Hyper- lydien
Observation. — En ce qui concerne la place que les sons qui composent ces diverses échelles devrait occuper par rapport à notre diapason moderne, on ne peut que se livrer à des conjectures malgré les affirmations de certains théoriciens qui prétendent, les uns, que le ton le plus grave (l'hypodorien) correspondait à peu près à notre tonalité de fa mineur, les autres, que ce ton est l'équivalent de notre rê mineur ou de notre ut mineur. Mais, en réalité, il n'y a là que des hypothèses car notre ignorance absolue de la pratique musicale des Grecs rend impossible toute preuve sérieuse et fondée. D'ailleurs cette question nous importe peu, ici, où nous n'avons à songer qu'à la partie abstraite du système, la seule qui soit nécessaire à l'explication des tons d'église. Les divers noms des modes grecs sont dérivés des différentes sortes d'octaves qu'ils renferment.
Les diverses octaves des Grecs.
L'octave se compose, comme nous le savons, de cinq tons et de deux demi-tons. Ce qui, dans la théorie grecque, constituait une différence entre les octaves (différence qui, d'ailleurs, n'est basée sur aucun principe de physique) résultait de l'ordre dans lequel les demi-tons se produisaient dans chaque série de sons. Ainsi, par exemple, l'échelle suivante:
contient les mêmes sons que celle-ci:
mais les demi-tons se trouvant placés autrement, l'octave ne paraissait pas être semblable à la précédente et recevait une désignation particulière, d'où il suit que l'octave primitive renfermant sept sons, servant chacun de point de départ à une série, produisait sept octaves ou modes divers. De ces sept modes deux seulement se retrouvent dans la musique moderne sous le nom de majeur et de mineur \ transposés à différentes hauteurs ces deux modes suffisent pour donner satisfaction à notre sens musical tandis que les Grecs, à l'aide de certaines combinaisons de leurs sept modes principaux, en formaient deux autres encore ce qui portait à neuf le nombre de modes dont ils faisaient usage.
Parmi ces neuf sortes d'échelles de sons il y en a deux qui, au premier abord, paraissent semblables quoiqu'elles diffèrent sensiblement, comme contexture intérieure.
Au commencement de nos explications nous avons dit qu'il existe trois sortes de tétracordes, savoir : dorien, phrygien et lydien. Nous avons dit aussi que, pour obtenir l'octave du son initial, ou laissait un intervalle d'un ton entier entre le dernier son du
second tétracorde et le premier son du premier, ou que l'on prenait le son le plus élevé du premier tétracorde comme son le plus grave du second. Dans ce dernier cas il fallait encore ajouter un ton pour arriver à l'octave. Mais ce ton supplémentaire pouvait très bien ne pas être placé entre les deux tétracordes et ne venir qu'à la fin de l'échelle ce qui constituait une troisième manière de former la gamme. Donc, la combinaison de deux tétracordes juxtaposés c'est à dire séparés par l'intervalle du ton entier, produisait les trois modes suivants: