‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 209 sur 470 · CONDITIONS DE SUCCÈS · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE SUCCÈS

Saisons. On pratique à peu près indifféremment les opérations sur les os dans toutes les saisons de année ; cependant quand il existe certaines épidémies d’érysipèle ou de phlébite il est prudent de s’abstenir des résections, qui par leur nature exposent aux inflammations violentes.

Age. Les auteurs gardent le silence sur ce point. L’expérience démontre néanmoins des différences entre l’enfant, l'adulte et le vieillard : chez ce dernier, en effet, la dégénérescence graisseuse des os, la vitalité moins grande des tissus environnants, qui rendent quelquefois la formation du cal si difficile, doivent également rendre les résultats des résections beaucoup plus douteux.

Constitution du sujet. Aux causes de non-consolidation que nous avons déjà signalées, nous ajouterons certains vices généraux ou altérations des liquides : le scorbut, une anémie profonde, la diathèse cancéreuse sont particulièrement dans ce cas. Il est évident que si la non-consolidation d’une fracture tenait à l’un de ces états, il faudrait, avant d’y remédier par la résection des fragments osseux, attendre que la constitution du malade füt modifiée ou améliorée, s’il était possible, par un régime et un traitement appropriés. }

Circonstances opératoires. Les chances de succès des résections varient encore suivant le siége de l'opération et suivant l'état des parties molles. Dans la continuité de la diaphyse des os longs, ou dans les os plats formés par une lame de diploé très-mince comme le corps de l’omoplate, l’inflammation est en général modérée et la guérison plus rapide. Dans le tissu spongieux des extrémités articulaires, ou dans le corps des os courts, les accidents inflammatoires et la phlébite en particulier sont très-communs, et ils sont d'autant plus à craindre que les surfaces osseuses réséquées sont plus étendues.

État des parties molles. Moreau père jugeait l'opération possible pourvu que les chairs fussent vivantes. Cependant si les tissus indurés, lardacés et labourés par des trajets fistuleux ont pu quelquefois se modifier après l'opération et revenir graduellement à leur état normal, il est vrai de dire que le résultat n’a pas toujours été aussi favorable ; que souvent la carie s’est reproduite, ou que des suppurations interminables ont amené l’épuisement et même la mort des malades. 11 faut donc que les parties molles ne soient pas trop gravement altérées, et qu’elles soient dans un état qui permette d’espérer leur retour à l’état normal.

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