‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 308 sur 470 · BISTOURIS · texte numérisé non relu

BISTOURIS

Le bistouri se compose d’un manche ou chasse, fixe, ou dont les deux jumelles peuvent s’écarter à volonté. À l’extrémité du manche est reçu le talon d’une lame qui peut être fixée, mais qui, le plus ordinairement, est articulée en charnière tournant sur une goupille, de manière à pouvoir fermer au repos l'instrument, dont la lame est reçueentre les deux jumelles de la chasse. La nécessité que le bistouri ne puisse jamais se fléchir dans les opérations a fait imaginer divers moyens de fixer la lame avec le manche, comme la plupart des figures en offrent des exemples. Les bistouris pour les incisions sont de trois sortes: droit, convexe et boutonne, dont l’usage répond à diverses indications.

FIGURE 1. Bislouri droit. La lame en est effilée; le talon est court; le dos et le tranchant, légèrement convexes, convergent l’un vers l’autre en un sommet très aigu Correspondant au milieu de la lame. La convexité légère du tranchant est utile pour que, portant à plat, le manche puisse s'élever un peu au-dessus de la partie où l’on opère.

FIGURE 2. Bistouri convexe. La lame est de même longueur que pour le précédent, mais la largeur s’en maintient jusqu’auprès de la pointe où le tranchant, jusque-là presque droit, rejoint le das par une courbe elliptique.

FIGURE 3. Béstouri droit boutonné. I| diffère des deux précédens par le peu de largeur de sa lame, égale dans toute la longueur ct terminée à son extrémité par un pelit renflement ou bouton. L’absence d’une pointe qui aurait pu blesser les tissus est particulière à cet instrument, destiné à inciser de dedans en dehors sur un conducteur.

Ces trois bistouris, les plus usités, sont articulés par un ressort qui les maintient fixement quand ils sont ouverts.

FIGURE 4. Bistouri droit, modifié par M. Charrière. L'instrument est mousse et non boutonné à son extrémité libre. Le talon est fixé par un petit onglet (a), jouant sur un ressort (b).

FIGURE 5. Bistouri anglais, qui ne diffère des nôtres que par l’alongement du talon et le raccourcissement de la lame à tranchant convexe.

FIGURE 6. Bistouri à fistules, imaginé par M. Charrière, Le dos, un peu épais est creusé d’une cannelure fermée en un point par un petit pont métallique (b), qui sert de guide à un stylet mousse, sur lequel glisse le dos de la lame. L’objet de ce mécanisme est de remplacer, par le stylet, la sonde cannelée quele bistouri ordinaire peut quitter dans les mouvemens. La lame est fixée avec le manche par un petit curseur boutonné (ce).

Les bistouris qui suivent ne sont remarquables que par le mode de fixation de la lame sur le manche.

FIGURE 7. Bistouride M. Larrey. Cet instrument se distingue par un anneau ou curseur métallique (a), qui glisse sur le manche et s’oppose également à ce qu’il puisse s’ouvrir étant fermé, ou se fermer quand il est ouvert.

FIGURE 8. Bistouri de M. Récumier. Cet instrument est le plus ingénieux de tous par son mode d’articulation. Asonextrémité libre, l’unedes branches du manche porte une petite clef tournante (a), passant au travers d’une mortaise (b) de l’autre branche, de manière que la branche femelle peut quitter l’autre à volonté, en pivotant sur la goupille d’articulation de la lame avec le manche. A l'autre extrémité, le talon de la lame porte de chaque côté deux petits onglets, tournés vers l’une ou l’autre face. Les onglets inférieurs (d, d), appuyant sur le bord des branches, s'opposent à ce que la lame puisse se fléchir le bistouri étant ouvert; les onglets (e, €, dans la portion libre du talon, empéchent que le bistouri ne puisse s’ouvrir étant fermé. à

FIGURE 9. Wode de fixité, imaginé par M. Charrière, et qui consiste dans un petit curseur (a), qui s'arrête sur un onglet par une goupille.

FIGURE 10. Béstouri importé d'Allemagne. Les deux jumelles du manche sont mobiles à l'extrémité libre, et la lame est maintenue dans son articulation par deux goupilles.

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