C. De la Tête ou ExTRÉuiré céphauque du Trohc
Dans tHomme,
Dans notre espèce , la Tête , que les Latins désignaient par le mot Caput, est un sphéroïde plus ou moins gros , plus ou moins alongé , plus ou moins comprimé , suivant les sujets , qui surmonte le reste du Squelette , qui renferme FEncéphale et les principaux Organes des Sens , qui s articule avec la Colonne vertébrale , et que forment deux parties manifestement distinctes , par leurs usages , par leur mode de développement et par leur mécanisme : ces deux parties sont le Crdne , d'une part , et la Face, de l'autre .
i^' Du Craiîe (PI. xxxvni , xxxix , xl et xli).
Le Cràhe , Calyaria des Latins, Kpceycov des Grecs , est une grande cavité ovoïde , ofirant son extrémité étroite en avant (pl. xli, fig. i, d, fig. a, a), occupant les parties supérieure et postérieure de la Tête , d'une forme assez irrégulière et pourtant symétrique , qui renferme et protège l'Encéphale , qui est toujours beaucoup plus volumineux que la Face , dans notre espèce au moins , et est formée de plusieurs os aplatis dont les bords sont le plus souvent hérissés d'éminences.
Ces os sont , en avant, le Frontal; en arrière , V Occipital ,- sur les câtés et en haut , les deux Paiiétaux ; sur les cotés et en bas , les deux Temporaux ; inférieurement et au centre , le Sphénoïde , au-devant duquel est XEthmoïde , qui en est séparé par les Cornets sphénoîdaux.
En outre , chaque Temporal contient quatre osselets , le Marteau, V Enclume, VOs
lenticulaire j FEtrier; et bien souvent on observe 9 entre les principales pièou» du Crâne , certains os fort irréguliers sous tous les rapports , et qu'on nomme Os wormiens.
Quatre des os de cette cavité , le Frontal, TOccipital, le Sphénoïde et FEthmoîde , sont situés sur la ligne moyenne ; les autres sont placés latéralement. Les premiers sont symétriques, c'est-à-dire susceptibles d'être partagés en deux moitiés parfaitement semblables? Nous remarquerons aussi que ces quatre mêmes os sont impairs et existent isolément , tandis que les autres sont doubles.
n convient , au reste , de savoir encore que les os du Crâne ne lui appartiennent pas tous si essentiellement qu'ils ne contribuent aussi , pour la plupart , à la formatioD de la Face -, c'est même cette circonstance qui a fait que d'anciens anatomistes oot cru les devoir diviser en Os communs et en Os propres : les derniers n'appartenaient qu'à lui , et on regardait comme tels le Frontal , l'Occipital , les Pariétaux et les Temporaux \ mais une pareille division est loin d'être exacte , car plusieurs de ces os font certainement autant partie de la Face que le Sphénoïde et l'Ethmoïde , qu'on rangeait dans la seconde catégorie.
La région antérieure du Crâne est nommée généralement Front ou Syncîput ( pi. xxxviii, fig, I, /, y. — PI, xxxix, fig. I, a, b, g)-^ I3, postérieure est l' Occiput (pi. XXXIX, fig. I, Cy /, — PI. XL, fig. I, 71** ag)-, la supérieure porte les noms de Voûte , Vertex on Bregma(pl. xxxviii , fig. i) ; les latérales sont dites Tempes ( pi. XXXIX , fig. I, i ^ /^ m y 71^ j^^ z ) , et l'inférieure est appelée la Base du crdne
(pi. XL , fig. I ),
DES OS DU GKAlfE EN PARTICULIER.
a. Du Sphénoïde , Os sphénoïdale , Os cunéiforme^ Os multiforme , Os basilaire , Os
pofymorphon (pi. xxxi etxxxii).
Le Sphénoïde est articulé avec tous les autres os du crâne sans exception ; il les ^utient y il sert à fortifier leur union , et c'est même là ce qui lui a valu son nom , dérivé des mots grecs otffq^t , lequel signifie coin, et cTSoç-, qui indique une re55emblance ; il est, en efiet, pressé par eux de toutes parts, comme le serait un coin engagé daiis un corps solide. C'est aussi la raison qui, dans les cours d'Anatomie que jious avons été appelés à faire et dans le Traité spécial que nous avons publié ' , nous fi constamment fait commencer par le Sphénoïde l'examen des os du crâne considérés isolément les uns des autres. L'anatomiste se trouve, à son égard, dans le cas de ces
* Traité d'Anatomie descriptive^ rédigé d'apièi tordre adopté à ia Facuité de Médecine de Paris ,1* éài\. Paris 9 1S24 • in-6^ , tome I , p. 53 et 54*
voyageurs qui s'occupent d'abord de Tétude circonscrite du pays dans lequel ils sont placés , et qui cherchent seulement ensuite à en connaître les environs.
Il est impair, symétrique , placé à la partie moyenne de la Base du crâne. Sa figure, que certains amis des comparaisons forcées, ont assimilée à celle d'une çhauve-souris qui aurait les ailes étendues, est e]itrémement bizarre; les éminences doat sa surface est hérissée , les cavités dont il est creusé , sont fort multipliées , et ses usages sont des plus nombreux.
Sa Face inférieure ou gutturale (pi. xxxii, fig. a), très-inégale, ofifre, sur la ligne moyenne, une crête * mince, alongéc, plus saillante en devant (a) qu'en arrière (c), qui entre dans le bord supérieur du Vomer (pi. xliii, fig- 6, ab b j ^ fig. 7, a, e),. et qui se continue en haut avec la Cloison des sinus sphënoïdaux (pi. XXXI, fig. I, ce) y dont l'ouverture se voit en c e(pl. xxxii, fig. a), et en devattt avec la crête moyenne de la face antérieure ( pi. xxxii , fig a , a ).
A droite et à gauche de cette crête , on observe une petite rainure dans laquelle est reçue une lame du Vomer , et dont le fond présente l'orifice d'un canal très-marqué dans les jeunes sujets, qui s'oblitère avec l'âge, et qui, traversant obliquement la paroi des sinus, va 6'ouvrir en dedans de la fente sphénoidale et donne passage à des vaisseaux.
Plus en dehors encore , est une autre petite gouttière , qui concourt k former le Conduit ptérygo-palatin y lequel donne également passage à des vaisseaux et est complété par une apophyse de l'Os du Palais ( pi. xxxi, fig. a »//)•
Au coté extérieur de cette gouttière, e\i%ie\ Apophyse ptérygoïde (pi. xxxi, fig. a ; pi. XXXII, fig. a, o pq, et fig. 3, op)y éminence irrégulière, dirigée verticalement en bas , concourant à former en-dedans l'Ouverture postérieure des Fosses nasales par une surface droite et lisse (pi. xxxi , fig. a, A o), que tapisse la Membrane pituitaire, et donnant attache, en-dehors ( pi. xxxii, fig. 3% oo), au Muscle ptérygoidicn externe par une sur&ce plus large qui appartient à la Fosse zygomatique ( pi. xxxii , fig. 4> A ). Elle présente , en avant et en bas ( pi. xxxii ^ fig. 3), des inégalités qui se joignent à l'Os du Palais, et que surmonte une surfàçe triangulaire lisse , qui &it partie de la même Fosse zygomatique. Elle est creusée en arrière par la Fosse ptérygoïde ( pi. xxxi, fig. ^ , rp), plus large en bas qu^en haut» où s'insère le muscle ptérygoîdien interne , et qui partagé dans ce sens Tapophyse en d^x lames ou Ailes ( Laminœ pterygoïd^e ) , dont l'une , en dedans ( pi. XXXI et xxxn, fig. a j o o ) , donne attache inférieurement au Muscle constricteur supérieur dn Pharynx , et supérieurement , dsms une fossette spéciale, appelée En^
» PlasieufB anatombtet oot donne à cette crête les noms latins de Ros/rumon Rosfrum spkenMak. Qtadqnes Français Font désignée par celoi de Bec du Sphénoïde,
( i63 ) foncement scaphoïde^ an Muscle péristaphyiin externe. Ces deux lames y du reste , sout soudées ensemble dans presque toute leur hauteur en devant.
L'Apophyse ptérygoide , dont le nom , tiré du grec ' , indique une sorte de ressemblance avec une aile d'oiseau, est traversée en haut, d'avant en arrière., par le Condmt vidien ou ptérygoidien (pi. xxxii, fig. ^, Aret fig. 3, n /i), (Canalis vidianus), espèce de canal arrondi dans lequel passent les Nerfs et les Vaisseaux du même nom. Elle est bifurquée en bas (pi. xxxi , fig. 2, op opj et xxxii , fig. 2 et 3, o /? op) pour recevoir, dans une échancrure, qu on a nommée ptérygo*palatine {Fissura pterygpïdea ), la Tubérosité de l'Os du Palais ( pi. xlii , fig. 10, rg ), et offre, à l'extrémité la plus inférieure de la branche interne de celle bifurcation (pi. xxxi, fig. 2, o o), qui e6t plus étroite et plus longue que l'externe (pp) , un petit crochet (pi. xxxi, fig. 2, qq, etzxxii, fig. 3, pp. fig. ^j g) , sur lequel se réfléchit le tendon du Muscle péristaphyiin externe. C'est VHamulus pterygoîdeus des Auteurs latins.
Qoant à la lame externe, qui est la plus courte , elle se courbe en dedans à son sommet sous la &ce inférieure du Corps.de l'os, et constitue là une éminenceà laquelle on a donné le nom & Apophyse vaginale ( Processus vaginaUs ).
Tout à fait en dehors et en arrière des apophyses ptérygoldes , la face gutturale du Sphénoïde offi:^ les orifices inférieurs des Trous ovale ( pi. xxxii, fij;. Hj m, m) et petit rond {n, n).
Ij^iJ^ace supérieure ou cérébrale du Sphénoïde (pi. xxxii, fig. i), fort inégale, est en rapport avec les membranes du cerveau, et présente les particularités suivantes :
1® Sur sa partie moyenne et d'arrière en avant , on observe :
a. Une lame quadrilatère, mince, inclinée en devant (pi. xxxi , fig. i, d^ e e^ff:, fig. 2, A, et xxxii , fig. I, i, fig. 4) b ), échancrée superficiellement sur ses côtés pour le passage des Nerfs moteurs-oculaires externes, faisant partie de la Gouttière basilaire (pi. xxxi, fig. I9 ff, et xli , fig. 2, p ), et oQ'rant, à ses deux angles supérieurs , deux apophyses d'cme forme assez variable ( pi. xxxii , fig. i, jj, fig. 4 1 et XXXI , fig. ij e e , fig. 2, 4 J ), nommées Apophyses clinoïdes postérieures ou Tubercules sus-sphénoïdaux , et destinées à l'attache d'un repli de la Tente du Cervelet.
b. La Fosse-pituilaire ou sus-sphénoïdale (pi. xxxii , fig. i, h, fig. ^^ e) , qu'on a aussi appelée Selle turcique ( Sella turcica^ Sella equina ), carrée, profonde, percée d'un assez grand nombre de pertuis qui se dirigent vers la face gutturale de l'os et dont on ignore à peu près l'usage, à moins qu^on n'admette, avec Vieussens, quMls livrent passage à des veinules qui , du Sinus coronaire de la Dure-Mère , vont se porter dans la Membrane pituitaire. Elle loge le Corps pituitaire.
c. Au-devant de cette Fosse, une gouttière transversale, qui correspond à l'en-
^ nlf^v^ , aile , tiiSç resaembknce.
trecroisaement des Nerfs optiques et qui aboutit aux Trous du même nom, après s^étre an peu courbée en devant ( pL xxxii, fig. ly b).
d. Une sur&ce assez lisse sur laquelle passeht les Nerfs ol£Bicti& dans deux légers cnfoncemens longitudinaux, séparés Fùn de Tautre par .une saillie trës-superficielle ( pi. XXXI et xxxii 9 fig. I, a, xxxn, fig. 3 6).
a^ De chaque câté et d^arrière en avant aussi , on voit sur cette même fece :
a. Le Drou sphénchépineux, petit-rond ou swis-temporal ( pi. xxxi^ fig. i^ nnet XXXII, fig. I , q q)^ pour le passage de TArtère méningée moyenne ;
b. Deux ou trois pertuis vasculaires traversés par des Veines émissaires de Santorini , et manquant quelquefois ;
c. Le Trou ovcde ou maxillaire inférieur, par lequel passe la troisième branche du Nerf trifacial ( pi. xxxii, fig. i, /?/?): il perce directement l'os de haut ea bas^ et est par fois double -,
d. Le Hrou rond, maxillaire supérieur ou sus-maxillaire , qui est un véritable canal y dirigé en avant et laissant sortir la seconde branche du Nerf trifiicial (pLxxx, fig, i,//, et XXXII, fig. i,ao, fig. 3, mm);
e. En dehors de ce trou , une grande surface ( pi. xxxii , fig. i , B B m m) concave , irrégulièrement quadrilatère , parsemée de sillons artériels et d'impressions cérébrales ;
f. En dedans, un large enfoncement nommé Gouttière caverneuse ("pi. xxxii ^ fig. I , nn)\ cette gouttière loge le Sinus caverneux de la Dure-Mère et FArtère carotide interne , ainsi que plusieurs nerfs importans , et est terminée antérieurement par une petite saillie , par un mamelon peu proéminent y pour servir à Tinsertion d'une aponévrose commune aux Muscles droits inférieur, interne et externe de rOEil. Souvent aussi , on remarque, dans le cours de son trajet , sur les côtés de la Fosse pituitaire , un trou assez apparent , qui descend jusqu'à la partie supérieure de la Fosse ptérygoîdienne, et qui donne passage à une Veine émissaire de Santorini ;
g, Y! Apophyse d^Ingrassias ouorbitaire, qu'on a aussi appelée Pefite Aile du Sphé^ noïde (pi. XXXI , fig. i , c c , fig. a , c c , fig, ^ et 5 , b b-, ^L xxxii , fig. i et 3, c c), éminence triangulaire , déprimée , plate , mince , située transversalement à la région la plus antérieure de la face cérébrale de l'os, lisse en haut, où elle correspond aux lobes antérieurs du cerveau ( pi. xxxii , fig. i, c^, c^); faisant en bas partie de l'orbite ( fig. ^'» g g)\ terminée en devant par un bord inégal, coupé en biseau ( pi. xxxii, fig. a , ff, et XXXI , fig. i , p p)f qui s'unit au bord inférieur du coronal ; en arrière, par un bord mousse, libre ( pi. xxxi , fig. i, i ^, i <jr), qui pénè* tre dans une scissure du cerveau; en dehors, par un sommet aigu (pi. xxxi, fig.!» q q, fig. 2, A A, et xxxii , fig. 3, ff) ; en dedans , par une partie plus épaisse, qui porte postérieurement Y Apophyse cUnoîde antérieure ( pi. xxxi, fig. i, ii, fig. a ,
gg} xxxn^ fig. I, //, fig. ^i n), prolongée quelquefois jusqu'à la postérieure et donnant également attache à un des replis membraneux de la Tente du Cervelet, et qui est percée antérieurement par le lYou optique ou oculaire ( pi. xxxi , fig. i , A, A, xxxii , fig. I, c c), sorte de canal déprimé pour le passage du Nerf optique et de TArtère ophthalmique, et dirigé en avant et en dehors , vers Torbite, au-dessous de TApophyse d'Ingrassias , dont la base renferme d'ailleurs , le plus souvent , une sorte de sinus ou de petite cavité , qui s'ouvre du coté de l'orbite par un orifice étroit ou pénètre un rameau délié de l'Artère ophthalmique, ainsi que Ta observé Bertin.
A. Eîntre le Trou optique et l'Apophyse clinoide antérieure, une échancrure demicirculaire , qui reçoit l'Artère carotide interne à sa sortie du sinus caverneux *, I. Quelquefois un trou particulier pour l'Artère ophthalmique. La Face occipitale ou postérieure du Sphénoïde est fort peu étendue et oQre , à sa pallie moyenne (pi. xxxi, fig. ^, d), une surface quadrilatère^ inégale, rugueuse^ encroûtée de cartilage dans l'état frais et dans un âge peu avancé. Cette surface est destinée à s'articuler avec celle qui termine l'Apophyse basilaire de l'Occipital ( pi. xxxvi , fig. 2, c ), et, chez l'adulte, elle s'unit à elle d'une manière intime , en sorte que les deux os n'en font plus qu'un. Dans les sujets où cette union n'a pas encore eu lieu , comme dans celui dont nous avons figuré le sphénoïde (pi. xxxi, • fig. 2 ), on observe à chacun des angles supérieurs de cette surface un petit crochet qui retient l'Apophyse basilaire.
Sur les cotés, cette face offre un bord irrégulier, assez épais (pi. xxxi , fig. 2 , l, k), percé, près de la surface quadrilatère, par l'Orifice postérieur du Conduit vidien (A:), lequel, plus étroit que l'antérieur et surmonté d'une petite éminence , se cont'nue en dedans avec une rainure étroite qui fait suite à la ptérygo-palatine (Jf). Un peu plus en dehors , sont des aspérités qui , conjointement avec le bord antérieur du Rocher, forment le Trou déchiré antérieur.
La Face orbito-nasale ou antérieure de l'os que nous décrivons, a des dimensions plus considérables que la précédente , et est coupée verticalement dans son milieu par une crête saillante ( pi. xxxii, fig. 3, r{, A ) , mince , qui s'articule avec l'Ethmoîde , et qui forme une cloison entre les deux sinus du Sphénoïde. Cette crête est surmontée par une petite apophyse déprimée (pi. xxxii , fig. i, x) et fort mince^ qui se joint également à l'Ethmoïde. Assez souvent, cette éminence n'existe point, et, au contraire, on observe à sa place une échancrure.
De chaque côté de la crête , on rencontre une ouverture ( pi. xxxii , fig. 3, c c ) à bords irrégulièrement déchirés et plus ou moins grande suivant les individus. Ces deux ouvertures , qui s'articulent par leur contour avec les Cornets sphénoîdaux , conduisent dans deux cavités , creusées dans l'intérieur de Tos (pi. xxxi , fig. i , c c ) et nommées Sinus sphénoîdaux. Chez les enfans en bas âge, ces sinus ne se rencon^
trent pas encore , tandis que. chez les vieillards, il sont beaucoup plus vastes que chez les adult^^. car alors ils occupent toute la partie de Fos située au^lessous de la Fosse pituitaire et du point de réunion des deux Apophyses d'Inj^ssias. La cloison verticale qui les sépare (ad) est quelquefois incomplète ou percée d'un trou ', et , ce qui rend leur capacité respective trës-diffcrente , souvent elle est déjetée à droite ou à gauche. Il n'est point rare non plus de voir quelques autres lames osseuses subdiviser les sinus comme autant de cloisons secondaires.
Des inégalités servant à l'articulation du Sphénoïde avec TEthmoîde eu haut , et avec rOs du Palais en bas , et plus ou moins étendues , existent au-delà de l'ouverture des sinus. Plus en dehors encore, on rencontre de chaque côté (pi. xxxii, fig. 3, bb) une surface irrégulièrement quadrilatère , dirigée en dedans et en devant. Lisse et plane , cette surfiaice fait partie de Torbite , dont elle forme la paroi externe : elle est surmontée par une autre surface triangulaire , rugueuse , qui s'unit au Frontal, et. elle surmonte elle-même une crête mousse, libre, horizontale, qui concourt à la formation de la Fente sphéno-maxillaire. Elle est bornée, en dedans,. par un bord arrondi , qui appartient à la Fente sphénoïdale ( e e ) , et qui présente, à sa partie supérieure , une échancrure ou un trou pour le passage d'un rameau de l'Artère ophthalmique ; et en dehors, par un autre bord (ii), très-âpre, dentelé, qui s'unit à l'Os malaire. L'orifice antérieur du Trou maxillaire supérieur se voit audessous et en dedans de cette surface (mm).
Les deux Faces zygomato-iemporales ou externes du Sphénoïde , tournées en dehors et en bas, irrégulièrement alongées, sont partagées en deux portions par une crête transversale où s'attachent les fibres les plus profondes du muscle crotaphite ( pi. XXXII, fig, ^ ). Au-dessus de cette crête, est une surface quadrilatère ( / B), concave ,maix|uée de quelques sillons artériels, et faisant partie de la Fosse temporale. Au-dessous, est une autre surface oblique, concave aussi, donnant attache à une portion du muscle ptérygoïdien externe {h). Elle appartient à la Fosse zygomatique.
Un bord que l'on peut nommer frontal, sépare l'une de l'autre les faces cérébrale et orbito-nasale du Sphénoïde. Il se dirige en dehors de chaque câté, à partir de la petite apophyse qui surmonte la cloison de sinus. Inégal, coupé en biseau, d'abord assez épais , ensuite s'amincissant (ce), il s'articule avec le bord inférieur du Frontal, et est interrompu , dans sa partie moyenne (ff)^ au .moment ou il cesse d'appartenir aux Apophyses d'Ingrassias , par l'entrée fort étroite d'une échan crure très-profonde (pi. xxxi, fig. i, ArAr, xxxii, fig. 3, ee ), qu'on nomme l^ente sphénoïdale, et que ces apophyses limitent en haut. Dirigée en bas et en dedans, plus large dans ce dernier sens qu'en dehors , cette fente est traversée par les Nerfs moteur oculaire commun , pathétique , moteur oculaire externe et ophthalmique de Willis , par la Veine optique , par une branche de TArtère lacrymale , ou
( '67 ) par oetu artëire elle- même dans quelque cas, et enfin , par un prolongement de la Dnr&'Mève. Au-delà de la Fente sphénoîdale, le bord frontal du sphénoïde , Vélai'git beaucoup, devient rugueux et inégal ( pi. mi, fig. i, /T ) etse joint auCoronal par une surface triangulaire»
• Un autre bord, concave, alternativement taillé en biseau sur ses deux lèvres
( pi. xxxr, fig. I, B^B/^ pi. XXXII, fig. i^j^ fig, a, strstr, fig. 4? o )> etpré-
tentemt des aspérités qui s'articulent avec le temporal , sépare également les faces
cérébrale et.zygomato-temporale du sphénoïde. En se réunissant au bord frontal ,
cdui-Kîi forme, tout-à*fait en haut et en dehors , une &cet(e très-inégale (pi. xxxii,
fig^ I, li tt), prise sur la lame interne et articulée avecTangle antérieur et inférieur
du Pariétal ( pi. xxv . fig. 3, gr, fig ^^ c), Ea bas, il se confond avec la face occi-
pitdç et là donne naissance à une apophyse pointue , nommée Épine du Sphénoïde
^M Apophyse sous-temporale , laquelle donne attache att Ligament latéral interne de
I^rtîculation de la Mâchoire et au Muscle antérieur du Marteau ( pi. xxxii^ fig. i
m , rr^ fig. 3, jj ,- fig. 4 9 fî pl- xxxi, fig. i, u ii ). Cette éminéùce est logée dans
un angle rentrant , formé par le bord antérieur du Rocher et par la circonférence
de la portion ^cailleuse du Temporal (pi. xxxvii, fig. i, o, fig. a, g). ^
Avant ces dernières années, la plupart des anatomistes distinguaient dans le Sphénoïde les Grandes Ailes ( pi. xxxii , fig. i , B m B m ) et le Corps ( A A ). Les piremières comprenaient toutes les parties de Fos situées en dehors des Gouttières caverneuses \ le dernier était intercepté entre ces deux gouttières et avait une figure presque cubique .
Quand on examine la structure intime, la texture de cet os, on reconnaît bientôt que son Corps, surtout avant le développement des sinus^ que la base des Apophyses dlngrassias, des Apophyses ptérygoîdes, que la partie supérieure et externe des grandes Ailes ont beaucoup d'épaisseur et renferment du tissu celluleux en abondance, tandis que, dans le reste de son étendue, il est plus mince et formé par du tissu compacte^
L'histoire du développement du Sphénoïde est a^sez compliquée pour avoir mérité de devenir l'objet des recherches spéciales de Théodore Kerckring » , de Nésbith * , de J. F. Meckel ^ , et tout récemment de Béclard ^, et pour avoir été longtemps imparfaitement connue. Chez le Fœtus, cet os est évidemment formé de deux os distincts, l'un postérieur ou sphéno-tempàral ^ et l'autre antérieur ou sphéno-orhi-taùe j et non point, comme Font répété les uns après les autres, Albinus, Loder,.
* Anihropogeniœ Ichnographia , etc. y Amstel. , 1671 , ia-4*v ' Human Osteogeny ^ etc*, éd. cit.
- * Journal compiémtntaire du Dict. des Sciences médicales , tome II , pag. aa^»
* Vbi suprà , page aai.
( i68 ) Berlin, ^batier, Walter, Bichat, Hildebrandt , et la plupart des auteurs, simple^ meut compose de cinq pièces dans les très-jeunes sujets^ et de trois seulement dans ceux qui touchent au moment de la naissance.
Le premier de ces os j comme Fa noté Béclard , est l'un des os du Cr&ne les plus précoces ' ; il commence à s'ossifier du quarantième au quarante cinquième jour de la vie intrà-utérine par un noyau placé, de chaque coté , au-dessous du nerf maxillaire supérieur, et qui est le germe de Tapophyse qui , par la suite doit constituer la Gfaqde Aile. Vers le cinquantième jour , ce noyau se prolonge en dehors dans TApopbyse temporelle çt en bas dans l'aile externe de l'Apophyse ptérygoïde. Au moment de la naissance, il s'est étendu dans tous les sens , mais il est encore isolé du reste de l'os (pi, XXXI, fig. 4^ ^ ^9 fig- 5, ff)y qui, sous le rapport de sir formation , ressemble 4onc déjà aux vertèbres dont les deux moitiés latérales s'ossifient avant le corps.
Vers trois mois, chez le Fœtus et dans la portion sphéno-temporale toujours , un centre d'ossification spécial se développe dans l'Apophyse ptérygoïde interne (fig. 5, ,^8^8) ^^ ^^te distinct jusqu'atp cinquième mois, époque où il s'unit, d'abord par le milieu de sa longueur , avec l'Apophyse ptérygoïde externe, et s'étend en arrière pour concourir à former la Fosse ptérygoïde. Du cinquantièipp au soixantième jour, on voi^ dans la même portion du Sphénoïde, se développer deujç autres germes qui correspondent à 1^ partie postérieure du corps de l'os (fig. 3, a) ^t qui, à trois mois, sont réunis sift la ligqe médiane en une lame osseuse étendue transversalement et échancrée en arrière et en devant. Au quatrième mois et demi , il en sort dfsuz ap* pendices latéraux reçus dans un enfoncement correspondant que présente chaçime des parties ptérygo-temporales, et, au moment de la naissance , ce corps osseux aurait upe figure à peu près cubique ( fig. 5,d) s'il n'était légèrement aplati de haut en bas ^ et élargi transversalement par les appendices latéraux ( fig* 4 > ^^)* ^^ cette partie qui, dans le Sphénoïde entier, forme la Fosse pituîtaire.
Ce n'est guère que quelques mois après la naissance , qu^ les trois portions de rOs sphéno-'temporal, que nous venons de décrire, se réunissent entre elles. A dixhuit ans, le cube formé par son Corps, se soude à l'Apophyse basilaire de rOccipital.
D'après son mode de développement, il devient évident que cet os constitue une f^ertèbre céphaUque^ comme nous verrons bientôt l'occipital en constituer une autre.
Quant à tOs sphéno-orbitaire ou sphénoïde antérie\irj il naît , le plus ordinairement , par deux poyaux latéraux qui occupent le centra 4<^S Apophyses d'Ingrassias
* TeUe n'est point Popinion de J, F. Meckel, quind il dit {ubi suprà , page aiS) , que le Sphénoïde est, ■Tec rEthmoïde, celui des os du qrine qui paratt le plus tard. Suivant cet estimable professeur , avec lequd * mes propres observations ne me permettent point d'être d'accord , dans un embryon de huit senutiiesy on ne trouve encore qu'un cartilage à la place de cet os , et Toccipital est pourtant, dit-il , déji complétenent développe. En ceby il est d'accord avec Kerckring.
( «69) ( fig. ijcc, fig. 4 et 5 , 6i) , et , quelquefois , par un germe moyen qui doit une existence distincte à un mode particulier de développement (fig. 5 , a).
Celui-ci, quand il existe , parait vers le septième mois dans le Fœtus, et a la figure d'une pyramide triangulaire dont la base est en arrière et Tune des arêtes en bas.
On peut le considérer comme le rudiment de la Crète du Sphénoïde et de la Cloison des Sinus de cet os, et lorsqu'il manque, ce qui est le plus ordinaire, les bases des Apophyses dlngrassias s'unissent immédiatement sur la ligne médiane , ainsi que l'a indiqué déjà le célèbre Albinus '.
Ces Apophyses elles-mêmes commencent à ^'ossifier du quarantième au cinquantième jour par des rayons qui partent d'un centre situé en dehors du nerf optique et assez élargi , au troisième mois , pour embrasser ce nerf en avant , en dehors et en arrière. Presque toujours , deux ou trois semaines après l'apparition de ce premier germe , on en voit un autre se développer au coté interne de la circonférence du Trou optique. Tous les deux , du reste, joignent mutuellement leurs fibres vers le milieu de la gestation.
C'est dans le cours du huitième mois qui suit la conception , que les différentes portions de l'Os sphéno-orbitaire s'unissent entre elles et avec le corps du Sphénoïde postérieur. Leur assemblage ofire encore l'image d'une véritable vertèbre céphalùpie.
D'après cela, et comme le remarque J. F. Meckel, le Sphénoïde est donc composé successivement de deux, de quatre, de six, de huit, de dix, de neuf, de onze, de treize, de six, de cinq, de quatre, de trois, et de deux pièces, quoiqu'il doive sa naissance à l'assemblage de seize pièces, quatre pour les grandes ailes , quatre pour les petites , et huit pour le corps.
Le Sphénoïde est articulé avec le Frontal, l'Occipital, les Pariétaux, les Temponm, l'Ethmoïde, les Cornets sphénoïdaux, les Os de la Pommette, les Os du Palais, le Vomer, c'est-à-dire avec tous les os du Crâne , et avec cinq de ceux qui entrent dans la composition de la Face, et cela par les divers points qui ont été énumérés successivement. Quelquefois encore, il s'articule avec les Os maxillaires supérieurs par des inégalités qui se rencontrent vers la réunioq des Apophyses ptérygoïdes avec la fiice orbito-nasale.
Ces foits nous intéressent doublement, d'abord par eux-mêmes, ensuite par la similitude qu'ils établissent entre l'évolution de l'Elmbryon de l'Homme et celle de FEmbryon des Mammifères. En effet , chez le premier , comme vers le terme de la gestation, le Sphénoïde est compose de deux moitiés, l'une antérieure et l'autre pos-
' letmes oummfœiùs kumani ^ ^Xc , Logd. Bat , 1737 , iii-4®, page a'*
tërieure , il correspond à la disposition qu il présente habituellçment chez les dei^ niers, si remarquables par la division de Foê dont nous nous occupons en deus moitiés 9 constituées, V antérieure^ par les apophyses dlngrassias réunies , la poite* riêure^ par le -corps et les grandes ailes, et non moins dignes de fixer Vatteiition , d'ailleurs-^ par la petitesse extrême et le développement incomplet de la lame interne de l'apophyse ptérygoïde.
Ajoutons à cela que, dans la plupart des Mammifères^ la grande Aile ou f Aile temporale du Sphénoïde se soude de fort bonne heure à la portion basilaire du Corps^ en sorte qtie^ loi^igtems encore après la naissance, et même pendant toute la vie, les deux Sphénoïdes ^restent distincts Tun de l'autre , et ne sont unis que par une substance fibro-cartilagineuse d'une force. et, d'une épaisseur variables. N'oublions point non plus que-, chez eux également , la plus grande dimension du Rocher est transversale , ce qui fait que ce corps osseux ne s'enclave entre le Sphénoïde postérieur et rOccipital inférieur , que par un angle plus ou moins aigu. LeSphénoide est, d'ailleurs, chez tous, à peu près également grand, proportionnément aux autres os de la tête *, mais ses différentes parties n'ont point entre elles la même grandeur rela-
tive. En général, les petites ailes sont plus grandes que les postérieures et le corps, de sorte qu'en volume la portion antérieure de l'os surpasse de beaucoup la po^érieure; disposition remarquable, surtout dans le Cochon, dans le Bœuf, la Chèvre, le Mouton, et la plupart des autres Buminans, tandis que dans le Hamster, le Lièvre, le Castor , le Lapin, et surtout dans le Chat , le rapport existant entre les deux portions de l'os se rapproche beaucoup de celui qu'elles offrent dans THomme.
Il conste aussi , des observations multipliées de J. F. Meckel , que le développement des diverses pièces du Sphénoïde marche d'une manière plus rapide chez le plus grand nombre des Mammifères que chez l'Homme , et cependant Vos entier n'y atteint jamais la même perfection, puisque, pendant toute la vie^, il demeure divisé en deux portions. Et en effet, dans des Cochons âgés au plus de deux mois^^tdemi, et dans de très-jeunes embryons de Lapins, les deux petites Ailes sont d^jà complètement unies ensemble, tandis que, dans notre espèce, elles ne se soudent que ver» k fin de la gestation. De plus, quoiqu'à une époque déjà reculée, les grandes Ailes se joignent aussi au Corps longtems avant d'être arrivées au terme de la perfection, ce qui éloigne ces animaux du Chat où, même dans le fœtus à terme, ces grandes Ailes, beaucoup plus développées d'ailleurs que dans les autres. xnammifèiès, sont encore séparées du Corps, et ne se soudent au reste de l'os que quelque tems apràs la naissance. - r
Dans beaucoup de Mammifères, les Ailes internes des Apophyses ptérygoides restent, jusqu'à un âge avancé, distinctes du Corps de l'os. C'est donc avec raison que, dans ces derniers tems, on leur a donné le nom d'Os ptérygoJUUens internes.
Dans le Tamanoir et dans le Tamandua > elles reviennent en dessus s^unir Tune à l'autre ; pour ^ de concert avec les Palatins , prolonger le tube nasal jusque sous la région basilaire.
L'étude des os de la Tête n est pas moins importante dans les Oiseaux que dans les Mammifères ; non seulement ils sont les plus compliqués de tout le squelette, à cause de leur forme bisarre^ de leurs nombreuses cavités, de leurs éminences multipliées ; ils servent encore de soutien ou d'enveloppe à des parties de la plus haute importance dans la série des fonctions de la vie. L'histoire, du Sphénoïde est donc un des points principaux de rOstéologie comparative.
Cet os y chez les Oiseaux , est unique ; son épine antérieure est fort fougue et iuiméme forme la plus grande partie de la base du crâne. A peu près triangulaire , il porte y. eo avant , une petite éminence sur laquelle sont articulées les Arcades palatines, mais il n a point d'Apophyses ptérygoïdes, et ne touche point à l'ouverture postérieure des Narines. Il ne saurait, du reste ^ être distingué de l'Occipital^ même dans les sujets où les sutures entre les autp:es os du crâne sont encore très-y isible^, et œt Os sphéno occipital se soude lui-même avec les Temporaux plutôt que. les autres 06 delà tête ne le sont entre eux. Néanmoins, dans, lies Oiseaux qui sortent de l'œuf, une;SUlure s'étend transversalement en ligne droite d'une oreille à l'autre , et sépare le Sphénoïde de l'Occipital.
Dans les Tortues de terre, telles que la Gravide Tortue indienne , il n'y a aucune trace de Sphénoïde antérieur, et ce que MM. J. Spix ' et Ulrich ' nomment ainsi , n'e^t qu'une portion du G)rps du Sphénoïde, saillante au-dessous et en avant de la Fosse pitqitaire, et qui. donne attache à la Cloison inter-orbitaire. Jamais cette partie n'est détachée du reste de l'os, et d'ailleurs, comme le remarque M. Cuvier ^, elle ne remplit nullement les fonctions de Sphénoïde antérieur. L'Aile temporale de l'os est , en outre, réduite à une très-petite pièce, qui s'unit d'une part à la partie descendante du Pariétal, de lautre au Palatin, à l'Os ptérygoide interne, au corps du Sphénoïde, à la Caisse et au Rocher.
Dans la Tortue franche^ où M. GeoQroy l'a prise pour l'analogue de l'Os transverse des Crocodiles qui manque dans les Chéloniens, c^tte c^ernière pièce est encore plus petite^ et couchée sqr la suture de la portion descendante du Pariétal. Elle n'existe point dans le Caret et dans laCaouane.
Les Os ptérygoïdiens entourent les Palatins en arrière et ei^ dehors , et s'étendant )e long de leur bord extérieur jusqu'aux Maxillaires , après avoir couvert la face in-
' * Cepkaiàffenesfs f etc., Manich, i8i5. '
* 'Âtmotaihmt quadam de sensu ac sigruficatione ossium Capitis.
' £^' «lijprè y tome Y , 3« partie , page i83. >' '
férieure du cr&ne entre les deux Caiftses et les deux Ailes temporales , laissent roir, en arrière seulement , une petite partie triangulaire du corps du Sphénoïde.
Dans certaines Emydes» comme YEmys expansa , le Sphénoïde occupe en dessous du crâne une surface beaucoup plus large que dans les Tortues de terre.
Dans les Trionyx ou Tortues molles , le corps de cet os parvient aux Palatins , en marchant entre deux Os ptérygoïdiens qui ne s'unissent point l'un à l'autre.
Dans la Matamata , ceux-ci sont énormes , et forment la plus grande partie de la base du crâne et du fond de la tempe.
Chez les Crocodiles , on reconnaît aisément les grandes Ailes du Sphénoïde dans deux os distincts , qui les représentent exactement pour la position , pour la figure et pour la fonction de porter les lobes moyens du cerveau , et qui ofirent une grande analogie avec ce que l'on observe chez les fœtus des Mammifères, avant qu'elles soient réunies au corps. Ces deux os, que M. Geofiroy a négligés dans son analyse des os du crocodile, mais que MM. Oken, J. Spix et G. Cuvier ont ajuste titre déterminés et décrits, doivent renfermer dans leur masse une grande partie de l'aile d'Ingrassias, car les nerfs de la troisième, de la quatrième et de la sixième paire , ainsi que la première branche de la cinquième, passent par des trous pratiqués sur leur corps même, et dont l'ensemble parait remplacer la Fente sphénoidale de THomme.
Dans les mêmes reptiles, les Os ptérygoïdiens, réunis , dès le fœtus , l'un à l'autre sous le corps du Sphénoïde, forment le plafond des arrière - narines d'une p^rt, et se joignent aussi en dessous par une suture pour constituer le plancher du tube nasal , divisé lui-même en deux par une arête qui, de son plafond, descend vers une autre qui monte de son plancher. Ils s'étendent^ d'ailleurs, horizontalement en une grande aile a laquelle s'insèrent supérieurement les Muscles ptérygoïdiens , et que double inférieurement la Membrane du Palais *, leur lame supérieure se dirige en ayant sous la forme de deux demi-cylindres.
Quant au corps du Sphénoïde , il est placé , chez les Crocodiles encore, au centre du plancher du crâne. Légèrement concave et soutenant la partie du cerveau située derrière les Tubercules optiques , il s'articule par ses côtés , en avant , avec les Ailes temporales, en arrière avec les Rochers ; par son extrémité postérieure avec l'Occipital inférieur , dont nous parlerons par la suite. Il ne se montre à l'extérieur, qu'au dessous de celui-ci, et par une très-petite surface, où l'on voit l'orifice d'un canal qui le traverse dans toute son étendue, et s'ouvre antérieurement, par deux branches, dans un vaste entonnoir où est logé le Corps pituitaire , et en avant duquel le Sphénoïde émet une lame verticale tronquée, qui entre dans la composition de la cloison interorbitaire , qui en est la seule partie osseuse , et dans laquelle seulement on pourrait chercher un représentant osseux du Sphénoïde antérieur , quoiqu'aucune suture , même dans les fœtus, ne la fasse distinguer du reste de l'os.
Dans la plupart des autres Sauriens, dans les Lézards en particulier, le Sphënoide, placé en avant des Occipitaux, est visible par toute sa fisice inférieure à Textérieurdu crâne. Les Os ptérygoîdiens , semblant former une simple continuation des Os palatins, se prolongent jusqu'au bord interne des Caisses, ne touchant au Sphénoïde que par une tubérosité latérale de cet os , et ne s'unissant point entre eux. Un os particulier, et que Ton nomme transuerse , les joint aux Os jugaux et maxillaires, tandis qu'une tige osseuse, formant un autre os nouveau, que M. Cuvier appelle Columelle. monte d'une fossette articulaire de leur bord supérieur jusqu'au bord latéral du Pariétal ' . Le Sphénoïde , du reste , se prolonge en avant en une tige cartilagineuse sur laquelle s'élève la cloison inter-orbitaire. Un os , diversement configuré, selon les espèces, est logé, de chaque côté, dans la paroi latérale et antérieure du crâne et représente les ailes temporales et orbitaires tout à la fois , en grande partie . d'ailleurs, membraneuses.
Certaines familles, certains genres offrent encore sous ce rapport des particularités à noter. C'est ainsi , par exemple, que les Lézards, proprement dits , tels que le Lacerta agilis , et les Anolis ont , de chaque côté , près du bord interne de leurs Os ptérygoîdiens et vers le milieu de la longueur de ceux-ci , une rangée de petites dents \ que l'Iguane cornu a un Sphénoïde très-concave en dessous , et des ailes orbitaires fouix^hues dans la cloison antérieure du crâne.
Chez les Grenoiiillés, les Rainettes, les Crapauds et les Pipas, en un mot chez les Reptiles batraciens anoures, le Sphénoïde, au moins dans les plus jeunes sujets, est semblable à une croix, dont la branche impaire la plus courte s étend sous la suture moyenne qui unit les Occipitaux entre eux, tandis que les latérales s'étendent sous la suture inférieure des Occipitaux avec les Rochers , et dont la tige se porte en avant au-dessous d'un os en ceinture dont nous parlerons plus tard. Les Os ptérygoîdiens existent à part chez ces animaux , comme dans plusieurs de ceux que nous avons précédemment indiqués.
Dans le Pipa, le Sphénoïde est très-grand, plat et presque rectangulaire. Il envoie en avant une pointe qui répond au-dessous de celle du Pariétal , avec lequel, d ailleurs, il s'unit de bonne heure très-intimement par ses cotés '.
Dans les Ophidiens ou Serpens, la quille du Sphénoïde se prolonge toujours très-loin en arrière.
Chez les Poissons , le Sphénoïde , analogue à celui des Reptiles , en dépasse de beaucoup les proportions inférieurement , et même , comme chez les Cyprins par
* Quelques aQatomûtes , M H- Oken et Spix, entre autres , ont cru Toir dans la Columelle Tanalogue de Vaile temporale^ mais elle n*en remplit pas les fonctions. M. Bojanas , dans le la* cahier de Tlsispour iSai , Ta nommée tympanique,
' CuTiEa » 1* c. , page 3g\,
exemple 3,. il- dëborde souveat en arrière le Basilaire , auquel il forme une gaine , en se proloQgeant au^deésous. de la première vertèbre articulée sur lui. En avants il ae prolonge au-delà du bord antérieur dea^ orbites. Les grandes Ailes ne sont point rapprochées sixr la ligne médiane en ayant, et leur intervalle se trouve complété par de& membranes et par des cartilages.
b. De VEthmoïde , Os ethmoideum , Os cribri forme (pi. xxxiii).
L']BTHifoin« ' , quly.;dans:ia théoiie decette Métaphysique idéaliste que les. AHe-" mands panthéistiques >appellenti la Philosophie de la Nature > passe pour une dei parties constituantes du'Tkot'oA: de la <Tétè ^ , que M. I. F. Meckel, dans ses/K»-« tériaux pour VAnatomie comparée ^ , a pris pour le corps d'une vertèbre dofat \m Frontal serait la partie annulaire, que M. Bojanus a même nommé f^ertèbre olfac' tive ^ , tandis que les Anciens , par suite d'une comparaison plus ou moins forcée , rappelaient 0$ spongieux^ est, dans la réalité, un os symétrique, impair, placé à la partie antérieure, inférieure et moyenne du crâne , dans une échancrure pratiquée sur rOs coronal , d^une forme à peu près cubique , et semble composé de rassem* blage d'une multitude de lames papyracées, minces , fragiles, deihi-transpafretitbs^ se portant dans toutes sortes de directions différentes, et constituant ainsi des parois de cellules plus ou moins anfractueusesv plus ou moins grandes, plus ou moine ou*vertes en dehors, suivant les sujets, et qui paraissent destinées à multiplier 'kjssmr^ faces sans augmenter le volume. Aussi , cet os , quoiqu'avec des dimensions ^s)set considérables , est fort léger.
La plupart des Anatomistes Font divisé , pour la facilité de l'étude , en troié por*tions \ une moyenne ou supérieure^ qu'ils appellent la Lame criblée ou Aomonûilb^ Lamina crïbrosa, et deux latérales, nommées Masses ou Lobes sinueux de tetfuMkh^ ou bien encore l4fhyrinthes des narines , LabyrintM.
Sa Face cérébrale supérieure (fi|;. i), large, très-inégale, tapissée par la -durenoière^ se comporte différemment au milieu et sur les câtés.
Dans le premier sens et. tout-à-fait en arrière, on observe une petite échancrure, quelquefois une apophyse aplatie (g) de haut en bas, qui s'articule avec -une partie
' ' Le moit^undide est entièrement grec (HGfAoctJt};), et a été employé d^abord par Ruffus, dans les Fragmaot duquel nous le retrouvons. Il est formé de HO/ao^ (crible) , et iTJof ^figure).
'Voyex le Programme sur ia signification de la Tête , publié â Jena , en 1S07 > P^^ M. Oken.
'Tome il , cah. ti , pag. 78 ,1811.
Cl7^ ) analogue de la (ace orbîto-nasale du Sphénoïde (pi. xxxi, fig. i , A, et xxxii , fig. i , X ). Un peu plus en avant , on voit s'élever d'une manière graduée, une éminence de la forme d'une pyramide triangulaire, comprimée (pL xxxiir^ fig. ij df, fig. 3 , 4, 5, et 6, a), variant beaucoup sous le rapport des dimensions et de la direction, tantôt treS-volumineuse et renflée , tantôt surbaissée et fort mince , verticale ou dé* jôtée à droite ou à gauche , pleine ou creusée par une petite cavité , par une sorte dé sinus, qui, dans quelques cas, communique avec ceux pratiqués dans l'épaisseur ducoronal -, c' est V apophyse crista-galU ou la Crête eihmoïdale * . Elle se continue par •a base'avec le reste de l'os \ son sommet donne attache à la Faulx du cerveau (fig. 4? a ); son bord postérieur estalongé et oblique en arrière^ l'antérieur, court et vertîcal (fig. 5, ab ), se termine en bas par deux petite» 4minences déprimées (fig. 3, b'b^ figi 4i^^9 ^g* ^^^ ^9 ^)y ^* s'articulent avec le Coronal, ^t qui contribuent iordinait*ement à la formation du Trou borgne ou fronto^etbtnoïdaile ; ses deux faces latérales sont planes et lisses.
'Sur chaque côté , en dehors de l'Apophyse crista -galli , on voit une gouttière large et peu profonde , spécialement en arrière ^ correspondant aux Nerfs olfactifs , l>éati<;6up plus marquée antérieurement quepèstérieuorement , et percée^ dans toute «ôil^ étendue, mais surtout en avant, par des trous arrondis, înfundibuliformes , irrégulièrement distribués et nommés olfactifs , parce qu'ils sont traversés par les filets ^es nerfs du même nom, enveloppés dans de petits conduits méningiens.
' Ces trous sont de deux ordres ; les uns, grands et apparens, au nombre de dix ou douze, sont situés sur les parties latérale» de la gouttière; les autres, fort petits , plus nombreux , occupent sa partie moyenne : chacun d'eux est , au reste , l'orifice ràpérieur d'un petit canal qui se subdivise en descendant dans l'épaisseur de l'os (fig. 6, et), et finit même par dégénérer en de simples sillons, à l'exception de la plupart de ceux du second ordre, qui sont de véritables trous,' dont laditection est verticale ou oblique; ^ i i • . , , l. ./^ .
'^tout*à^fait en avant de chaque Gouttière oCbctive, à.la base'méme deTapopb^, ctot une petite fente longitudinale ( fig. i, e) , que traveiTsele rameaii interne du nerf nâsàl. ' " ' .- y.. .:^<'. ^'■- . .-';.^ r\-\
Plus en dehors, on rencontre, de chaque côté, nnesurfiEice quadrilatère^ anfrao* tueuse ( fig, 1,71), creusée par plusieurs demi-ceUùlss ( fig. 1,7 Ih) , qui sont complétées pdr dea portions xle-oeHules analogues^ pratiquées srur les borde de TÉtïhancrure ethmoidale du Coronal, ou par d?s lames minces appartenant à l'Ethmoide lui-même^ mais, dans ce dernier cas, il y en a toujours une en avant, qui reste ouverte pour s'aboucher avec les sinus frontaux ( fig. i, /). Dans les espaces qui existent
' Qoèlqacs-iitis de nos anciens auteurs français Pont aussi appeléeia Crête de Coq.
( »76 ) entre ces cellules , sont transversalemeot creusées deux rainures étroites , qui sont converties par le Coronal en des conduits , dont les orifices prennent, en dehors, le nom de Trous orbitaires internes.
Ya Face nasale OM inférieure de rEthnio!de(pl. xxxiii, fig. a), est recouverte, dans toute son étendue , par la membrane pituitaire , et est tellement disposée qu'on ne peut la voir en entier qu'après avoir partagé Tos en deux moitiés longitudinales. Plus large en arrière (i b b g) qu en avant (a), elle est quadrilatère dans sa circonférence.
Pans sa partie moyenne, elle porte une lame verticale (a), longitudinalement dis^ posée, souvent contournée à droite ou à gauche , irrégulièrement quadrilatère, d'une étendue variable : c'est la Lame perpendiculaire de FEthmoïde, ( Lamina perpendicularis)^ qui foit partie de la cloison des fosses nasales , et qui forme un an^e droit avec la lame criblée ; elle présente, sur ses faces latérales ( fig« 8, d e cih) que tapisse la Membrane pituitaire , des sillons vasculaires et nerveux \ en bas , elle est terminée par un bord mousse (fig. 3 et 4» <^> fiç« 5> 7 ^)» q^i s'articule avecle Vomcr et avec le Cartilage triangulaire du Nez -, en avant , par un bord plus épais supérieurement qu'inférieurement (fig. 3) , lequel se joint , dans le premier sens avec rÉpine nasale du coronal, et, dans le second, avec les Os propres du nez -, en arrière, par un troii^ième bord mince et comme tranchant ( fig. 4 ) ^ q^^ s'articule avec b cloison des sinus sphénoidaux ; en haut, elle se confond avec la lame criblée. Elle est parcourue, dans sa partie supérieure, par les conduits olfactifs internes ( fig. 6, e i). Courts et obliques en avant (e), verticaux et alongés au milieu (i), très - longs et inclinés en arrière postérieurement, ces conduits se changent en simples rainures et ue descendent jamais au-delà de la moitié de la hauteur de la lame : ou les voit se terminer par des ouvertures nombreuses obliquement taillées.
 droite et à gauche de la lame perpendiculaire , une rainure profonde , étroite (fig. a, b i, fig. 3 et 4) ^ d)y surtout en avant, n'ayant souvent pas les mêmes dimensions des deux câtés, conduit au-dessous des gouttières olfactives, dont elle laisse apercevoir les trous moyens et la fente antérieure, et est bornée, en dehors, par une surface très-inégale , où plusieurs particularités notables se présentent à l'obsen/^teur. En arrière et en haut, on y observe une petite lame minœ, recourbée sur ellemême (fig. 7 9 g) de haut en bas et de dedans en dehors le plus sauvent, et quel^ quefois double : c'est le Cornet supérieur des Fosses nasales ou le Cornet deMorgagnit Concha nasi superior, en avant duquel est une surface aplatie et rugueuse (<Q, et audessous duquel règne une sorte de gouttière horizontale (b) , qui fait partie du Méat supérieur des Fosses nasales. Cette gouttière occupe à peu près la moitié postérieure de la longueur de l'Ethmoîde , et présente en avant une ouverture (b) qui conduit dans les Cellules postérieures ou palatines de Vos (fig. 8) , dont le nombre varie de titns
( '77 ) ou quatre juftqo^à dix, qui communiquent toutes entre elles et sont souvent fermées en arrière par une lame osseuse (fig. 7, e/, fig. 8 1) ; mais qui , souvent aussi , s'abouchent dans ce sens, soit avec les Cornets sphénoïdaux, soit avec les Sinus du même nom : un prolongement de la Membrane pituitaire les tapisse. Tout-à-fait en bas, ces parties sont bornées par une seconde lame osseuse (fig. 7» i)? rugueuse à sa superficie, plus grande que la supérieure, plus courbée, mince, et continue en haut au reste de Tos, libre et épaisse en bas surtout antérieurement, convexe en dedans , concave en dehors (fig. 8, y) , terminée en arrière par des inégalités libres (fig. 7, h ) : c'est le Cornet moyen des Fosses nasales ou le Cornet ethmoîdal , Concha nasi media^ dont le bord inférieur est parcouru par un sillon vasculaire, et qui concourt, par sa face externe , à former une portion du Méat moyen , sous Tapparence d'une gouttière longitudinale , en avant de laquelle est ime ouverture déchirée qui mène dans les Cellules ethmoïdales antérieures ( fig. 7 , a a ). Ces cellules , qu'on a aussi appelées orbitaires ou lacrymales , sont beaucoup plus grandes et plus nombreuses que les postérieures , avec lesquelles elles ne communiquent en aucune façon. Une d'elles , nommée Infundibulum , placée en arrière des autres , représente une sorte de canal demi-flexueux , dirigé en avant et en haut , élargi par en bas , où il répond à l'ouverture indiquée (fig. 7 , i) , et ouvert supérieurement dans une de ces demicellules qui sont recouvertes par celles de l'Éohancrure ethmoïdale du Coronal (fig. I , /) , et qui communiquent avec les Sinus frontaux.
Les Cellules ethmoïdales , tant antérieures que postérieures , sont donc complétées en haut par l'Os frontal , en avant par l'Os maxillaire supérieur et par l'Os lacrymal , en arrière par l'Os palatin.
Les Conduits olfactifs externes (pi. xxxiii , fig. 7) , qui sont en général plus courts que les internes (fig. 6, 1), dont quelques-uns se prolongent sur le cornet moyen, mais dont aucun ne pénètre dans les Méats ni dans les Cellules ethmoïdales, occupent la plus grande partie de la surface que nous venons de décrire , surtout le Cornet supérieur et la surface carrée qui règne aurdevant de lui (fig. 7, gr cf.). Le grand nombre des ouvertures de ces conduits , joint à la présence de plusieurs sillons vasculaires , rend la face interne des Cornets très rugueuse \ mais leur face externe et l'intérieur des cellules sont lisses et polis.
Elnfin , la face nasale de l'Ethmoïde présente , tout-à-fait en bas , plusieurs lames diversement recourbées, minces, fragiles, souvent unciformes (fig. a, d e f g ; fig. 717)9 qui s'abouchent avec l'orifice du iSinus maxillaire et avec quelques portions de Cellules pratiquées au-dessus de lui , ainsi qu'avec le Cornet inférieur du Nez. Ces lames se brisent ordinairement dans les administrations anatomiques lorsque l'on désarticule les os.
La Face sphéncidale ou postérieure de l'Ethmoïde (pi. xxxiii, fig. 4 ) offire, au mi- I. a5
liea , le bord postérieur de la Lame perpendiculaire (c) , et , de chaque câcé , en dehors de rextrémité postérieure des rainures de l'EthmoIde (jM) , une aurfiMe oonvexe , irrégulière (e) , correspondant aux Cellules ethmoîdales postérieures ^ articulée en haut avec le Sphénoïde , en bas avec FOs palatin , et , entre eiut deux , avec le Cornet sphénoidal.
La Face naso^maxiUaire ou antérieure du même os (fig. 3) est fort peu èleniàmt 9 et présente 5 au milieu , le bord antérieur de la Lame perpendiculaire (e) , et 9 de chaque càté, en dehors de Textrémité antérieure des rainures deTEtlunoide (dd), des portions de Cellules recouvertes par TApophyse montante de TOa maxilfadre io»
périeur.
Les Faces orbitaires ou latérales de TEthmoide (fig. 5) , sont quadrilatère^ piif dans la plus grande partie de leur étendue , et coupées oUiquement en hiaesa dans leurs extrémités antérieure (^0 et postérieure (c/ m). Celle-ci offre pluaieim portions de Cellules que complètent les Cornets sphénoldaux et les Os du Palais \ Tautre laisse voir à découvert la plupart des Cellules antérieures (fig. 5, A 1, fig. 8, c), qui sont obturées par TOs lacrymal.
A la partie moyenne de chacune de ces faces , on observe une lame carrée ( fig. 5 , d), que les anciens appelaient Os planum. Lisse , comme papyracée et polie , articulée en haut (e) avec le Coronal , en bas avec les Os palatin et maxillaire aup^ rieur, en arrière (c) avec le Sphénoïde, en devant (A) avec TOs lacrymal , cette lame constitue une grande partie de la paroi interne de TOrbite. Souvent, son bord supérieur est creusé de petites échancrures qui concourent à la formation des Troos orbitaires internes.
Du tissu compacte se forme presqu'entièrement TEthmoIde , qui ne présente des traces de tissu celluleux que dans ses Cornets , son Apophyse crista-galli et sa Lame perpendiculaire.
U s^articule avec le Coronal , le Sphénoïde , les Cornets sphénoidaux, les Os.mazil» ilaires supérieurs , les Os du Palais , les Comeu inférieurs du Nez , le Vomer , les Os propres du Nez et les Os lacrymaux. Nous avons , en le décrivant , successivement indiqué ces divei*s points d'articulations.
De même que pour le Sphénoïde , il est aisé , sans trop forcer lanalogie , de reconnaître , dans l'EthmoIde qui se développe , le Corps et les Masses apophyaaires d'une vertèbre céphaliquc qui termine la ligne médiane de la Base du crâne e: finit la série des os analogues à ceux du Rachis , soit par leur composition , soit par leurs connexions avec le Système nerveux. Cette Fenèbre ethmoïdalef que M. Oken n*a point fiait figurer au nombre des trois zones rachidiennes dont il compose la tète, a été admise par M. Meckel et par M. Bojanus , tandis que M. J. Spix , se représentant le corps entier par la tête seule 9 dans sa CephaJogenesis , publiée en 1 8 1 5 , a
voulu comparer FEthmoîde à l'Appareil laryngien, et retrouver le Cricoïde dans TO» planum , et rAryténoide dans la Lame criblée et T Apophyse crista-galli.
Chez le Fœtus à terme , TEthmoide , dont nous avons représenté la face antérieure (pj. sxxYxii, fig. 5) , est composé d'une partie médiane ou impaire (A) , qui se forme par un seul germe ^ et de masses latérales {aa) , plus précoces dans leur ossification. Ce n'est guère , en effet , que de six mois à un an après la naissance , qu'on voit succesMvement s'ossifier TApophyse crista-galli , le commencement de la Lame verticale et la Lame criblée ; après quoi , la portion médiane de Tos s^unit aux Lobes latérauji , dans lesquels FOs planum s'est ossifié dès le milieu de la grossesse ^ et peu de tems avant les Cornets ethmo!daux. Les Cellules ne se creusent qu'avec l'âge dans l'épaisseur de l'Ethmonlde , et , chez les jeunes sujets , cet os est solide , plein et entièrement cartilagineux. Ses Cornets supérieurs , ou les Cornets de Morgagni , ne se développent même que vers lage de sept ans.
Dans les Mammifères , FEthmoîde présente une foule de variétés de volume , de forme , de consistance , de direction y dont la plupart trouveront naturellement leur place lors de la comparaison des crânes dans les diverses classes des animaux vertébrés. U nous suffira de rappeler ici, pour le moment , que , dans la plupart d'entre eux , les cellules de cet os sont rejM^ésentées par un grand nombre de pédicules creux cpii descendent de la foce nasale de la Lame criblée, se portant en avant et en dehors, «'unissant successivement les uns avec les autres , et donnant naissance à des vésicules qui grossissent à mesure qu'elles deviennent moins nombreuses. Toutes sont creuses, et, entr elles, existent une infinité de conduits qui communiquent les uns dans les autres. C'est ce qu'il est facile de vérifier en examinant FEthmoîde du Bœuf, du Cerf, du Mouton , du Cheval, de FAne , de FEléphant , du Cochon , du Chien , du Chat , du Loup , de la Loutre , etc. Ces divisions et subdivisions celluleuses sont, du reste, plus multipliées dans les Pachydermes et les Carnassiers, que dans les Édentés , les Ruminans et les Solipèdes. Chez les Rongeurs , on n'en compte que fort peu, et le Pore-epic , entre autres, n'en offre que trois ou quatre de chaque câté. Les SipgjBs et les Quadrumames eu général , de même que le Lièvre , ne présentent qu'un assemblage de Cellules irrégulières , et semblable à ce que Fou observe chez l'Homme.
Dans les Ruminant , les Pachydermes , et les Solipèdes , le Cornet supérieur n'est aiitre chose qu'une de ces cellules plus grande et surtout beaucoup plus longue que les autres. Elle ^'étend même jusqu'au Cornet inférieur , dans la cavité des narines , et sei^ parois le recouvrent comme une sorte de toit. Dans le Cochon , les parois de cette même cellule s'amincissent vers le bas en une lame qui se soude sous le bord externe de l'Os jnropre du Nez de chaque cdté , et ce bord a l'air , par là , de se recourber en de4ans pour cacher le Cornet inférieur. L'amincissement , dans les
C i8o ) CarnaMÎers , commence beaucoup plus haut 5 ce qui fait que la partie creuae de k Cellule n'a pas plus d'étendue en longueur que les autres^
Les Mammifères seuls ont une Lame criblée de TEthmoîde. Tous les antres animaux n*onty pour le passage du Nerf olfactif, quun simple trou ou un simple ca* nal. Tel est le cas des Oiseaux et des Reptiles spécialement.
Dans la plupart des Quadrupèdes , cette lame n*est point quadrilatère comme dans THomme : elle a la figure d xm cœur ou d'un ovale , et elle est , le plus communément , percée d'ude grande quantité de trous de différentes grandeurs , rassemblés en groupes , qui laissent entr'eux des espaces vides figurés comme des branchages , et qui donnent à l'ensemble de la lame l'apparence d'une dentelle.
Ces trous sont grands et nombreux dans l'Eléphant , le Sanglier , le Cerf , THippopotame *, ils sont multipliés surtout chez les Carnassiers. Le Cochon et le Moalon en ont , à chaque cdté de l'Apophyse crista-galli , une rangée de plus grands que les autres.
Dans plusieurs Tatous , le Crible ethmoidal a d'énormes dimensions , et l'Apophyse crista-galli est fort saillante. Chez ceux qui forment le sous-genre Cachicame de M. Cuvier , l'Ethmoîde occupe, dans le fond de l'orbite , un grand espace qu*occnpe communément l'Os palatin, en sorte que , comme Ta noté le savant naturaliste que nous venons de citer, le trou analogue au sphéno-palatin est percé 9 entre TEthmoide et l'Os maxillaire , dans le Canal sous-orbitaire même , et que celui qui représente le Trou ptérygo-palatin est percé en arrière aussi dans l'Ethmolde et près de la fin du Maxillaire.
L'Ethmoide de l'Oryctérope est remarquable par l'étendue et l'enfoncement de sa Lame criblée. Celui de l'Échidné est dans le même cas, mais il n'a point d'Apophyse crista-galli.
Dans rOrnithorhynque , la Lame criblée est fort petite , et ne mérite point le même nom que dans les autres Mammifères , puisqu'elle n'est percée que d'un seul trou un peu grand pour le nerf olfactif. Dans le Dugong , elle forme deux petit» en« foncemens simples , très écartés l'un de l'autre , et qui se terminent en avant par deux ou trois petits trous.
Dans le Crocodile, comme dans la plupart des autres Reptiles, plusieurs des parties de l'Ethmolde restent cartilagineuses. Deux de ses portions osseuses sont inférieures et s'articulent avec le bord interne des Palatins , en avant de la partie voûtée des Os ptérygoldiens , et près du double canal des arrière-narines. Deux autres adhèrent au plafond de celles-ci, entre les Os nasaux , lacrymaux , frontaux antérieurs et frontal principal. Elles sont manifestement analogues à quelque portion des Cornets sapérieurs des Mammifères , et les premières semblent représenter la partie il et canaliculée du Yomer des Quadrupèdes.
Dans les Tortues de terre , TEthmoîde est représenté , d'une part , par un car'* tîlage obturateur d^une ouverture pratiquée entre les Frontaux antérieurs, et laissant passer les Nerfs olfactifs , et par un autre cartilage qui descend de chaque c6té entre le Frontal , le Frontal antérieur et le Yomer , et qui semble analogue à TOs planum.
Chez les Lézards , FEthmoide est en grande partie membraneux.
Chez les Grenouilles , et spécialement dans la Grenouille verte (Rana esculenta) , FEthmoîde est im os prismatique, triangulaire, ayant une de ses faces tournée en des* «us, les deux autres de coté, et appuyé, par son arête inférieure, sur le prolongement antérieur du Sphénoïde. Cet os s'évase antérieurement , et est creusé , pour servir de fond aux Fosses nasales, de deux canes percés à leur sommet, pour le passage des Nerfs olfaetifs , d'un trou à câté duquel on en remarque un plus petit pour le Nerf ophthalmique de Willis.
c. Des Cornets sphénoïdaux , ou des Cornets de Berlin , Comua splienoîdalia
(pi. XXXI, fig. 6 et 7.).
On appelle ainsi deux petits os minces et recourbés sur eux-mêmes \ ils ont la forme d'une pyramide creuse , ayant son sommet tourné en arrière , et sont placés à la base du Crâne , entre le Sphénoïde et l'Ethmoîde, avec lesquels ils se confondent chez les adultes. Cette dernière circonstance fait qu'ordinairement on ne les décrit point comme des os distincts; mais, comme ils se développent par un noyau spécial d'ossification, comme ils s'unissent indifféremment à l'Ethmoîde et au Sphénoïde, comme cette union n*a lieu que dans un âge avancé , de même que dans celle qui se forme entre l'Apophyse basilaire de l'Occipital et le Sphénoïde, il faut nécessairement les étudier d'une manière isolée*
La base de la pyramide tétraêdrique représentée par ces osselets (fig. 6 et 7 , aa)^ est ajustée avec la partie postérieure des Masses latérales de l'Ethmoîde (pi xxxiii , fig. 4) ^ A) » de manière à fermer les cellules correspondantes , en leur permettant néanmoins , à l'aide d'une échancrure ou d'une ouverture arrondie , de communiquer avec les Sinus sphénoïdaux. Son sommet (fig. 6 et 7 , 6 &), qui est dur , pointu et résistant , vient se placer dans une rainure creusée vers la base de l'Apophyse ptërygoide , et se trouve en partie caché par l'Apophyse postérieure de l'Os* palatin. Sa fisice inférieure (ait partie des Fosses nasales ; elle fournit , le plus souvent, un prolongement papy racé , irrégulier , qui passe sous le Sphénoïde et vient se porter vers la crête inférieure de cet os, en se dirigeant vers celui du câté opposé pour s'engager dans le bord supérieur du Yomer. Sa face externe est ouverte en haut pour
correspondre à Tenlréo des Sinus du Sphénoïde ( ûg. 79a); en bas, elle conoonrt, avec rOs du Palais i h la formation du Trou sphéno^palatm , lequel , ches les jednes sujets, n'appartient en aucune sorte au Sphénoïde dont il porte le nom. En CHiCre, cette même face euToie souvent une lame mince dans Tintérieur dcs^ simiê , et
semble ^-pour ainsi dire , en tapisser les parois. Souvent aussi le plancher de ces cavités est entièrement formé par les Comecs dont il s'agit.
Les Cornets spbénoîdaux, que Bertin a , je crois , décrits le premier , sont cHitià*rement compactes et creux : leur sommet seul renferme uû peu de tissu cellûleux.
Us s'articulent avec le Sphénoïde , FEthmoide , TOs du Palais et le Vomer , et se développent uniquement par un seul point d'ossification, qui ne parait ordiiifti- Hument qu'après la naissance , quoiqu'il ne soit pas rare , comme plus d'une fois nous avons pu nous en convaincre par nos propres yeux , d'en rencontrer déjk les rudimens sur des fœtus de sept à huit mois.
Vers l'âge de douze à quinze ans , ils s'unissent d'abord au Sphénoïde , puis , plus tard , à l'Ethmoide.
d. Du Frontal ou Coronal , Os Frontis (PI. xxxiv et PI. xxxv, fig. 1 et a.)
Cet os estsymétrique^ d'une figure plus que demi-circulaire, coâvexe et Itsse antérieurement , concave postérieurement , et très-inégal inférieuremenf •
Sa Face orbito^ihmoïdaJe ( pi. xxxnr, fig. 4 ) « inégale et tournée en bas , offre , dans son milieu, iuie large échancrure quadrilatère {d)^ qui reçoit FEthmoide, qne^ pour cette raison, on nomme Échancrure eUnncïdale^ et dont le contour présente , en avant , VÈpine nasale (fig. 4i /j fig* ï » j" » ûg- ^> *» fig* 3, /.) , et les Orifices des Sinus frontaux (J^g. 3, cc)^ et, sur les cdtés, des portions de cellules qui s'untsoent à des portions de cellules analogues creusées sur FEthmoide : deux ou trois petites gouttières transversales sont pratiquées entre ces cellules et concourent à former les Conduits orbitaires internes.
A droite et à gauche de cette échancrure ethmoldale , on rencontre une serftce triangulaire concave ( pL xxxiv, fig. /^^ a a), qui forme la Voûte de Forbite^t qui présente, antérieurement et en dehors, une fossette (b b) qui reçoit la Glande h-> crymale ; dans le même sens et en dedans , une légère inégalité (c c) ou se fixe ttiie poulie cartilagineuse dans laquelle se réfléchit le tendon du Muscle grand trôdiHttteur ou grand dilique de FOEil ' .
» La heê Orbito-clhmàidtle du Front»! a M dtttiifjnée par let aulftfrs Ittiiis, t^ dcfux partie», psrt «rWiaiis etpon nasaiiu
hà Face frontale, antérieure^ ou péricrdnienne (pi. xxkjVj fig. i et 3) présente , sur
li|^e médiaDe , une trace longitudinale , le plus souvent peu prononcée , et qui occupe Tendroit où les deux portions dont l'os était composé dans le premier âge de la vie (pi. XXXV, fig. a) se sont réunies ; avant cette réunion , on observe toujours nne suture dans ce lieii, et , parfois même , les deux pièces ne se joignent point intiloement» en sorte que la suture (pi. xxxiv, fig. i , et a, 6 6 ^, 6g. 3, e e, fig. 4? ^ existe jusqu'à lage le plus avance. A la partie inférieure de cette ligne, est la Bosse nasale (pi. xxxiv, fig, i , c 6), bien plus saillante chez les vieillards que chez les jeunesgens, et ordinairement criblée par beaucoup de petits trous ; plus bas , on voit une éebancrure du même nom (g) destinée à s'articuler avec les Os nasaux au milieu et , sur les côtés, avec les Apophyses nasales des Os maxillaires supérieurs. Cette échan^ cmre surmonte elle-même l'Epine nasale, sur les cotés de laquelle sont deux petites gouttières longitudinales (pi. xxxiv, fig, 4» ^ ^)) faissiQt partie de la Voûte des Fosses nasales : cette épine ( pi , xxxv, fig. i ,/) s'articule antérieurement avec les Os nasaux , et en arrière avec la Lame verticale de l'Etlunoïde.
De chaque coté et en allant de haut en bas, on observe une surface large et lisse, recouverte par le Muscle frontal ; la Bosse fivmale ( Tuber fivntale ) ( pi. xxxiv , fig. i , a a, fig. 4 9 mm), très-saillante chez les enfans \ une légère dépression -, une éminence transversale , faiblement courbée , plus saillante en dedans qu'en dehors (pi. XXXIV, fig. i, d d)y nommée Arcade sourciUère (Tuber supercïUare)^ parcequ'elle répond au sourcil et donne attache à son muscle; une autre ligne saillante , courbe également {e e)^ qui part de chacun des cotés de l'échancrure nasale : c'est T Arcade orbitaire , qui se termine par deux apophyses du même nom , dont Vex- Êeme ( fig. i , &) , épaisse et saillante, se joint à l'Os malaire , tandis que Vinttsme (g), mince et large, s'articule avec l'Os lacrymal. Au tiers interne de cette arcade , on observe un trou ou une éebancrure convertie en trou par un ligament ; cette ouverture est le Trou sourcilier ou sus-^rbitaire ( fig. i^ d dj fig. ^j hh )\f qui est traversé par les Vaisseaux et par les Nerfs frontaux, et qui offre lui-même, dans son contour, une ouverture beaucoup plus étroite et comme poreuse, qui laisse pénétrer dans le Sinus coronal le rameau d'une artère.
Tont*à«(ait en dehors de cette fiice , au-dessus de F Apophyse orbitaire externe (fig* I , A A) , on voit une ligne saillante ( i i ), courbe, se diriger en haut et en arrière \ elle borne une petite surface (fig. ^j k k) ^ qui fait partie de la Fosse temporale et donne attache au muscle du même nom.
La Face cérébrale , postérieure ou interne du Frontal ( pi. xxxiv fig. a ) est concave, en contact avec la Dure-Mère, creusée, dans sa partie moyenne, d'une gouttière {6 6) ou se trouve logé le commencement du Sinus longitudinal de cette membrane-, les bords de cette gouttière, réunis en bas, y forment une crête où s'attache
en partie le ftoiumet de la Faulx du cerveau, et qui se termine à un trou qu on appelle borgne, épineux ou fronto^thmotdal (fig. a, c.) (Foramen ccBCum). Lea usages de cette ouverture sont encore peu connus , et quelquefois elle est complétée par TEthmoîde, et la crête qui la précède est la Crista frontalis des Latins.
Cette même face de TOs offre, de chaque càté, une grande quantité dMnégalilés qui sont en rapport avec les anfractuosités et les circonvolutions du cerveau , au moins en partie \ car , comme Ta remarqué Bichat , c'est souvent une portion saillante du cerveau qui répond à une éminence osseuse , et réciproquement. Ces inégalités sont ordinairement appelées Eminences mamittaires et Impressions digitales. On y observe aussi plusieurs sillons artériels et les Fosses coronales (pi. xxxiv, fig. a, aa)<, enfoncemens qui correspondent aux bosses du même nom.
Le Bord supérieur du Frontal (fig. i, 77, fig. ^^i g g) est épais, inégal , plus que demi-circulaire , coupé en biseau aux dépens de sa lame interne en haut ( fig. a , g g), et derexternc en bas (fig. ^yfj) : il s articule avec les Pariétaux de manière qu'à laide de celte coupe , il appuie sur eux supérieurement , et les supporte inférieurement. Il se termine, à droite et à gauche et en bas, par une surbce triangulaire qui se joint aux Grandes Ailes du Sphénoïde (pi. xxxiv, fig. a).
Le Bord inférieur (fig. a) est mince , droit , interrompu dans sa partie moyenne par TEchancrure ethmoldale et coupé en biseau de manière à soutenir les Petites Ailes du Sphénoïde.
L'Os frontal est articulé avec les Pariétaux, le Sphénoïde , TEthmoîde, les Os da Nez, les Os maxillaires supérieurs, les Os lacrymaux et ceux de la Pommette*
Assez épais vers la Bosse nasale et les Apophyses orbitaires externes , FOs frontal est fort mince , et même transparent dans sa portion orbitaire. Il est formé par un tissu diploïque renfermé entre deux lames de tissu compacte , ainsi que nous avons ' cherché à le représenter dans la figure 1 1 de notre planche xxxv , où Ton voit la coupe transversale d'une portion de cet os , lequel offre , d'ailleurs , dans son épais* seur» deux cavités qu'on appelle Sinus frontaux > Sinus frontales (PI. xxxiv, fig. 3, c c. ).
Ces Sinus, plus ou moins vastes suivant les sujets, non encore développés dans le premier âge , très étendus chez les vieillards , ont leur orifice en avant de Féchancrure ethmoldale , et se portent de là , en s'élargissant , dans la région frontale de Tos , parfois même jusque dans les apophyses orbitaires externes ; ils sont séparés lun de l'autre par une cloison *, ils peuvent aussi être réunis : rarement ils manquent. Us communiquent avec les Cellules antérieures de l'ethmoîde.-
Après avoir été dépouillé de sa matière calcaire et amené à l'état de cartilage par Faction d'un acide , le tissu de l'Os frontal parait , au microscope , composé d'une multitude de filamens pelotonnés , groupés les uns contre les autres^ et
( '85 ) que Paolo Mascagni suppose être un assemblage de vaisseaux lymphatiques^ parmi lesquels oo voit ramper des troncs plus considérables du système vasculaire sanguin (pi. MXV, fig. 8).
Le développement du Frontal a lieu par deux points d'ossification qui commen* cent vers le quarante-deuxième jour de la gestation aux Bosses coronales (pi. xxxv, fig. !À, a a)y ovLy plutôt, ainsi que Tont notéRuysch d'abord, et Béclard ensuite, aux Arcades orbitaires (c c) et qui envoient de la des rayons vers la circonférence de Fos- C'est à cette disposition que sont dues^ dans le jeune âge, la division de l'os en deux pièces séparées par un intervalle plus ou moins grand ( pi. xxxv, fig. 2, i 6 ) , et Texistence d'une suture verticale dont il a été question plus haut^ et qu'on a prétendu autrefois se rencontrer plus fréquemment cbez la Femme que chez l'Homme adulte 5 cette dernière opinion est erronée \ il n'y a point, sous ce rapport, de diflTérence entre les sexes. La suture disparait communément d'ailleurs plusieurs années après la naissance, mais à une époque assez variable.
Dans le système des anatomistes qui font jouer le râle le plus important aux analogies naturelles, comme MM. Oken, Spix, Rosenthal^ etc.^ le Frontal ou plutât les Os frontaux des Mammifères constituent l'Apophyse épineuse de la première vertèbre céphalique, tandis que, selon M. Meckel^ ils forment la partie annulaire de la vertèbre ethmoidale.
Quoi qu'il en soit^ en effet, l'os que nous venons de décrire dans l'Homme , est déjà fort différent dans les Mammifères même les plus rapprochés de lui. Dans la plupart des Carnassiers et chez les Rongeurs, ainsi que chez les fiuminans et les Solipèdes , par exemple , il est partagé en deux pièces , même chez l'adulte , au moyen d'une suture médiane^ comme cela se voit dans le Chien, le Loup, la Civette, le Lion, la Marmotte, le Rat, l'Ecureuil, le Phoque, la Vache, le Cheval , etc. Il en est de même dans le Cochon , le Tapir , l'Hippopotame , le Rhinocéros , le Morse.
Chez l'Eléphant (pi. lxxxi , fig. i J il se soude de bonne heure avec les autres os du crâne \ le Rhinocéros est dans le même cas (pi. lxxxiv, fig. i), etc.
Dans rOrang-Outang (pi. lxxviii, fig. 3, 4^ 5) , son contour est plus irrégulier que dans l'Homme^ et ses Arcades orbitaires sont moins surbaissées. Dans lesSapajouXy il est comme triangulaire et se termine en pointe au sommet de la tête, tandis ept^ , chez les autres Singes , il est à peu près ovale et offre des Arcades orbitaires presque droites , et que chez les Makis il semble d'une figure rhomboïdale.
Chez les Carnassiers, les Pachydermes, les Ruminans, les Solipèdes^ et , en général, chez presque tous les Mammifères, jusqu'aux Cétacés, les Frontaux forment une surface irrégulière de prisme, ou de cylindre, à laquelle on peut distinguer une face naso-crânienne et deux faces latérales ou orbito- temporales (pi. xv, A, pi. xvi, A b c^ pi. LXXXI, fig. j).
Dans les Chiens , les Chats, les Ours , les Sarigues, les Belettes , les BoussetCes , etc. , les orbites , répondant à la partie antérieure des bords latéraux du Franlal i donnent à cet os une figure rhomboïdale > tandis que dans les Rongeurs , Comme les Lièvres , les Lapins , les Agoutis , les Cabiais , les Castors , entre autres > ces fiMifeSf cchancrant la partie moyenne des mêmes bords , lui assignent une circonféreiioe plus ou moins rectangulaire^ Les Galéopithèques offrent la même dispositioat nab les Hérissons, les Taupes, les Musaraignes, les Morses ^ les Rhinocéros et certains Phoques n'ont point d'Arcades orbitaires^ et ont un Frontal simplement rétréci entre. les orbites. Dans certaines espèces encore, surtout parmi les Ruminanset les Solipèdes , il s'élargit et forme une voûte au-dessus de chaque orbite.
Dans les Cétacés , enfin, ce même os est étroit de devant en arrière et ressemble à un bandeau étendu en travers sur le Crâne , tout en descendant pourtant ao-des» sous des Os maxillaires , en sorte que Tordre des positions est entièrement subordonne ici à celui des conne^ons.
Chez l'Hippopotame ( pi. lxxxi, fig. a ) , les Voûtes orbitaires forment une saillie au-dessus de la ligne droite du chanfrein , ce qui rend les yeux tres^releséat ^ une autre saillie en dehors de la ligne moyenne , ce qui fait que les axes de. vités font avec celle-<:i une espèce de croix.
Dans les Hippopotames, les Ruminans et les Solipèdes^ les Frontaux, en s*^ gissant, forment une voûte au-dcssiiis def chaque orbite.
Chez les Rhinocéros, ils s'unissent afâx os du nez par une sututre transverse ifà va d'un lacrymal à Fautre , et qui se. continue de chaque câté avec la suture taKMh maxillaire.
Dans le Tapir d'Amérique, les Frontaux Sont articulés avec les Lacrymaux, ks Palatins, les deux Sphénoïdes et les Temporaux, outre les articulations que Ton ob* serve aussi chez l'Homme.
Chez les Hippopotames , après avoir formé l'Arcade sourcilière , chaque Frontal continue de former une crête qui se porte obliquement en arrière.
Chez les Ours , les Os du front ont des connexions évidentes avec les Os inle^ maxillaires. Il en est de même des Hiènes.
Dans le Raton , les Apophyses post-orbitaires des Frontaux sont bien moins «il« lantes que dans beaucoup d'autres Mammifères, et en particulier que dans les ChilSi et surtout que dans les Mangoustes , où elles sont assez longues et asses poîntnes pour se toucher et même pour s'articuler ensemble , comme dans les Makis. Ces apophyses manquent^ par contre, dans le Morse, ou plutât , au lieu de tenir aoi Frontaux, dépendent des Os jugaux.
Dans le dernier , c'est une proéminence du Frontal de chaque coté qui pardi remplacer TOs lacrymal , manquant.
Chez la Marmotte , les Frontaux et les Pariétaux se soudent en une seule pièce de très-bonne heure et long-tems avant les autres os. Dans FEcureuil, ces os sont plus larges et plus convexes, mais la rapidité avec laquelle s'efface la suture fronto-pariétale est la même.
Les Frontaux du Porc-Epic commun sont fort élargis en avant entre les Lacrymaux. Ceux deTUrson, Hystrix dorsata , sont remarquables par deux crêtes orbitairesqui, se continuant et se rapprochant, forment une crcte sagittale, qui se prolonge vers le haut. Ceux du Lièvre ont une crête surorbitaire des plus marquées et séparée du corps de Fos en arrière et en avant par une échancrure : cette crête manque dans les Lagotnys. Ceux de FUnau occupent à peu près la même étendue que les Pariétaux. 'Dans le Lamantin d'Amérique, ils s'écartent beaucoup l'un de l'autre en devant pour embrasser TouTerture des narines et former les plafonds des orbites : leur apophyse pbst-orbitaire est petite. Dans le Dugong, leurs branches antérieures qui viennent former le dessus de l'orbite sont minces et rugueuses. Enfin, dans les cétacés, le Frontal est étroit d'avant en arrière, et ressemble comme nous l'avons déjà dit, à un bandeau étendu en travers sur le crâne , et descendant plus bas que les Os maxillaires.
Les Sinus frontaux sont énormes dans certains Chiens , tels que le Matin et surtout le Dogue. Ils s'étendent jusque dans les Apophyses post-orbitaires , celles qui répondent aux Apophyses orbitaires externes de l'Homme , tandis qu'ils sont fort petits dans les Singes et qu'ils manquent même entièrement dans le Fourmilier, le Pangolin, le Cerf, les Rats, les Marmottes, le Castor, le Lièvre, dans l'Hippopotame, dans le Rhinocéros et dans la plupart des Magots et des Guenons. Dans rOurs ils sont un peu moins étendus sur les cêtés, et dans le Chat et le Coati , un peu moins en arrière que chez le Chien. Dans les Blaireaux, les Chauves-souris, les Belettes , il n'y a point de sinus frontaux proprement dits ; seulement des cavités creusées dans les apophyses post-orbitaires communiquent librement , et non par une ouverture rétrécie , dans les Fosses nasales. Chez le Porc-Epic ils sont vastes et communiquent même avec des cavités pratiquées dans l'épaisseur des Os propres du Nez. Dans le Paresseux , ils sont très-grands aussi : dans le Chameau , ils sont très-nombreu^ et très-divisés , mais celui de tous les Mammifères où ils acquièrent le plus graad développement, est sans contredit l'Éléphant, chez lequel , d'ailleurs, ils sont partagés en cellules nombreuses, irrégulières et toutes communicantes. Cette disposition se retrouve en grande partie dans le Cochon et le Babiroussa.
Dans le Cheval , au lieu de s'ouvrir immédiatement dans le Nez , les Sinus frontaux s'ouvrent dans les Sinus maxillaires postérieurs.
Dans le Bœuf, la Chèvre, le Mouton et beaucoup d'autres ruminans, les Sinus frontaux, énormes, pénètrent dans des chevilles osseuses qui soutiennent les cornes,
et nous nous trouvons ainsi conduits à parler de celles-ci, au moins en partie, spécialement sous le point de vue ostcogénique.
Au troisième mois de la conception , chez le Fœtus de la Vache , encore contemi dans ses enveloppes, TOs frontal^ cartilagineux, ne présente aucun indice des Cornes qu*il doit porter par la suite. Vers le septième mois , chacune de ses portions est surmontée d'un petit tubercule qui semble produit par le soulèvement des lames osseuses, et qui bientôt lui-même soulève la peau qui devient calleuse à son niveau et qui forme , à la longue , une sorte de gaine au prolongement conique du Frontal , lequel fait des progrès rapides en accroissement. Il en est de même dans les Chèvres et les Brebis , chez lesquelles les chevilles osseuses dont nous parlons ont des courbures différentes suivant les espèces.
Ce que nous venons de dire de ces Cornes, ncst, du reste, nullement applicable à ce qui concerne les Bois de TÉlan , du Cerf, du Renne , du Daim , du Chevreuil. Dans leur état parfait, ces bois sont de véritables os, et par leur tissu, et par leors élémens : leur partie extérieure est dure , compacte , fibreuse \ leur intérieur est spongieux, très -solide, sans grands vides, sans cavité médullaire et sans sinus. Leur base fait tellement corps avec TOs frontal qu à certaines époques , il deviendrait impossible de fixer, dans leur tissu intérieur, la limite entre Tun et Tautre: mais la peau qui recouvre le front sur Tanimal vivant ne monte point sur les bois; un bourrelet dentelé , formé de concrétions , de végétations osseuses , Tarréte , et il n'existe sur ce bourrelet, et sur le reste des bois, ni peau, ni périoste : on y aperçoit seulement des sillons plus ou moins profonds qui sont des vestiges des vaisseaux qui rampaient à leur surface lorsqu'ils étaient encore mous.
Ces bois, ainsi durs et nus, ne demeurent jamais qu'une année sur la tête dn Cerf et des autres Quadrupèdes que nous avons dit être dans le même cas que lui, et lorsque leur chute est prochaine, on voit, en les sciant longitudinalement, une marque de séparation rougeâtre entre eux et la proéminence coronale, qui les porte. Cette marque se prononce de plus en plus et les parties finissent par perdre leur adhérence, après quoi Tapophyse correspondante de TOs frontal ressemble à un oi rompu ou scié en travers , sur lequel on dislingue immédiatement le tissu spongieux, et est bientôt recouverte d'un nouveau tubercule générateur d*un nouveau bois, d'abord mou, cartilagineux, recouvert d'un véritable périoste sur lequel rampent des vaisseaux souvent gros comme le petit doigt, et qui s'ossifie peu à peu en passant par les mêmes états que les pièces du squelette des fœtus ou des enfiins. Pendant ce tems , le bourrelet de la base, entre les dentelures duquel passent les vaisseaux, se développe aussi, en sorte que ceux-ci, resserrés de plus en plus, finissent par s'oblitérer, ce qui nécessite la mort et la chute de la peau et du périoste,
( i89 ) et, par suite, celle de Tos lui-même, qui ne tarde pas à renaître et toujours plus considérable.
Si maintenant nous passons à Texamen de TOs du Front dans les autres classes des Animaux vertébrés , nous verrons que, dans les Oiseaux, il est partagé en deux pièces qui se prolongent en avant pour former la voûte des Orbites , et qui supportent constamment les crêtes plus ou moins solides, les protubérances osseuses et cornées , dont la tête est armée dans quelques espèces , comme les Calaos , les Pintades , le Casoar de Java, le Hocco, etc., et dont l'intérieur est rempli par un diploé trèslàche. Les deux orbites^ du reste, ne sont séparées l'une de l'autre, que par une lame verticale qui appartient également à l'Os frontal , et qui est attachée à celle qui forme leur plafond.
Chez les Reptiles, en général , et d'abord chez les Crocodiles , qui doivent servir de point de départ en Anatomie erpétologique , anatomie si imparfaitement connue avant les importans travaux du professeur français Georges Cuvier, le Frontal est difierent de ce qu'il est chez les Mammifères et les Oiseaux.
Dans le Crocodile, en effet, déjà, l'Os dont il s'agit, au lieu de commencer, ainsi qu6 dans les Mammifères, immédiatement au bord interne du Lacrymal, d'occuper tont l'espace compris entre les deux Lacrymaux au-dessus du Nasal, et de descendre dans le fond de l'orbite pour s'articuler largement avec le Palatin et le Sphénoïde antérieur, ne s'enfonce point dans cette cavité et ne tient au Palatin et au Sphénoïde que par un cartilage ou une membrane dans l'état frais. Il est , du reste, articulé par suture avec un os qui ne se rencontre point dans les Mammifères et qui est interposé entre lui et l'Os lacrymal pour descendre du bord de l'orbite à la racine des Os du nez et au sommet des Os palatins.
Ce petit os spécial, que, pendant long-tems, et M. Cuvier lui-même a été de cette opinion ' , on a considéré comme un second Lacrymal , n'est qu'une partie du Frontal même ^, celle que, dans l'Homme, on appelle Tyipophyse orbitaire interne et, dans les Mammifères, tjépophyse antorbitaire.
C'est à lui que M. Cuvier a donné le nom de Frontal antérieur^.
En effet, suivant ce savant illustre , il suffit de placer une tête de Mammifère à coté d'une tête de Crocodile , pour s'assurer qu'il s'est fait ici un démembrement du Frontal ; car , sans rien déranger, on peut , sur le Frontal du Mammifère , dessiner la sature qui existe sur celui du Crocodile , et l'on détacherait ainsi , dans le pre-
' Levons d* Anatomie comporte , tome II, page 71.
' Annales du Muséum d'Histoire naturelle , tome XII , page *^.
* Recherches sur les Ossemens fossiles ^ Paris , i8a4 , in-4« 1 lojnc V , 1* partie.
( »9o ) mier , u^ Frontal antérieur, qui aurait la même position et presque la même figure que dans le second ' .
En arrière de TOrbite , on trouve encore , chez le Crocodile , un Frontal pfMÈ^ rieur, séparé du Frontal ordinaire comme Tantérieur , et semblant remplacer ril|io* physe post-orbitaire des Mammifères. Il s articule avec TOs jugal , comme dans les Ruminans le fait cette apophyse.
Ainsi donc , dans le reptile dont nous venons de parler , il y a un Frontal propre, deux Frontaux antérieurs et deux Frontaux postérieurs, qui ne sont pourlaBl point , comme le veut M. Oken, ou la Fourchette du Membre supérieur de la Tête * on les apophyses de la grande aile du Sphénoïde ^.
Chez les Tortues en général , les Frontaux sont remarquables par leur brièveté» telle que les pariétaux sont trois fois plus longs qu eux.
Dans la Tortue de terre , reptile de Tordre des Chéloniens , les Frontaux ne couvrent que très peu de la boite cérébrale , parce qu ils sont courts comme nous venons de le dire , et qu'ensemble ils forment une lozange plus large que longue. existe, comme dans le Crocodile, des Frontaux accessoires antérieurs et postérieurs.
Dans la Tortue d'eau douce , Emys europœa, les Frontaux principaux , quoique plus larges que longs , n'atteignent point le bord de Torbite. Les Frontaux poêlérieurs sont plus larges.
Dans Y Emys expansa , ces derniers sont , au contraire , fort étroits, et descendent de manière à former une cloison qui sépare Torbite de la Fosse temporale , conjointement avec les Os du Palais et les Os jugaux.
Chez les Trionyx ou Tortues molles , les Frontaux antérieurs , en s'avançant endessus entre les maxillaires , semblent tenir ainsi exactement la place des Os propres du Nez , et cela d'autant mieux, qu ils viennent même former une pointe au—dessus de l'ouverture antérieure des narines : les Frontaux principaux , qui forment presque un carré, atteignent le bord de l'orbite ; les Frontaux postérieurs sont, dans le haut, aussi larges qu'ils sont élevés.
Quant aux Chélonées ou Tortues marines , leur Frontal postérieur s^unit à une lame du pariétal, au mastoïdien, au temporal,* au jugal et à la caisse par des suturps, afin de couvrir toute la région de la tempe d'un toit osseux qui n'a point de solution de continuité. C'est entre leurs Frontaux antérieurs que les Nerfs olfactifs s'intro* duisent dans les Fosses nasales.
< C^eft donc â tort que , dans Vlsis de 1818 , page 991 , M. Oken rapporte cette pièce à TOt phauai de TEthmoïde , et que M. Spix , dans sa Cephaiogenesis , en a fait TOs lacrymal.
' Isis , 1818 , cahier II, page a;6.
* Ibidem , page 284*
Dans la Matamata ( Cheljrs fimbriata , Dumér. ) > les Frontaui antérieurs et les postérieurs , qui s'articulent aux Ptérygoïdiens , forment le dessus de Torhite , tandis que les Frontaux principaux s'avancent entre les antérieurs jusqu'à l'ouverture anté* rieure des Fosses nasales.
Dans tous les Lézards , en général , il en est de même que dans les Crocodiles et les Tortues, sous le rapport de la division du Frontal , en principal, en antérieur et en postérieur, et sous celui des autres circonstances ostéologiques particulières à cet os.
Dans rOuaran ou Grand Monitor du Nil , on trouve , comme dians les Oiseaux , sur le bord orbi taire du Frontal antérieur , un petit os que M. Cuvier a nommé turcUier , et qui protège le dessus de Fœil au moyen d'une apophyse pointue qu'il dirige en arrière. On ne peut le comparer à aucun de ceux que nous avons vu jusqu'ici. Chacun des Frontaux postérieurs a^ du reste, une apophyse grêle et pointue qui s'unit au Temporal pour former l'Arcade zygomatique.
Chez le Sauve-garde d'Amérique , le Frontal principal est unique , et ses lames descendantes sont fort peu saillantes ; le postérieur est divisé par une suture en deux pièces , dont l'une ne tient qu'au Frontal et au Pariétal ^ tandis que l'autre est unie au Jugal et au TemporaL
Dans le Lézard commun^ le Frontal principal est divisé longitudinalement en deux os ; l'antérieur descend peu dans l'orbite , et le postérieur , muni de petites écailles osseuses sur son bord postérieur , s'unit au pariétal pour couvrir le dessus de la tempe. Le Surcilier est fort large et divisible en plusieurs pièces : il s'articule avec les trois Frontaux.
Les Cordyles sont dans le même cas.
Dans les Fouette - queues , le Frontal est fort étroit. Les Frontaux antérieurs sont petits, ainsi que les postérieurs , qui ne sont point divisés.
Dans le Stellion ordinaire , le Frontal est plus court.
Il s'élargit d'une manière marquée dans le Basilic, et il est aplati dans les Iguanes , dont le Frontal antérieur est large sur la joue, et a un tubercule audevant de l'orbite , et dont le postérieur est divisé en deux pièces , dont l'uiie constitue un tubercule en arrière de l'orbite.
Les Geckos ont un Frontal principal légèrement concave , et large surtout en arrière *, un antérieur, qui forme presque tout le dessus de l'orbite, et un postérieur qui borde en chevron Fanglç saillant que le Pariétal et le Frontal principal forment ensemble.
Le Caméléon n'a qu'un Frontal principal bordé , de chaque côté au-dessus de l'orbite , par les Frontaux antérieur et postérieur , qui se joignent pour former en dessus le cadre de cette cavité , et en même tems l'espèce de crête dentelée que ce reptile porte en cet endroit. (PI. xix, Gg. Â, e. )
Dans les Batraciens anoures , en général , le Frontal principal semble confondo en un seul osavec l^Ethmoïde. Il existe deux Frontaux antérieurs ( pi. xix, fig. ^» Aa), plus ou moins triangulaires , plus larges que longs , et dont Tangle externe se prolonge pour s*articuler avec la mâchoire , et limiter l'orbite (&) en avant. Il n'y t point de Frontaux postérieurs.
Dans le Pipa , les Frontaux antérieurs , élargis en avant , semblent tenir , coaune collés sous leur bord aminci, les deux Os inter-maxillaires ; et, plus extérieuremeat^ les deux Maxillaires eux-mêmes.
Le Triton de Gesner a , au Frontal , une Apophyse post-orbi taire pointue , fiort marquée , dirigée en arrière , et qui est plus petite et plus transverse dans le Triton des Alpes.
Dans la Salamandre gigantesque des monts Alléganis^ les Frontaux principaux et antérieurs sont très-étroits et alongés. Les premiers pénètrent en pointe en arrière entre les pariétaux , et se portent en avant au-dessus de Touverture des narines.
Dans la Sirène , les Frontaux principaux ont chacun une rainure dans laqudk est logée la pointe postérieure de deux os grêles , qui marchent à câté Tun de TanCre jusqu'au bout du museau, et qui sont probablement les Os nasaux.
Dans le Protœus anguinus de Laurent! , ces deux derniers os étant réduits presque h rien , la rainure des Frontaux est moins prononcée.
Il y a, enfin , dans les Serpens , deux Frontaux presque carrés.
e. De f Occipital, Os Occipitis (pi. xxxvi).
Ok donne le nom d'Occipital ^ à un os plat^ impair, symétrique, lozangiqM (fig. 1 et 2) , recourbé sur lui-même (Hg. 3 ) , et placé à la partie moyenne, iiH férieure et postérieure du crAne.
Sa Face occipitale ou postérieure ( fig. i ) est convexe , et présente , sur la ligne moyenne et de bas en haut , .
i^ Une surface rugueuse (/) , à peu près horizontale , tapissée par la Membrane du Pharynx, et donnant attache aux Muscles grands et petits droits antérieurs de h Tête 5 c'est la Surface basilaire ,•
21 ** Le Trou occipital ( & ) , elliptique , à peu près horizontal , ayant son grand diamètre dirigé d'arrière en avant , et laissant passer la Moelle épinière , le prolon*
' M. Socmmeriog et beaucoup d^autrcs anatomlstet , croyant que cet Os et le S^hënoîde ne fimt q1l^n^ ont donne à Tafscmblagc qui re'siilte de leur jonction , la dënomioation tTOs sphena-basîinire , Os tpkt hasilart.
( '93. ) genienl des Méninges qui enveloppe celle-ci , les Artères vertébrales et les Nerfs «pinaux ;
3® La Crête occipitale externe , Ciista occipitaUs extema (c), où se fixe le Ligament cervical postérieur ^ et que surmonte ,
4*^ La Protubérance du même nom , Spina occipitaUs exUrna ( a ) , plus ou moins saillante et inégale , placée à peu près au milieu de Tespace qui sépare le Trou occipital ( i ) de l'Angle supérieur de l'os ( / ) ;
5« Entre celui-ei et la Protubérance , une surface convexe que recouvre l'Aponévrose épicr&nienne.
De chaque côté, et dans le même sens, on voit :
I® Le Condjle de V Occipital y Processus Occipitis condyloîdeus ( fig. i? ^^> fig. ^ 9 oo , fig. 3, g^, fig. ^jhh)y éminence articulaire, convexe, ovale, alongée d'arrière en avant et de dehors en dedans , encroûtée de cartilage , inégale en dedans pour rattache d'un ligament qui vient de l'Apophyse odontoîde ( pi. xxiv, fig. 3 et 4 9 n° I ) , bornée en dehors par une surface où s'insère le Muscle droit latéral de la tête, creusée, en arrière et en avant, par deux cavités qu'on a nommées Fosses condjloïdiennes y ou mieux, condjliennes ( Sinus condj'loïdei) ^ ei qu on a distinguées en antérieure et en postérieure ( pi. xxxvi, fig. i et 4 ) • toutes deux sont percées , a leur fond , d'un trou qui porte le même nom qu'elles ^ le premier de ces deux trous laisse sortir du crâne le Nerf hypoglosse -, le second est traversé par des vaisseaux artériels et veineux , et manque quelquefois , ce qui n'arrive jamais à l'autre , qui souvent même est double ;
a® Au-delà du Condyle, des Empreintes pour l'attache des Muscles grand et petit droits postérieurs et oblique supérieur de la tête ;
3® Au-dessus de ces empreintes , la Ugne courbe inférieure, Linea senUrlunaris inferior ( fig. i , jj ) , assez saillante et surmontée par d'autres Empreintes , où se fixent , en dedans, le Grand complexus, et , en dehors , le Splénius, et placées ellesmêmes immédiatement au-dessous d'une seconde saillie qu'on appelle
4* La Ligne courbe supérieure ( linca senù-lunaris superior ) , laquelle reçoit les insertions de plusieurs muscles , savoir : en dedans , du Trapèze ; au milieu , du Muscle occipital \ en dehors et en bas , du Stemo - cléido - mastoïdien , et a , audessus d'elle ( fig. I, II) ,
5® Une Surface triangulaire ( fig. i^ al mii) ^ lisse , en rapport avec le Muscle occipital.
La Face cérébrale ou antérieure de TOccipital ( pi. xxxvi , fig. a ) , concave , inégale, en rapport avec la Dure- mère, ofire, au milieu et de bas en haut^
i^ Une large Gouttière, inclinée en arrière, qui soutient la Protubérance annulaire , qu'on nomme Gouttière basilaire , et que quelques auteurs ont appelée I. si5
Fmw de la MoèUe alongée , Fos$m MeduBm obèongatm ; tsUe est pntiqwe wat llieiagone irrégulier que forme l'apophyse de son nom ;
a^ L*orifice interne du Grand trou occipital (b) ^ plus évaéé qoo Fexterne ;
3® La Crête occipitale interne (d), bifurquéc en bas, et à laquelle se fixe la Failh du Cervelet ;
4^ La Protubérance occipitale interne , Eminentia cruciata de quelques anAlomîstes ( a ) , remplacée quelquefois par un enfoncement , et où vient se termiaer
5^ Une gouttière (Sulcus longitudinalis) , qui se dcjette d'un côté ou de l'autre (/), le plus souvent à droite , et qui loge la fin du Sinus longitudinal supérieur de la Dure- mère.
De chaque coté , et dans le même sens , on voit sur cette face cérébrale ;
1* Une petite gouttière pratiquée sur le bord de la gouttière basilaire : elle logp le Sinus pétreux inférieur de la Dure-mère ;
a^ Dans la circonférence même du grand Trou occipital , les orifices internes dot Trous condyliens antérieurs , couverts par une éminence osseuse , au dehors de laquelle est
3^ Une portion de gouttière dirigée en dehors et en arrière , qui loge la fin dn sinus latéral de la dure-mère , et qui contient Torifice interne dn Trou oondylien postérieur : cette portion de gouttière est surmontée par
4^ La Fosse occipitale inférieure ou cérébelleuse (gg)j qui loge le lobe correapondant du Cervelet y dont la surSaice est souvent lisse , et qui est surmontée elle>» même par
5^ Une gouttière transversale nommée latérale ( e e ) ; celle-ci part de la Protubérance occipitale (a) , en se continuant avec la Gouttière médiane (; ) , qnelquefoii de» deux cdtés à la fois , mais le plus ordinairement du coté droit seulement , quoiqu'on ait aussi observé le contraire; elle est habituellement plus large et plus oourtc à droite qu'à gauche ', elle reçoit le commencement du Sinus latéral de la Duramère , et a au-dessus d'elle , enfin ,
6" La Fosse occipitale supérieure ou cérébrale (ff) , plus petite que l'inférieuie , qui reçoit les. lobes postérieurs du Cerveau , et dont la sur lace présente des finance» mamillaires et des impressions digitales a«sez prononcées.
Les deux faces de FOccipital sont séparées Tune de l'autre par des Bords , qui se réu ni ssent en formant des Angles plus ou moins aigus«
Deux de ces bords sont inférieurs (pi. xxxvi, fig. \, nn gg oo^ ûg. a, In, la, fig- 3 9 i) 9 et. présentent» en avant , une surface alongée , peu marquée , qui appartient au côté, de l'Apophyse basilaire ( fig. i, /> fig. a , e, fig. 3 , A, fig. 4, A ) , s'unit au bord inférieur du Rocher (pi. xxxvh^ fig. a,/), et est bomëe, en
fif^re , par une échauGrure profonde ( pL xxvti , fig« 3 et 4 ) ^ qui concourt k k
( '9«) fismuiticm da Troa déchiré postérieur ; quelquefois jcette éciiancrure , qu'on a.pai^ Cms nommée jugulaire , Sinus jugularis, est partagée en deux portions par Une péttta lancette osseuse , que peut aussi fournir le Temporal. Au de là^ est une éminence carrée ( pi. xxxvi , fig. i y gg, fig. 3 , /> fig. 4» ^^) > revêtue de cartilage , articulée avec ce dernier os , et nommée apophyse jugulaire ( Tubercuhim jugulare ) \ elle semble partager chacun des bords inférieurs dont il s'agit «n deux portions , ToDe que nous venons de décrire ( fig. si, nn) , l'autre placée plus lààut(//)y concave , dentelée plus profondément , et unie avec la Portion mastoïdienne du Temporal ( pi. xxxvii , fig. ^ 9 p ).
Les Bords supérieurs ( pi. xxxf i , fig. i, mm, fig. 2 ^ ii, fig. 3 , c ) présentent des pointes nombreuses , des échancrures profondes , trës-irréguliëres , souvent fort vastes, et s'articulent avec les Pariétaux. Fréquemment, ils ofirent des Os wormiens engagés dans leurs dentelures.
11! Angle supérieur de T Occipital (fig^ x, l, fig. a, À^ fig. 3, A ) résulte de la jonction de ces deux derniers bords , ^et est ordinairement aigu ; mais souvent aussi , il fsst tronqué > et alors un Os wormien considérable le remplace.
Les deux cingles latéraux ( fig. x et a, kk ) sont formés par la jonclion de oes mêmes bords avec les bords inférieurs ; ils sont mousses et s'articulent avec les Portions mastoïdiennes des Temporaux.
Une surfieiGe eanrée » laigueuse , encroûtée de /cartilage .( fig. ^9 c ) , semblant oenper antérieurement l'Apophyse basilaire, pour s'articuler avec la face postérieure du ^hénoide ( pi. xxxi, fig. a , ^ ) , est formée par la réunion des deux bords inférieurs de l'Occipital , au moment où ils se rapprochent l'un de l'autre en avant. Chez les sujets avancés en âge , le Sphénoïde et l'Occipital sont très-souvent soudés |Mr ce point , qui représente ï Angle inférieur.
L'Occipital est un os en général assez mince ; il ne présente une épaisseur marquée que dans les Condyles , dans l'Apophyse basilaire , et vers les Crêtes et les Protobérances \ c'est aussi à ces divers endroits que l'on observe du tissu celluleux \ dans la partie moyenne de ses Fosses , il est entièrement formé de tissu compacte , et si mince , qu'il est semi-translucide. Comme dans tous les autres os du Crâne , ce dernier tissu forme y au reste , une couche sur toute l'étendue de ses surfaces. Néanmoins , l'Occipital , après le Rocher toutefois , peut être considéré comm^ le plus dur et le plus épais des os qui constituent les parois de la cavité à laquelle il ^partient. Ses parties les moins résistantes sont ^ durant la vie ^ efficacement protégées au dehors par une grande épaisseur de muscles.
Il est articulé avec le Sphénoïde , les Temporaux , les Pariétaux , et l'Atlas par les divers points ci-dessus indiqués.
L'histoire de la formation, de Tostéose de l'Occipital est des plus compliquées. Cet
( »96) O89 qui paraît long-tems avant le Sphénoïde , est composé , dans le Fœtus , oomme on le sait généralement , de quatre parties long-tems distinctes , et désignées f d'un accord commun , sous les noms , i ^ de Proral ( Os prorœ ) , d'Occipital écmUeux , de Portion occipitale ( pi. xxxvi , fig. 5, e , 7, g g , ff, ii) ^ 2* de Portions condjT'^ Hennés , d^Os condjliens ( 61 61 ) ^ 3** diOs ou de Portion basilaire ( /n ).
La Portion prorale commence à s'ossifier du quarantième au quarante-deuxième jour de la gestation , et non point seulement au second mois , comme le prétend J. F. Meckel \ Elle prend d'abord naissance par deux noyaux latéraux à peu près ovalaires^très-rapprochésTunderautre et situés entre les Lignes courbes supérieures et les Portions condy Hennés (ce). Vers le quarante-huitième jour, ces deux points s'unissent et donnent eux-mêmes ainsi naissance à la Crète occipitale externe ( <2 ), en même tems qu'au-dessus d'eux deux nouveaux centres d'ossifications en forme de rubans se développent pour se réunir presqu'immédiatement (a a) entre eux par leur extrémité interne et avec les précédens par leur bord inférieur , et pour , de là, s'étendre en rayonnant en dehors et en haut.
A l'époque de la naissance, cette Portion prorale est encore distincte etséparaUe des Os condyliens. Elle se présente alors telle que nous l'avons bit représenter à la figure 5 de notre 36** planche , c^est-à-dire qu'elle a une forme quadrilobée , et qu'elle ofire quatre échancrures opposées en croix {ffjk)y et rappelant son développement par quatre noyaux qui viennent se confondre à la Protubérance externe (e).
A quelqu'âge que j'aie examiné le produit de la conception , je n'ai jamais vu , comme l'affirme M. Meckel , cette Portion prorale se développer par quatre paires de germes , et en cela mes observations sont d'accord avec celles de Béclard * , <|ui croit que cette disposition doit être une variété rare.
On pourrait joindre , en outre , aux divers centres d'ossification que nous venons d'énumérer, celui qui produit l'Os épactal ( pi. xxxviii, fig. i , e), mais cet os n'est rien moins que constant , et ne parait, d'ailleurs , qu'après la naissance.
Quelquefois, non-seulement chez le fœtus, mais encore chez certains adulte», on trouve , sur la ligne médiane de celte Portion prorale de l'Occipital , un hiatus ouvert soit au-dessus soit au-dessous de la Protubérance ^.
Les deux Os condyUens paraissent quelques jours après le Proral et avant le Basilaire. C'est à eux qu'appartiennent les portions postérieures et latérales du Troo occipital , la majeure partie des Condyles , les Trous condyliens antérieurs. Ils s'unissent , par leur extrémité postérieure , avec les côtés de l'cchancrure inférieure
> /. c, Tom. 1 1 p. 627.
* Nouveau Journal de Médecine , tom. IV » p. aïo , mari 1819.
' Les deu icals exemples de parenc^phalocèle que l*on ait en occasion d^vbserver ches l'Homme , ont coïncidé avec cette dbposîtîon anomale.
( «97 ) du Proraly auquel ils se soudent vers lage de trois à quatre ans. Chez certains sujets, ils offrent entre eux , à leur partie la plus reculée , un noyau d'ossification miliaire ou graniforme , qui complète en arrière TAnneau vertébral de l'Occipital , et y rend étranger le Proral.
Le Basilaire , d'abord railiaire , puis ovalaire , présente y à l'époque de la naissance y la figure d'un parallélogramme alongé , dont le côté postérieur est échancré pour former la partie antérieure de l'Anneau occipital.
D*après l'examen des faits qui viennent d'être relatés , on reconnaît facilement , dans le Basilaire et les Condyliens , le Corps et les Masses apophysaires d^une Vertèbre cépbalique ,'et cela en raison de leur forme, de leur situation et de leur mode de développement.
L'Os occipital , tout en se laissant facilement reconnaître dans la plupart des animaux vertébrés, est bien difierent chez eux de ce qu'il est chez l'Homme, où nous ▼enons de te décrire.
Chez les Mammifères , il se développe , à peu de chose près , comme dans notre espèce , seulement le plus communément il n'arrive point au même degré de perfection, et il demeure partagé en quatre portions, la prorale , la basilaire et les deux condyliennes , séparées et distinctes même dans les adultes. Dans les Rongeurs , en outre , les moitiés supérieure et inférieure du Proral demeurent toute la vie isolées Tune de l'autre \ ce qui a lieu aussi jusqu'à Tépoque de la naissance, au moins pour le Cheval , le Bœuf, le Bouc , le Cerf, le Mouton , le Chien et le Chat.
A mesure que , dans cette même classe d'animaux , on descend sur l'échelle des êtres , on voit l'Apophyse basilaire s'alonger, et le Trou occipital être , par suite , reculé de beaucoup , en même tems que le Proral est repoussé vers le haut , et que les Condyles viennent se placer , non plus dessous, mais bien derrière le Crâne.
Dans les Singes , les Lignes courbes supérieures de l'Occipital sont plus vives , plus saillantes que chez l'Homme , et forment souvent une véritable crête ; c'est ce qui arrive, en particulier , dans le Macaque, le Magot, le Cynocéphale , le Bonnetchinois, le Mandrill , le Pongo et le Papion.
Dans la Taupe , cet os ne présente aucune saillie apophysaire , et dans le Phoque ses Lignes courbes supérieures ne sont point marquées.
Le Lion , le Tigre , le Loup et le Renard ont , au contraire , la Protubérance occipitale excessivement saillante.
Dans l'Hyène elle est plus prononcée que dans aucun autre mammifère. (PI. xxv, fig. aret ^3. )
Dans le Chien et la plupart des Carnassiers , les Lignes courbes supérieures et cette Protubérance forment un angle aigu et saillant, d'où part, à droite et à
( 19» ) gauche , une crête qui va se terminer en arrière du Trou anriculatre. La Régian basilaire est fort plane en dessous , au contraire.
Chez rÉIépihant , cette protubérance est remplacée par une cavité contîilénMe an fond de laquelle est une crête longitudinale pour Tattache du ligament cervical , et la Portion prorale , à laquelle appartient cet enfoncement , s'étend jusque aar la partie antérieure du Crâne. Cet Occipital supérieur , avant même de se souder aux Occipitaux latéraux ou Condyliens , s*unit de bonne heure aux Pariétaux et aux Temporaux , pour former avec les Frontaux une seule calote qui recouvre le dessus de la tête. (PI. lxxi , fig. 4 9 etxxxxi, fig. i. )
Dans THippopotame , fOccipital supérieur s^avance en angle obtus entre les Pariétaux.
Chez le Rhinocéros (pi. lxxxii, fig. 3 ) , le contour de l'Occipital est une demiellipse , qui s'élargit vers sa base pour former une lame saillante derrière le trou de Toreille et la base de TArcade zygomatique (fig. i).'La ligne de la base pvéaente, à son milieu , les Condyles , et y sur les cdtés , des Apophyses mastoldes crochues et pointues.
Dans le Cochon, ces dernières apophyses font saillie précisément sons les Condyles, et sont longues, très-pointues aussi, et entièrement formées aux dépens de l'Occipital.
Chez le Daman (pi. ^xxxni, fig. a), l'Occipital s'articule, dans son milieu et en haut , avec un Os interpariétal , et n'atteint point les Pariétaux ; comme dans les Civettes et les Zibeths , de la (amille des Carnassiers , et beaucoup d'autres mammifères, cet os porte l'Apophyse mastolde (g), qui est longue et pointue diex le pachyderme dont il s*agit ici , tandis que chez les premiers elle est large et concave pour enchâsser le derrière de la Caisse.
Dans le Tapir d'Amérique ( pi. lxxxiii , fig. 3 ) , il remonte sur le crâne en avant de sa crête (fig. 4 9 ^) 9 et ne fournit que la pointe uniquement à l'Apophyse masto!de , dont le tubercule antérieur appartient au Temporal.
Dans les Solipèdes , le Cheval en particulier ( pi. lxxxiii , fig. i ) , l'Apophyse mastolde ( u) , qui dépend entièrement de l'Occipital , est longue et pointue > et la Portion basilaire alongée , est en forme de demi*cylindre : il existe aussi un Inlerpariétal entre l'Occipital et les Pariétaux (s).
Dans les Ruminans, l'Occipital est à peu près ce qu'il est dans les Solip&des. Seulement, entre TApophyse mastolde ( pi. lxxxvi , fig. 9 , c c) et le Condyle ( aa)» il existe un enfoncement. Chez le Bœuf, l'Occipital supérieur et les Pariétaux s'unissent si vite en un seul os , que cette soudure existe déjà dans le Veau presque naissant , et dans les Chameaux la Crête occipitale est
Dan* Ift Marmotte , i*Agimti , les Cochons d'Inde , le Lièvre , parmi iea Rongeurs 5 r Apophyse mastoîde appartient à l'Occipital. L'Ondatra, le Rat d'eau, la plupart dea Campagnols , le Mus huJsonius , tous animaux de cet(e même famille , ont un Interpariétal très-distînct , fort grand et étendu d'un Temporal à l'autre. Dans le Spalai ou Rat-laupe d'Orient , TOccipital est remarquable par ses dimensions conaidërables , proportionnément au reste de la tête , et il n'est point séparé des Pariétaux par un Interpariétal. Ce dernier existe dans les Gerboises, où il est grand et rhombofdal.
Chez les Échimys , autre genre de Tordre des Rongeurs , l'Occipital ofire une disposition spéciale. En descendant latéralement vers l'oreille , il se bifurque de manière à enclaver la partie montante de la Caisse et du Rocher , et à former à lui teol deux tubercules , dont le postérieur est FApophyse mastolde.
Bans llJnau , FOccipital supérieur (pi. lxxxviii , fig. i, A) s'avance par un angle saillant obtus en avant de sa Crète , qui est fort émoussée , et il n*y a point dlnterpariétal.
Dans les Tatous , en général , il n'y a point d'Os interpariétal , et la Crète occipitale est mousse et peu saillante. Dans le Tatou géant , celle-ci offre cette particularité remarquable, qu'elle est surmontée dans son cours de trois grosses tubérosités.
Dans le Lamantin d'Amérique , le plan de l'Occiphal est incliné d'avant en arrière et de haut en bas , et sa Crète fait un angle obtus. U n'y a qu'un vestige d'Apophyse mastolde. Il est remarquable aussi que , dans les jeunes sujets, le corps du Basilaire et ceux des deux Sphénoïdes se soudent entre eux , bien avant que le premier s'unisse aux Occipitaux latéraux ou Condyliens. Il n'en est pas de même ébtz le Dugong, quoique daus celui-ci on observe une union prématurée de l'Occipifal Sffpérieur avec les Pariétaux et les Interpariétaux. Sa crête occipitale est , «railleurs, moins prononcée que dans le Lamantin.
Dana les Cétacés, en général , l'Occipital est bombé , arrondi , et ses Condyles , fcMTt larges , sont placés à sa partie la plu» reculée.
Chez les Dauphins , en particulier , l'Occipital latéral et le Basilaire portent des Uuues saillantes qui s'unissent à la continuation de l'Aile ptérygoîdienne et à une laaie du Temporal.
Une ouverture entre le Temporal , l'Occipital latéral , le Basilaire et le Sphénoïde pMlérieiu- laisse passer les nerfs de l'oreille qui se rendent au Rocher. Le Trou eotidyliett , fort petit , est creusé dans le Basilaire et dans une échancrure de la Vente temporale. Les Condyles sont grands, mais peu saillans. Le Trou occipital, dirigé dans Falignement de la tète , est presque circulaire.
Dans le Marsouin , FOccipital vient faire une saiTlie en pyramide ti'onquée audessus des Os du Uez. Dans le Béluga , cet os n'a qu'une Crète fort peu saillante .^
Dans le Dauphin du Gange , il se porte tellement en avant qu il s^articnle ayec le Frontal.
Dans l'Hyperoodon , dont on conserve un squelette au Muséum des Chirurgieni de Londres , et dont P. Camper possédait une tête , la Crète occipitale, trës-élevée » trës-épaisse, transverse , est formée tout-à-la-fois par le Maxillaire, le Frontal et rOccipital.
Dans les Cachalots , FOccipital , élevé derrière les Maxillaires pour les doubler , forme , avec eux , une enceinte élevée qui n'est qu'un extrême développement de la Crète occipitale du Dauphin.
Dans les Rorquals , l'Occipital s'avance entre les Pariétaux et recouvre le milieu du Frontal jusque près des Os du Nez , en sorte que la Crète occipitale est tout près de la base de ceux-<:i. On observe, d'ailleurs, sur cet os, une arête longitudinale légèrement saillante. La Portion basilaire est fort courte et creusée en canal; ce qui arrive aussi, du reste, au Dauphin.
Les Baleines propi*ement dites ont un Occipital convexe dans toute sa partie supé-. rieure , moins oblique que chez le Rorqual , et de forme demi-ovale. Dans celle du Cap , les Condyles forment le point le plus postérieur du crâne \ mais dans celle de Groenland, ils sont dépassés de beaucoup en arrière par les Temporaux.
Dans les Oiseaux , l'Occipital ne s'articule avec la Colonne vertébrale que par un seul Condyle ou Tubercule , situé en bas du grand Trou occipital , et reçu dans une fossette correspondante du corps de l'Atlas. (PI. xciv , fig. 2, b. )
Ce tubercule est , le plus communément hémisphérique ; tel est le cas du Grand- Duc , du Vautour fauve, du Cygne, du Pétrel , du Pélican, etc. Dans l'Eîngoulevent, il est fort petit , peu saillant , et précédé sur la Surface basilaire d'un enfoncement assez prononcé. Dans le Canard, il est cordiforme , échancré et comme bilobé supérieurement ( pi. xciii , fig. S y a). Il en est de même du Jabiru. Dans le Héron et dans le Cormoran ( pi. xciv, fig. a , i ) , il ne représente qu'un quart ou un tiers de sphère et forme une saillie dirigée en arrière et un peu en haut , tandis que dans le plus grand nombre des oiseaux , il se dirige surtout en bas.
Les Crêtes et les Lignes occipitales sont très-saillantes et comme tranchantes dans le Jabiru , dans le Héron , dans la Cigogne ( Ardea ciconia ) ( pi. xcii , fig. a ), dans le Pétrel , dans la Grue, et, en général , dans tous les oiseaux qui ont le bec alongé. Dans le Vautour fauve , la Surface basilaire est traversée , au devant du Condyle occipital, par une série d'apophyses irrégulières et très-fortes, qui se dirige de chaque câté en dehors , vers les apophyses mastoides , en formant un arc dentelé.
Dans le Grand-Duc , dans l'Eîngoulevent et dans presque tous les oiseaux à bec court , les crêtes dont nous venons de parler sont peu prononcées.
Chez le Cormoran ( Phalacrocorax carbo ) , comme l'a noté M. Cuvier , la Pro-
( ^Oï )
tubérance occipitale externe supporte un os alongé , triangulaire , et qui parait être le résultat de l'ossification du Ligament cervical.
Les enfoncemens de TOs occipital pour les insertions des muscles ne sont pas moins prononcés que les crêtes et les saillies chez beaucoup d'oiseaux , et spécialement dans la Grue, le Jabiru, le Pétrel, le Pélican (pi. xciv, fig. i ), etc.
Dans les Oiseaux nouvellement sortis de Tœuf^ l'Os dont il s'agit a à peu près la figure d'un anneau et est subdivisé en quatre parties , une supérieure ou squameuse^ deux latérales , et une inférieure ou basilaire trës-petite.
Le Trou occipital présente quelques variétés pour sa forme et ses dimensions dans les divers genres de la seconde classe des Animaux vertébrés. Dans le Pélican , où ses angles sont arrondis , il est grand et quadrilatère. Sa figure , dans la Grue , est à peu près la même ; mais , dans le Grand-Duc , il représente une ellipse dont le grand diamètre est transversal. Dans l'Engoulevent, il est cordiforme, et présente sa petite extrémité en haut et en arrière. Dans la Cigogne et dans le Bihoreau (^Ardea njcticorax , Linn. ) , de même que dans le Perroquet, il est à peu près circulaire, et dans l'Oiseau royal {Ardea -payonina, Linn.), il représente un triangle à angles arrondis.
Dans la plupart des Reptiles , l'Os occipital est partagé en quatre pièces , comme dans les jeunes Mammifères , et quelquefois même en six.
Quand il n'existe que quatre de ces pièces , deux , V Occipital supérieur ( pi. xcv , fig- 5 , /, fig. 9 , a, fig. 7, c, fig. 4 » « ) et le Basilaire ( fig. 7 , e ) , sont situées sur la ligne moyenne \ deux autres , les Occipitaux latéraux y sont placées sur les cotés (fig. 7,44).
Tel est le cas des Crocodiles ( pi. xcv , fig. i, a, 3, 7 ).
Quand ces pièces sont au nombre de six , les deux qui accroissent le nombre ordinaire sont dites Occipitaux extérieurs (pi. xcvi, fig. ^^ nn ^ pi. xcv, fig. 6, jj).
Les CBÉLOniEifs , qui n'ont qu'un seul Condyle occipital , offrent cette disposition , au moins pendant les premières périodes de leur vie ( pi. xcv, fig. 5, 6 et 8 ).
Dans la Tortue de terre , dont le Condyle est prolongé et divisé en deux , les Os occipitaux extérieurs (pi. xcvi , fig. 5jjj) sont un véritable démembrement des Occipitaux latéraux ordinaires , comme les Frontaux postérieurs et antérieurs sont , chez les Reptiles en général , une dépendance du Frontal principal. Chacun d'eux est inséré entre l'Occipital supérieur ( fig. 17, i ), le Mastoïdien (c), la Caisse (d) et le Rocher , avec lequel il contribue , par la coaptation de deux échancrures correspondantes, à la formation de la Fenêtre ronde. Ces mêmes Occipitaux extérieurs, par leur connexion avec les Rochers encore et avec l'Occipital supérieur (b) , poncourent au logement de la Caisse du Labyrinthe.
( 2oa )
Dans plusieurs Émydes et , en particulier, dans VEmjs expansa ( pi. xcvi, fig. 6, Im Im), le Tubercule mastoïdien est formé également par le Mastoïdien et par rOccipital extérieur. Quant aux Occipitaux latéraux, ils sont fort petits et se soudent promptement avec le Basilaire.
Dans rÉmyde serpentine , les Occipitaux extérieurs ne sont déjà plus visibles à un certain âge , et sont unis aux Occipitaux latéraux , tandis que , dans les Tortues de terre , ils se soudlent d'abord à TOccipital supérieur.
Dans la Matamata , ils sont encore distincts , même dans de grands individus.
Dans les Chélonées ou Tortues de mer , le Condyle occipital présente trois (aoettes articulaires en forme de trèfle.
Chez les Crocodiles, les Occipitaux , au nombre de quatre, sont situés à la même place , et remplissent les mêmes fonctions que les quatre pièces dont FOccipital-des fœtus des Mammifères est composé (pi. xcv, fig. i, a, 3). Seulement le Condyle articulaire unique, placé au-dessous du grand Trou occipital, appartient presqu'cntièrement au Basilaire (fig. i, a, fig. ^9 o) j tandis que les deux Occipitaux laté* raux ( fig. >], dd) et FOccipital supérieur (c) sont creusés de cavités pour ToIreiUe interne , à laquelle le Rocher est loin de pouvoir suffire.
Dans les autres Savxiens , les quatre Occipitaux forment une sorte d*anneau qui entoure Tencéphale en arrière. Comme dans les Crocodiles , chez eux , les Occipitaux extérieurs manquent y en sorte que les Occipitaux latéraux , bien diffiSrens de ce qu'ils sont chez les Chéloniens , se trouvent composés d'une seule- pièce chacun, et ne sont point divisés en deux.. Les autres pièces de l'anneau n'ofifrent rien de particulier.
Dans tous ces Sauriens , qui , de même que le Crocodile , n'ont qu'un seul condyle occipital, les Occipitaux latéraux, contribuant , avec le Bocher et TOccipital supérieur (fig. if c) f à former la cavité du Vestibule, et avec le premier seulement l'ouverture de la Fenêtre ovale , donnent, d'ailleurs , une partie saillante en ddion et à laquelle viennent se réunir par leur extrémité le Mastoïdien , le Temporal et le Tympanique , et sont percés inférieurement d'une ouverture plus large que b Fenêtre ovale et au fond de laquelle on remarque deux trous , un antérieur qui va dans le crâne, et un postérieur, qui est la Fenêtre ronde et donne dans une fossette de la cavité vestibulaire , laquelle représente le Limaçon.
Le Tubercule articulaire occipital est ici comme partagé en deux par un sillon longitudinal superficiel.
Dans le grand Monitor du Nil ^ l'Occipital supérieur est placé en arrière dans la bifurcation du Pariétal (pi. xcvi , fig. i, c ) , à laquelle il ne tient que par un liga^ ment rond.
Dans le Gimëléon , le» quatre Occipitaux , dans Tanneau encéphalique qu'ils constituent, représentent mieux la forme générale d'une vertèbre que dans tout autre genre (pi. xix, fig. i ).
Dans les Ophidiens, pour la plupart, lanneau occipital de la tête est formé du même nombre de pièces que dans les Sauriens. Il porte en arrière une apophyse prolongée et fort visible dans le grand Python de Java. En général aussi, chez les Reptiles de cette classe , le Condyle occipital est formé par trois facettes disposées en trèfle, et rapprochées en un tubercule au-dessous du trou occipital.
Quelques genres cependant, dans cet ordre , offrent des caractères particuliers. Les Amphibènes , par exemple , n'ont qu'un Occipital unique •, et , oomme les Cécilies, ils offrent deux Condyles occipitaux très-écartés l'un de l'autre pour l'articulation de la Tête avec l'Atlas ou première Vertèbre.
Dans les Batraciens ( pi. xcvii ) , on n'observe plus que les deux Occipitaux latéraux ( fig. i^ dd)^ sans Occipital supérieur et sans Basilaire. Ces os forment le contour du Trou céphalo-rachidien, et portent chacun un condyle pour l'Articulation occipi to-atloïd ienn e .
Chez le Pipa , ces deux os s'étendent en dehors comme les branches d'une croix, et sont tellement unis avec les Rochers qu'on ne peut les en séparer au moins dans les individus adultes ( fig. 6 et 7 ).
Dans la Salamandre terrestre, on ne trouve également que les deux Occipitaux latéraux , dont chacun s'unit intimement avec la partie analogue au Rocher , et présente un grand trou rond , bien encadré, qili sert d'entrée au Vestibule , et par conséquent, de Fenêtre ovale, et qui , dans l'état frais, est fermé par une plaque cartilagineuse , sans tige , et entièrement cachée sous les muscles.
Les deux Condyles sont très-séparés l'un de l'autre , et placés de chaque cdté du Trou occipital.
Dans la Sirène , le Rocher et l'Occipital sont par&itement distincts. Ce dernier ne concourt qu'à la formation de la partie inférieure de la Fenêtre ovale , pratiquée ici' en entier sur le premier.
Dans les Poissons, l'Occipital forme comme une troncature verticale du Crâne , et ne s'unit au Rachis que par un Condyle unique et placé au-dessous du Trou occr-, pital. Sa partie supérieure , dans quelques espèces , est munie d'apophyses latérales aplaties , très- saillantes , et armée d'une épine longitudinale qui se termine au-dessus du grand Trou rachidien. Sa portion basilaire , le plus souvent , ne constitue qu'une crête longitudinale plus ou moins arrondie.
Dans le Merlan , la Perche , le Saumon, la Truite , la Morue , et quelques autres poissons , la Protubérance occipitale se prolonge en une vive arête.
L'Occipital des Squales et des Raies, en général , commô les Pastenagues , les My-
liobales , les Humantmft , le» Pèlerins , etc. , oflFrc deux Condyles pour son articulation avec la Colonne épinière.
/. Du Temporal, Os Temporum (pi. xjucvii).
Le Temporal ' est un os d'une figure peu facile à déterminer , surmonté d'un grand nombre d'éminences , creusé d'une multitude de cavités , et renfermant, dans son intérieur, les organes spéciaux de TAudition. Il occupe les parties latérales et inférieure du crâne ^ , et est séparé de son semblable par le Sphénoïde et l'Occipital en bas , par les Pariétaux en haut.
Sa Face auriculaire ou externe ( fig. i ) est légèrement convexe , lisse et entièrement placée à Textérieur du crâne (pi. xxxix, fig. i, njrpo). Tout-à-fiedt en avant et en haut, elle présente une surface assez large (pi. xxxvii, fig. i. A), parcourue par quelques sillons qui logent des rameaux des artères temporales profondes , et donnant attache , dans presque toute son étendue , qui &it partie de la Fosse temporale (pi. lxxv, hi zz 'j)^ au muscle du même nom. Au-dessous, on voit naître une forte apophyse ( pi. xxxvii , fig. i , c g)y large dans le principe (e/), se rétrécissant ensuite progressivement (i), dirigée d'abord horizontalement en dehors et en avant ( e i), ne conservant bientôt plus que cette dernière direction ( i c ) , et se contournant sur elle-même en s'éloignant du reste de Tos de manière que ses faces ^ primitivement horizontales, deviennent verticales : c'est V Apophyse zjrgomatique ou jugale , dont le Bord supérieur, mince et droit, donne attachée l'Aponévrose temporale , tandis que Vinférieur , épais , concave et beaucoup pins court que l'autre, sert^ ainsi que la Face interne, à l'insertion du Muscle masseter; quant à sa Face externe ( bf) , elle est convexe et sous - cutanée ^ son Sommet ( fig. i, c, fig. i , b, fig. a , a ) , coupé obliquement en bas et en arrière , présente des dentelures qui s'articulent avec l'Os de la Pommette (pi. lxxv, a). Sa Base ( pi. XXXVII, fig. i , fe) , tournée en arrière, creusée en haut par une coulisse superficielle , dans laquelle glisse une grande partie des fibres du Muscle temporal, porte en bas un tubercule mousse et peu saillant (^), où vient se fixer le Ligament latéral externe de l'Articulation temporo-maxillaire , et donne naissance
' Cet os a été ainsi nommé parce que. c'est lui qui fait la base de la région de la tète où les cheveox commencent ordinairement à blanchir et indiquent , [>ar conséquent, les diyen es périodes de Tlige ( Tempora).
* La plapart des anatombtes considèrent le Temporal de l'Homme comme résultant de la réunion de trois portions distinctes , l'écailieuse ou squameuse en dehors , la mastoïdienne en arrière , et la pierreuse en bit et en dedans. Ches l'adulte , il forme cependant un tout continu, et n'est formé que d'une seule pièce.
( «o5 ) à deui prolongemens qu'on appelle les Racines de V Apophyse s^gomadque : Tune de ces racines (fig. I9 7> fig- 3, ^) , celle que le professeur Chaussier a appelée Condjrle du Temporal, inférieure, transversale , concave de dedans en dehors, convexe d'avant en arrière , encroûtée de cartilage , sert à l'Articulation de la Mâchoire inférieure^ l'autre (fig. i^fg), supérieure , longitudinale , se porte en arrière et se bifurque elle-même. Sa subdivision supérieure (g) gagne, en décrivant une courbe, la circonférence de l'os ; l'inférieure (e) descend un peu en dedans , et se termine à l'extrémité externe d'une fente très -étroite (h) qui pénètre dans la Caisse du Tympan , et à laquelle on assigne les noms de Fente glénoïdale et de Scissure de Gloser ( Scissura Glaseri ) : c'est par cette fente que passent le tendon du Muscle antérieur du Marteau, quelques vaisseaux , et un filet nerveux appelé Corde du Tympan,
Cette scissure de Glaser, dirigée en dedans et un peu en bas, partage en deux portions la Cavité glénoïde du Temporal (ûg. 3,d jr)y sorte de fosse peu profonde, tournée en bas, en dehors et en avant, d'une figure irrégulièrement ovalairc, circonscrite , en dehors^ par la Racine supérieure ( fig. i, c ), et, en avant, par la Racine transversale (fig* ^ f d) de l'Âpophysc zygomatique, en sorte qu'elle semble occuper l'intervalle qui existe entre elle. La portion antérieure de cette cavité (fig. 1,7) est revêtue de cartilage dans l'état frais , et s'articule avec le Condyle de l'Os maxillaire inférieur ( pi. xliv , fig. 3 , ce ) ^ sa portion postérieure ( pi. xxxvii , fig. 3 , ^ ) , moins régulièrement limitée, moins lisse, moins concave, est recouverte de périoste et n'est point articulaire.
En arrière et en dehors de la Cavité glénoide, entre les deux divisions de la Racine supérieure de l'Apophyse , on voit l'entrée du Conduit auditif externe ou Trou auriculaire ( fig. i , / ), Meatus auditorius extemus, Foramen acusticum externum des Latins. Ce conduit semble formé d'une lame osseuse contournée sur elle-même , se confondant en haut avec le reste de l'os , et constituant en bas un bord inégal , dentelé , plus ou moins saillant, qui donne attache au fibro-cartilage de FAuricuIe. Lui-même , dirigé d'arrière en avant et de dehors en dedans , un peu courbé en bas . moins large k sa partie moyenne qu'à ses extrémités , s'ouvrant dans la Caisse du Tympan , est tapissé par un prolongement de la peau, et a neuf ou dix lignes de longueur : en haut et en arrière , il est plutôt terminé qu'en bas et en avant. Dans le fœtus , il est remplacé par un cercle osseux séparé du reste de Tos et interrompu en haut ( fig. 5 , bb).
Au-delà du Conduit auriculaire, on observe une éminence conique nommée Apophyse mastoïde , Processus mastoïdeus " ( pi. xxxvii, fig. i, J ; pi. xxxix, fig. i, p'y pi. Lxxii , pp) en raison de sa figure qu'on a comparée à celle d'un mamelon.
' M*9xoçj mamelle, iTloç, ressemblance.
( ao6 )
Bien plus saillante chez les vieillards que chez les jeunes sujets, à surface rogaense et comme chagprinëe , plus ou moins obtuse , plus ou moins droite ou courbée > plus ou moins convexe (pl.Lxxviii, fig. i eta^ pi. lxxix, fig. i, a, 3;. pi. lxxx, ûg. ly 2,3), quelquefois terminée par une sorte d'écaille , elle donne attache au Muselé stemo-cléido-mastoldîen , et est surmontée par une surface raboteuse (pi. xxxTn» (ig. I, B) , où sHnserent ce muscle , le Splénius et le Petit Complexus. Cest là que se trouve ordinairement pratiqué le Trou mastoïdien , Foramen mastotdeitfn (fig. i, . t , fig. 3,7), dont la situation varie beaucoup , car quelquefois on le rencontre «nr rOccipital ( pi. XL 9 fig. i,>n*^ 3i ) , et assez souvent dans la suture qui unit cet os au Temporal. ( pi. lxxii ). Ce trou donne passage à une artère et à une veine émissaire de Santorini ; quelquefois il manque d'un cété ; quelquefois il y en a trois ou quatre sur chaque os ( pi. lxxix^ fig. 3 , pi. lxxx y fig. i ). En dedans de T Apophyse mastolde règne un enfoncement longitudinal qu'on appelle la Rainure digastnque ( pi. xxxviiy fig. I, V, fig. 3, 1 , pi. Lxxv, x) , parce que le muscle de ce nom vient s'y attacher , et un autre sillon moins profond pour le Muscle petit complexus.
La Face cérébrale ou interne du Temporal (pi. xxxvii, fig. a ) offre , en haut, une surface ( c ) coupée obliquement , fortement striée , parsemée d'uu grand nombre d'aspérités , et destinée à s'unir avec le bord inférieur du Pariétal. Cette surface est beaucoup plus large dans sa partie moyenne qu'en arrière (9) et surtout qu'en avant (6)9 où elle se confond avec la circonférence de Tos. Au-dessous d'elle, ou observe un espace concave , inégal ( A) , creusé de plusieurs sillons artérieU , parsemé de ces éminences et de ces cavités d'impression que nous avons déjà signalées plusieurs fois à la face interne des os du crâne.
Une apophyse pyramidale triangulaire (fig. i, c, fig. a, c), dirigeant son ^mmet ( fig. iffi, fig. A, h , fig. 3, a) en avant et en dedans vers le sphénoïde, faiblement inclinée dans le même sens, sort du milieu de la face cérébrale du Temporal ; c^est le Rocher , qu'on appelle aussi Apophyse pétrée , et que les Latins nomment Pjrramis ou Os saxeuni.
La Face supérieure de ce Rocher présente , dans son milieu , une petite ouverture irrégulière ( fig. 2, ^) , nommée Hiatus Falhpii ou Hiatus antérieur de t Apophyse pétrée , laquelle transmet dans l'Aqueduc de Fallope un filet nerveux du Ganglion sphéno-palatin et une artériole. Au devant de ce trou , on aperçoit un petit sillon simple ou double , droit , peu profond , qui loge le nerf et l'artère qui y pénètrent; et en arrière est une bosselure transversale fort saillante ( e ) , qui indique la posilion du Canal demi-circulaire supérieur.
Au reste , toute cette face est couverte d'impressions cérébrales.
La Face postérieure du Rocher, tapissée , comme la précédente , par la Dureu ère , offre, en haut et en avant , une ouverture (pi. xxxvii, fig. a, 1) coupée
( ao7 ;
obliquement, large, à bords mousses et arrondis, qui est Forifice d'un conduit peu profond , nommé Conduit auditif interne ou Trou labjrinthique , lequel , dirigé en avant et eu dehors^ traversant à peu près les deux tiers de l'épaisseur du Rocher, est abruptement terminé par une lame osseuse verticale ( fig. 8 ) , où est pratiquée en haut une petite fente dans laquelle s'introduit le Nerf facial , et qui est rentrée de TAqueduc de Fallope : au-dessous de cette fente est ime sorte de crête qui surmonte plusieurs pores , que traversent des filets du Nerf acoustique.
En arrière de Fouverturc du conduit auditif, on aperçoit une cavité peu profonde, irrégulière, rétrécie en raison directe de Tâge (fig. a, /i), dans laquelle vient se fixer un prolongement de la dure-mère ; une scissure étroite (m/i) , triangulaire et fort peu longue , où vient se terminer TÂqueduc du Vestibule , et , enfin , un sillon assez marqué qui descend de cette scissure vers la Fosse jugulaire , dont nous parlerons bietitât.
Comme la précédente , cette face est couverte d'impressions digitales et d'éminences mamillaires.
Elles sont séparées Tune de l'autre par un bord non tranchant (/) , offrant , en dedans, une dépression semi-lunaire , sur laquelle repose le tronc du Nerf trifacial, et, dans toute sa longueur, une gouttière superficielle où est logé le Sinus pétreux supérieur de la dure-mère.
La Face inférieure du Rocher (fig. 3) , placée à Fextérieur du crâne, est trèscompliquée. On y observe , en dedans , une surface très-raboteuse, où s'insèrent les fibres des Muscles péristaphylin interne et interne du Marteau ^ cette surface est bornée , en dehors , par l'orifice extérieur du Canal carotidien ( o ) , dont le contour est frangé , et par une cavité qui se trouve derrière lui ( n ) , et qui , appelée Fosse jugulaire , loge l'origine de la Veine jugulaire interne : une petite facette plus ou moins irrégulièrement quadrilatère ou triangulaire ( Z ) , encroûtée de cartilage dans rétat frais, et articulée avec l'Apophyse jugulaire de l'Occipital , la borne en dehors , et présente , entre elle et' l'Apophyse mastoide , un trou nommé Stylomastoïdien. Ce trou est arrondi et placé dans un enfoncement très-marqué , qui semble souvent le cacher en partie ; il termine l'Aqueduc de Fallopé et transmet au dehors du Crâne le Nerf facial. En avant de cette ouverture et un peu en dedans, on remarque une éminence alongée , grelc , terminée en pointe , plus ou moins courbée , tordue , ou noueuse , descendant obliquement en avant (fig. i , r q i fig. a , /) : c'est Y Apophyse stjrloïde , qui tire son nom de sa forme et donne attache aux Muscles stylo-hyoldien , stylo-glosse , stylo-pharyngien , et aux Ligamens stylo-maxillaire et stylo-hyoïdien ■• Cette apophyse, qui ne tient pas au reste de
' Ccst à cet a le nom de Bouquet anatomiq
isscmblage de muscles et de ligamens que plusieurs professeurs des deux derniers siècles donnaient }uet anatomique de Riolan , nom qui s*est conservé par tradition dans plusieurs de nos écoles.
( ao8 )
Tos pendant la jeunesse ( fig. 4 ) ^^ ^^^ alors articulée avec le Rocher à Taide d^une intersection cartilagineuse ( fig. 3 ^ 5 ) , se trouve embrassée ^ à sa base y par une lame osseuse , contournée sur elle-même , saillante en dedans , manquant dans le sens opposé ( fig. i et 3 , r r ) : c'est Yjipophjse vaginale ou engainante , laquelle forme la limite postérieure de la Cavité glénoïde ( fig. 3 , j^* )•
La lace inférieure du Rocher, telle que nous venons de la décrire, est séparée de la supérieure par un bord très-court ( fig. 1,0^ fig. % ^ g)y peu distinct en raison de son irrégularité , articulée avec le Sphénoïde , et de la postérieure, par un bord inégal ( fig. lyp ; fig. 2, mj A ), où Ton voit en arrière une échancrure (fig. 3, ra), partagée souvent en deux portions par une petite lame osseuse , et concourant, avec rOccipital y à la formation du Trou déchiré postérieur. Au milieu de ce bord , est une ouverture triangulaire ( fig. 3, v) , qui est Torifice externe de TAquedac du Limaçon, et qui envoie aussi un sillon vers la Fosse jugulaire. Eln dedans tout*à-fiût, ce bord se joint à TOccipital.
Le Sommet du Rocher ( fig. I9 a; fig. 2 , A ; fig. 3, x) résulte de la réunion de ses trois faces ; il est fort inégal , tronqué obliquement , quelquefois formé en partie par un os wormien ; une portion de la circonférence du Trou déchiré antérieur ( pi. XL , fig. 1, n<> Il , pi. XLi , fig. 2, yjr ) lui appartient ^ et y enfin , il présente Torifice interne du Canal carotidien ou Conduit injlexe de tOs temporal, Canalis caroticus intemus, (pi. xxxvii, fig. 3, u), encore plus frangé que l'exterue e| d'une forme très-variable suivant les sujets. Ce canal donne passage à F Artère carotide interne et à plusieurs filets nerveux. A sa naissance ( fig. 3, o ) , il se dirige verticalement en haut , puis il se courbe bientôt , et se porte horizontalement en dedans et en avant vers Torifice interne , où , privé de sa paroi supérieure , dans une assez grande étendue , il ne forme plus réellement qu'un demi-canal.
V Aqueduc de Fallope ou le Canal spiroïde du Temporal ( jiquœductus Fattopu) , dont nous avons indiqué l'origine au fond du Conduit auditif interne et la terminaison au Trou stylo-mastoidien , est un canal étroit , mais remarquable par sa longueur : il loge le Nerf facial. Aussitôt après son origine , il remonte en dehors et en atrière jusqu'à la partie supérieure du Rocher , où il est percé par VIfiaius Fol-lopU^ puis il se dirige toul-à-fait en arrière sur la Caisse du Tympan , pour redescendre, d'abord obliquement et ensuite verticalement, dans la paroi interne de cette cavité , et venir aboutir au Trou stylo-mastoïdien , Foramen stjlo-mastoïdewn.
Ce canal est tapissé par une membrane fibreuse des plus minces , et se troave percé dans son trajet de plusieurs ouvertures , indépendamment de celle qui cor^ respond a THiatus de Fallope. Dans son Traité d'Ostéologie ' , Bertin en a indiqué
' Tome II f pag. 5a.
( ^og ) Une au niveau de celui-ci , mais beaucoup plus petite que lui , et venant s'ouvrir dans un des Canaux demi-circulaires. M. Jacobson , tout récemment , en a fait connaître une autre qui mène dans une rainure , ou , comme Ta voulu Béclard , dans un canal pratiqué sur le Promontoire du Tympan : elle permet une anastomose du Nerf glosso-pharyngien avec un filet du Ganglion spbéno-palatin et du Plexus carotidien. Enfin , plus loin, TAqueduc de Fallope donne naissance à un canal qui transmet la Corde du Tympan, et à quelques petits conduits pour des filets nerveux qui vont 86 distribuer ^ux muscles des Osselets de Fouie.
En arrière du Rocber , et toujours sur la iace cérébrale du Temporal , on remarque une fosse (fig. a» B ) assez profonde , peu large , en forme de gouttière , qui ofifre, Torifice interne du Trou mastoïdien (o), et qui loge une portion du Sinus latéral de la Dure-mère. Ordinairement considérable , cette fosse est recourbée en avant et en haut.
La Circonférejœe du Temporal commence par un angle rentrant (g:) à l'endroit où le bord antérieur du Rocher (hd) s'unit au reste de l'os. Cet angle , qui reçoit l'Epine du splénoïde ( pi. xxxii, fig. i et a, r r) , présente dans son fond deux ouyertures , séparées par un filet osseux, et placées Tune au-dessus de Tautre : la supérieure, moins marquée, donne entrée au Muscle interne du Marteau ] Xinférieure est l'orifice de la portion osseuse de la Trompe d^Eustachi ou Conduit guttural de TOreiUe. Ensuite , cette Circonférence , coupée en biseau aux dépens de la face externe (pi. xxxvii^ fig. 3, e ), épaisse , dentelée , s'articule avec le Sphénoïde , en se dirigeant en avant et en haut ; puis elle devient mince, tranchante ( fig. i, a) et se porte en arrière en décrivant un demi-cercle ( a x ) pci , elle s'articule avec le Pariétal et forme la suture dite écailleuse ; au-dessus de l'Apophyse mastolde , elle est de nouveau creusée par un angle rentrant ( fig. i , x, fig. a, ^ ) ; elle redevient épaisse et s'unit à l'Angle inférieur et postérieur du Pariétal ; enfin , toujours épaisse et dentelée ( fig. a , ^ B p^ fig. i, x oi^) y elle descend en avant , au-dessous de cette apophyse , s'articule avec la portion supérieure du Bord inférieur de l'Occipital , et vient se terminer au Rocher vers le Trou stylo-mastoïdien.
Le Rocher renferme dans son intérieur un appareil très-<:ompliqué , et que nous décrirons avec les organes des sensations spéciales ; il est , d'ailleurs , formé par un tissa compacte très-dense, très-blanc , très -résistant 5 après les Dents , il est même la partie la plus dure du squelette , et c'est de cette circonstance qu'il a tiré le nom par lequel on le désigne dans la plupart des langues. En examinant son tissu au microscope , cependant , et notamment chez le fœtus , on reconnaît qu il y a un entrecroissement entre les filamcns osseux qui le composent (pi. xxxvii, fig. 11.)
' Tomelly pag. 5s.
( aïo )
L'Apophyse mastoïde est occupée à Fintérieur par de vastes cellules » et le reste du Temporal offre la même structure que les autres os du Crâne. En examinant , chez Tadulte , la lame externe de la portion écailleuse f on y découvre des sillons rampans avec une foule de points et quelques petits pores épars (Gg. ic). Vue de même au microscope , la lame externe de la Portion mastoïdienne , est inégale et comme partagée en une série de mamelons séparés par des sillons (fig. 9). Cette disposition a été parfaitement observée et figurée par le célèbre Mascagni.
Le Temporal est articulé avec le Sphénoïde , le Pariétal , TOccipital ^ l'Os de la Pommette , et la Mâdioire inférieure , par les divers points indiqués précédemment.
Dans sou mode de développement , le Temporal cesse de présenter , avec les 08 du Rachis , la ressemblance que nous avons reconnu exister dans la plupart des os du Crâne examinés par nous jusqu'à présent.
Il s'ossifie successivement par diverses parties, qui sont la Portion zygomatique, la Portion écailleuse , la Portion tympanale , le Labyrinthe , la Portion mastoïdienne et la Portion styloïdienne ' .
C'est du quarantième au quarante-cinquième jour de la vie intra-utérine que s'ossifie la Portion zjgomatique. Bornée d'abord à la Bacine articulaire de l'apophyse de ce nom ( fig. 49^)9 ^U^ s'étend ensuite davantage en arrière encore , de manière à former la partie supérieure du cadre de la Membrane du Tympan (fig. 4* ])' Vers deux mois , cette partie postérieure est quelquefois plus étroite en avant qu'en arrière , comme si , dit Béclard y elle s'était formée par un germe spécial.
La Portion écailleuse (fig. ^ j a^ fig. 5 , àdd) , commence à s'ossifier vers le quarante-cinquième jour. Jusqu'au cinquantième elle semble distincte de la Portion zygomatique^ mais alors elle se joint à la base de TApophyse de ce nom^ et s'en écarte en rayonnant ( fig. 5 , a ^ dd ). Quelquefois elle est comme bilobée et présente deux centres d'ossification ; l'un » plus mince , qui tient à la base de l'Apophyse zygomatique , et l'autre , plus épais, qui dépend de la racine postérieure de celle-ci.
La Portion tympanale commence à s'ossifier , par sa partie antérieure , du cinquantième au soixantième jour , avant TApophyse basilaire et le Sphénoïde. An troisième mois , elle forme , par l'union de ses deux extrémités avec la racine postérieure de la portion zygomatique, un cadre elliptique pour la Membrane du Tympan (fig. 5, b b)j lequel cadre ^ Annulus Mewbranœ Tjrmpani, d'abord presque complet ^ continue ensuite de s'étendre plus lentement , de manière qu à six mois il est achevé, et qu'à sept ses extrémités se croisent , sans s'unir cependant. Vers l'époque de la naissance , il se soude par ses deux extrémités , avec la Portion zygomatique, puis il s'étend par son bord externe et forme une tranche de cylindre incomplet qui ap-
' A CCS dhren aojami d*o#téoM , B^dard ajoute encore eein qal appartiennent ans Osselets du Tympan.
partient aux parties inférieure , antérieure et postérieure du conduit auriculaire. Comme , du reste , Taccroissement se fait beaucoup plus lentement à la partie inférieure du cerceau qu en avant et en arrière , il en résulte qu'on voit un hiatus cartilagineux au milieu de la Jame osseuse recourbée qui forme le conduit auriculaire , et cela depuis deux jusqu'à six et sept ans.
Le Labyrinthe commence à s'ossifier de deux mois et demi à trois mois environ. On aperçoit d'abord , dans la région postérieure et inférieure de l'aire du cadre du tympan , une éminence qui appartient au limaçon , qui , plus tard , sera le Promontoire , et qui, de trois mois à cent jours^ s'étend en avant vers le sommet du Rocher. Au même moment , le contour de la Fenêtre ronde et de la Fenêtre ovale est complété , et le milieu du Canal demi-circulaire vertical supérieur est ossifié. Vers trois mois et demi ^ la paroi du Limaçon est entièrement osseuse y ainsi que ce même canal , le Vestibule et le Conduit auditif interne. Vers quatre mois , le Canal vertical postérieur et le Canal horizontal y s'ossifient successivement dans la base du Rocher (fig. 6), qui, en s'étendant progressivement, forme la Région mastoïdienne du Temporal.
Le Rocher ( fig. 6 et 7 ) ^ résulte de l'ossification successiTe du cartilage qui entoure le Labyrinthe déjà osseux, qui comble les enfoncemens qui se trouvent entre les saillies de celui- ci , et dans lequel sont pratiqués plusieurs canaux, comme l'Aqueduc de Fallope , entre autres , qui s'ossifie d'abord à Torifice interne vers trois mois et demi , et à l'externe deux mois plus tard. La portion de ce canal à laquelle vient aboutir l'Hiatus de Fallope conserve l'apparence d'une simple gouttière jusqu'au moment de la naissance à peu près. Le Canal carotidien n'est point encore apparent au sein du cartilage dont il s'agit, dans le fœtus de quatre mois , et à cinq mois il n'est encore qu'une gouttière superficielle , dont les bords ossifiés se rencontrent à r^oque de la naissance, et forment ainsi le canal (fig. 6 ,2a. ). Quant aux Canaux demi-circulaires vertical postérieur et horizontal, ils restent toujours cachés dans la base du Rocher , sans &ire de saillie à la surface , tandis qu'au contraire le vertical supérieur en fait une très-marquée durant toute la vie intrà-utérine, et qui ne s'efiace que plusieurs années après la naissance, lorsque le Labyrinthe est entièrement enveloppé par le Rocher ossifié.
La Portion mastoïdienne ( fig. 4 ^ ^ ) ^'^^^ ^^ P^^^^ souvent que la Base du Rocher dont l'ossification s'est étendue. Par fois néanmoins, dans la masse cartilagineuse qui recouvre les Canaux demi-circulaires , et qui forme la base de l'Apophyse pétrée , on trouve , au moment de la naissance , quelques petits points osseux qui se réunissent promptement entr'eux et avec le Labyrinthe.
Quant à la Portion styloîdienne , d'abord purement fibreuse , et formée par la partie supérieure du ligament stylo-hyoïdien , elle devient fibro-cartilagineuse vers
( aï2 )
les premiers mois qui suivent la naissance , mais elle n'est complètement ossifiée que plusieurs années après celle-ci. Jusqu'à dix-huit ou vingt ans , en effet, TApophyse styloïde ne tient au Rocher que par un cartilage. Celui-ci disparaît à cette époque , mais , plus tard , il se développe , au-dessous même de l'Apophyse , un ou plusieurs noyaux fibro-cartilagineux d'abord, et ensuite osseux, lesquels descendent vers la petite Corne de l'Hyoïde, et, assez souvent même, dans les individus màlés âgés, font corps avec elle , comme l'ont vu Eustachi * , Vésale * , Béclard * , comme nous avons pu l'observer par nous-mêmes , et comme le prouvent plusieurs préparations anatomiques conservées dans le Cabinet de la Faculté de médecine de Paris.
Après la réunion complète de ces diverses pièces constituantes du Temporal , on voit encore l'Apophyse mastoide acquérir un grand développement ; la Portion écailleuse prendre plus de hauteur , et devenir plus bombée en dehors ; l'Apophyse zygomatique se déjeter dans le même sens , et s'éloigner de la Portion écailleuse dont elle dépasse le bord antérieur dans la même proportion , en même tems que la Cavité glénoïdc et sa protubérance articulaire , primitivement planes , très-larges d'avant en arrière , et fort obliques de haut en bas et de dehors en dedans , deviennent presque transversales , et acquièrent un développement considérable.
Le Temporal, dans les Mammifères, ne présente pas des variétés moins nom-breuses et moins frappantes que les os du Crâne précédemment examinés par nous.
Dans les Quadrumanes en général , dans les Orangs , les Guenons , les Magots , par exemple , le Rocher ne fait guère plus de saillie au-dessous du crâne que dans l'Homme , et la Caisse reste cachée dans Tépaisseur de cette apophyse , tandis que l'Apophyse mastoide devient très-petite ou même nulle.
Dans les Sapajous , la Caisse commence à s'agrandir considérablement , et elle forme sous le Crâne une très-forte protubérance ovale , qui , dans la Roussette , parmi les Chéiroptères, est hémisphérique.
Dans les Carnassiers , la Caisse forme un os à part et isolé du Temporal véritable par une suture , qui ne se soude que rarement dans les Chats , les Chiens et les Civettes.
La saillie qu'elle fait au-dessous du Crâne , chez quelques-uns de ces animaux , est ovale , et son grand axe est longitudinal. Tel est le cas des Blaireaux , des Qvettes , des Martres , tandis que chez les Chiens , les Lions , les Loups , les Chats et les Coatis , elle est plus arrondie , et que son axe rentre obliquement en dedans. Dans la Taupe , cet os est plat et touche celui du coté opposé , en sorte que le
> Tabl. ZLVii.
* Lib. I , c. i3 , it^. I et a.
Crâne parait lis^e en dessous ; dans FOurs y il ne fait de même aucune saillie au dehors.
La Caisse du Temporal est également séparée dans les Rongeurs. Presque rond dans les Lièvres et les Castors , cet os est plus ou moins anguleux dans la Cabiai.«
Dans la plupart des mammifères de ces deux ordres , c'est-à-dire les Carnassiers et les Rongeurs , cette Caisse est formée par une lame contournée , mince , dure , circonscrivant une grande cavité intérieure , se distinguant par une suture du reste du Rocher , et ne s*y soudant que dans un âge avancé.
Dans les Chats et les Civettes , cette lame est elle-même subdivisée en deux portions par une autre suture. La partie postérieure ressemble beaucoup à une coquille.
Dans le Cochon , tout Tintérieur des parois de la Caisse est rempli par une cellulosité serrée.
Dans les Ruminans et les Solipëdes , dans le Bœuf , le Cerf , le Daim , le Chameau , le Cheval , FAne , la Caisse forme constamment aussi un os isolé , et plus ou moins anguleux.
Dans le Paresseux , l'Hippopotame , le Rhinocéros , l'Éléphant , la saillie formée par la Caisse est de même plus ou moins anguleuse , tandis que cette saillie est nulle dans le Fourmilier , et que , dans le Cochon , elle représente une sorte de massue tenant au Crâne par son extrémité étroite.
La plupart des Mammifères onguiculés ont leur Apophyse mastoide représentée par une légère protubérance de la saillie de la Caisse , ou celle-ci elle-même en tient lieu '.
Dans le Lamantin , l'Os de la Caisse est pareillement distinct du Temporal , qui a une apophyse zygoma tique plus épaisse que celle d'aucun autre animal. Chez ce mammifère , le Rocher , isolé comme dans les Cétacés , n'est pas seulement suspendu I il se trouve enchâssé dans une cavité du Temporal. Sa masse, irrégulièrement globuleuse y présente à la partie supérieure un segment de sphère très-épais et arrondi de toutes parts-, c'est le dême de la Caisse du Tympan, lequel s'attache, par son bord interne , à tout le bord supérieur du Rocher , et laisse , en dessous , un grand intervalle vide entre les bords du Rocher et du Cadre. Sa partie postérieure est très-épaisse et solide , car les cavités du Labyrinthe ne. sont creusées que dans sa portion antérieure '.
Dans les Baleines , et spécialement dans la Baleine franche , l'Apophyse zygo-
* Noos tayoDi déjà qoe l'Apophyse mastoïde , pour beaucoup de Mammifères, est implaotëe sur FOccipiul. Tel est le cas des Ruminans , des Solipèdes , des Cochons , du Cabiai et du Cochon d*Inde.
' Cestle Rocher du Lamantin et TOs de la Caisse de la Baleine, que pendant long-tems , sous le nom d'Os Manati, on a vanté contre les maladies des Toies orinaires et contre les kémorrbagîes.
( ai4)
matique est trèd-écartée , semble rejetée en arrière , et a de l'analogie avec les On tympano-styloidiens des Oiseaux. La Fosse glcnoide , très-plane , est obliquement dirigée en avant de la base de TÂpophyse zygomatique. Chez elle ^ encore , le Rocher n'appartient pas , à proprement parler , à Tos que nous examinons. Il se rapproche autant de TOccipital que de lui , et des ligamens le suspendent dans une voûte formée par la rencontre de ces deux os. Lui-même peut , en outre ^ être considéré comme composé de deux portions soudées ensemble \ la Caisse du Tympan et le Rocher proprement dit , qui contient le Labyrinthe.
L'une et Tautre de ces deux portions sont cachées entre de grosses tubérosités du Temporal et de FOccipital , ce qui les met à l'abri de toute pression.
D après la remarque de Camper^ la Caisse peut facilement se séparer du Rocher , dont la face supérieure offre , vers son bord interne^ une proéminence demicirculaire qui répond à un trou de la base du Crâne ^ et où Ton remarque un creux qui est le conduit auditif interne. C'est dans cette proéminence qu'est situé le Limaçon , en dedans de la portion externe de ce même Rocher , beaucoup plus considérable qu elle , et figurant en partie une voûte sur la Caisse.
Celle-ci est formée par une lame osseuse que l'on croirait roulée sur elle-même, et dont le cêté interne est beaucoup plus épais que le coté extérieur. On peut la comparer^ pour la forme, à ces coquilles que les naturalistes ont nommées fiiifia^ si ce n'est que le coté épais , au lieu de contenir une cavité en spirale , est tout-à-fait solide.
La substance en est très-compacte, excessivement dure et fort pesante.
L'ouverture extérieure de cette Caisse , celle sur laquelle est tendue la Membrane du Tympan , n*est point limitée par un cadre osseux régulier ; elle présente à sa circonférence trois apophyses d'inégale longueur.
Dans le Narwhal des mers Polaires , l'Apophyse zygomatique est presque horizontale y et la fosse glénoïde fort alongée.
Chez le Cachalot macrocéphale , la même Apophyse zygomatique , très-épaisse et à peu près horizontale , se prolonge extraordinairement vers Torbite : l'Apophyse mastoide ne saurait être distinguée de TOccipital \ le Rocher est suspendu dans une voûte , comme chez les Baleines , et est , de plus , soutenu , dans sa partie inférieure , par une apophyse ou bride osseuse plus ou moins crochue ' ,* sa substance extrêmement compacte , s'éclate conmie du verre , et ne se laisse que difficilement entamer par la lime.
Comparés aux parties correspondantes de la Baleine , la Caisse et le Labyrinthe occupent ici moins de longueur, et sont resserrés dans un moindre espace. Le odté
' Mémoires de la Société de HaaHem , pour rannéc 1765 , toL XI , part 3.
le plus fort de la lame roulée de la Caisse , a plus de deux pouces d'épaisseur ; le bord de cette lame est mousse et arrondi ; sa partie supérieure est hérissée d'aspérités qui s'engp^ènent dans la voûte du Temporal , et elle n adhère au Rocher que par son extrémité postérieure, l'antérieure étant ouverte pour le commencement de la Trompe d'Eustachi.
Dans les Oiseaux , les Temporaux occupent les cotés du Crâne et la Région auriculaire. Leurs Apophyses mastoïdes sont développées en raison directe des dimensions du bec , et paraissent appartenir à TOs occipital , dans le plus grand nombre des cas , comme chez les Perroquets en particulier.
Us n'ont point d'Apophyse zygomatique , mais ils présentent une éminence assez marquée , qui concourt à la formation du bord postérieur de l'orbite.
De même que l'Occipital , dans la plupart des Reptiles , le Temporal est divisé en plusieurs pièces distinctes.
Nous devons faire d'abord connaître la manière dont il se comporte dans le Crocodile , ou il est composé d'une Caisse et de trois autres os , dont deux sont extérieurs au Crâne , tandis que l'autre parait tout-à-fait intérieur.
a. La dusse , dont l'intérieur ne renferme pas , à beaucoup près , toute la cavité auditive, donne attache à la Membrane du Tympan et loge l'Osselet de FOuie. En dehors , elle offre une surface concave qui s'articule avec le Sphénoïde , le Ptérygoldien et la grande Aile temporale. Son bord postérieur, libre, fait saillie en arrière , et porte presque en entier la facette articulaire sur laquelle vient poser la Mâchoire inférieure, comme on voit, dans beaucoup de Mammifères, TOs de la Caisse, et , chez l'Homme même , la paroi inférieure du Tympan, contribuer déjà à former la partie postérieure de la Cavité glénoïde temporo-maxillaire.
Cet Os remplit ici les fonctions dont est chargé , chez les Oiseaux , TOs carré , qui ne s'en distingue que par sa mobilité , comme l'a fait observer M. Schneider , le premier ^ Mais son analogie avec l'Os de la Caisse des Mammifères , a été mise hors de doute par les professeurs Geoffroy Saint-Hilaire et G. Cuvier.
b. Le Rocher se reconnaît chez le Crocodile à sa position intérieure , en ce qu'il loge en grande partie le Labyrinthe , en ce qu'il contribue essentiellement à la fori^ation de la Fenêtre ovale.
c. La Portion squameuse du Temporal , ou le Temporal écailleux , est un os lamelleux , séparé du crâne , inséré entre la Caisse et le Jugal , que M. Oken appelle Jugal postérieur ou Humérus de la tête ^ et que M. Spix regarde comme le Pubis de la même extrémité du tronc , ou mieux encore , comme un des osselets de Touie , le Marteau,
* HisL Amphibior. nat. et liii. , fasc. a , p. 63.
d. Le Mastoïdien , qui est triangulaire , qui adhère au crâne , qui couvre en partie les Cellules mastoïdiennes, s'avance latéralement, au moins dans les Crocodiles proprement dits et les Gavials , jusqu'à s'unir au frontal postérieur, et à entourer avec lui et le pariétal le trou de la (ace supérieure du Crâne , qui communique avec la Fosse temporale. Dans quelques Caïmans, il s'unit même à ces trois os pour couvrir entièrement cette fosse en dessus.
Dans les Tortues de terre ou les Tordues proprement dites , dont la tête présente de chaque cdté deux très-grandes Fosses temporales, les Caisses sont énormes, forment un cadre presque complètement osseux pour un large tympan , font une bonne partie de la paroi postérieure des fosses temporales , et se trouvent placées en avant et un peu en dessous de deux grosses protubérances mastoïdiennes, qui surmontent elles-mêmes les apophyses destinées à l'Articulation de la mâchoire, apophyses qui descendent verticalement et ne se portent pas en arrière comme dans le Crocodile.
La Portion squameuse du Temporal forme à elle toute seule l'Arcade zygomatique , ainsi que cela a lieu dans beaucoup de Cétacés , et s'élargit pour s'unir à la Caisse.
Entre celle-ci et le Pariétal , on voit le Rocher j qui occupe une partie de la Fosse temporale , au cdté interne de celle que remplit l'Os tympanique , et qui concourt , avec l'Occipital extérieur , à la formation de la Fenêtre ovale , et avec l'Aile temporale à celle du grand trou par lequel passe la cinquième paire des Nerfs.
Dans les Emydes , le Cadre du Tympan n'est point complet ; les Tubercules mastoïdiens sont déprimés , très-saillans en arrière , et terminés en une pointe que concourent à former le Mastoïdien et l'Occipital extérieur tout à la fois ; la Portion squameuse s'unit au Pariétal , au Frontal postérieur et au Jugal pour recouvrir la Tempe.
Dans les Trionyx , la Portion squameuse ne (ait qu'une très-petite partie de l'Arcade zygomatique en avant de la Caisse , où elle est comme reléguée \ le Cadre du tympan est complet ; les Tubérosités mastoïdiennes sont très-pointues et plus saillantes en arrière que le Condyle articulaire.
Dans les Chélonées ou Tortues marines , le Mastoïdien et le Temporal écailleux s'unissent au Pariétal , au Frontal postérieur , au Jugal et à la Caisse , par des sutures , et forment ainsi une sorte de toit osseux qui règne sur toute la région de la Tempe.
Dans la Matamata , le Mastoïdien seul s'unit à cet effet avec l'angle postérieur du Pariétal. Les deux Os tympaniques , en forme de trompettes , s'évasent de chaque cêté du Crâne. Le Temporal squameux est réduit à un simple vestige. Le Cadre du Tympan est complet. Les Tubercules mastoïdiens sont des Crêtes transversales qui appartiennent entièrement aux os de leur nom.
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