‹ Traité complet de chimie analytiqueChapitre 44 sur 102 · PLOMB · texte numérisé non relu

PLOMB

plomb une dissolution d'hydrogène sulfure à laquelle ou a ajout,, d,. l'acide chlorhydrique de manière que la dissolution d'hydrogène sulfuré ne pi , domine pas, on obtient un précipité rouge ou rouge-brunàtre qui cependant devient noir de lui-même au bout de quelque temps. Si la dissolution d hydrogène sulfuré est en quantité plus forte, le précipité devient noir immédiatement. On obtient un précipité rouge-brunâtre sale qui reste longtemps en suspension, lorsqu'on ajoute une dissolution d'hydrogène sulfuré à une dissolution de sesquichlorure de fer qui contient du chlorure de plomb et de l'acide chlorhydrique libre. Si on laisse le contact se prolonger pendant plusieurs heures, le précipité devient noir et occupe alors un très petit volume. — Si une dissolution d'oxyde de plomb est fortement acide et notamment si elle contient une forte quantité d'acide sultunque ou d'un autre acide fort, de petites quantités d'oxyde de plomb M dissolution ne peuvent pas être reconnues, au moyen de l'hydrogène <ulture,pax la formation du sulfure de plomb; ce dernier ne se forme que lorsqii on a *aturé l'aride par un oxyde alcalin. Tel est le motif pour lequel on ne peut découvrir, au moyen de l'hydrogène sulfuré, l'oxyde de plomb contenu dans un acide sulfurique commercial. Il faut, dans ce cas, pour que le sulture de plomb se produise, saturer l'acide libre par l'ammoniaque. En gênerai, le sulfate de plomb n'est transformé facilement eu sulfure de plomb, au moyen de l'hydrogène sulfuré, que s'il est en suspension dans une liqueur neutre. S'il est contenu dans une liqueur acide, il faut saturer I acide par un oxyde alcalin. -Si on fait fondre le sulfure de plomb avec •lu cyanure de potassium, il est réduit. Il se forme du rhodanure de potassium rt du plomb métallique. Ce dernier se sépare sous la forme d'un ou <!• plusieurs grains et sous la forme d'une poudre noire. Les premiers sont tout à fait exempts de soufre; la seconde en contient encore de très légères traces.

Le zinc métallique précipite de ses dissolutions le plomb à l'état métallique, sous forme de lames gris-noirâtre brillantes.

Les ffiMdutionfl d'oxyde de plomb sont encore précipitées par quelque* rrartifs qui ne produisent pas de précipite dans 1rs dissolutions de la plupart des oxyde* examinés jusqu'ici.

Lfetff sulfurique étendu rt les dissolutions des sulfates donnent, dans les «hululions d'oxyde de plomb, un précipité blanc de sulfate de plomb, qui .-st pn-sque insoluble dans l'eau, mais qui estsoluble dans une dissolution «1 hydrate de potasse. Ce précipité permet surtout de reconnaître la pré-

H * de l'oxyde de plomb dans une dissolution, en ce que l'acide sulfurique ne forme qu'avec la baryte, la strontiane, la chaux et le protoxyde de mercure, des combinaisons qui soient insolubles ou peu solubles dans les acides étendue. Lr sulfate de plomb se distingue des sulfates formés par les oxydée tefcieuk , en ce qu'il se dissout dans une dissolution d hyfctfe de potasse, et surtout aussi en ce qu'il devient instantanément noir lorsqu on I humecte avec du sulfure d'ammonium. - Le sulfate de plomb - dissout a chaud dans l'acide chlorhydriqur ; par le refroidissement, la

dissolution laisse déposer des écailles cristallines de chlorure de plomb. Le sulfate de plomb ne se dissout pas à froid dans l'acide chlorliydrique étendu. Il est un peu soluble à chaud dans l'acide nitrique; mais il ne Test pas si l'acide est étendu. Il est aussi légèrement soluble dans quelques dissolutions salines , et en particulier dans celle d'acétate d'ammoniaque. Lorsqu'on précipite l'oxyde de plomb par un excès d'acide sulfurique et lorsqu'on ajoute ensuite de l'ammoniaque, il se dissout beaucoup de sulfate de plomb dans le sulfate d'ammoniaque. Le sulfate de plomb est le moins soluble dans l'acide sulfurique étendu ainsi que dans l'acide acétique. Le sulfate de plomb est complètement décomposé, même à la température ordinaire, par les dissolutions des carbonates alcalins et même par celles des bicarbonates alcalins et du carbonate d'ammoniaque ; il est alors transformé en carbonate de plomb.

L'acide chtor/it/driquc et les chlorures métalliques produisent, dans les dissolutions d'oxyde de plomb qui ne sont pas très étendues, un précipité blanc de chlorure de plomb qui se redissout lorsqu'on ajoute une grande quantité d'eau. L'ammoniaque produit, dans cette dissolution du chlorure de plomb, un précipité blanc insoluble qui est une combinaison de chlorure de plomb avec l'oxyde de plomb. — Le précipité formé par l'acide chlorliydrique et par les dissolutions des chlorures métalliques se dissout aussi dans l'hydrate de potasse. Traité par l'ammoniaque, il est transformé en chlorure de plomb basique, mais son aspect extérieur n'est pas modifié. — Le chlorure de plomb est plus soluble dans l'eau pure que dans une eau qui contient de l'acide chlorliydrique libre; par suite, le chlorure de plomb est précipité par l'acide chlorliydrique d'une dissolution aqueuse concentrée.

Une dissolution d'iodure de potassium forme, dans les dissolutions d'oxyde de plomb, un précipité jaune d'iodure de plomb qui est soluble dans un grand excès du précipitant, aussi bien que dans une dissolution d'hydrate de potasse. Traité par l'ammoniaque, il devient blanc et se transforme en iodure basique de plomb.

Une dissolution de chromate de potasse produit, dans les dissolutions d'oxyde de plomb, un précipité jaune de chromate de plomb qui est insoluble dans l'acide, nitrique étendu, mais qui se dissout dans une dissolution de potasse pure ; la dissolution paraît jaune. Lorsqu'on fait digérer le précipité avec l'ammoniaque, il devient rougeâtre et se transforme en chromate de plomb basique.

Les sels de plomb solubles dans l'eau se décomposent par la calcination à l'air; cependant le sulfate de plomb n'est pas décomposé par la calcination. Le chlorure de plomb se volatilise surtout au contact de l'air, même à une température qui n'est pas très élevée.

Les combinaisons de carbonate de plomb avec l'hydrate d'oxyde de plomb perdent leur eau à 150 degrés, niais elles absorbent l'acide carbonique de l'air et se transforment presque, à cette température, en carbonate «îeetrede plomb. Chautté jusqu'à 200 degrés, ce dernier ne subit pas

PLOMB. 113 de modification essentielle; mais lorsqu'on calcine , l'acide carbonique rst complètement chassé,à une tenq>érature même inférieure à celle où l'oxyde commence à fondre.

Les dissolutions des sels neutres de plomb rougissent le papier de tournesol.

La plupart des sels de plomb insolubles dans l'eau se dissolvent dans l'acide nitrique. Si cette dissolution n'est pas trop acide ni trop étendue d'eau, il s'y forme un précipité par l'action de l'acide sulfurique. Le sulfate de plomb n'est pas soluble (Lins l'acide nitrique étendu; niais on peut facilement le reconnaître pour un sel métallique, en ce qu'il devient noir lorsqu'on l'humecte avec du sulfure d'ammonium, et en ce que, traité par la soude sur le charbon au chalumeau, il donne très facilement du plomb métallique.

L'oxyde de plomb se dissout à chaud, bien qu'un peu lentement, dans une dissolution de chlorure d'ammonium. 11 se dissout aussi à chaud, mais encore plus lentement, dans une dissolution de nitrate d'ammoniaque. Si l'on n'en a mis qu'une quantité trop petite, il se sépare un sel basique. Le carbonate de plomb se dissout aussi par l'ébullition, mais lentement, dans une dissolution de chlorure d'ammonium. Si la dissolution est étendue d'eau, elle se trouble , mais elle redevient claire par l'action de la chaleur. Il se dépose, au bout de quelque temps, un précipité cristallin dans lequel l'hydrate de potasse dégage de l'ammoniaque. Le borate de plomb se dissout aussi par une longue ébullition dans une forte proportion d'une dissolution de chlorure d'ammonium.

Lorsqu'on dissout à chaud l'oxyde de plomb dans l'acide phosphorique sirupeux , il se produit une masse incolore qui se dissout complètement dans l'eau. La dissolution se trouble d'elle-même à la température ordinaire , et il se dépose une masse épaisse de phosphate de plomb. On reconnaît la présence de l'oxyde de plomb dans cette dissolution de la même manière que dans les autres dissolutions de plomb.

Si on fait fondre l'oxyde de plomb avec du cyanure de potassium, le plomb est complètement réduit. Après avoir traité la masse fondue par l'eau, on obtient presque tout le plomb réduit sous forme d'un culot, et on n'en obtient qu'une très petite quantité à l'état pulvérulent. Si on laisse pendant très longtemps la dissolution en contact avec le plomb réduit, il peut s'en dissoudre une trace très faible. Si on fait fondre le sulfate et le phosphate de plomb avec du cyanure de potassium, tout le plomb est également réduit à l'état métallique. Dans le premier cas, il ne se forme que peu de rhodanure de potassium, et la plus grande partie de l'acide sulfurique n'est pas réduite. L'acide phosphorique du phosphate de plomb n'est pas réduit par la fusion avec du cyanure de potassium.

Au chalumeau, les sels de plomb peuvent être reconnus, en ce que, mélangés avec la soude, ils sont réduits très facilement sur le charbon par li flamme intérieure et donnent de petits grains de plomb qui peuvent être aplatis par le marteau et qui ne sont pas cassants: eu même temps

le charbon se recouvre d'une cfllorescenee jaune. A chaud, cette efllorescence est jaune-citron foncé; à froid, elle est jaune de soufre; en couches étendues, elle est blanc-bleuâtre. Lorsqu'on chauffe le dépôt jaune à la (lamine d'oxydation, il change de place sans changer d'aspect ; niais lorsqu'on emploie la flamme de réduction, il se volatilise avec une teinte bleu d'azur qui le distingue du dépôt d'oxyde de bismuth.

L'oxyde de plomb pur se réduit de lui-même sur le charbon avec effervescence dans la flamme intérieure, à l'état de globule métallique.

L'oxyde de plomb et ses combinaisons se dissolvent dans le borax sur le fil de platine dans la flamme extérieure et forment une perle jaunâtre claire qui devient incolore par le refroidissement , et qui devient opaque lorsqu'on ajoute une grande quantité de substance et par une insufflation intermittente. L'oxyde de plomb est réduit sur le charbon dans le verre de borax par la flamme intérieure. — L'oxyde de plomb se comporte dans le sel de phosphore sur le fil de platine à la flamme extérieure Comme dans le borax; il n'y a qu'une grande quantité d'oxyde qui puisse produire une perle qui soit jaunâtre k chaud. La perle est grise et parait trouble dans la flamme intérieure sur le charbon. Si on emploie un excès d'oxyde de plomb, le charbon est recouvert d'un dépôt jaune d'oxyde. — L'oxyde de plomb est dissous par la soude sur le fd de platine dans la flamme extérieure et forme une perle claire qui parait jaunâtre et opaque par le refroidissement (Bcr/elius et Plattner).

Les dissolutions d'oxyde de plomb peuvent être distinguées très facilement des dissolutions des autres oxydes par leur manière de se comporter avec l'acide sulfurique étendu; elles se distinguent des dissolutions de baryte, de strontiane et de chaux par leur manière de se comporter avec le sulfure d'ammonium et par leurs réactions au chalumeau.

Si une dissolution d'oxyde de plomb contient des substances organiques et si la dissolution a une couleur tout k fait foncée , cela n'empêche pas la précipitation de l'oxyde de plomb par l'acide sulfurique. Dans ce précipité, on reconnaît très facilement la présence de l'oxyde de plomb en le faisant fondre au chalumeau sur le charbon avec la soude. Si la dissolution contient de la gomme, du sucre ou d'autres substances organiques, le sulfate de plomb ne se dépose pas bien, mais il reste longtemps en suspension dans la liqueur, et il ne peut être filtré qu'excessivement difficilement. Il faut observer ici que le sulfate de plomb se dissout très bien et en très grande quantité dans quelques sels formés par les acides organiques, surtout dans le tartrate d'ammoniaque. Cependant l'oxyde de plomb est facilement précipité de ses dissolutions au moyen de l'hydrogène sulfuré et du sulfure d'ammonium.

Si, dans une liqueur qui contient des matières organiques, il n'y a que des traces d'oxyde de plomb, on n'obtient pas de précipité au moyen de l'acide sulfurique. Dans ce cas, on rend la dissolution très légèrement acide

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