‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome sixième (volume 5)Chapitre 359 sur 470 · TEMPS GÉNÉRAUX DE LA LIGATURE DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

TEMPS GÉNÉRAUX DE LA LIGATURE DES ARTÈRES

ADULTE, DEMI-NATURE

DISPOSITION GÉNÉRALE

Cette planche représente, en neuf compartiments, la succession des actions du chirurgien communes à toutes les opérations de la ligature des artères, sans distinction d'aucune en particulier. Ces temps généraux, qui constituent le manuel opératoire de toute ligature, sont indispensables à connaître, le succès de l'opération dépendant de l’habitude de les pratiquer, et de l’observance

rigoureuse des préceptes dans l’ordre indiqué par les figures.

TEMPS OPÉRATOIRES

Incision de la peau par le bistouri tenu en première position.

Cette incision, de dehors en dedans, est presque toujours pratiquée de gauche à droite (voyez pl. 14, fig. 3.et 5). Dans quelques cas rares, il peut être commode de la faire de la main gauche, ou de droite à gauche,

a. Plaie opératoire, qui ne doit intéresser que la peau et le fascia superficialis.

b. Bistouri incisant, en première position.

Incision de l'aponévrose sous-cutanée sur la sonde cannelée,

a. Bistouri tenu en deuxième position ou le tranchant en haut, et incisant l’aponévrose.

b. Sonde cannelée, sur laquelle glisse le bistouri.

c. Plaie opératoire.

Écartement des muscles.

Déprimant, de la main gauche, les muscles de son côté, tandis qu’un aide agit en sens inverse sur les muscles de l’autre lèvre de la plaie, le chirurgien, avec le bec d’une sonde cannelée, tenue de sa main droite, déchire le tissu cellulaire, en continuant d’écarter pour mettre à nu le fond du sillon où se trouve la gaine des vaisseaux, Si la sonde cannelée est trop faible, le manche évidé d’un scalpel, ou même le doigt indicateur, y supplée dans beaucoup de cas.

a. Annulaire et médius gauches du chirurgien, écartant les muscles.

b. Doigts de l’aide de face, opérant en sens inverse.

ce. Sonde cannelée, déchirant le tissu cellulaire séreux inter-musculaire.

Incision de la qaîne des vaisseaux.

a. Pince à disséquer, tenue par la main gauche du chirurgien, et soulevant un pli de la gaine des vaisseaux. |

b. Bistouri tenu en septième position, incisant sur le pli de la gaîne des vaisseaux. Sans quitter la pince, le chirurgien dépose le bistouri et le remplace par la sonde cannelée, pour agrandir l’ouverture faite à la gaine vasculaire.

Dénudation de l'artère sur le bord du vaisseau, du côté du chirurgien. a. Écartement de la gaine par la main gauche, qui n’a pas quitté la pince.

b. Dénudation de l’artère par la sonde cannelée : on déchire longitudinalement, par de petits mouvements de va-et-vient, le tissu cellulaire

qui unit l'artère à sa gaine. Dans ce temps opératoire, le vaisseau doit se trouver dénudé, en dessous, de la moitié de son diamètre.

Dénudation de l'artère sur le bord du vaisseau opposé au chirurgien.

a. Écartement de la gaine par la pince transportée de l’autre côté.

b. Dénudation de l'artère par la sonde cannelée, de la manière indiquée plus haut. Immédiatement après que le vaisseau est dénudé, la main droite s'incline, en couchant l'instrument pour le glisser sous le vaisseau, son bec tourné vers l’opérateur. Ce dernier temps de l'opération est le plus important, en ce qu’il s’agit de ne point blesser les parties voisines, veines ou nerfs, ni l’artère elle-même, en dessous, et que cette dernière doit être seule embrassée par l’instrument. Toutefois, le soulèvement du vaisseau isolé ne se pratique pas invariablement avec la sonde cannelée en argent; au contraire, c’est pour faciliter ce temps opératoire, souvent très difticile en raison de la profondeur du vaisseau, qu'ont été imaginés un si grand nombre d'instruments dont l’extrémité se contourne en crochet ou en anse, percés d’un chas. Néanmoins la sonde cannelée, dont le bec a été recourbé, ou l’aiguille de Deschamps, suffisent dans presque tous les cas.

Introduction du stylet aiguillé porte-fil.

Ge temps n’est utile que dans le cas où l’artère a été soulevée par une sonde cannelée imperforée ; c’est pour l’éviter que l’on a imaginé de percer l'instrument d’un chas, et que toutes les aiguilles sont également perforées, de sorte que le fil se trouvant immédiatement passé dans le vaisseau, il ne s’agit que de dégager l’une de ses extré-

mités et de retirer l’aiguille, qui laisse l’autre extrémité sur le bord opposé.

Soulèvement de l'artère dans l'anse du fil.

Cette action du chirurgien, étrangère à l'opération elle-même, est néanmoins fort utile comme précaution, le chirurgien, avant de serrer le fil, devant s'assurer, par une inspection circulaire du vaisseau, que l’artère seule est comprise dans l’anse du fil.

Temps spécial de la ligature proprement dite, ou action de serrer le

fil par un double nœud.

La figure indique l’action uniforme des deux mains sur chaque extrémité du fil, et le point d'appui que s’offrent mutuellement les deux pouces, par leurs articulations phalangiennes, pour augmenter la striction du nœud,

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