COMPRESSION DE LA CAROTIDE
Jusqu'à présent on n'a possédé aucun instrument à l’aide duquel on püût opérer à volonté la compression permanente de l'artère carotide primitive. Celui que nous offrons remplit complétement cet objet sur la nature. La grande figure le représente en position sur le sujet vivant ; les /g. 2 et 3 en donnent la théorie et les détails.
DÉTAILS DU COMPRESSEUR DE LA CAROTIDE, FIGURES l, 2 ET 8.
Sur la fig. 2, l'instrument est représenté en position sur le plan de section du cou emprunté à l'anatomie chirurgicale (tome 6, pi. 10). L'instrument se compose des parties suivantes : 1° D'un quart de cercle d'acier (D), composé de deux segmens qui glissent l’un sur l’autre, et sont maintenus par une vis de pression comme dans le’ compresseur de Dupuytren, de manière à augmenter ou diminuer à volonté l'étendue qu'il embrasse. Cette portion de cercle se continue à chaque extrémité par un segment en acier, avec lesquels elle s’articule en charnière. 2° Le segment postérieur (E) supporte en arrière la pelotte d'appui ou d'opposition (F). 3° Le segment antérieur (G) se termine par une cavité de réception (H), qui reçoit, par une boule (I), le levier conducteur de la pelotte mobile {K), en formant avec lui une articulation orbiculaire, maintenue par une vis de pression. 4° La pelotte mobile (L), étroite et longue | /ig. 3), est large de 10 lignes à sa base, et seulement de 6 à son sommet.
Cet instrument, d'une forme régulière, s'applique également sur l'un ou
sur l’autre côté. D'après son mode d'action, la pelotte fixe ou d'opposition prend son point d'appui latéralement en arrière sur les muscles de la nuque, dans l'angle rentrant compris entre les apophyses articulaires et épineuses des vertèbres, espace où il n’existe aucun vaisseau volumineux. La pelotte mobile, étroite et d'une hauteur de 18 lignes, refoule en dehors le sterno-mastoïdien, et vient comprimer l'artère carotide au devant des attaches des scalènes et des apophyses transverses des vertèbres. La minceur de la pelotte permet de l'enfoncer dans le sillon intermédiaire du sterno-mastoïdien en dehors, au larynx, à la trachée et à l’œsophage en dedans, sans comprimer ni trop gêner ces derniers organes. L’articulation orbiculaire a pour objet de permettre les inclinaisons de la pelotte en différens sens, pour varier la ligne de compression de manière à éviter de comprimer en totalité la veine jugulaire, et à repousser le tronc du pneumo-gastrique, le nerf cardiaque supérieur et le filet du grand lymphatique, si quelques symptômes indiquaient qu’ils fussent comprimés.
Au reste, comme dans la plupart des cas de compression permanente de
l'artère carotide, surtout pour les congestions brusques d'un côté du cerveau, il ne serait pas nécessaire que le calibre du vaisseau fût complétement intercepté, une diminution portée plus ou moins jusqu'à l'aplatissement étant suffisante pour réduire presque à rien le cours du sang, la compression des autres organes, mais surtout des nerfs, peut être évitée dans la plupart des cas.
COMPRESSION DE L’AXILLAIRE.
Dans les sujets fortement musclés, la compression de l'artère axillaire, entre la clavicule et le bord inférieur libre du grand pectoral, est à peu près impossible. Le compresseur de Dahl, et même le cachet ou pelotte à manche, sont insuffisans pour empêcher les battemens de l'artère
radiale: c'est ce motif qui nous a porté à figurer cette compression seulement avec les doigts ; encore n'est-elle efficace que chez les
sujets maigres.