CONNEXIONS RÉCIPROQUES DES PARTIES DE L'APPAREIL HYOÏDIEN
Nous avons signalé d'une manière générale l'hyoïde comme le point d'appui commun des mouvemens de la langue, du voile du palais, du pharynx et du larynx. Maintenant que nous connaissons en détail les muscles de ces parties, un court résumé nous suffira pour montrer leurs nombreux rapports, chacune d'elles étant pourvue à-la-fois de muscles propres pour ses fonctions spéciales, et de muscles communs ou de bandelettes de liaison avec les autres qui sollicitent des mouvemens d'ensemble.
1° L’hyoïde est uni par des muscles, des ligamens ou des aponévroses, en haut avec la mâchoire inférieure, par le digastrique, les mylo et génio-hyoïdiens; avec l'apophyse styloïde du temporal par tous les muscles styliens ; en bas avec la clavicule et le sternum, par les sterno et scapulo-hyoïdiens et sterno-thyroïdien. Les insertions supérieures sont renforcées par celles des autres parties, en sorte qu'il peut être considéré comme s'attachant à la base du crâne par les élévateurs du voile du palais et du pharynx. Les puissances élévatrices réunies donnent par conséquent une force très supérieure à celle des trois muscles abaisseurs de l'hyoïde, qui sont les seuls aussi pour tout l’ensemble de l'appareil hyoïdien. Les connexions partielles de l'hyoïde sont très nombreuses : avec la langue, par la base de cet organe , qui s'y attache, et par les muscles génio , hyo et styloglosses, qui leur sont communs ; avec le pharynx, par les insertions du constricteur moyen et du stylo-pharyngien; avec le larynx, par l'épiglotte, la membrane hyÿo-thyroïdienne et les ligamens qui l’unissent au cartilage thyroïde.
2° La langue s'unit au voile du palais par le glosso-staphylin ; au pharynx, par l'insertion latérale du constricteur supérieur et la bandelette de liaison du génio-glosse avec le constricteur moyen; au larynx, par l'épiglotte.
3° Le voile du palais est lié au pharynx par la bandelette ptérygo-pharyngienne et les trois faisceaux du palato-pharyngien ; au larynx , par le faisceau thyro-staphylin.
4° Enfin la contre-partie nous montre le pharynx lui-même , lié à l'hyoïde, à la langue et au voile du palais, par les muscles déjà nommés, et de plus au larynx , par le constricteur inférieur et le stylo-pharyngien; à l'œsophage, par son constricteur ; au sternum et à la clavicule, par la continuation des fibres du constricteur inférieur avec celles du sterno-thyroïdien.
Ainsi les muscles nombreux de l'appareil hyoïdien, plus ou moins confondus ou liés par des prolongemens de leurs fibres, peuvent donc être envisagés comme les bandelettes isolées d’un vaste ensemble, dont toutes les parties sont synergiques et tendent à se contracter en commun. Cette disposition unitaire, si bien adaptée à la jonction commune des diverses cavités dans celle du pharynx, semble indiquer que tous les muscles concourent plus ou moins à chacune des fonctions propres des quatre sections de l’appareil hyoïdien. Ces fonctions ayant pour objet le passage de divers corps étrangers au travers d’un même canal, on conçoit alors clairement la nécessité qu'elles se succèdent les unes aux autres, ou, en d’autres termes, l'impossibilité qu'il puisse s'en exécuter complétement plus d’une à-la-fois.