TOME II
il est uni en haut et qu'il concourt à former, et s'insère à la petite tubérosité ou petit trochanter de l'humérus. En arrière, le tendon n'adhère pas à la capsule, et l'on y trouve presque toujours une fente longitudinale qui est fermée seulement par une synoviale de glissement. En bas, il est assez ordinaire que le tendon se prolonge par une lame fibreuse sur la lèvre interne de la coulisse bicipitale, où il s’unit parfois au tendon du grand dorsal.
Connexions. La face postérieure du sous-scapulaire tapisse la fosse du même nom. En dehors elle en est séparée par les vaisseaux et les nerfs sous-scapulaires, et, plus à l'extérieur, elle revêt la capsule scapulo-humérale, une partie du grand rond et de la longue portion du triceps brachial. Sa face antérieure est en rapport avec le grand dentelé, dont elle est séparée par l'aponévrose sous-scapulaire et par une couche épaisse d’un tissu cellulaire très lâche. Son bord externe est en rapport avec les muscles coracobrachial et deltoïde, en avant; en arrière, le grand et le petit ronds; mais surtout il forme la limite postérieure du creux de l'aisselle, et, sous ce point de vue, ses connexions les plus importantes sont celles qu'il offre avec les vaisseaux axillaires et le plexus brachial. En haut, le bord inférieur libre du tendon décrit une anse fibreuse, sous laquelle s'insinuent les vaisseaux circonflexes.
Action. Elle se rapporte à deux effets principaux : 1° Le sousscapulaire étant oblique de bas en haut et de dedans en dehors, de son insertion fixe vers son attache mobile, il semble devoir être d’abord abaisseur en dedans, du bras qui a été élevé; mais surtout, en raison du bec saillant que forme la cavité glénoïde au-dessous de la tête de l'humérus, il tend à maintenir les surfaces articulaires en contact. 2° Mais, comme son tendon s'enroule autour de l'hémisphère interne de la tête de l'humérus, dans sa contraction il lui imprime un mouvement de torsion qui est d'autant plus prononcé, qu'il aurait été entraîné en dehors par les muscles de la face opposée. Le sous-scapulaire est donc, sous ce rapport, rotateur en dedans. S'il agit simultanément avec ses antagonistes, ils maintiennent en commun la tête de l'humérus contre la cavité glénoïde, et s'opposent aux luxations. C'est dans ce sens que d'anciens auteurs ont pu assigner à ces divers muscles l'usage d'appuyer le bras contre le tronc, ou, en d'autres termes, de faire l'office d’adducteurs. Enfin, dans la suspension par les bras, le sous-scapulaire tend à entraîner le tronc vers l'humérus; mais si le bras étant élevé, il survient une chute ou un effort quelconque sur la main ou le coude, on conçoit que la traction des rotateurs devienne une des causes de la luxation.
Rotateurs en dehors.
Ils se composent d'un groupe musculaire situé dans la fosse sous-épineuse, et qu'une scission longitudinale divise en deux muscles, le sous-épineux et le petit rond.
DU SOUS-EPINEUX. (1)
GRAND SUS-SCAPULO-TROCHITÉRIEN (CH.AUSS.); SUS-SPINI-SCAPULO- TROCHITÉRIEN (DUM.); M. INFRA-SPINATUS (Nonnulli).
Situation, configuration. Muscle épais, rayonné, triangulaire, occupant presque toute l'étendue de la fosse sous-épineuse, de
(1) Planches 108, 83, 85.
l'épine de l'omoplate jusqu'auprès de son bord axillaire. Il se compose de deux faisceaux séparés par une cloison aponévrotique; le faisceau supérieur, où épineux, naît de la lèvre inférieure de la bifurcation de l’épine de l'omoplate à sa naissance, et de toute l'étendue de la face inférieure de la même apophyse. Ses fibres, presque horizontales, mais avec une légère incurvation à concavité supérieure, se fixent sur l'aponévrose de séparation. Les plus externes, qui sont aussi les plus longues, contournent, comme une poulie de renvoi, la racine libre de l'épine pour se fixer sur le tendon huméral. Le faisceau inférieur, beaucoup plus considérable, s'étend depuis le précédent jusque vers l'attache du grand rond. Il procède, par sa base, de toute la hauteur de la lèvre postérieure du bord spinal. Il se compose de fascicules convergens, obliques de bas en haut et de dedans en dehors, mais avec une légère incurvation à concavité inférieure. Le plus grand nombre se rendent sur l’'aponévrose de séparation; le fasicule inférieur et externe, le plus long, est le seul qui se rende directement sur le tendon huméral. Dans toute l'étendue du muscle, les fibres des divers fascicules naissent : 1° de la surface osseuse de la fosse sous-épineuse; 2° de minces lames fibreuses intermusculaires de séparation; 3° sur le bord supérieur et interne de la cloison aponévrotique de séparation avec le petit rond; 4° sur la face antérieure, pour quelques fibres superficielles de l'aponévrose sous-épineuse d’enveloppe. Dans l'insertion commune humérale, le faisceau su périeur reste superficiel; l'inférieur glisse au-devant. Tous deux, uuis intimement, forment un tendon aplati, qui s'implante sur la deuxième facette de la grosse tubérosité ou grand trochanter de l'humérus, entre les tendons du sus-épineux et du petit rond, confondu par le mélange de ses fibres avec eux et la capsule scapulo-humérale.