DURE-MÈRE RACHIDIENNE (PI
Elle représente un long sac ou étui fibreux, ouvert en haut, et qui s'étend depuis le trou occipital jusqu’au milieu de la deuxième ou troisième vertèbre sacrée, où il se termine en pointe. Par sa surface interne, la dure-mère rachidienne est tapissée par l’arachnoïde spinale, mais elle se distingue de la dure-mére cränienne, en ce qu’elle est libre par sa surface externe et qu’elle ne remplit plus, dans le rachis, le rôle d’une membrane périostique. En raison de cette dernière circonstance, le long sac allongé que forme la dure-mère du rachis, n’a qu’une capacité inférieure à celle du canal vertébral, quoique beaucoup plus large que le diamètre de la moelle qu’il renferme, l’espace intermédiaire étant
rempli par le liquide céphalo-rachidien. Etudié à l’état de réplé-
tion par ce liquide, le cylindre membraneux offre un élargissement considérable à la région cervicale, un rétrécissement à la région dorsale , et forme une vaste ampoule conique, au niveau de la région lombo-sacrée que distend le liquide dans lequel nagent les nerfs qui forment la queue de cheval.
1° SURFACE EXTÉRIEURE DE LA DURE-MÈRE RACHIDIENNE. Nous avons dit qu’elle était libre; toutefois, cette surface est fixée dans plusieurs points au canal vertébral qui l'entoure. Ces adhérences se remarquent 1° en haut, au pourtour de l’arc postérieur de l’atlas et au niveau du ligament occipito -atloïdien postérieur; 20 à son extrémité inférieure, où la dure-mère rachidienne est attachée à la partie antérieure du canal sacré, par quatre ou cinq filamens tendineux. 3° En avant, surtout à la région cervicale, elle adhère par des brides fibreuses nacrées et résistantes, avec le ligament vertébral commun postérieur. 4° Sur les côtés etdans l’espace qui sépare les trous de conjugaison, on remarque des petits faisceaux fibreux qui unissent la dure-mère avec les os et les sinus veineux. Dans tout le reste de son étendue, la surface extérieure de la dure-mère est libre et séparée du canal vertébral par un tissu cellulo-graisseux qui entoure les réseaux veineux ou sinus rachidiens. En arrière, ce tissu est très abondant, il remplit tous les vides qui séparent la dure-mère de l’arc postérieur des vertèbres ; il est souvent infiltré d’un fluide séreux rougeâtre, ce qui lui donne, aux yeux des observateurs non prévenus, l'apparence d’un tissu morbide ou enflammé. Nous verrons plus tard que cette substance graisseuse, que M. Cruveilhier compare à la moelle des os longs, est très développée chez certains animaux et, par exemple, chez les poissons , où elle remplace le fluide protecteur céphalo-rachidien.
2° SURFACE INTÉRIEURE DE LA DURE-MÈRE RACHIDIENNE. Elle est lisse et recouverte par le feuillet pariétal de la membrane arachnoïde. Le canal fibreux de la dure-mère rachidienne offre certaines adhérences qui le fixent aux parties sous-jacentes , et, de plus , il livre passage à des nerfs et à des vaisseaux. Sur les côtés , on voit les deux séries de nerfs rachidiens qui percent la dure-mère pour s’engager dans les trous de conjugaison: là, cette membrane se comporte comme au crâne, c’est-à-dire qu’elle se subdivise en deux feuillets, dont l’un accompagne le nerf sous forme de canal névrilématique, et dont l’autre se fixe aux vertèbres et se confond avec le périoste. A sa partie supérieure, sur les côtés du trou occipital, la dure-mère est encore percée pour le passage des artères vertéhrales qui entrent dans le crâne. Les prolongemens qui partent de la face interne de la dure-mère rachidienne sont de deux ordres. Les premiers sont des adhérences rares et filamenteuses qui s’observent surtout à la face postérieure et qui ont pour but de tenir soulevé le feuillet viscéral de l’arachnoïde : nous y reviendrons à propos du liquide céphalorachidien ; les seconds prolongemens sont des languettes fibreuses triangulaires qui unissent la dure-mère avec la pie-mère rachidienne, et constituent, par leur assemblage, le ligament dentelé.
3° SrRUCTURE DE LA DURE-MÈRE RACHIDIENNE. Elle ne diffère pas sensiblement de celle de la dure-mère crânienne , et ce n’est qu’en théorie qu’on peut dire, avec les anatomistes allemands , qu’en-entrant dans le canal rachidien et au niveau de la première vertèbre cervicale, la dure-mère se sépare définitivement en deux feuillets pour aller, d’une part, former le périoste interne du ca-
nal vertébral, et de l’autre, constituer , par son dédoublement interne , le sac fibreux qui entoure la moelle.
Les artères , très nombreuses, proviennent des artères rachidiennes, cervicales, dorsales et lombaires. Des rameaux vertébraux de chacune de ces artères, procède , dans toute la hauteur du rachis, un rameau très délié qui entre dans le canal vertébral par le trou de conjugaison correspondant.
Les veines vont se rendre dans les sinus rachidiens. Les vaisseaux lymphatiques sont décrits comme ne faisant que traverser la dure-mère et appartenant à l’arachnoïde.
On n’a pas encore découvert de nerfs dans la dure-mère rachidienne. Cette membrane partage, du reste, le caractère physiologique commun à tous les tissus fibreux, qui est d’être insensible à la section, tandis que la traction ou la déchirure y sont très douloureuses.