‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome cinquième (volume 2)Chapitre 134 sur 373 · DE DOUZE A QUINZE ANS · texte numérisé non relu

DE DOUZE A QUINZE ANS

Diamètre transverse. . ° . . : : r9 à 22 millim. Rayon postérieur oblique. . . . 8» »

Rayon postérieur direct. . . . . 4 à 5 Rayon antérieur direct. *. . , . 3» »

M. Senn, de Genève, qui s’est beaucoup occupé d'étudier les dimensions de la prostate chez l'adulte, a obtenu les résultats suivans pour terme moyen de la longueur du diamètre de cette

glande :

Diamètre antéro-postérieur. . . . 27 à 34 millim. Diamètre transversal. . . . . . 34 à 43 Diametre vertical 4 dit A 29

Les rayons de l’urètre, mesurés à la circonférence de la glande, ont donné pour :

Rayon postérieur direct. . CNP TE AT TS CIE:

Rayon transversal allant directement

CHE NONSE M NES AN ORNE (HO O DNS Rayons obliques en dehors et en ar-

rière, dans le sens de l’incision

qu'exige la cystotomie latéralisée. 22 à 25 Rayon direct en avant, se dirigeant NOtS IA SP DDMSR 7 20 AUOT ECM

L'urètre peut admettre dans son intérieur une sonde de 9 millimètres de diamètre, ou 27 millimètres de circonférence. Si on ajoute cette quantité, qui est variable, à celle des rayons, on peut savoir approximativement le volume des calculs auxquels les incisions faites dans les divers sens peuvent donner passage; nous renvoyons, pour plus de détails sur ce point, à notre médecine opératoire, t. vit, p. 257, où cette question a été amplement traitée.

Structure de la prostate. C’est surtout chez l'adulte qu'il faut étudier la structure de la prostate si l’on veut en prendre une idée exacte; aucune membrane particulière n’enveloppe son tissu et ne fait corps avec elle comme au foie et au rein. Il n’y a, en arrière, qu’un tissu fibreux dense et serré qui se confond avec l’aponévrose pelvienne (aponévrose supérieure du bassin) et qui l’unit au rectum ; en avant, le ligament inférieur de la vessie qui lui en tiennent lieu.

Le tissu prostatique est remarquable par sa grande densité; aucune glande n’en présente une aussi grande que la sienne; malgré cette densité, ce tissu est assez friable et assez facile à déchirer, ce qu’il importe d’avoir bien présent à l'esprit lors-

qu'on pratique la taille périnéale, afin de ne pas opérer une dilatation trop grande dans cette partie pour extraire les calculs, dans la crainte que son tissu ne cède et que la déchirure ne se prolonge au delà de ses limites.

Le tissu prostatique, proprement dit, présente une couleur d’un gris rougeâtre, qui lui donne quelque ressemblance avec certaines tumeurs squirrheuses, Suivant M. Cruveilhier, il est constitué par une agglomération de lobules glanduleux qui se subdivisent en granulations accumulées au milieu d’un tissu particulier qui présente beaucoup d’analogie avec le tissu musculaire et qui se continue avec la membrane musculaire de la vessie, avec laquelle il offre la plus grande analogie dans les cas d’hypertrophie. Les grains glanduleux sont remplis d'un liquide visqueux et blanchâtre; ils donnent naissance àde petits conduits excréteurs qui, d’abord très multipliés, se réunissent ensuite en des conduits plus gros dont le nombre varie depuis sept ou huit jusqu’à douze ou quinze et vont s'ouvrir sur les côtés du veru-montanum dans la paroi inférieure de la portion prostatique de l’urètre. Suivant Huschke (Æncyclopéd. anat., t. vur, p. 378), la substance glanduleuse parait être fibreuse et spongieuse; en effet, sur une coupe, on aperçoit un grand nombre de canalicules sécrétoires ; ces canalicules, dont les plus gros ont un diamètre de 4/10 à 6/10 de millim., sont placés de chaque côté en demi-cercle sur la paroi inférieure de l’urètre, près du sommet de la crête. De là on voit partir un faisceau de conduits d’un blanc souvent brillant et comme fibreux qui se dirigent transversalement et en ligne droite à travers chaque lobe latéral, mais s’écartent peu à peu les uns des autres, se divisent, se dirigent dans tous les sens, et se terminent en cul-de-sac qui, au lieu d’être des grains glanduleux, ne seraient, d’après Kraüse, que de simples follicules de 4/10 à 6/10 de millim. de long sur 3/10 de millim. de large. Les canalicules prostatiques sont parfaitement démontrés ; on les a trouvés quelquefois remplis de calculs semblables à des grains d’un sable brunâtre, et d’autres fois dilatés et hypertrophiés de manière à devenir tres visibles à l’œil nu; il est d’ailleurs facile de voir les orifices de ces conduits en comprimant la prostate, car alors il suinte à sa surface un suc particulier par des points qu'il est possible d’apercevoir et qui ne sont autre chose que les orifices dont nous venons de parler. Nous avons déjà fait remarquer, en parlant de la crête urétrale, que M. Velpeau avait rencontré quelques-unes de ces lacunes assez amples pour recevoir le bec d’une sonde ; cette circonstance est importante à connaitre afin d'éviter d'y pénétrer pendant le cathétérisme.

Les anatomistes modernes confondent généralement avec les orifices de ces canalicules, une ouverture impaire, située à la partie antérieure du point le plus élevé de la crête urétrale. Cette ouverture, large de 8/10 de mill. à 1 mill. 2/10, conduit, en arrière et en haut, à une vésicule ou cavité en forme de bouteille, d’uné capacité variable (wtriculus Prostaticus, vesicula spermatica, Weber); elle commence par une portion rétrécie en manière de col, qui forme à peu près la moitié de la longueur entière, et à la suite de laquelle elle se distend en une vésicule membraneuse arrondie. Les deux parties de l’utricule sont quelquefois séparées par une sorte d’étranglement; ses parois sont un peu plus minces au fond qu'au col, quoiqu’elles y conserventencore une épaisseur de 6/10 de millim. Ses parois sont composées de deux couches, l’une externe, ferme et fibreuse, l’autre interne, muqueuse, qui est partout couverte de glandules mucipares. | .… Ce petit sac avait déjà été observé et décrit par plusieus anatomistes. Ainsi, Morgagni qui l’a rencontré au moins douze fois

sur quinze crêtes urétrales qu’il examina, en a donné une bonne description etune figure exacte. J.-F. Ackermann (érfantis androgini historia, Iena, 1805), le nomme uterus cystoides ; il en rapporte, d’après divers auteurs, plusieurs exemples, dans lesquels ce sac avait acquis jusqu’à 27 millimètres de dimension. MM. Lisfranc, Velpeau, Guthrie, etc., en ont fait ressortir l’importance chirurgicale; d’après E.-H. Weber (Annot. anat. et physiolog. prol. 1, p. 4),ceserait un organe analogue à l’utérus, seulement à l’état rudimentaire; il aurait pour fonction d'agir comme une soupape qui empêche l’urine de pénétrer dans les conduits éjaculateurs. Cette seconde opinion est généralement rejetée, mais la première compte des partisans; ainsi , suivant Huschke (Encyclop. anat., t. 8, p. 380), c’est une matrice à l’état rudimentaire, mais offrant cela de particulier, que les conduits éjaculateurs (trompes) ne s'ouvrent pas dans sa cavité ; suivant lui, l’analogie est grande eu égard à la forme et à la situation, puisqu’on peut y distinguer un col et un fond , conséquemment un orifice externe et un orifice interne. La portion inférieure de la crête urétrale serait une lèvre postérieure prolongée, et plus tard cet utricule, qui, dans le principe, représente les linéamens d’une matrice, ne serait plus qu’un débris de la vie fœtale, dépourvu de toute importance.

Vaisseaux de la prostate. Les artères viennent du rameau que les branches vésicales envoient aux canaux déférens et aux vésicules séminales, puis des branches hémorrhoïdales et honteuses internes. Les veines forment sur sa face inférieure près de la pointe des plexus, dont les veines vont dans les veines hémorrhoïdales et vésicales. Ces plexus sont d’autant plus forts et volumineux que les sujets sont plus avancés en âge ; il est presque impossible de ne pas les couper dans l'opération de la taille.

Les vaisseaux lymphatiques peu connus, se jettent dans les ganglions lymphatiques du bassin.

Les nerfs sont fournis par le plexus prostatique, qui tire luimême son origine du plexus sacré.

Fonctions de la prostate. Cette glande jouit de la propriété de sécréter un liquide filant et transparent, un peu avant l'émission du sperme, pour lubréfier et assouplir la surface interne du canal ; il paraît certain que ce liquide est sécrété plus abondamment à l’instant du coït, et se méle au sperme. Toutefois, il peut étre sécrété sans lui, et seulement sous l’influence d’une excitation des organes génitaux; on ne connaît point encore exactement sa composition chimique.

(c) Portion membraneuse ou musculeuse de l’urètre. Située entre la partie prostatique et la partie bulbeuse, dirigée en bas et un peu en avant dans la station verticale , la partie membraneuse est placée sous l’arcade pubienne, dont elle est séparée par un espace indéterminé, qui augmente lorsque la vessie est distendue, et qui diminue lorsqu'elle est vide. Cet espace est rempli par des veines considérables qui se rendent sur la vessie et aux plexus prostatiques, par du tissu cellulaire, et par des fibres musculaires qui vont s’insérer derrière la symphyse pubienne. En arrière elle regarde le rectum , dont elle est séparée par un espace triangulaire, dont le sommet est en haut et en arrière, et la base en bas et en avant. C’est dans cet espace qu’on divise l’urètre dans la plupart des procédés de taille périnéale.

La longueur de la partie membraneuse de l’urètre varie entre 11 et 18 millimètres, suivant M. Malgaigne, et entre 18 et 22 millimètres, suivant M. Velpeau ; c'est entre 10 et 15 millimètres que nous fixerons cette dimension. Une remarque à faire, c’est que la paroi supérieure est plus longue que l’inférieure; cela tient à ce que le bulbe et la prostate, qui sont au-dessous, s’avancent inférieurement l’un vers l’autre. Cette partie de l’urètre est encore enveloppée par un prolongement de la gaine prostatique, et surtout par deux faisceaux constricteurs, les muscles de Wilson, et le muscle pubio-prostatique que nous avons trouvé. Ces faisceaux musculeux présentent divers ordres de fibres, qui forment une véritable tunique à l’urètre en ce point. Les unes surtout, naissant de la partie postérieure de lasymphyse du pubis, réunies avec celles du côté opposé en haut et en bas, et seulement écartées au milieu, pour laisser passer l’urètre, représentent une sorte de sphincter jeté autour de la portion membraneuse, et, par leur contraction spasmodique, peuvent rétrécir le canal au point d'arrêter la sonde, et de l'empêcher de pénétrer dans la vessie. Au lieu de s'accoler simplement et de s’écarter pour laisser passer l'urètre, il paraît que quelques fibres du côté droit se croisent en sautoir avec quelques fibres du côté gauche, au-dessus de l’urètre, se placent sur ses parties latérales et se croisent de nouveau au-dessus de ce canal, pour se continuer avec le releveur de l’anus. C’est en ce point que l’urètre traverse l’aponévrose moyenne du périnée. Examinée à l’intérieur, la partie membraneuse ne présente rien de remarquable, seulement elle est moins large que les parties prostatique et membraneuse, et ses parois sont plus minces que celles de ces parties.

(d) Portion bulbeuse. Cette portion fait suite à la précédente, au devant de laquelle elle est située, et se continue en avant, sans ligne de démarcation bien tranchée avec la portion spongieuse dont elle ne constitue que le commencement, suivant la plupart des auteurs. Quoiqu'’elles présentent la même structure, nous continuerons à les distinguer. Dirigée d’abord un peu obliquement d’arrière en avant et de haut en bas, puis en avanteten haut, jusque près du point où se réunissent les racines du corps caverneux, pour se continuer avec la portion spongieuse, elle se trouve placée immédiatement au-dessous de l’arcade pubienne dontelle est séparée par un espace plus ou moins étendu , suivant que la vessie et l’urètre sont dans l’état de plénitude, ou dans l’état de vacuité. Sa partie inférieure présente un renflement considérable, qui porte le nom de bulbe , d’où le nom de partie bulbeuse; son volume varie suivant les individus, l’âge et l’état de distension ou d’affaissement de la verge, et déborde de quelques millimètres inférieurement le niveau de la portion membraneuse qu'il recouvre en partie dans ce sens. La direction de la région bulbeuse est l’un des points les plus importans à étudier pour le cathétérisme. Longue de 4 à 6 centimètres, cette région s’incurve à angle droit et d’arrière en avant, de sorteq ue sa moitié postérieure, un peu oblique de bas en haut, s’incurvant peu à peu, forme un canal continu avec la portion membraneuse et prostatique, tandis que la portion antérieure marche d’abord, presque horizontalement d’arrière en avant, puis obliquement dans le même sens, et de bas en haut jusqu’à sa jonction avec la portion spongieuse. D'où il résulte, qu’en élevant le pénis pour pratiquer le cathétérisme, sa courbure antérieure s’efface, et la sonde suit un canal rectiligne, jusqu’au sommet de la courbure de la portion bulbeuse; au-delà, la partie vésicale de cette courbure formant une autre portion de canal rectiligne, on parvient

ORGANES GÉNITAUX

assez facilement à y faire filer le bec de la sonde, et lorsqu'on pénètre dans la vessie avec une sonde droite, on ramène toute la longueur de l’urètre dans une direction rectiligne.

Les rapports de la portion bulbeuse sont les suivans : elle est recouverte inférieurement par les muscles bulbo-caverneux ou accélérateurs de l’urine, qui séparent le bulbe du tissu cellulaire et de la peau. Ces muscles, unis par un raphé sur la ligne médiane, sont constitués par divers plans de fibres; celles qui sont immédiatement appliquées sur le bulbe ne sont plus disposées, comme les barbes d’une plume sur leur tige, mais presque circulairement; en sorte que dans les cas où elles se contractent spasmodiquement, elles peuvent, comme celles de la région membraneuse, s'opposer à l'introduction de la sonde. Entre ces muscles et le bulbe, se trouvent les glandes de Cooper dont nous allons bientôt parler. En haut, cette région bulbeuse est en rapport avec les racines du corps caverneux, et se termine à peu près au point où elles se réunissent pour former ce corps.

Glandes de Cooper. Ce sont deux petites glandes, connues long-temps avant Cooper, car Malpighi les avait déjà indiquées chez les animaux, et Méry les avait reconnues chez l’homme. Mais elles portent le nom de Cooper, parce que c’est lui qui les a le mieux décrites. Bichat les nomme glandes accessoires, et les décrit immédiatement après la prostate.

La forme des glandes de Cooper est plutôt oblongue qu’arrondie; ces petites glandes sont situées parallèlement sur les côtés du bulbe et de la portion membraneuse de l’urètre, au devant de la prostate, el sont maintenues dans cette position, par les muscles bulbo-caverneux, et par une couche fibreuse assez solide. Pour les découvrir, il faut diviser l’espèce de raphé qni unit ces deux muscles, et les soulever chacun de dedans en dehors ; leur volume quoique variable, excède rarement celui d’un pois. Elles présentent une couleur rougeâtre, et un tissu ferme, moins résistant néanmoins que celui de la prostate , et qui ressemble beaucoup à celui des glandes salivaires. Il est composé de granulations très distinctes. Chacune des glandes de Cooper donne naissance à un conduit excréteur dont la longueur varie beaucoup; les uns lui accordent de 13 millim. à 40 millim., tandis que Huschke ne lui donne que 3 à 4 millimètres de longueur sur 1/2 millimètre de largeur. Ces canaux marchent séparément, s’insinuent obliquement dans l'épaisseur des parois de la portion spongieuse cachée par le bulbe, rampent sous la muqueuse, s’ouvrent et pénètrent dans l’urètre, par un pertuis à peine visible.

On a signalé une troisième glande de Cooper, située au-dessous l’arcade des pubis, dans l’angle de réunion des deux racines du corps caverneux, mais il parait qu’elle existe assez rarement, car la plupart des auteurs n’en parlent pas; il en est de même de celle que Littre a désignée sous le nom de glande anti-prostatique.

Les glandes de Cooper n'existent pas toujours. On a remarqué que souvent elles diminuent avec l’âge.

Krause a observé qu’elles sécrètent un liquide clair, filant et visqueux, qui ressemble beaucoup à celui de la prostate, et qui a probablement les mêmes usages.

(e) Portion spongieuse du canal de l'urètre. La plus longue de toutes les parties qui constituent ce canal, elle fait suite à la précédente, n’en est séparée par aucune ligne de démarcation bien tranchée, et se termine par une extrémité renflée appelée le gland. Vu extérieurement, son volume paraît aller en décroissant depuis son origine jusqu’à sa terminaison. La couche de

tissu érectile qui l'entoure est d’autant plus épaisse qu'on l’examine plus près du bulbe. Sa paroi supérieure est logée dans la gouttière que présente le corps caverneux sur sa face inférieure , tandis que la peau et la couche sous-cutanée qui se continue avec l’aponévrose superficielle du périnée la maintiennent appliquée contre cette gouttière, et lui forment, ainsi qu'à la verge, un véritable étui; de plus, la portion spongieuse de l’urètre est unie d’une maniere assez serrée à la gouttière du corps caverneux, en sorte que si l’on n’y portait une attention suffisante, on pourrait croire qu'elle est logée dans un dédoublement de la gaine fibreuse de ce corps. L’urètre se termine à son extrémité antérieure par un renflement spongieux qu'on appelle le gland.

Le gland continu à l’urètre forme l'extrémité de la verge et se présente sous la forme d’un renflement conoïde légèrement aplati dans le même sens que le corps caverneux, sur l'extrémité antérieure duquel il est appliqué. Son sommet arrondi et souvent découvert, excepté chez les enfans très jeunes, présente une petite fente dirigée verticalement et dont les bords sont arrondis; c'est le méat urinaire ou l’orifice antérieur de l’urètre, Sa base concave reçoit, dans l’enfoncement qu'elle porte, le corps caverneux auquel elle est unie par du tissu cellulaire très dense et trés serré, et par la membrane muqueuse; cette base est coupée

obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, de sorte que cet organe très court en bas présente en haut une étendue beaucoup plus grande et s’avance dans ce sens sur Le corps caverneux. Le relief qu’elle forme autour de ce corps constitue ce qu'on appelle /a couronne du gland. Cette saillie est si prononcée qu’elle est visible même sous la peau qui la recouvre; derrière elle on rencontre le cul-de-sac formé par la réflexion de la muqueuse qui double le prépuce. Elle porte, dans tout son pourtour, un nombre assez considérable de papilles nerveuses assez volumineuses pour qu’on puisse facilement les distinguer à l'œil nu. À sa partie inférieure, la couronne du gland porte un sillon plus ou moins profond qui reçoit le repli muqueux qu’on appelle & frein. Ce sillon, ainsi que le frein, se prolongent quelquefois jusqu’au méat urinaire. Quelquefois l’orifice de l’urètre est situé sous le gland, dans le sillon occupé par le frein, et au même niveau que ce repli muqueux : c’est là un vice de conformation sur lequel nous reviendrons et qui constitue une des variétés les plus fréquentes de l’hypospadias.

Le gland est ordinairement recouvert par le prépuce dans l’état deflaccidité; dans l’état d’érection, au contraire, le gland déborde en avant et n’est plus du tout recouvert par le prépuce qui est tiré en arrière. -- La muqueuse du gland est très riche en papilles dans lesquelles se rendent une grande quantité de filamens nerveux qui font que cet organe jouit d’une très grande sensibilité. Cette sensibilité est, du reste, d'autant plus vive que la peau du prépuce est plus longue, le frottement des vêtemens chez les individus dont le gland est découvert, finissant par émousser la finesse et la sensibilité de la muqueuse.

Surface interne du canal de l'urètre. Fxaminé à l’intérieur, l’'urètre ne présente aucune trace des divisions dont nous avons parlé en décrivant sa surface externe; on remarque seulement que la couleur n’est pas la même dans toute son étendue; ainsi, dans la portion prostatique, le canal offre une couleur blanche, tandis que, dans le reste de son trajet, sa couleur est d’un violet plus ou moins foncé.

Les dimensions du calibre de l’urètre varient suivant l'endroit où on l’examine; ainsi, dans la région prostatique, l’urètre offre une dilatation assez manifeste; il présente, au contraire, un rétrécissement dans le commencement de la région membraneuse qui reste plus étroite dans toute son étendue que les autres parties. L’urètre se dilate de nouveau dans la région bulbeuse et conserve à peu près le même diamètre jusqu’au sommet de la courbure antérieure où son diamètre diminue; toutefois, le rétrécissement qui existe en ce point est beaucoup plus apparent que réel; il tient à l’affaissement de la paroi supérieure sur l’inférieure. À partir du sommet de cette courbure antérieure, l’urètre va en se rétrécissant d’une manière peu sensible jusqu'au gland, puis brusquement dans cet organe ; usqu’au tiers antérieur. Derrière le méat urinaire, à son extrémité cutanée, dans une longueur de 8 millimètres environ, l’urètre, dont la section offre jusque-là la forme d’un ovoïde transversal, devient elliptique de haut en bas, de sorte que ce que l’on a cru par erreur former une dilatation et ce que l’on a décrit sous le nom de fosse naviculaire, est, au contraire, un rétrécissement latéral ou une fente verticale longue de 8 millimètres et qui a la même forme que le méat urinaire auquel elle sert comme de sphincter. Ce qui explique l'erreur de la plupart des auteurs, c’est qu’on avait peu recours aux injections solides qui seules peuvent bien faire reconnaitre ces dispositions.

M. Amussat avait pensé pouvoir obtenir des résultats meilleurs en enlevant, sur un urètre insufflé, toutes les couches qui le recouvrent jusqu'à la muqueuse exclusivement. Les résultats qu’il obtint furent, en effet, différents, car ce fut la portion bulbeuse qui se trouva la plus étroite et non plus la portion membraneuse. Mais comme l'épaisseur des tissus qui recouvrent l’urètre, et surtout le tissu musculaire, donnent plus de résistance à ce canal et peuvent contribuer à diminuer son calibre, nous ne croyons pas que le procédé de M. Amussat donne des résultats irréprochables.

Malgré l'inégalité de son calibre, l’urètre, comme on sait, est très dilatable, et peut admettre des instrumens d’un volume assez considérable. De nombreuses rides longitudinales situées dans les parties spongieuse, bulbeuse et membraneuse contribuent à la grande dijatabilité dont ce canal est susceptible ; ces rides, forimées par la muqueuse, n'existent ni dans la portion qu'on nomme la fosse naviculaire, ni dans la portion prostatique, probablement à cause de la densité des parties environnantes, et dépendent de ce que le canal, dilaté dans certains momens, revient sur lui-même lorsqu'il est vide, par suite de son élasticité propre.

“On rencontre sur sa paroi inférieure de petits enfoncemens connus sous le nom de sinus ou lacunes de Morgagni, parce qu’il en a le premier donné une description exacte. Ces enfoncemens dépendent, suivant quelques anatomistes, de ce qu’il existe des rides transversales qui coupent les rides longitudinales, et limitent ainsi depetits espaces quadrilatères. Cessinus, dont l’ouverture est toujours dirigée en avant, marchent obliquement d’avant en arrière, et peuvent devenir assez considérables pour arrêter le bec de la sonde, ou l’extrémité des bougies, et pour faire produire une fausse route; de là il résulte, que pour pratiquer le cathétérisme sans courir le risque de tomber dans une lacune, il faut faire en sorte que le bec de la sonde suive constamment la paroi supérieure de l’urètre, qui ne présente pas ces sinus. Ces sinus ou lacunes sont plus ou moins profonds; on en a rencontré qui avaient jusqu’à 27 millimètres de longueur. Ils versent dans ce canal un fluide destiné à le lubréfier ; on n’a pas encore pu décou-

vrir s'ils allaient se terminer à des cryptes ou grains glanduleux. On ne commence à bien les apercevoir qu’au niveau du bulbe où ils sont assez nombreux. C’est vers la fosse naviculaire qu'il y en a le plus; un seul orifice correspond quelquefois à deux, et même à plusieurs sinus qui ont une direction opposée, comme il est facile de le vérifier, en y introduisant un stylet d’Anel.

Structure du canal de l'urètre. Le canal de l’urètre est tapissé dans toute son étendue, par une membrane muqueuse fortifiée dans divers points de son trajet, soit par une membrane celluleuse, soit par une couche de tissu spongieux.

1° Membrane muqueuse. Très fine, transparente et analogue en cela à l’épiderme, elle se continue d’une part, avec la muqueuse vésicale, et de l’autre, avec celle qui recouvre le gland. Elle envoie des prolongemens dans les conduits éjaculateurs, et dans les petits canaux excréteurs de la prostate. Son adhérence aux parties sous-jacentes est peu marquée, excepté dans la région de la prostate et du gland, parce que ces parties sont plus denses et plus serrées. Sa couleur varie suivant les points où on l'examine; elle est d’un rouge vif à l’orifice extérieur de l’urètre et dans la fosse naviculaire, d’un rose, quelquefois très pâle, dans la région prostatique, tandis que, dans toute la partie spongieuse, elle est d’un violet plus ou moins foncé: toutefois, cette couleur violette n’est qu’apparente; elle dépend du sang qui gonfle le tissu spongieux environnant, car si l’on a le soin d’exprimer ce sang , la membrane muqueuse devient d’un rose pâle.

C’est la muqueuse qui forme les rides longitudinales et les enfoncemens dont nous avons parlé : elle est très mince, et ne parait, pour ainsi dire, constituée que par une seule lame. Elle est parcourue par un grand nombre de vaisseaux sanguins très fins, et jouit d’une sensibilité très vive, qui se développe surtout sous l’influence des corps étrangers. Cette sensibilité est due à l'abondance des filamens nerveux qui s’y répandent.

Les autres tissus qui entrent dans la composition de l’urètre varient suivant les régions où on les étudie, ainsi :

1° Dans la région prostatique, la muqueuse n’est pas en contact immédiat avec le tissu de la glande ; elle en est séparée par une couche membraneuse qui paraît de nature musculaire, et se continue avec la membrane musculeuse de la vessie.

2° Dans la portion membraneuse, qui est la plus étroite, on trouve une couche de fibres musculaires, disposées circulaire-

ment autour de la muqueuse, sous forme d’une membrane dense, ”

qui paraît être la continuation de la précédente. Cette membrane est de plus entourée par d’autres fibres qui viennent des releveurs de l'anus, et par du tissu fibreux qui sert à unir les muscles avec les bulbo-caverneux, les transverses du périnée, et le sphincter anal. D'après cette structure, quoique mince, cette partie parait devoir être assez résistante,

3° Dans les portions bulbeuse et spongieuse, il y a une couche plus ou moins épaisse de tissu spongieux qui commence, en arrière, par un renflement assezconsidérable qu’on appelle {e bulbe, et se termine, en avant, par un autre renflement qui forme le gland. Le bulbe est de forme oblongue, et fait saillie entre les racines du corps caverneux ; il ne répond qu’à la paroi inférieure de l’urètre, et se trouve formé par une couche épaisse de substance spongieuse, Le tissu spongieux qui se prolonge sur l’urè-

ORGANES GÉNITAUX

tre, au-devant de lui, a beaucoup moins d'épaisseur, mais se trouve uniformément répandu sur sa surface, et forme autour de lui un canal cylindrique qui se termine par le gland; ce tissu est uni au corps caverneux par des vaisseaux qu’on peut voir, lorsqu'on détache l’urètre de la gouttière dans laquelle il est reçu; sa force est encore augmentée par un feuillet membraneux qui, après l’avoir tapissée en bas et sur les côtés, se continue avec la membrane fibreuse générale du corps caverneux.

Le tissu spongieux de l’urètre est un véritable tissu érectile, c’est-à-dire, constitué par un tissu fibreux, d’où naissent des prolongemens qui s’entre-croisent dans toutes les directions, et forment une véritable trame aréolaire , dans laquelle se distribuent un grand nombre de vaisseaux sanguins, surtout veineux, qui communiquent très fréquemment entre eux. Les cellules de ce tissu sont assez grandes dans le bulbe, et très petites dans le reste de son étendue; elles sont pénétrées. d’une quantité de sang beaucoup plus considérable pendant l'érection que dans l’état de flaccidité : chez les grands animaux, tels que le cheval, le taureau, etc., on découvre facilement, sans le secours des instrumens d’optique, des fibres musculaires longitudinales dans le tissu spongieux de l’urètre. Plusieurs auteurs prétendent qu'il en existe de semblables chez l’homme, visibles seulement au microscope, très courtes et disposées sous forme de faisceaux entrelacés. L'épaisseur de cette couche charnue serait plus grande à la partie supérieure de la verge qu’à l’inférieure, et vers l’orifice externe du canal que partout ailleurs (Cloquet, t. 2, p. 647).

Le gland présente une organisation analogue à celle de l’urètre; il est aussi composé d’un tissu spongieux qui parait de même nature, seulement il est plus dense et plus serré que celui du bulbe et contient moins de sang ; il n’a ordinairement aucune communication avec le corps caverneux, quoique, au premier aspect, il semble se continuer avec lui. Haller prétend avoir observé cette communication , mais elle existe fort rarement. La dissection permet de séparer entièrement le gland du corps caverneux, sans rien déchirer, et démontre d’une manière manifeste que sa base ne fait qu'embrasser le sommet mousse de ce corps, auquel il est uni par un tissu cellulaire très serré, et par la membrane muqueuse qui passe de l’un à l’autre. Cette disposition permet d’injecter séparément le tissu spongieux de ces deux organes.

Le tissu du gland est recouvert par une muqueuse qui se continue d’une part, avec celle de l’urètre, et de l’autre, avec celle qui tapisse la face interne du prépuce. Cette membrane est très adhérente au tissu sous-jacent, elle paraît dépourvue de glandes muqueuses; ce n’est pas elle, mais la muqueuse du prépuce qui est pourvue de follicules sébacés, qui sécrètent une matière sébacée, odorante, épaisse et jaunâtre, destinée à lubréfier le prépuce et le gland.

Vaisseaux sanguins. (a). Les artères dela prostate, de l’urètre et du gland sont fournies par la honteuse interne. 1° Quelques branches collatérales sans nom, se rendent aux vésicules séminales et à la prostate chez l’homme ; 2° l’artère du bulbe, artère transverse du périnée, qui est assez volumineuse, nait quelquefois de la superficielle du périnée, mais le plus ordinairement, elle se détache de la honteuse interne, au niveau del’extrémité externe du muscle transverse et de son bord supérieur, pour se rendre au bulbe, en marchant presque transversalement de dehors en dedans. Dans sontrajet, elle se divise en trois rameaux, l’un se porte vers l’anus, l’autre, entre le rectum et le bulbe, et le troisième,

dans le bulbe lui-même, Ce dernier, qui est le plus volumineux et fait suite au rameau principal, n’atteint en général le bulbe qu’à 27 à 34 millimètres au-devant de l’anus ; comme la division de ce vaisseau peut donner naissance à une hémorragie assez grave dans l'opération de la taille latérale, on a conseillé, afin de l’éviter, de ne pas commencer l’incision à plus de 27 millimetres au-devant de l'anus. Mais on se ferait illusion, si l’on pensait l’éviter sûrement et toujours, en agissant ainsi, car sa position n’est pas si constante, qu’il n'arrive souvent qu’elle naisse beaucoup plus en arrière, et qu’elle n’atteigne souvent le bulbe, à une distance de l’anus moindre que 27 millimètres. D’ailleurs, les autres rameaux que ce vaisseau envoie au rectum seront nécessairement atteints. Il a donc dû arriver souvent, que l’artère transverse du périnée ait été coupée, et si souvent elle ne donne pas une grande quantité de sang, cela tient à la petitesse de son calibre ; 3° l'artère caverneuse donne quelques rameaux qui percent la membrane fibreuse , et s’introduisent dans les parois de l’urètre; 4° l'artère dorsale de la verge, qui est la terminaison de la honteuse interne, parvenue au niveau de la couronne du gland, se termine en se ramifiant dans ce dernier or-

gane, autour de la base duquel elle forme une espèce de couronne.

(b). Veines. Les grandes veines de l’urètre et de la verge en général accompagnent les artères, et par cette raison, ne méritent pas une description particulière. Mais, dans certaines parties, ainsi la région prostatique et bulbeuse, elles sont très nombreuses , très développées, et indépendantes des artères; 1° la prostate et le col de la vessie sont, pour ainsi dire, enveloppés par un plexus veineux très complexe, et généralement très développé chez les vieillards, chez les calculeux et chez les sujets atteints d’inflammation chronique de la vessie, de la prostate et de l’urètre. Ce plexus est l’aboutissant des veines superficielles de la verge. 2° Le bulbe est également entouré d’un plexus considérable; les veines qui le constituent communiquent avec celles du tissu caverneux.

(c). Vaisseaux lymphatiques. Ceux du gland communiquent avec les lymphatiques qui accompagnent les artères et les veines dorsales de la verge, et vont se rendre dans les ganglions les plus internes et les plus supérieurs de laine. Ceux de l’urètre vont avec ceux du périnée se rendre encore dans les ganglions inguinaux. Ceux de la prostate se terminent dans les ganglions du bassin ; les lymphatiques profonds de la verge vont avec ceux de la vessie dans les ganglions pelviens.

Nerfs de l'urètre. 1° Ta prostate reçoit ses nerfs du plexus sacré; ce plexus ne lui envoie pas de filets particuliers, mais ceux qu’elle reçoit viennent des nerfs vésicaux, et des nerfs du muscle releveur del’anus. 2° Le rameau bulbo-urétral est fourni par le rameau superficiel du périnée, une des branches de terminaison du nerf honteux; il passe au-dessus, et quelquefois au travers des fibres du muscle transverse, et fournit un rameau bulbaire qui s'enfonce dans l'épaisseur du bulbe, et s’y épanouit en filamens très déliés.

3° D’autres rameaux venant de la branche périnéale superficielle, vont se distribuer dans les parois de l’urètre, au-devant du bulbe ; 4° le gland reçoit de la branche dorsale de la verge un rameau qu’on désigne sous le nom de rameau du gland. Ce rameau, qui devient plus profond à mesure qu’il s'approche da-

vantage de l’extrémité antérieure de la verge, sans cependant pénétrer dans le corps caverneux, parvient ainsi à la couronne du gland. En cet endroit, il s’épanouit pour s’enfoncer profondément entre la base de cet organe et le corps caverneux, auquel il ne fournit aucun filet, et se répand tout entier dans le gland ; quoique très déliés, ses filets peuvent être suivis dans le tissu spongieux, jusqu'aux papilles qui se trouvent sur le renflement terminal de l’urètre.

Développement des canaux déférens, des vésicules séminales, et des organes génitaux externes, chez l'homme.

Après avoir décrit le testicule, nous avons fait l’histoire du développement de cet organe; pour compléter ce que nous avons à dire sur le développement des organes génitaux, chez l’homme, il nous reste à parler de celui des canaux déférens, des vésicules séminales et des organes génitaux externes. Comme le développement de toutes ces parties présente beaucoup d’analogie avec celui des organes analogues, chez la femme, peut-être eût-il été convenable de faire leur histoire en même temps; mais, pour ne pas éloigner trop l’une de l’autre, la partie anatomique et la partie histologique des mêmes organes, nous décrirons séparément le développement des organes génitaux de l’homme et de la femme, ainsi que les différences qu'ils offrent aux divers àges de la vie.

1° Développement des canaux déférens. Les embryologistes sont peu d’accord sur la manière dont se développent les organes conducteurs et le réservoir du sperme. Rathke pensait que le canal déférent se formait à part, dans les conduits excréteurs des corps de Wolff; qu'après la résorption de ces conduits, ils prenaient leurs places ; que quelques canalicules des corps de Wolff persistaient, et que ceux-là formaient l’épididyme, en s’unissant d’un côté avec le testicule , et de l’autre avec le canal déférent. Müller, qui a fait ses observations sur des oiseaux, croyait que chez eux, les conduits excréteurs des corps de Wolff se métamorphosaient immédiatement en canal déférent, et que l’épididyme qui sert à les unir au testicule, était formé par quelques canalicules sortant du testicule, et allant de là gagner le canal excréteur (Æntvickelungs Geschichte der Genitalien, p. 34 et 48). Suivant les observations de Bischoff, le canal déférent se développerait de la manière suivante : aussitôt que les corps de Wolff sont arrivés à un certain degré de développement, on aperçoit sur leur bord antérieur et externe, un filament qui monte, depuis la partie antérieure de l’allantoïde jusque vers le diaphragme ; ce filament contient le conduit excréteur des corps de Wolff. De très bonne heure, on le voit s’épaissir considérablement à son bord antérieur et interne, jusqu’à l'extrémité supérieure des corps de Wolff. Une injection poussée dans le conduit excréteur de ce dernier permet de voir, avec la loupe, que le conduit rempli ne forme qu’une petite partie du filament, sa partie inférieure et externe; à l'extrémité supérieure des corps de Wolff, terminée en pointe, les deux parties du filament se séparent l’une de l’autre ; le conduit excréteur arrivé au sommet des corps de Wolff continue de monter, et se confond avec le filament prolongé jusqu’auprès du diaphragme, tandis que le cordon plein se courbe de dehors en dedans, au niveau du sommet de ces corps sur leur face interne, pour gagner l'extrémité supérieure ae l’organe préparateur du sperme; à ceïte extrémité se développe une fente, et le cordon lui-même devient bientôt

creux , et représente la trompe chez la femme; Bischoff croit qu’il devient le canal déférent chez l’homme, et qu’à cet effet, son extrémité ouverte s’oblitère et se convertit en épididyme (Bischoff, Traité du développement de l’homme. Encryclop. anat., t. 8).

Ainsi jusqu’à présent, nous ne possédons rien de bien fixe et de bien certain sur la manière dont se forme le canal déférent, sur la manière dont s’opère la jonction du testicule avec ce conduit, ou sur le mode de formation de l’épididyme. De toutes les hypothèses émises jusqu’à ce jour, sur ce point encore très obscur d’embryogénie, celle qui paraït le plus près de la vérité est celle de Bischoff; elle a été à peu près adoptée par M. Coste, qui a fait ses recherches sur des embryons de brebis. (Voy. Annal. des Sciences nat.,t. 13).

2° Développement des vésicules séminales. De même que pour les canaux déférens, les auteurs sont loin d’être d’accord sur la manière dont se développent les vésicules séminales. En traitant du développement de la vessie, nous avons indiqué ce qu’on devait entendre par sirus ou canal uro-génital. Nous avons dit aussi, en traitant des corps de Wolff, que leurs canaux excréteurs venaient s’ouvrir séparément dans le milieu de l'extrémité inférieure de l’allantoïde, et par conséquent dans le sinus urogénital, qui n’en est que la suite. Rathke et J. Müller admettent que les canaux déférens et les canaux excréteurs des corps de Wolff s’ouvrent séparément dans ce sinus. Le premier de ces auteurs prétend que plus tard il se produit, vers l'embouchure des conduits déférens à l’allantoïde ou au sinus uro-génital, une petite bosselure conique, dans laquelle s'ouvrent les extrémités de ces deux espèces de canaux, de manière que ceux-ci auraient alors un orifice commun dans le sinus. Dans le sexe masculin, les vésicules séminales naissent de cette bosselure sous la forme de deux autres petites éminences latérales qui s'ouvrent avec les canaux déférens dans la cavité que présente la bosselure conique qui leur sert à tous de support. Maïs peu à peu celle-ci diminue , et finit par disparaître presqu’entièrement, de telle sorte que les vésicules séminales se trouvent placées tout auprès du sinus uro-génital, et que les canaux déférens se rapprochent des vésicules avec lesquelles elles finissent par se confondre, chacun de leur côté. Enfin ce qui reste de la bosselure principale disparaït entièrement , et alors on voit le canal commun à la vésicule et au canal déférent, s'ouvrir séparément de chaque côté de l’urètre.

Bischoff n’admet pas entièrement la manière de voir de Rathke; il n’a jamais pu observer bien clairement la bosselure indiquée par ce dernier; il lui a paru plutôt que ces canaux s’épaississaient seulement à leurs extrémités, et que de là naissait l'apparence d’une bosselure. Il a toujours cru apercevoir une cloison dans les coupes qu'il a pratiquées. Cette bosselure qui a été décrite par Rathke dans l’homme, il l’admet aussi dans les embryons humains, et pense même qu’elle donne naissance au veru montanum. D’après cette manière de voir, les vésicules séminales se développeraient immédiatement des conduits déférens.

Développement de la prostate. La formation de cette glande parait résulter, d’après Bischoff, de l’épaississement de la portion inférieure des canaux déférens; de sorte que, dans les premiers temps, elle est très petite. Suivant Guthrie, qui a étudié le développement de la prostate chez le fœtus humain, on la trouve

ORGANES GÉNITAUX

primitivement formée de deux parties, composées chacune de deux lobes; du quatrième au cinquième mois, les deux lobes internes se réunissent ensemble, et la glande se trouve alors formée de trois parties qui, au sixième mois, n’en font plus qu’une.

Les glandes de Cooper sont visibles de très bonne heure; elles sont situées à l'extrémité du sinus uro-génital, à la racine de la verge.

3° Développement des organes génitaux externes. Ces parties ne se développent qu'après que le testicule, les canaux déférens et les vésicules séminales sont déjà visibles. Suivant Tiedemann (nat. der kopflosen Missgeburten, p. 81), elles ne commencent à se montrer qu’à la cinquième semaine. M. Velpeau dit aussi que l’espace qui existe entre le coccyx et l’ombilic reste assez longtemps sous la forme d’une excavation, commune à l'intestin, aux parties génitales et aux organes urinaires, et que ce n’est que vers le quarantième ou le quarante-cinquième jour qu’on remarque, au-devant du coccyx, un point noir qui marque la place de l’anus. Ce serait seulement aussi à cette époque qu’on distingue, un peu plus près de l’ombilic, un tubercule conique creusé d’une gouttière sur sa partie inférieure, et qui formeront le rudiment du cätoris ou du pénis; car, à cette-époque, ces deux organes ont une ressemblance telle, qu'il est impossible de distinguer le sexe. Une scissure plus ou moins large et profonde se porte de l’une à l’autre de ces deux parties; quelquefois, cependant, l’espace qui les sépare a paru lisse, à M. Velpeau, sur des embryons bien conformés. Alors on serait tenté d’admettre le sexe mâle chez tous les embryons, car il n’y a ni grandes lèvres, ni scrotum, et le prolongement sous-pubien est le méme chez tous les sujets. Vers le soixantième jour, le tubercule génital a acquis un peu plus de longueur ; sa base s’entoure d’un bourrelet épais, et l’on voit naître à quelque distance de son sommet, qui se renfle en manière de bouton, une rainure circulaire qui correspond à la couronne du gland. La gouttière de la face inférieure est entierement fermée sur un grand nombre d’embryons, tandis que chez d’autres, elle se prolonge encore jusqu’à une ligne du tubercule anal. Ses bords se renflent et se présentent, comme les grandes lèvres, sous la forme de deux replis cutanés oblongs; quelquefois, ce n’est qu’à la dixième ou la onzième semaine que l'ouverture anale se sépare de l'ouverture uro-génitale, et que le périnée commence à se former.

L'orifice du canal uro-génital est constitué par une petite ouverture située au-devant de l’anus, à l’extrémité antérieure de la fente qui se termine à la racine de la verge et du clitoris, et se trouve entourée par les replis cutanés qui limitent cette fente sur les côtés.

Ce n’est que vers la treizième ou la quatorzième semaine que la forme propre à chaque sexe se dessine. Dans le sexe masculin, les replis cutanés qui figuraient les grandes lèvres s’allongent, se rapprochent, se réunissent, et se soudent sur la ligne médiane ; une ligne saillante, qu’on appelle raphé, indique le lieu de leur soudure. Ces replis, ainsi réunis l’un à l’autre, forment le scrotum, et l'organe qui était l’analogue du clitoris continuant d'augmenter en volume, devient la verge. Toutefois, cet organe présente encore souvent, à cette époque, depuis son extrémité postérieure jusqu’au gland, des traces très visibles de la fente qui régnait sur la face inférieure; mais après la quinzième semaine, ses bords, rapprochés et renflés, contractent des

adhérences, et l’urètre se trouve formé. À quatre mois, on commence à observer le prépuce, qui recouvre en grande partie le gland, qu'il serre assez fortement pour ne pas pouvoir être retiré en arrière. On voit aussi apparaître l’orifice de l’urètre, sous la forme d’une petite fente verticale à l’extrémité du gland, qui était resté imperforé jusqu’à ce moment. Le corps caverneux est formé et présente une texture analogue à celle qu'il présentera plus tard, seulement moins caractérisée. Valentin, ayant pratiqué des coupes variées sur la verge d’embryons de cochons longs de 12 centimètres, a pu observer que le corps caverneux présentait des excavations terminées par des culs-de-sacs renflés, et contenant beancoup de vaisseaux diversement ramifiés : ce corps offrait un aspect analogue à celui d’une glande. Enfin, ce tissu lui à paru formé de fibres délicates, gélatiniformes, parallèles, et disposées concentriquement. Il est vrai de dire, cependant, qu’à cette époque le tissu spongieux est moins abondant qu’il ne le sera plus tard.

État des organes génitaux de l'homme à la naissance, et dans les premières années de la vie.

A la naissance, les bourses sont peu saillantes, et quoiqu’assez fermes, elles ne présentent pas de rides aussi prononcées que celles qui existent dans un âge plus avancé, sur un scrotum qui est revenu sur lui-même, Cela tient à ce que les testicules, quoiqu'ordinairement sortis de l'abdomen, sont retenus très près de l'anneau, par suite de la brièveté du cordon, et ont peu augmenté de volume. La verge, petite, mais bien formée, offre un prépuce allongé qui recouvre le gland tout entier dans la majorité des sujets, et forme au delà de son sommet une saillie irrégulièrement froncée. La peau dont elle est recouverte ne présente encore aucun changement de couleur; il en est de même de la peau des bourses.

Si, au lieu de se contenter d’examiner la surface extérieure des organes sexuels, on cherche dans leur intérieur quelles sont les différences de structure qui existent entre eux et les mêmes organes examinés dans l’âge adulte, on en découvre de nombreuses que nous allons passer en revue.

1° Les membranes qui enveloppent le testicule sont moins développées; le muscle crémaster présente des anses beaucoup moins longues et moins concaves; la tunique fibreuse , ou l’enveloppe commune du testicule et du cordon, est encore difficile à distinguer , quoiqu'’elle existe bien manifestement , parce que le testicule est très voisin de l’anneau et que son cordon est très court. Nous renvoyons à ce que nous avons dit de la tunique vaginale en traitant de la descente du testicule, pour voir les différences qu’elle présente à la naissance et dans l’âge adulte.

2° Le testicule. Examiné d’abord sous le rapport de son volume, on trouve qu’à la naissance il est à peu près égal à celui qu'il présente à l’âge de sept à huit mois de la vie intra-utérine ; mais il est plus volumineux, relativement au corps, que chez l’adulte; car la proportion est de 1 : 3166 dans le premier cas, et de 1: 4000 à 5000 dans le second. (Huschke, Encyclopéd. anat., t. VIII, p. 404.) Sa tunique propre, la tunique albuginée, a acquis plus de force et de densité; enfin sa substance intérieure, quoiqu'un peu plus dure, est néanmoins toujours molle et rougetre.

Les canalicules avaient, d après Berres, 0",000 à 0",0002

LE Ve

chez l'enfant; tandis qu’ils étaient de o",o012 à 0°,0008 chez l'adulte.

L’épididyme chez le nouveau-né est beaucoup plus gros, par rapport au testicule, qu’il ne l’est plus tard; car chez l'adulte, Huschke ayant trouvé la proportion de 1: 6,120, trouva celle de 1:2,716 chez un garçon de six mois. Le canal déférent est encore très petit, mais il présente moins de flexuosités, parce que le testicule placé hors de l'abdomen se trouve plus éloigné de la vésicule séminale qui lui correspond.

3° Les vésicules séminales, qui occupent la position qu'elles occuperont plus tard, sur les côtés du bas-fond de la vessie ; sont très petites et ont une direction très oblique, par suite du peu de développement de la base du réservoir urinaire , et de sa direction, également très oblique. Le tissu cellulaire qui les entoure dérobe à la vue leurs bosselures qui, du reste, sont très peu marquées. Elles contiennent toujours un peu de fluide muqueux dans leur intérieur. A la naissance, la Prostate, quoique trés petite, en comparaison de ce qu’elle sera plus tard , est néanmoins proportionnellement très développée , et son tissu est déjà d’une densité remarquable.

4° Le corps caverneux est mince et court à la naissance ; il contient très peu de tissu spongieux et reçoit trés peu de sang; c'est à cette circonstance qu’on doit attribuer le peu de volume que présente la verge , lorsque l'érection se manifeste dans les premiers temps de la vie, car c’est de l'augmentation de volume qu'acquiert ce tissu, par l’abord du sang dans ses mailles, que dépend l'accroissement du tissu de la verge. La membrane fibreuse de ce corps acquiert plus d'épaisseur durant les premières années. Toutes les excitations portées sur la verge, ou sur les parties environnantes , pouvant déterminer l’afflux d’une plus grande quantité de sang dans le corps caverneux, et amener, par suite, des érections toujours nuisibles dans les premiers temps de la vie, on doit soigneusement les éviter.

5 A la naissance, l’urètre présente , dans sa portion prostatique et membraneuse , une direction plus oblique de haut en bas et d’arrière en avant que dans l’âge adulte : cela tient, d’une part, à l’inclinaison du détroit supérieur qui est plus grande alors qu’elle ne le sera plus tard, et à la direction plus oblique du bas-fond de la vessie qui est plus élevée au-dessus du pubis. Outre sa courbure plus prononcée, l’urètre présente aussi une longueur proportionnellement plus grande dans sa région postérieure, ce qui tient aux mêmes circonstances que son inclinaison. Le prépuce , alors très allongé, adhère fréquemment au gland ; le frein, qui est aussi ordinairement fort long dans l’enfance, s'étend souvent jusqu’à l’orifice de l’urètre. Ces deux circonstances expliquent pourquoi les premières érections qui surviennent vers l’âge de la puberté sont fort douloureuses, à cause de l’accroissement de longueur qu’acquiert la verge dans cet état. A cette époque, le gland, tiré en bas par le frein qui est dur et tendu, se courbe et cause une douleur assez vive; mais peu à peu , sous l'influence d’érections répétées, ces parties s’assouplissent, s’allongent, se déchirent méme quelquefois, et laissent à la verge toute liberté pour se développer. Quelquefois cependant, le frein, plus résistant, ne subit ni allongement ni déchirure, et on est forcé de recourir à sa section.

27 4 Changemens qu'éprouvent les organes génitaux de l’homme , depuis les premiers temps de la vie jusqu'à la puberté.

Il se manifeste peu de changemens dans les organes génitaux , depuis les premiers temps qui succèdent à la naissance jusqu’à l’âge de la puberté. On attribue l'espèce d'abandon dans lequel sont pour ainsi dire laissés ces organes , à ce que la nature est occupée presque tout entière à accomplir le développement des autres parties du corps plus essentielles immédiatement, et sans lequel les organes génitaux ne pourraient pas fonctionner utilement. D'ailleurs, un emploi trop précoce de ces organes eût nécessairement entravé le développement général, et en particulier le développement de l'intelligence, comme de nombreux exemples l’ont prouvé. Toutefois, si l’on n’observe pas des changemens bien notables dans le développement des organes de la génération, jusqu’à l’âge de la puberté, ce n’est pas une raison de penser qu’il ne s’en manifeste aucun. Si ces organes, qui ont à la naissance un volume assez remarquable, ne s’accroissent plus que lentement jusqu’à la puberté, leur organisation se perfectionne. Aussi, au moment de la puberté, tout est préparé, et il s’accomplit en eux , avec rapidité, une révolution nécessaire pour qu’ils puissent devenir aptes à remplir les fonctions qui leur ont été dévolues par la nature.

Changemens qui se manifestent dans les organes génitaux de l’homme, au moment de la puberté.

Ces changemens consistent dans l'apparition de poils au pubis; dans un accroissement rapide du corps caverneux, de toute la verge, du scrotum, du testicule, du canal déférent et des vésicules séminales; dans l'allongement et l’augmentation de volume du cordon, et enfin dans la sécrétion du fluide spermatique.

1° Les poils commencent à apparaître dans les deux ou trois années qui précèdent la puberté. Ils se présentent d’abord sous l'aspect d’un léger duvet qui couvre le pubis. Ils se montrent très souvent avant les poils de la barbe, et on a remarqué qu'ils avaient déjà acquis tout leur développement , alors que les seconds étaient encore rares, minces et courts. La peau du scrotum et celle de l’extrémité postérieure de la verge se recouvrent aussi de poils plus rares, il est vrai; en même temps, cette peau prend une teinte plus foncée qui lui donne quelque analogie de couleur avec la peau des habitans des pays chauds. Cette teinte, au reste, varie beaucoup, et se rapproche d’autant plus du brun que l'enveloppe générale du corps est plus foncée.

2° L’agrandissement des bourses est très manifeste, ainsi que l'allongement du cordon : c’est ce dont il est facile de s’apercevoir, dans l’état de flaccidité des parties, par la distance qui sépare le testicule de l'anneau. Cette distance est beaucoup plus considérable que dans l'enfance. La verge, également assez volumineuse, surtout relativement à ce qu’elle était quelques années auparavant, entre fréquemment en érection ; aussi, le prépuce devient-il plus lâche, plus court, et laisse-t-il ordinairement une partie du gland à découvert.

3° L'examen anatomique des organes génitaux de l’homme démontre que la tunique éritroïde, ou muscle crémaster, est complétement formée à l’époque de la puberté ; on trouve que les anses à concavité supérieure que forment ses fibres sont bien dessinées, et que la tunique fibreuse du testicule et du cordon est très manifeste.

Quant au testicule, il a subi dans son volume un accroisse-

ORGANES GÉNITAUX

ment considérable, et son organisation s’est notablement perfectionnée et pour ainsi dire complétée : il est alors apte à former et à sécréter le sperme ; aussi est-il gros et dur. Si l’on observe un perfectionnement plus avancé dans cet organe que dans les autres, cela tient à ce qu’il est l'organe essentiel de la reproduction , et à ce que les autres ne sont que des organes accessoires. L’épididyme, le canal déférent et les vésicules séminales augmentent peu de volume. Ces derniers organes, surtout, sont très peu développés, en comparaison des testicules; ce n’est qu’au bout d’un certain temps , lorsque déjà ils ont servi plusieurs fois de lieu de dépôt au sperme, qu’ils paraissent plus dilatés.

Quant à la prostate, ses diamètres doublent d’étendue de 2 à 15 ans. Cette étendue des diamètres prouve que le volume de cet organe a subi un accroissement considérable, car un corps solide dont les diamètres sont doubles de ceux d’un autre corps solide, a huit fois plus de volume que lui. On peut donc admettre qu’à 15 ans la prostate est cinq ou six fois plus grosse que dans la première ou les deux premières années de la vie ; sa consistance, en outre, est beaucoup plus marquée. La verge est beaucoup plus riche en tissu spongieux. C’est surtout dans le corps caverneux que ce tissu abonde , car le tissu de l’urètre est loin d’avoir acquis tout son développement. Le sang se rend dans ce tissu en plus grande quantité, et en agrandit peu à peu les cellules. Le diamètre de l’urètre s’est accru avec celui de la verge, ce qui permet à ce canal de laisser échapper un jet d'urine beaucoup plus considérable. Enfin, c’est aux approches de la puberté que la nature concentre ses efforts sur les organes génitaux et détermine en eux de rapides changemens.

Nous connaissons l’état des organes génitaux de l’homme dans l’age adulte , par conséquent nous n’y reviendrons pas.

Changemens qui se manifestent dans les organes génitaux , dans la vieillesse.

1° Les bourses sont remarquables par leur état de flaccidité dans la vieillesse : elles sont pendantes, et l’impression du froid détermine rarement leur rétraction. Cet état se manifeste à une époque plus ou moins avancée de la vie, et suivant l’état de conservation plus ou moins grand des individus. Le dartos a perdu une grande partie de son élasticité ; le tissu cellulaire devient fréquemment le siége d’une infiltration qui est due, soit à la malpropreté, soit à un œdème partiel, ou à une altération de la circulation générale. Les fibres de la tunique musculeuse sont allongées, tantôt épaissies, tantôt amincies ; la tunique fibreuse est dans le même cas. Enfin, la membrane séreuse est celle qui présente le plus de changemens ; on y rencontre fréquemment des points, et même de véritables plaques qui présentent plus d'épaisseur que les autres parties; quelquefois ces plaques sont cartilagineuses ; d’autres fois ce sont de fausses membranes qui la font adhérer à la tunique albuginée.

2° Le testicule perd une partie du volume qu’il avait pendant l’âge adulte; il devient mou et flétri; la tunique albuginée conserve à peu près son épaisseur, mais sa substance intérieure diminue et s’atrophie un peu; sa couleur devient grisätre ou d'un gris rougeâtre. L’épididyme conserve à peu près son volume, qui se trouve alors être considérable par rapport à celui du testicule. Le cordon, très allongé par suite de l’état de flaccidité des bourses, est plus mince que chez l'adulte, à moins que les veines qui entrent dans sa composition ne soient variqueuses.

Cette petitesse du cordon tient peut-être à ce que son tissu cellulaire a été résorbé en grande partie. Le canal déférent a diminué de volume d’une manière notable. Quant aux vésicules séminales , elles sont aussi légèrement atrophiées , parce que la sécrétion de sperme est notablement diminuée, et qu'elles sont assujetties à une dilatation moins fréquente. Quelquefois , cependant, elles conservent un volume assez grand, qui ne dépend pas de leur capacité intérieure, mais de l’épaississement de leurs parois, qui deviennent même souvent, en partie, cartilagineuses.

3° La prostate est généralement plus volumineuse chez les vieillards que dans l’âge adulte, On voit quelquefois s'élever de la surface supérieure une saillie plus ou moins prononcée, que Home à nommée lobe moyen de la prostate. Son développement est quelquefois assez considérable pour obstruer l’orifice vésical de l’urètre; d’autres fois, ce sont les lobes latéraux qui sont considérablement développés, sans présenter, du reste, dans leur intérieur, d’altérations notables autres que de l’hypertrophie. Pour tout ce qui concerne les changemens de volume et de texture que peut subir la prostate pendant la vieillesse, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer au Traité d'anatomie pathologiqne de M. Cruveilhier.

4° La verge, et les parties qui entrent dans sa composition, ne subissent point, dans un âge avancé, des changemens bien manifestes; cependant sa longueur est généralement plus considérable, probablement à cause de l’excès de volume de la prostate. Le corps caverneux et le gland, mous et flasques, présentent des cellules plus dilatées que dans un âge moins avancé; mais comme ils reçoivent moins de sang, attendu que les organes génitaux sont moins impressionnables que par le passé, ils restent presque toujours dans un état de mollesse et de flaccidité. Le bulbe est plus volumineux et le canal plus étroit que chez les adultes; les vieillards sont, en effet, très sujets aux rétrécissemens de ce canal.

Usages des organes génitaux de l'homme.

Ces organes ont pour usages, ainsi que nous l'avons dit en commençant, de préparer ou de sécréter le sperme, et d’aller le porter dans les organes génitaux de la femme. Le sperme est sécrété par les testicules, et son expulsion est ordinairement précédée et accompagnée de l'érection de la verge, qui se manifeste toutes les fois que l’action des organes génitaux est sollicitée par une irritation chimique mécanique ou mentale. Alors, en effet, le pénis s’allonge, se gonfle et se raidit, par l’accumulation du sang dans les cellules du corps caverneux et dans les mailles du tissu spongieux de l’urètre. En même temps que la verge s’allonge, l’urètre se redresse, et ses courbures s’effacent. La sensation qui détermine l'érection se propage aux vésicules séminales et aux testicules, qui se gonflent par suite d’un afflux plus considérable du sang dans leur tissu, afflux de sang qui occasionne une sécrétion plus abondante. L’expulsion du sperme est aussi sollicitée et facilitée par la rétraction du dartos et du scrotum, et par les contractions des muscles crémaster, qui raméenent les testicules vers l’abdomen et les compriment contre la paroi antérieure de cette cavité. Une des circonstances qui prouvent le mieux l’utilité de ces petits muscles dans l'émission du sperme, c’est, comme l’a observé Hunter, leur existence dans certains animaux chez lesquels les testicules restent toujours dans l’abdomen, tel que le hérisson. Ce fait d’anatomie comparée, dit Richerand, prouve que les usages du cré-

master ne sont pas bornés à soutenir les testicules, puisque chez les animaux dont il vient d’être question, ils rentrent dans l’abdomen et remontent vers l'organe qu'ils doivent ébranler, L’expulsion du sperme est aussi précédée par celle d’un fluide sécrété par la prostate, les glandes muqueuses de l’urètre, et les glandes de Cooper. Ce fluide ne contient pas du tout d’animalcules spermatiques , mais par sa viscosité il sert à lubréfier les parois de l’urètre, et à favoriser l'écoulement de la liqueur séminale. Ainsi, le sperme projeté par l’urètre n'est jamais pur, il est constamment mêlé avec le fluide prostatique et avec une liqueur muqueuse qui est sécrétée assez abondamment par les vésicules séminales. C’est cette dernière liqueur seule, mélée avec le fluide prostatique, que les eunuques rendent en assez grande quantité.

Du sperme. Le sperme est un liquide sécrété dans les canalicules seminifères de la substance testiculaire; il est épais et filant. Sa pesanteur, d’après Krause, est de 1,0367; toutefois cette densité varie beaucoup, car le sperme est plus fluide après des éjaculations répétées, qu’à la suite d’un long séjour dans les vésicules séminales; pendant les premiers temps de la formation des individus, dans la vieillesse, et chez les sujets débiles et malades, que dans l’âge viril, et chez les sujets forts et bien portans. Sa couleur est blanchätre, et tire quelquefois légèrement sur le jaune; son odeur est remarquable : c’est une odeur qu’on désigne sous le nom de spermatique, ou sui generis. Suivant plusieurs physiologistes, elle est analogue à celle du pollen d’un grand nombre de végétaux. On l’a aussi comparée à celle des os qu'on scie, des racines d’orchis, des fleurs d’épine-vinette et de châtaignier. Sa saveur est aussi particulière, fade et légèrement styptique. Enfin le sperme se présente sous la forme d’un liquide composé de deux parties : l’une, épaisse, grumeleuse, et douce au toucher; l’autre, plus fluide, visqueuse, presque incolore, et servant de véhicule à la première. Parfaitement mélées au moment de l'émission, les deux parties constituantes du sperme se séparent peu après sous l'influence du refroidissement.

Le sperme verdit les couleurs bleues végétales, mais cette. propriété est due à son mélange avec le liquide sécrété par la: prostate. Mêlé avec l’eau ou l'alcool au moment de l’éjaculation, il se coagule en filamens enroulés, et ne finit par se dissoudre qu’au bout d’un certain temps. Soumis au repos , il dépose des prismes à quatre pans, terminés par de longues pyramides quadrangulaires et groupés en étoiles; il se couvre d’une pellicule dans laquelle on remarque des points blancs, et se dessèche en une masse jaune, transparente, fendillée, que l’eau ne peut plus redissoudre. Ses flocons sont aussi insolubles dans une dissolution étendue de potasse, même sous l'influence de l’ébullition ; mais ils sont solubles dans la même dissolution concentrée, et ne se précipitent pas si l’on y verse de l’acide acétique. Lorsqu'on le distille pur, il fournit beaucoup d’ammoniaque ; et répand l’odeur de la corne brülée lorsqu'on le jette sur des charbons ardens.

Quant à la, composition et à l’anatomie microscopique du sperme, nous renvoyons au tome VIIT, où ces questions seront traitées en détail.

Sources du sperme. À l’époque où l'imagination prenait la part la plus active aux explications, on croyait que le sperme découlait de l’axe cérébro-spinal, et qu'il était conduit dans le

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testicule par les vaisseaux lymphatiques; ce liquide, comme toutes les sécrétions, résulte de l'élaboration du sang de l'artère spermatique par le testicule. Bien que MM. Prévost et Dumas, aient avancé qu'ils étaient parvenus à féconder des animaux avec du sang tiré de l'artère spermatique, il est positif que le sperme n’existe pas tout formé dans le sang de cette artère, pas plus que la bile n’existe toute formée dans le sang de la veine-porte ou de l'artère hépatique, parce que sa formation exige un travail particulier de la glande génératrice.

La sécrétion du sperme a lieu constamment et à chaque instant, seulement elle produit plus abondamment durant l'acte du coiït que pendant le repos. Le sperme sécrété dans l’état ordinaire est déposé dans la vésicule séminale, jusqu'au moment où l’éjaculation se fait. Chez les gens continens, soit par devoir, soit par nature, une partie du sperme déposée dans les vésicules est résorbée, et l’autre rejetée au dehors par des pollutions nocturnes.

Ce n’est que vers l’âge de la puberté que les testicules commencent à sécréter le sperme, cette sécrétion se continue j usqu’à environ soixante ans, mais au-delà de cet âge, il devient liquide, et conserve rarement sa propriété fécondante.

Quelques substances jouissent de la faculté d'augmenter ou d’activer la sécrétion, soit en produisant une excitation générale, soit en augmentant dans le sang la quantité des matériaux alibiles, et par suite, la matière sécrétée par le testicule.

Changemens qui se manifestent à la suite de l'ablation des testicules.

Cette ablation produit des changemens différens, suivant qu'elle a été pratiquée, dans l’enfance ou dans l’âge adulte. Chez les enfans qu'on a privés de testicules, l’organisation prend beaucoup d’analogie avec celle de la femme. Ainsi, la taille reste généralement petite, les membres sont arrondis, le système musculaire est peu développé, le tissu cellulaire abondant, la barbe fine et constituée par quelques poils rares et épars ; le larynx surtout se développe très peu, et le timbre de la voix reste celui de l'enfant ou de la femme; enfin, l'intelligence se développe beaucoup moins que chez les individus qui conservent les organes sécréteurs du sperme, d’où l’on voit que l’organisation mâle se trouve ébranlée jusque dans ses fondemens.

Si la castration est opérée chez un adulte, son organisation rétrograde; ainsi, son système musculaire s'affaiblit, le tissu cellulaire augmente, ses membres s’arrondissent , sa barbe et les poils qui sont sur les diverses parties de son corps deviennent moins rudes, et s’éclaircissent; enfin, son intelligence diminue.

D’après ces observations, on ne saurait donc nier l’action énergique du sperme sur la composition des appareils organiques, puisque la destruction de l'organe qui le sécrète, empêche les êtres les mieux organisés de se développer, et fait rétrograder

l’organisation de ceux qui sont parvenus à un développement complet.

L’ablation des testicules produit les mêmes effets chez les animaux. On a remarqué que chez les bêtes à cornes, elle produisait l’atrophie de ces appendices , ou les faisait pousser recourbées, et que chez le cerf, par exemple, elle s’opposait à leur chute et à leur régénération annuelle. Chez les gallinacées privés de testicules, la crête se flétrit, et la faculté de chanter est presque abolie; aussi, quelle différence entre l'attitude fière et orgueilleuse du coq et la démarche humble du chapon, entre le courage du premier et la pusillanimité du second ? Par quelle vigueur et quelle impétuosité les étalons ne se distinguent-ils pas des chevaux ordinaires ?

Depuis longtemps on a remarqué que l'expulsion fréquente du sperme, surtout dans un âge peu avancé, produisait sur les forces et sur l'intelligence un effet analogue à celui de la castration, aussi Haller considérait-il le fluide séminal comme une sorte de virus animal qui double les forces et l'intelligence: Jitale virus maxime ad sanitatem, et robur animæ et corporis confert.

La castration peut-elle priver immédiatement et pour toujours celui qui l’a subie, d’engendrer? Cette question a beaucoup d'importance en médecine légale ; en général, on pense que l’homme qui a subi l’amputation des deux testicules peut encore procréer une fois; on se fonde pour cela, sur ce que avant l’amputation, une certaine quantité de sperme a pu être déposée dans les vésicules séminales, et y séjourner assez longtemps pour que aprés la guérison, l'érection et l’éjaculation soient possibles. Ast. Cooper rapporte, à l'appui de cette manière de voir, l’observation suivante : « Un nommé Wallis, ayant été amputé des deux testicules, quatre jours après l’ablation du second, le malade dit qu'il avait eu la nuit précédente une émission de sperme dont il montra les traces sur son linge. Cet homme, qui était marié et que je pus suivre, m'assura que pendant les douze premiers mois qui suivirent l'opération que je lui avais faite, il avait eu des émissions de sperme dans le coit, ou qu’il avait eu une sensation tout à fait semblable à celle qui accompagne l’éjaculation, mais, que par la suite, les érections avaient complétement cessé. »

Dans son Manuel de Médecine légale, M. Sédillot raconte qu'un homme auquel M. Boyer avait enlevé successivement les deux testicules affectés de sarcocelle, avait continué à voir sa femme qui devint enceinte peu de temps après. Cet homme, inquiet, vint consulter M. Boyer qui, pour ne pas troubler, dit-il, la paix du ménage, lui répondit que c'était possible, mais que c'était son dernier enfant, et que s’il en survenait un autre, il pouvait être assuré qu’il ne lui appartenait pas.

Chez les individus privés des testicules, les glandes de Cooper, les lacunes de Morgagni et la prostate peuvent sécréter un liquide visqueux. Cette sécrétion est activée au moment du coïit, et son éjaculation est accompagnée de spasme et de jouissance; toutefois, ce liquide ne possède nullement les propriétés génératrices qui appartiennent exclusivement au liquide spermatique.

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