‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome troisième (volume 4)Chapitre 19 sur 407 · LIQUIDE DE LA SURFACE EXTÉRIEURE DU CERVEAU ET DE LA · texte numérisé non relu

LIQUIDE DE LA SURFACE EXTÉRIEURE DU CERVEAU ET DE LA

1° LIQUIDE DE LA More. Nous avons vu que toute la surface de la moelle enveloppée de la pie-mère baignait dans le liquide cérébro-spinal. Il en est de même de tous les vaisseaux et de chacun des nerfs qui s’y trouvent isolés les uns des autres et comme suspendus. Cette disposition est surtout très manifeste à la queue de cheval. Ce nom lui-même qui exprime la position relative des cordons, accolés au faisceau, ne convient que dans l'état où on les avait toujours observés, après l'ouverture des membranes et l'évacuation du liquide. Mais si on les étudie sur un sujet dont l’espace sous-arachnoïdien a été injecté avec de l’ichtyocolle prise en gelée, remplaçant le liquide tel qu’il existe pendant la vie, on voit que tous ces nerfs, écartés les uns des autres, sont maintenus à distance par une couche de liquide interposée, de manière à inscrire sur leur plan de section horizontale, par trois rangées irrégulières, une espèce de croissant à concavité antérieure.

L'épaisseur de la couche liquide varie sur les quatre faces de la moelle à divers points de sa hauteur. C’est en arrière qu’elle est la plus grande et en avant qu’elle est la plus petite. Sur le plan moyen elle donne : à la face postérieure, en regard du trou occipital, de 12 à 15 millimètres; 4 au milieu de la concavité de la colonne cervicale; 6 à 7 à la hauteur de la cinquième vertébre dorsale; un peu moins à trois vertèbres au-dessous, et, au contraire, un peu plus encore au niveau de la onzième vertèbre, au-dessus du renflement inférieur de la moelle. Sur la face antérieure, assez mince dans toute la hauteur, la couche liquide varie entre 1 à 2 millimètres au milieu de la convexité cervicale, son point le plus rétréci, jusqu’à 4 ou 5 millimètres en regard de la douzième vertèbre dorsale, son point le plus large. Sur les faces latérales, sauf les lieux de renflemens, la dégradation d'épaisseur de la couche liquide est sensiblement uniforme de haut en bas, de 5 millimètres environ à latlas

et à l’entonnoir supérieur du canal vertébral où se trouve sus- Te EITS

pendu le nerf spinal , jusqu’à un seul au bas de la moelle. Enfin pour le faisceau nerveux dit la queue de cheval, c’est le contraire de la moelle, la couche liquide, à peine sensible en arrière, offrant en avant jusqu’à 10 ou 12 millimètres d'épaisseur.

2° LIQUIDE DE LA SURFACE DE L'ENCÉPHALE. Nous avons vu que le liquide cérébro-spinal répandu partout dans l’espace sous-arachnoïdien et pénétrant sur tous les points dans les scissures, les sillons et les anfractuosités, forme à la surface de l’encéphale une couche partout continue, quoique d’inégale épaisseur, suivant les accidens des contours qui écartent plus ou moins l'une de l’autre la pie-mère et l’arachnoïde. Mais pour s’en faire une idée complète, il faut le suivre sur tout le trajet de ce que l'on peut appeler, jusqu'à un certain point, son parcours, puisque suivant ce qui sera dit plus loin, il est susceptible de déplacement avec les mouvemens de la masse encéphalique. C’est encore à M. Magendie que nous empruntons ces détails.

Le lieu d'où il convient de partir est le grand espace situé au-dessous du cervelet, à la hauteur du trou occipital. Ce vaste espace médian, dont la largeur est celle du trou occipital et dont l'épaisseur entre la face postérieure de la moelle et le contour de l'os, n’est pas moins en moyenne, de 15 à 18 millimétres au-dessous du cervelet, a été nommé par M. Magendie, le confluent postérieur et inférieur que l’on pourrait appeler aussi sous-cérébelleux. C’est effectivement le grand confluent commun où se mêle le liquide cérébro-spinal qui provient de toutes les issues : en bas du canal de la moelle, en haut de la surface du cervelet, et de la surface inférieure du cerveau, en contournant les faces latérales du bulbe rachidien; enfin c’est le lieu central où afflue aussi le liquide des cavités ventriculaires par un orifice particulier situé en regard du sommet du quatrième ventricule, comme il sera dit plus loin.

De ce confluent inférieur borné en haut par la gouttière que forme le vermis inférieur, et débordé de chaque côté par les lobes du cervelet, le liquide passe de la face inférieure de cet organe, à ses faces postérieure et latérale, et enfin à la face supérieure, en pénétrant partout avec la pie-mère entre les lobes et les lamelles, et arrive au-devant de la tente du cervelet. En ce point le liquide cesse de former une couche légère et remplit un large espace, le confluent supérieur et postérieur où sus-cérébelleux, où il baigne en bas le cervelet; en haut le bourrelet du corps calleux; en avant les tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale ; en arrière la tente du cervelet, et dans l’espace moyen, les veines de Galien.

Du confluent sus-cérébelleux, la couche liquide se continue par le foramen ovale en arrière, sous les lobes postérieurs du cerveau, en dehors sur les pédoncules cérébraux, en haut sur le corps calleux et successivement sur la face interne des hémisphères, puis sur leur face supérieure, de là elle rejoint en arrière la couche du lobe occipital, descend par la face latérale dans les fosses moyenne et antérieure du crâne où elle gagne la face inférieure du cerveau, et chemin faisant baigne abondamment la grande scissure interlobaire de Sylvius. Partout, dans ce long trajet, le liquide forme une couche assez mince à la surface des circonvolutions et plus épaisse dans les espaces irréguliers de leurs anfractuosités.

Reste donc la face inférieure du cerveau. Ici, d’après M. Magendie , probablement en raison de la pression du cerveau, la couche liquide, très évidente dans les creux et les anfractuosités, est à peine sensible sur les courbes des circonvolutions. La por-

tion médiane de la base du crâne est celle qui offre le plus d’intérét. La couche liquide y est très abondante. Tous les nerfs qui partent du prolongement céphalique y sont plongés. Les nerfs olfactif et optique jusqu’à leurs orifices de sortie du crâne; les moteurs oculaires jusqu’à leurs canaux fibreux dans la duremère. Le trijumeau offre cette disposition remarquable que le liquide l'accompagne dans son canal fibreux de la fosse sphénotemporale, que M. Magendie nomme sa cavité ganglionienne, où il baigne à-la-fois par son tronc, son ganglion et les trois branches qui en procèdent. Le liquide plonge aussi dans le conduit auditif interne avec les nerfs acoustique et facial, jusqu'aux cloisons qui ferment le vestibule et le canal spiroïde du facial où les nerfs pénètrent seuls. Les racines isolées du pneumo-gastrique, du glosso-pharyngien et de l’hypoglosse sont comme suspendues dans le liquide, de même que celles du spinal au-dessous, et les cordons nerveux eux-mêmes, y trempent jusqu’à leurs orifices de sortie.

Enfin la dernière particularité importante du liquide-cérébrospinal sur le plan moyen de la base du cerveau est la formation, sur les surfaces centrales à contours accidentés, de deux autres confluens en rapport dans toutes les directions avec les couches des circonvolutions. Au milieu de la longueur, de la décussation des nerfs optiques au bord antérieur de la protubérance annulaire existe le confluent antérieur et supérieur qui baigne le plancher du troisième ventricule, la face inférieure des pédoncules cérébraux, la tige pituitaire avec laquelle il traverse le diaphragme de l’hypophyse et enfin le ganglion pituitaire. En arrière, à ce confluent en fait suite un autre, le confluent antérieur et inférieur, étendu sur la protubérance annulaire et dans lequel trempe l'artère basilaire. Celui-cise continue en bas avec l’espace sous-arachnoïdien antérieur de la moelle et, en contournant ses faces latérales, rejoint le grand confluent sous-cérébelleux que

nous avons pris pour point de départ.

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