‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 119 sur 461 · FLÉCHISSEURS · texte numérisé non relu

FLÉCHISSEURS

Au nombre de deux : le biceps brachial et le brachial antérieur.

DU BICEPS BRACHIAL. (1)

(FLÉCHISSEUR DU RADIUS.)

SCAPULO-RADIAL (CHAUSS.); SCAPULO-CORACO-RADIAL (DUM.\; CORACO- RADIAL (W1NSL.); BICEPS INTERNUS, S. BICEPS BRACHII (Nonnulli).

Situation, configuration. Muscle long, épais, ovalaire sur sa coupe transversale, situé verticalement sur la face antérieure et un peu interne du bras.

Division, insertion, fasciculation. Le biceps se compose, dans sa moitié supérieure, de deux portions qui s'unissent et se confondent inférieurement. La portion externe ou longue portion, caput longum, seu musculus gleno-radialis, naît, par un long tendon funiculaire aplati, du milieu du bord supérieur de la cavité glénoïde de l'omoplate. Ce tendon, qui fait suite, de chaque côté, au bourrelet fibreux articulaire, est d’abord renfermé dans une duplicature de la membrane synoviale de l'articulation scapulo-humérale, qui lui forme une sorte de gaîne. Recouvert d'abord par la capsule fibreuse, il s'enfonce entre les deux trochanters de l'humérus dans la coulisse de glissement, dite bicipitale, qui lui est propre, revêtu, à sa sortie de l'articulation, par une bandelette fibreuse tendue entre les deux tubérosités, et maintenu, dans sa coulisse, entre les tendons du grand dorsal et du grand rond en arrière, et du grand pectoral en avant. En regard de ce dernier, le tendon s'épanouit pour donner naissance aux fibres charnues. La courte portion, caput breve, seu m. coraco-radialis, procède, par un tendon plat, du sommet de l'apo-

(1) Planches 111, 114, 62, 76.

physe coracoïde, en dehors de l’attache du coraco-brachial. Ce tendon descend en s'élargissant: d'abord il sert d'implantation au coraco-brachial , dans l'étendue de deux pouces, sur son bord interne; puis il commence à donner attache aux fibres charnues dans cette direction, etse prolonge sur le bord externe jusqu'audessous de l'union commune. Les deux portions s'unissent environ à la hauteur des deux cinquièmes supérieurs du bras; au-dessus du point de jonction, elles sont séparées par un intervalle celluleux à angle aigu. Après leur réunion , les deux faisceaux qui leur font suite, quoique confondus dans une masse commune, forment néanmoins encore deux courbes distinctes, et sont séparés par un léger sillon qui se prolonge jusqu'au bas. Tous deux se composent de fascicules verticaux dont les fibres sont parallèles. Un peu au-dessus du pli du bras naît le tendon inférieur, d’abord par un épanouissement aponévrotique qui commence plus haut sur le bord externe. Ce tendon, aplati d'avant en arrière, descend verticalement an milieu du pli du bras, entre les masses des supinateurs et des pronateurs ; puis il s'incline légèrement en dehors , devient moins large et plus épais, contourne la tubérosité du radius, dont il est séparé par une bourse synoviale de glissement, et se fixe sur le bord postérieur de cette apophyse. De la face antérieure et du bord interne du tendon radial se dégage une lame aponévrotique très épaisse, la bandelette bicipitale, qui se dirige obliquement en bas et en dedans, où elle bride les muscles pronateurs et renforce l'aponévrose antibrachiale antérieure, avec laquelle elle se confond. Cette bandelette offre un grand intérêt en chirurgie, surtout pour la phlébotomie, Placée comme une cloison résistante, entre la veine superficielle médiane basilique et le nerf cutané interne, d'une part, et de l'autre, l'artère et la veine humérales et le nerf médian, elle protége ces vaisseaux , et, chez les sujets maigres, c’est le plus ordinairement dans son tissu que s'arrête la pointe de la lancette.

Connexions. Sa face antérieure est recouverte en haut par le deltoïde et le tendon du grand pectoral ; en bas, par l'aponévrose brachiale antérieure , et médiatement par la peau. La face postérieure est en rapport supérieurement avec l’'humérus; inférieurement avec le brachial antérieur. Son bord interne est uni en haut au coraco-brachial; dans le reste de son étendue, il recouvre et protége les vaisseaux huméraux, qui même décrivent un coude autour de la saillie inférieure du fascicule interne, pour se rendre au pli du bras: c'est la saillie de ce bord qui guide l'incision pour la ligature de l'artère humérale.

Anomalies. Les principales, dans l'ordre de leur fréquence, sont: 1° la division des deux fascicules jusque sur le tendon radial (Weitbrecht, Albinus, Rudolphi, Meckel); 2° l'existence d’un troisième faisceau plus petit que les deux autres, qui nait du milieu de la face interne de l'humérus (Albinus, Mayer), ou qui se détache du brachial antérieur; 3°enfin l'on rencontre quelquefois un quatrième et même un cinquième fascicule , qui, dans ce cas, sont unis et forment une troisième portion plus interne, qui se fixe à part au radius , et constitue réellement un fléchisseur surnuméraire, comme chez les oiseaux (Pietsch).

Action. Le biceps étendu , suivant une légère inclinaison en diagonale, du côté interne de l'articulation de l'épaule, à l'extrémité externe et supérieure de l'avant-bras , est fléchisseur de l'avant-bras sur le bras dans le sens de l’adduction; mais ,en outre, son tendon inférieur s'enroulant autour de la tubérosité bicipi-

tale, il fait subir au radius une demi-rotation sur son axe, en sorte que, au mouvement de flexion s'ajoute la supination de l'avantbras. Par l'expansion de la bandelette bicipitale, il tend l'aponévrose antibrachiale, et contient les muscles pronateurs. Enfin, comme nous l'avons fait observer en traitant de l'articulation scapulo-humérale, le tendon de sa longue portion, en raison de la contractilité du muscle et de la mobilité de l'omoplate; entre lesquels se trouvent comprises ses extrémités, fait, au-dessus de la tête de l'humérus, l'office d’un ligament élastique, qui amortit les chocs de bas en haut.

DU BRACHIAL ANTERIEUR. (1)

(FLÉCHISSEUR DU CUBITUS.)

HUMÉRO-CUBITAL (CHAUSS., DUM.); BRACHIALIS INTERNUS , S. FLEXOR CUBITALIS ULNARIS (Nonnulli).

Situation, configuration. Muscle épais et large, situé en avant de la moitié inférieure de l'humérus , qu'il enveloppe de l'un à l'autre de ses bords latéraux.

Division, insertions. 1 se compose de trois faisceaux , un médian et deux latéraux. Le faisceau médian ou supérieur constitue la masse principale du muscle. Il naît, en haut, par une extrémité bifurquée en deux sommets anguleux, du milieu de la face interne de l’'humérus. Dans la bifurcation médiane est reçu le tendon huméral du deltoïde. Chacun des angles procède de la surface de l'os par de courtes fibres aponévrotiques ; l'angle externe est limité en dehors par la portion externe du triceps, et l'interne est borné en dedans par le sommet du coracobrachial , en sorte que la zone antérieure et interne de la partie moyenne de l'humérus est entrecoupée par une série de pointes musculaires verticales ascendantes et descendantes qui se reçoivent mutuellement: en haut, le coraco-brachial et le deltoïde; en bas, le sommet de la portion interne du triceps et les deux extrémités du brachial antérieur. A partir de l’attache supérieure , les fibres moyennes descendent verticalement ; de chaque côté , elles sont renforcées par des fibres nouvelles : en dehors , elles naissent de l’aponévrose qui sépare le brachial antérieur de la portion externe du triceps et de la naissance de la crête externe qui donne attache au long supinateur; en dedans, elles procèdent de la ligne interne de l'os, en suivant les attaches du coraco-brachial et de la portion interne du triceps. Toutes ces fibres se rendent à la périphérie et dans la cavité inté. rieure d’un cône aponévrotique , qui se réfléchit autour de la trochlée humérale, et vient se mêler aux deux faisceaux inférieurs. Le faisceau inférieur interne, très épais, se fixe en avant de la moitié inférieure de la crête interne. Il descend de dedans en dehors, en contournant la saillie de l'articulation , et vient se joindre en un tendon inférieur qui lui est commun avec le

faisceau externe. Ce dernier fait suite au faisceau médian sur la lèvre externe, contourne également l'articulation en dehors et vient joindre le tendon qui lui est commun, avec le précédent. IL résulte de cette disposition que les deux faisceaux inférieurs se rejoignent en V au-dessous du faisceau médian , qui est reçu dans leur intervalle et forment la limite inférieure de l'implantation cubitale. Cette implantation occupe la surface rugueuse et triangulaire située au-dessous du bec coronoïdien du cubi-

(1) Planches 111, 114.

72 MUSCLES

tus; elle se fait par deux tendons adhérens entre eux. Le su périeur, qui fait suite au faisceau médian, est fixé dans la fossette placée au-dessous de l'apophyse coronoïde. Le tendon inférieur commun aux deux faisceaux s'attache sur la petite éminence oblongue située plus bas. Par ses bords , l'insertion cubitale dégage des lamelles fibreuses qui renforcent l'aponévrose antibrachiale.

Connexions. La face antérieure de ce muscle est couverte, au milieu , par le muscle biceps; de chaque côté, par l’'aponévrose brachiale et par la peau. En dedans, le brachial antérieur est en rapport avec l'artère et la veine humérales , et le nerf médian , et, inférieurement, avec le rond pronateur. En dehors, il est en contact avec les vaisseaux collatéraux externes, et recouvert, à sa partie inférieure , par le long supinateur. La face postérieure environne le corps de l'humérus et revêt l'articulation humérocubitale. Souvent il existe en ce point une bourse synoviale qui facilite le glissement. L'anomalie la plus commune est la scission verticale du grand faisceau (Meckel).

Action. Le brachial antérieur, dont la direction générale de haut en bas est inverse de celle du biceps, ou de dehors en dedans , est fléchisseur du cubitus, qu'il amène un peu vers l’abduction. Si la main est fixée, ce muscle concourt avec le biceps à fléchir le bras sur l'avant-bras.

DU TRICEPS BRACHIAL. (1)

(EXTENSEUR DU CUBITUS.)

SCAPULO - OLÉCRANIEN ( CHAUSS. ) ; TRI - SCAPULO - HUMÉRO-OLÉCRANIEN (DUMAS); EXTENSOR CUBITI MAGNUS (DOUGLAS); M. TRICEPS BRACHII, S. CUBITI; BRACHIUS EXTERNUS, S. POSTERIOR (Nonnulli)

Situation ; configuration. Muscle long, épais, d’un volume considérable, situé verticalement à la face postérieure du bras, dont il occupe toute l'étendue.

Division , insertions. Il se compose, dans ses quatre cinquièmes supérieurs, de trois portions, qui ne s'unissent en un seul muscle, qu'à la partie inférieure.

1° La portion moyenne et supérieure où longue portion (m. longus, Riolan, Albinus (caput longum; grand anconé, Winslow), naît, par un tendon épais et court, du rebord inférieur de la cavité glénoïde de l’omoplate et de l'espace triangulaire qui forme la naissance de son bord axillaire. Ce tendon , aplati d'avant en arrière, ne descend que d'environ un pouce sur la face postérieure et inférieure, où il donne naissance à un faisceau vertical, fusiforme, distinct du reste de la longue portion qu'il rejoint, par un sommet effilé, à son angle de jonction avec la portion externe. De la face antérieure et supérieure du tendon , à sa naissance, procède une forte aponévrose large et très épaisse, qui contourne le faisceau scapulaire en dessus et en dedans, et vient s'épanouir sur la face postérieure. De cette aponévrose naissent des fibres descendantes sensiblement verticales, mais avec une légère inclinaison en dehors, qui se rendent sur la face anté. rieure etsur la moitié du bord interne de l'aponévrose commune d'insertion inférieure. Cette portion scapulaire du triceps , tendue comme un ligament actif au-dessous de l'articulation

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