'il serait impossible de porter des lunettes pareilles, au moins pour très courte distance.
Il vaut mieux décentrer les verres, c'est-à-dire les tailler de telle sorte que, pour la dislance à laquelle ils sont destinés, la ligne de regard traverse leur centre (fig. 115). Ceci est parfaitement praticable tant que les verres ne sont pas trop forts, c'est-à-dire pas trop convexes. L'épaisseur d'un verre centré augmentant uniformément de sa périphérie I au centre, suivant chacun de ses rayons, il est évident qu'un verre de ce genre présentera, pour une courbure et un diamètre constants, le minimum d'épaisseur que puisse avoir une lentille. Mais il n'en sera plus ainsi pour un
verre décentré, de même diamètre et de même courbure. Dès que son centre est déplacé dans une direction quelconque, le rayon de la lentille dans laquelle il est taillé doit nécessairement s'accroître et, avec lui, l'épaisseur du verre. On voit, en effet, que la lentille GH de la figure 114 est plus étroite et plus mince que la lentille GH" de la figure 115, dans laquelle on a découpé e verre décentré GH', en lui donnant le même diamètre qu'à GH.
Fi6. 115.
La figure 116 en donne la démonstration géométrique. Les surfaces des lentilles GH et GH'^ sont décrites avec des rayons égaux. Le centre C' de la seconde est déplacé à droite par rapport au centre C de la première, et Ton voit qu'en ces deux points l'épaisseur des verres est bien différente pour une même longueur GH. Cette différence tient au plus grand diamètre de la lentille GH'^, dont le verre décentré constitue un fragment.
La correction idéale serait réalisée par une lentille unique, assez grande pour que, son axe XX' (fig. 117) coïncidant avec la ligne médiane, les deux