‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 12 sur 407 · SURFACE INTÉRIEURE OU LIBRE DE LA DURE-MÈRE · texte numérisé non relu

SURFACE INTÉRIEURE OU LIBRE DE LA DURE-MÈRE

Partout lisse et tapissée par le feuillet pariétal de l’arachnoïde , elle est exempte, à l’état normal, d’adhérences avec les parties sous-jacentes, excepté dans les points où les veines cérébrales viennent se jeter dans les sinus.

Les replis ou cloisons qui partent de la face interne de la dure-mère sont au nombre de quatre : deux verticaux, la faux du cerveau et la faux du cervelet; deux horizontaux, la tente du cervelet et le diaphragme de lhypophyse.

La faux du cerveau (falx magna, s. falx cerebri, s. processus falciformis) (PI. 7) est une cloison fibreuse incomplète, tendue verticalement sur la ligne médiane et quelquefois obliquement, d’après Valentin, entre les deux hémisphères cérébraux qu’elle sépare. Falciforme, comme son nom l'indique, elle repose en arrière, par sa base, sur la tente du cervelet et se termine en avant par une pointe fibreuse qui se prolonge dans le trou borgne et par un repli qui enveloppe l’apophyse cristagalli. On considère à la faux du cerveau deux bords et deux faces. Son bord supérieur convexe s’étend du trou borgne à la protubérance occipitale interne; il est adhérent aux os, assez épais et loge le sinus longitudinal supérieur dont il représente exactement la direction. Son bord inférieur plus court, concave, mince et comme tranchant, s'étend de l’apophyse crista-galli au point médian du contour interne de la tente du cervelet. Ce bord devient plus épais en arriére et touche seulement dans ce point au corps calleux qui est placé transversalement au-dessous. Le sinus longitudinal inférieur, que M. Cruveilhier regarde comme une veine, suit ce bord inférieur et vient se jeter dans le sinus droit, qui existe au point de jonction de la faux du cerveau avec la tente du cervelet. Les deux faces de la faux cérébrale, revêtues par l’arachnoïde, sont en contact, chacune, avec la face interne de l’hémisphère cérébral correspondant. Il n’est pas rare de rencontrer des éraillures de cette cloison qui permettent aux

hémisphères de se toucher, et quelquefois même de se confondre partiellement.

La faux du cerveau constitue une cloison immobile, d’une part à cause de sa nature fibreuse inextensible et, d'autre part, à cause de la rigidité de la tente du cervelet, qui est fortement soulevée par cette dernière ; d’où il suit que ces deux membranes se maintiennent réciproquement dans un état permanent de tension.

La tente du cervelet (tentorium cerebelli) (PI. 7) forme une cloison incomplète située transversalement, ou une sorte de voüte membraneuse surbaissée, qui sépare le cerveau du cervelet. Elle présente la forme d’un large croissant circonscrivant une échancrure (incisura tentoriü, foramen ovale de Pacchioni), qui étreint et circonscrit le nœud de l’encéphale. Sa face supérieure est bombée et divisée en deux parties égales par l'insertion de la faux du cerveau : sur chacun de ses côtés, légèrement inclinés en dehors, reposent, par leur face inférieure , les lobes postérieurs du cerveau. Sa surface inférieure concave recouvre la face supérieure convexe du cervelet. La tente du cervelet présente aussi deux bords ou circonférences incomplètes.

La circonférence externe , adhérente et d’une grande étendue, répond en arrière à la moitié postérieure des gouttières latérales, et loge la partie correspondante des sinus latéraux, tandis qu’en avant elle adhère au bord supérieur du rocher et forme, en ce point, le sinus pétreux supérieur. La circonférence interne , très petite relativement à l’externe, décrit une ligne parabolique ouverte en avant; elle est mince et ne contient aucun sinus dans son épaisseur. Les extrémités du croissant que forme la tente du cervelet viennent s'attacher aux apophyses clinoïdes du sphénoide par deux piliers ou tendons qui se croisent en X. Le pilier qui continue la circonférence externe se fixe à l’apophyse clinoïde postérieure, et forme, vers l'extrémité du rocher, une sorte de pont au-dessous duquel passe le nerf trijumeau. Le pilier qui fait suite à la circonférence interne , subjacent au précédent, le croise et vient se fixer à l’apophyse clinoïde antérieure. Cest principalement par ce faisceau fibreux que les sinus caverneux se trouvent limités latéralement.

La faux du cervelet ou petite faux (falx minor, s. falx cerebell) est interposée entre les deux hémisphères du cervelet qu’elle sépare. C’est un repli fibreux verticalement dirigé au-dessous de la tente du cervelet, suivant la direction de la crête occipitale interne. La faux du cervelet répond supérieurement à la tente cérébelleuse , séparée base à base de la faux cérébrale par le sinus droit, et se termine inférieurement par une extrémité bifurquée qui suit et double, de chaque côté, le demi-contour postérieur du trou occipital. La tente du cervelet contient, dans son bord adhérent, les sinus occipitaux qui sont le plus souvent à l’état rudimentaire ; son bord libre répond au sillon médian ou à la commissure qui sépare les deux hémisphères du cervelet.

Le diaphragme de l'hypophyse (diaphragma hypophyseos), décrit par Valentin, est une sorte de plancher fibreux tendu, comme le dit cet anatomiste, en manière de tympan, qui recouvre la selle turcique. Par sa circonférence externe, ce diaphragme s’insère aux quatre apophyses clinoïdes et aux bords de la selle turcique; par sa circonférence interne, il circonscrit la tige pituitaire à laquelle il livre passage par un trou percé à son centre.

Sa face inférieure recouvre le corps pituitaire; sa face supérieure, qui répond à la cavité cränienne, est en rapport avec le plancher du troisième ventricule cérébral. Dans sa grande circonférence, le diaphragme de l'hypophyse recouvre le sinus coronaire.

STRUCTURE DE LA DURE-MÈRE. Cette membrane présente une texture fibreuse si bien caractérisée, qu’il est difficile de comprendre ce qui a pu suggérer à tant d’auteurs l’idée qu’elle dût être musculaire. Que cette opinion ait pu naître chez les médecins arabes, si peu anatomistes, on le conçoit: mais, ce qui étonne, c’est de la voir partagée par un anatomiste du mérite de T. Willis. Tout en reconnaissant la texture fibreuse de la duremère, et sans tenir compte de son adhérence aux os du crâne, qui infirme toute mobilité possible , comment a-t-il pu dire que l’on peut conjecturer que ces fibres résistantes et comme ligamenteuses , tirent et dilatent en différens sens la membrane qui les renferme dans son tissu (1)? Au reste, il n’est pas surprenant qu'appuyé sur un si grand nom, la prétendue contractibilité de la dure-mère se soit maintenue quelque temps dans la science. Ainsi Slevogt (1690) compare les fibres musculaires entrecroisées de la dure-mère , à celles de la vessie. Mais c’est surtout Pacchioni(1700)qui en a porté la description jusqu’au délire. Il ne voit pas moins dans cette membrane que le cœur du système nerveux, avec ses quatre cavités cérébrales et cérébelleuses, formé de trois ventres charnus, deux cérébraux et un cérébelleux, munis de quatre tendons membraneux. L’extravagance de cette hypothèse ouvrit les yeux à tous les anatomistes et coupa court à toute discussion. Depuis, ces chimères ont été abandonnées; aujourd’hui il est reconnu , par tous les anatomistes, que la dure-mère forme à l'encéphale une enveloppe uniquement fibreuse et inextensible. Cette membrane n'offre pas, dans tous les points, une égale épaisseur. D'après Valentin, la dure-mère est, en général, plus épaisse à la voûte du crâne et principalement sur les deux côtés de la suture sagittale. Les auteurs ont tous admis plusieurs feuillets dans la dure-mère, mais ils ont varié sur le nombre; Pauli en admet cinq, Verheyen trois ou quatre, et d’autres deux seulement. Ces dissidences s’interprètent facilement quand on sait que la dure-mère, épaissie par la macération, peut se laisser dédoubler artificiellement en presque autant de lamelles que l’on veut. Toutefois aujourd’hui, on est généralement d’accord pour reconnaître à la dure-mère deux feuillets; l’un externe ou périostique, qui adhère à la face interne des os du crâne et dans lequel se ramifient plus particulièrement les divisions vasculaires méningiennes; l’autre feuillet, ërterne, est uni avec l’arachnoïde par un tissu cellulaire serré et très fin.

Voici comment se comportent ces deux feuillets pour la formation des sinus. À la base des différens replis falciformes de la dure-mère, le feuillet externe ou périostique reste adhérent aux os, tandis que le feuillet interne ou cérébral s’en sépare et forme deux lames pendantes qui constituent, par leur adossement, la faux du cerveau et la tente du cervelet, etc. Or, C'est au point de réflexion de ces deux lames que se trouvent interceptés les canaux veineux , en général triangulaires, qui portent le nom de sinus. Il résulterait de cette disposition que tous les replis de la duremère sont formés par l'adossement de son feuillet encéphalique

(4) « Et enim vero suspicari licet, quod fibræ isla robustæ, ac velut ligamentosæ, membranam, cui intexentur, modo contrahant, modo dilatent, ac variè contrahant. »

WILLIS de Cerebri anatom. In Manget bihliot. anat., 1685.

qui aurait, par cela même, une étendue plus considérable à parcourir que son feuillet périostique.

Quant à la direction des fibres de la dure-mère , Ridley avait reconnu des fibres arciformes recouvrant la périphérie des hémisphères, et dans la faux, des fibres verticales et antéro-postérieures. Haller, spécifiant davantage, admettait dans la dure-mère deux plans de fibres; l’un externe, de fibres longitudinales ; l’autre interne, de fibres transversales. De la faux cérébrale, formée ellemême de fibres antéro-postérieures et de faisceaux rayonnés, procédaient les fibres de la tente du cervelet. Cette analyse de la texture fibreuse de la dure-mère était déjà nette et fondée, pourtant elle n’a point prévalu, car on ne la voit après Haller, professée par aucun anatomiste, et aujourd’hui, dans les descriptions que l'on fait de la structure de la dure-mère, on s'accorde à n’y voir qu'une intrication de fibresde directions variées, formant, comme l’on dit, un tissu feutré, sans, du reste, y attribuer aucune signification logique. Mais cette idée de structure est trop vague et incomplète pour être exacte. Ce n’est pas ainsi que sont faits les ouvrages de la nature. Sans doute, les variétés y sont souvent innombrables, mais elles sont soumises à un plan d'unité qui est fondé lui-même sur les usages que l’organe doit remplir. Or, il suffit de jeter les yeux sur l’ensemble de la dure-mère pour y saisir une disposition générale. Organe auxiliaire de nutrition par son feuillet interne, la dure-mère , dans son ensemble , est avant tout un organe de protection et de contention, dont la première condition à remplir est la solidité. Or, toute sa texture correspond à cet usage. Nous connaissons déjà la résistance de ses fibres : quant à leur direction, tous les faisceaux, plus ou moins rayonnés, partent d'autant de centres de renforcemens ou de tendons membraneux tissus dans la membrane, qui se fixent au contour sur toutes les crêtes et les saillies osseuses principales, et vont prendre un nouveau point d’appui à leur extrémité périphérique, soit sur une autre saillie osseuse en regard, soit dans des espèces de piliers de renforcement formés par la soudure de deux ou plusieurs lames de directions différentes, soit par leur fusion en un tissu natté en divers sens, ou comme feutré, formé par la jonction des épanouissemens entrecroisés de plusieurs faisceaux de directions variées, qui se font antagonisme par leurs tractions et leurs résistances mutuelles.

Appliquons maintenant à l'examen de détail ce que nous venons de dire pour l’ensemble. En commençant par la faux cérébrale (pl. 7, fig. 2) : elle est tendue entre un pilier vertical né de l’apophyse crista-galli, et un double pilier de bifurcation postérieur entre elle et la tente du cervelet. L'un et l’autre rayonnent d’abord vers la voûte du crâne sur les deux bords du sinus longitudinal supérieur, puis l’un au-devant de l’autre. A leur rencontre viennent des faisceaux nés des deux bords du sinus longitudinal supérieur et quelques fibres qui procèdent du bord inférieur épaissi de la faux qui renferme le sinus longitudinal inférieur. Tous ces faisceaux s'unissent dans leurs entre-croisemens terminaux, en formant l’épaisseur de la membrane ellemême, et sont reliés tous ensemble par quelques trousseaux de fibres longitudinales. Entre les nexus fibreux rampent les petits canaux veineux. Rien mécaniquement de plus résistant, sous un petit volume, que cette texture, et cependant rien de plus simple et de plus logique. Mais continuons : Nous venons de dire que, en arrière, la faux, pour la formation du bord libre du foramen ovale de la tente du cervelet , se divise en deux tendons de renforcement. Ces tendons eux-mêmes sont fixés en place par des faisceaux rayonnés qui en partent pour s'épanouir en arrière sur les,

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deux bords du sinus longitudinal ; et des uns et des autres partent, de chaque côté, deux autres faisceaux très vastes, assez régulièrement rayonnés, qui constituent de chaque côté le foliole latéral, dit la tente du cervelet, et vont, en se dédoublant, s’insérer au contour sur les bords des sinus latéraux et pétreux supérieurs. Le feuillet supérieur ou cérébral se continue au-delà des sinus avec le feuillet interne des deux fosses occipitale supérieure et sphéno-temporale, et le feuillet inférieur ou cérébelleux se continue pour former le revêtement interne de la fosse occipitale inférieure.

Nous venons de voir comment la grande faux cérébrale s’appuie en arrière et latéralement en formant la tente du cervelet : voyons comment elle s'attache en avant eten bas, et ce qui résulte de ses épanouissemens dans ces deux directions. En bas et en arrière, du dédoublement de la faux cérébrale résulte l’espace dans lequel s’interpose le sinus droit (pl. 6, fig. 2). Au-dessous, les feuillets se rejoignent pour former la faux cérébelleuse, sorte de pilier de renforcement qui lui-même se bifurque en bas, en arrière du trou occipital que tapissent ses deux tendons d’écartement, C’est des faisceaux entre-croisés, provenant de la faux cérébelleuse et du bord inférieur et interne du sinus droit, qu’est formé le feuillet de la dure-mère qui tapisse la fosse occipitale inférieure. Zn avant, du dédoublement de la faux cérébrale naissent les deux tendons qui forment de chaque côté le bord libre du foramen ovale de Pacchioni, et dont un pilier interne s’insère à l’'apophyse clinoïde postérieure, en laissant au-dessous de lui l’orifice de communication du sinus caverneux dans la jonction des sinus transverse et pétreux inférieur (pl. 6, fig. 2). En dehors de ce tendon émergent, les fibres rayonnées transversales vont s'insérer sur les bords des sinus pétreux supérieurs, et complètent en avant les folioles de la tente du cervelet. La jonction de ce pilier interne du foramen avec le faisceau de renforcement qui recouvre le sinus pétreux supérieur, constitue le fort tendon ou pilier externe qui s’insère à l’'apophyse clinoïde antérieure, en interceptant au-dessous l’orifice qui débouche du sinus caverneux dans le sinus pétreux supérieur. Mais ce pilier ne se borne pas à l'apophyse clinoïde antérieure. En dedans, il s unit à son congénère, en formant le revêtement des sinus caverneux et le diaphragme de l’hypophyse, cerné de chaque côté par un petit renflement circulaire autour du trou optique, et forme entre les deux, d’un côté à l’autre,un petit ligamenttransversal entrelesapophyses clinoïdes antérieures. Zn dehors, le pilier externe s'épanouit en faisceaux transverses sur la fosse sphéno-temporale, en interceptant un petit sinus non décrit, situé sous les petites ailes des sphé-

-noïdes, qu’en raison de sa position on pourrait nommer sinus plérydien, qui reçoit les veines cérébrales antérieures,ets’ouvre dans le sinus caverneux, dont il est le prolongement antérieur (pl. 6, fig. 2 f). Enfin, le pilier externe se termine par un bourrelet fibreux qui revêt le contour interne de la petite aile, et vient se confondre au milieu avec un autre pilier vers lequel convergent les faisceaux de la région latérale sphéno-temporale de la duremère. Pour terminer ce qui a rapport à la base du crâne, dans la gouttière basilaire où le tissu est le plus lisse et serré, il est formé par les entrecroisemens de faisceaux nés des tissus de revêtement des sinus pétreux inférieurs et du contour antérieur du trou occipital. Zn avant, del’apophyse crista-galli et de la crête ethmoïdosphénoïdale, procèdent les fibres serrées transversales qui tapissent les deux planchers orbitaires.

En résumé, c’est des éminences ou des crêtes osseuses des sinus de la base du crâne , et des rebords du grand sinus de la voûte,

Te Ile

que nous voyons naître tous les faisceaux d'attache de la duremère. Si, aux fibres de ces grands faisceaux, dont la direction sur les parois du crâne est généralement transversale ou oblique, on ajoute le plan interne des fibres antéro-postérieures de liaison, analogue à celles de la faux, signalées par Haller, et si on y comprend, en outre, une foule de petits faisceaux partiels d'attache plus ou moins évidens, émanés partout des saillies osseuses des parois, on conçoit que l’on ait été amené à considérer, en général, la dure-mère comme un tissu feutré d’un aspect très varié; mais ce que nous désirions démontrer, c’est que toutes ces variétés accidentelles qui masquent la structure générale, par un examen analytique attentif, se fondent dans un système de structure nécessité par les usages de la membrane, et qui est invariablement le même chez tous les individus.

Vaisseaux de la dure-mère cränienne. Nous avons déjà indiqué les sources des vaisseaux artériels ; les veines, beaucoup plus volumineuses que les artères, vont se jeter dans les sinus les plus voisins, et rattachent ainsi la circulation de la dure-mère à la circulation cérébrale. Cependant les sinus reçoivent encore un grand nombre de petites veines osseuses qui font communiquer la circulation veineuse encéphalique avec celle du péricràne. Les petits conduits osseux qui leur livrent passage sont connus sous le nom de trous émissaires de Santorini. À l'égard de ces nombreux vaisseaux, et principalement des veines cérébrales qui se jettent dans les sinus ou traversent en si grand nombre les parois du crâne, M. Foville reproduit avec raison lopinion de Galien, rapportée par M. Daremberg dans sa thèse inaugurale, et d’après laquelle ce grand anatomiste considérait la membrane vasculaire comme le moyen de fixité de la substance cérébrale, qui, ne pouvant se soutenir d'elle-même, s'affaisse aussitôt qu’elle est dépouillée de la pie-mère.

Les {ymphatiques de la dure-mère accompagnent, en général, les autres ramifications vasculaires. Mascagni les a figurés passant par le trou sphéno-épineux et allant se réunir avec les lymphatiques profonds de la face dans les ganglions du cou. Toutefois, à leur origine, ces vaisseaux forment un réseau à la face interne de la dure-mère , au-dessous de l’arachnoïde , ce qui porterait à les considérer comme appartenant plus spécialement à cette dernière membrane.

Nerfs de la dure-mère. Les nerfs de la dure-mère, niés pendant long-temps, sont maintenant bien démontrés, et on peut les apercevoir à l’œil nu etsans dissection, quand on a préalablement rendu la dure-mère transparente par la macération dans l’acide azotique étendu. Ils proviennent presque tous d’une même source, qui est la cinquième paire. Parmi ces filets nerveux méningiens, les uns naissent de la grosse racine du trijumeau avant le ganglion de Gasser, et vont se répandre principalement dans la duremère qui revêt les fosses temporales ; les autres se détachent de la branche ophthalmique, et entre ceux-ci on remarque surtoutun rameau bien distinct décrit par Arnold, qui se réfléchit en arrière pour aller se diviser et se perdre entre les feuillets de la tente du cervelet. Valentin décrit aussi un filet du rameau carotidien du grand sympathique, qui se rend à la tente du cervelet. Enfin, Purkinje et Pappenheim sont parvenus à suivre les divisions microscopiques des nerfs de la dure-mère sur un sujet où cette membrane avait macéré dans l'acide acétique. Tels sont sur ces nerfs les renseignemens que fournissent les auteurs. Je dirai plus loin celles qui résultent de mes propres recherches.

Glandes de Pacchioni (t. x, pl. 4). Ce sont des petites granulations blanchâtres, arrondies ou lenticulaires , isolées ou réunies en grappe, qui se rencontrent, tantôt entre les fibres de la dure-mère, tantôt à la surface extérieure, ou bien à la surface intérieure de cette membrane. Voici les points les plus importans de l’histoire de ces corpuscules : 1° On ne les observe pas chez les animaux ni chez l’enfant : assez nombreux chez l’homme adulte, ils augmentent et se multiplient avec les progrès de l’âge. 2° Ils ne se développent pas indifféremment sur toutes les parties de la dure-mère : on les trouve habituellement groupés sur les deux côtés du sinus longitudinal supérieur. Quand ils sont en grand nombre, ils se dispersent en chapelet sur les côtés, en suivant les principales divisions veineuses qui se rendent dans le sinus longitudinal supérieur. Haller en a remarqué autour du sinus droit, et, d’après Valentin, il arrive parfois que ces granulations pénètrent dans les sinus veineux qu’elles côtoient et y gènent plus ou moins la circulation cérébrale. M. Cruveilhier pense que les glandes de Pacchioni ont toujours leur siége primitif dans le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. 11 semble que ce soit par leur développement progressif que ces corpuscules dissocient les fibres de la dure-mère et viennent se placer à la face interne des os du crâne, si bien qu’elles finissent par les user pour s’y creuser une loge quelquefois assez profonde.

Les auteurs ne s'accordent pas sur la nature réelle et les usages de ces corpuscules. Pacchioni les considérait comme des petites glandes qui versent le produit de leur sécrétion spéciale dans les sinus veineux voisins; Ruysch les croyait formés par du tissu adipeux. Parmi les anatomistes modernes, les uns regardent ces corps comme des organes existant à l’état physiologique; les autres, entre lesquels nous citerons Valentin et M. Blandin , les rangent parmi les productions morbides, et se basent, pour établir leur opinion , sur l’absence de ces granulations dans le jeune âge. Un a soutenu encore que ces granulations étaient de la même nature que celles des plexus choroïdes. Il serait inutile d’insister sur ces diverses opinions, auxquelles on pourrait encore en ajouter beaucoup d’autres ; constatons seulement que, dans l’état actuel de la science, les fonctions des corpuscules de Pacchioni nous sont complétement inconnues.

Entre les deux feuillets de la dure-mère sont situés les confluens veineux ou les sinus cérébraux, tapissés en dedans par la membrane interne du système vasculaire à sang noir, et dont l’intérieur est entrecoupé par des brides que l’on assimile à des valvules rudimentaires. Nous renvoyons , pour la description de ces sinus, à celle de l'appareil veineux cérébral (4ngéiologié, tome 1v).

DE L’ARACHNOIDE.

ARACHNOIDEA ; MENYNX. S. MEMBRANA MEDIA, S. MEMB. MUCOSA.

L’arachnoïde est un sac séreux sans ouverture, qui tapisse, d’une part, la face interne de la dure-mère crânienne et rachidienne, et qui enveloppe médiatement la masse nerveuse encéphalique et la moelle épinière.

On a donné le nom de feuillet pariétal à la partie de l’arachnoïde qui tapisse la dure-mére, et la dénomination de feuillet viscéral à celle qui revêt l’encéphale et la moelle épinière.

Ces deux feuillets sont contigus l’un à l’autre par leur surface interne, comme le sont les feuillets dela plèvre, du péritoine, etc., et ils interceptent entre eux une cavité possible, la cavité arach-

noidienne , analogue à celle de toutes les membranes séreuses. Mais le feuillet viscéral de l’arachnoïde n’est pas uni aux organes nerveux , la pie-mère l’en séparant partout; il ne fait que passer au-dessus des surfaces, sans leur adhérer et sans pénétrer dans les anfractuosités qu’elles présentent. Il en résulte que ce feuillet viscéral est libre par ses deux faces, et que , entre sa surface interne et les organes nerveux, il existe des vides considérables, représentés par la profondeur des anfractuosités de la surface extérieure du cerveau. C’est à l’ensemble de ces vides ou espaces qu’on a donné le nom de cavité sous-arachnoïdienne ; la que se trouve le liquide céphalo-rachidien qui les remplit: d'où il résulte déjà que ce fluide est placé en dehors de la cavité arachnoïdienne. Nous décrirons successivement : 1° le feuillet pariétal de l’arachnoïde ; 2° son feuillet viscéral ; 3° la structure de l’arachnoïde. 4° la cavité arachnoïdienne et la cavité sous-arachnoïdienne. Nous renverrons après la description de la pie-mère ce qui concerne la cavité sous-arachnoïdienne et le liquide céphalo - rachidien, auquel nous rattacherons la description des voies de communication de l’espace sous-arachnoïdien avec les cavités ventriculaires du cerveau et du cervelet.

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