‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 24 sur 470 · RÉGION OCCIPITALE · texte numérisé non relu

RÉGION OCCIPITALE

Situation, délimitation, configuration. Située à la partie inférieure et postérieure du crâne, convexe suivant ses deux diamètres vertical et transversal, ses limites à l’extérieur sont trèsvagues; elles sont tracées en dedans par le plan moyen; en bas, par une ligne qui suit l’attache des muscles extenseurs de la tête, de la protubérance occipitale interne vers l’apophyse mastoide; en dehors et en haut, par une autre ligne, indiquant à l'extérieur le trajet de la suture occipito-mastoïdienne et pariétale, et qui s'étend de l’apophyse mastoïde au milieu de la hauteur du crâne en arrière.

PARTIES CONSTITUANTES. 1° Peau. Épaisse et lisse, elle fait partie du cuir chevelu; c’est le seul point du crâne où les cheveux se conservent jusque dans un âge avancé. 2° Couche cellulo-graisseuse. Dense, serrée, garnie d’un grand nombre de bulbes pileux et d’une petite quantité de tissu adipeux. 3° Muscles et aponévrose. La couche musculaire est formée par le peaucier occipital, joint au frontal par l’aponévrose intermédiaire. Au-dessous de la ligne courbe inférieure existent, par trois plans superposés, les attaches crâniennes des muscles extenseurs de la tête : le trapèze, le splénius, les complexus,

les petits droits et obliques postérieurs. 4° Vaisseaux sanguins. L’artère de cette région est l’occipitale, d’un trajet trésflexueux, dirigée en diagonale de bas en haut et de dehors en dedans. Les veines occipitales sont souvent doubles, l’une superficielle, et l’autre profonde, accompagnant l'artère, 5° Vaisseaux lymphatiques. Hs forment un ou deux canaux qui se jettent dans le chapelet sous-occipital situé le long des attaches des muscles extenseurs. 6° Werfs. Nombreux dans cette région, ils sont fournis : par la branche auriculaire du facial, la branche sous-mastoïdienne du plexus cervical, la branche postérieure du nerf sous-occipital, et quelques filets de la première paire cervicale. Le grand nombre de ces nerfs, et leur situation dans des gaines ostéo-fibreuses très-serrées, explique la fréquence des névralgies en ce lieu, la gravité et les complications des congestions qui y surviennent à la suite de plaies accidentelles ou opératoires. 7° Squelette. 11 est formé seulement par l’une des moitiés de l'os occipital, et n’est sous-cutané que dans sa partie supérieure, l’inférieure étant masquée par les attaches des muscles extenseurs de la tête.

RÉGION TEMPORALE

Situation, configuration, délimitation. Située sur la partie moyenne latérale et inférieure du crâne, de forme irrégulierement demi-circulaire, ses limites, tracées à peu près par le contour des attaches du muscle temporal, sont indiquées : en bas, par la ligne transversale de l'apophyse zygomatique ; en avant, par le contour de l’os malaire et l’apophyse orbitaire externe; en haut et en arrière, par la circonférence du muscle.

PARTIES CONSTITUANTES. 1° La peau. Mince, lisse, peu adhérente, dépourvue de cheveux en avant et au-dessus de la conque auriculaire, elle en est revêtue dans le reste de son étendue. C’est dans cette région qu’ils commencent surtout à blanchir, d’où le nom de empe (tempora), qui lui a été donné. 2° Couche cellulo-graisseuse. Mince, peu adhérente à la peau, garnie de bulbes pileux et d’une petite quantité de graisse, elle n’a qu'une adhérence assez légère avec l’aponévrose sous-jacente. 3° Muscles et aponévroses. Cette couche se compose de deux plans : (A) Le premier plan est formé par l’aponévrose temporale superficielle, terminaison latérale inférieure de l'aponévrose épicränienne qui unit les deux muscles occipital et frontal ; elle sert elle-même d'épanouissement aux deux petits muscles peauciers auriculaires, antérieur et supérieur, et s’insère en bas sur l’apophyse zygomatique. Entre elle et l’aponévrose profonde est une couche adipeuse ou fascia superficialis, dans laquelle rampent les vaisseaux et nerfs temporaux superficiels, renfermés dans des gaînes fibro-celluleuses. (B) Le deuxième plan est constitué par l’aponévrose temporale profonde, enveloppe de contention et surface d'insertion du muscle temporal, et par ce muscle lui-même, dont l’insertion au périoste, dans toute l'étendue de la fosse, dissimule souvent l'existence des fractures, et en maintient en position les fragments. 4° Vaisseaux sanguins. L’artère principale de cette région est la temporale superficielle, qui monte à trois lignes au-devant de l'oreille, et s’y divise en ses deux branches frontale et pariétale. C’est cette artère, ou sa branche frontale, qui est le siége de l’artériotomie. Les veines superficielles accompagnent les artères ; il en est de même des deux ou trois rameaux lymphatiques, qui vont se rendre dans les ganglions parotidiens. Sur la surface périostique rampent les vaisseaux temporaux profonds, artères et veines, fournis par les maxillaires internes. 5° Werfs. Ils sont très-nombreux, et disposés sur deux plans : les superfi-

ciels sont fournis par les branches ascendantes du plexus cervical, le facial et le rameau auriculaire du maxillaire inférieur ; les profonds proviennent du maxillaire inférieur et de la branche orbitaire du maxillaire supérieur. Le grand nombre de ces filets et la fréquence de leurs anastomoses explique l'intensité des douleurs névralgiques dont cette région est le siége, et l'étendue de leurs irradiations. 6° Squelette. 11 est formé par la portion écailleuse du temporal, la partie inférieure du pariétal, une petite portion du frontal, et la grande aile du sphénoïde. Les fractures, très-communes dans la portion écailleuse du temporal, sont surtout graves par la rupture des vaisseaux sphéno-épineux encastrés sur sa face crânienne.

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