‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 123 sur 461 · DU FLECHISSEUR SUPERFICIEL DES DOIGTS · texte numérisé non relu

DU FLECHISSEUR SUPERFICIEL DES DOIGTS

FLÉCHISSEUR SUBLIME ; ÉPITROKLO-PHALANGINIEN COMMUN ( CHAUSS.) ; EPI- TROKLO-CORONI-PHALANGINIEN ( DUM.); DIGITORUM SECUNDI INTERNODII FLEXOR (SPIGEL.); M. FLEXOR DIGITORUM COMMUNIS SUBLIMIS { Nonnulli) ; S$. PERFORATUS ( COWPER).

Situation, configuration. Muscle large , épais, trifide supérieurement, quadrifide inférieurement, étendu verticalement de l'extrémité inférieure de lhumérus aux secondes phalanges des quatre derniers doigts.

Insertions, fasciculation. L'insertion supérieure se divise en trois portions : 1° L'une, humérale, est constituée par un fort tendon aponévrotique, qui embrasse le bord inférieur de l'épitrochlée, Ce tendon où cône aponévrotique, uni, en avant, à la grande attache commune des muscles superficiels, descend en s'élargissant , et se continue par des fibres charnues verticales, qui naissent de ses bords et de sa cavité intérieure. Il forme l'origine de deux faisceaux internes verticaux, d’où naissent plus bas les tendons fléchisseurs des deux derniers doigts. En dehors, le tendon huméral s'amincit en un bord tranchant, qui descend d'environ quatre pouces , s'incurve en dehors en une arcade aponévrotique à concavité supérieure et remonte le long du tendon du biceps brachial en une forte lamelle aponévrotique qui vient s'insérer au cubitus, entre les faisceaux médian et latéral externe du brachial antérieur. Cette arcade elliptique, haute d'un pouce et demi, donne passage aux vaisseaux eubitaux et au nerf médian. 2° La seconde attache est formée par cette même lamelle externe de l’arcade fibreuse; elle s'implante non-seulement au cubitus, mais au col du radius etau pourtour du tendon du biceps; en bas, elle rejoint le tendon huméral parle repli falciforme de l’arcade, et il en naît en commun une mince aponévrose superficielle qui tapisse le milieu de la face antérieure du muscle, et d'où procèdent les fibres charnues des faisceaux fléchisseurs du médius et de l'indicateur. 3° La dernière insertion se fait sur la crête du radius, qui descend de la tubérosité bicipitale à la partie moyenne du bord externe de l'os, au-dessous des attaches du court supinateur et du rond pronateur, et au-dessus de celle du long fléchisseur propre du pouce. Les fibres qui en naissent, par de courts filamens et de

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minces lamelles aponévrotiques, viennent se confondre, de haut en bas et de dehors en dedans, dans la masse moyenne; en sorte que cette masse est formée à-la-fois des fibres externes du tendon huméral et de toutes celles qui procèdent des attaches cubitales et radiales. Elles se divisent inférieurement en deux faisceaux superposés, dont les tendons inférieurs naissent sur leur bord interne. Le faisceau antérieur, le plus fort, et qui recouvre l'autre, se termine par le tendon du médian; le faisceau profond, le plus faible, se continue avec le tendon de l'indicateur.

Les quatre tendons du fléchisseur superficiel, qui ne commencent à paraître que vers les deux cinquièmes inférieurs de l'avant-bras, se rassemblent à la hauteur du carpe, séparés seulement les uns des autres par leurs gaînes synoviales, et cotoyés en dehors par le nerf médian, qui leur est parallèle, et, par son aspect, semble leur appartenir. Ils s'engagent dans l'arcade aponévrotique palmaire, de forme elliptique en travers, conjointement avec les tendons du fléchisseur profond, au-devant desquels ils forment un premier plan, et se superposent eux-mêmes en deux couches : en avant, les tendons de l'annulaire et du médius, en arrière ceux du petit doigt et de l'indicateur. Par rapport à leur direction, les deux tendons de l'annulaire et du petit doigt s'infléchissent à angle obtus autour de l'apophyse de l'os crochu, pour se rendre obliquement aux doigts auxquels ils appartiennent : ceux du médian et de l'indicateur suivent leur direction première au sortir de l’arcade palmaire. Ces quatre tendons plats s'écartent en divergeant, placés au-devant de ceux du fléchisseur profond, des muscles lombricaux et de l'adducteur du pouce. En regard des articulations métacarpo-phalangiennes, ils pénètrent dans les gaînes synoviales des doigts. Chacun d'eux s'élargit un peu, et se creuse en une gouttière qui s'applique sur la face du tendon profond correspondant. A la partie supérieure de la première phalange, le tendon se divise en deux lamelles latérales qui s’écartent; leurs lèvres postérieures contournent en pas de vis le tendon profond, et se rejoignent derrière lui sur la gouttière antérieure de la première phalange, de manière à livrer passage à ce tendon par une ouverture, et à tapisser sa coulisse phalangienne de glissement. Latéralement, les deux lèvres antérieures longent obliquement le tendon profond de haut en bas et de dedans en dehors. A la hauteur de la première articulation phalangienne, la lamelle, qui tapisse la coulisse, se bifurque de nouveau en deux embranchemens qui viennent se confondre avec les bandelettes latérales. Ces dernières viennent enfin s'implanter sur chacune des petites crêtes situées sur les côtes et à la partie moyenne de la face antérieure de la deuxième phalange.

(Voyez PI. 123, fig. 3, 4.)

Connexions. Sa face antérieure est recouverte par les aponévroses antibrachiale et palmaire, le rond pronateur, le radial antérieur, le palmaire grêle, le cubital antérieur, et une partie des vaisseaux radiaux. Sa face postérieure recouvre, à l’avantbras, le fléchisseur profond et le fléchisseur propre du pouce, les vaisseaux cubitaux et le nerf médian; dans la paume de la main, les muscles lombricaux et les tendons du fléchisseur

profond.

Anomalies. Parfois il manque un tendon, le plus ordinairement celui du cinquième doigt, et, dans ce cas, il est remplacé par un appendice venant du fléchisseur profond. Souvent aussi le faisceau de l'indicateur est séparé du reste du muscle dans

sa hauteur, disposition qui rappelle l'isolement de l’extenseur propre sur la face opposée (Meckel).

Action. Ce muscle fléchit les deuxièmes phalanges sur les premières, celles-ci sur les os du métacarpe, et, en dernier lieu, la main sur l’avant-bras. Comme tous les tendons sont renfermés dans l'arcade aponévrotique palmaire, les doigts, convergeant tous dans leur action, se fléchissent directement sur le milieu du poignet. Il en résulte que c'est au mouvement propre des petits muscles de la main, à l'obliquité et au jeu des articulations métacarpo-phalangiennes, que sont dues les inclinaisons partielles auxquelles se prêtent les divers doigts dans la flexion.

DU FLECHISSEUR PROFOND DES DOIGTS.(r)

CUBITO-PHALANGIEN COMMUN (CHAUSS.) ; CUBITO-PHALANGETTIEN COMMUN (DUM.); FLEXOR TERTIL DIGITORUM INTERNODII (SPIGEL); PERFORANS (COWPER); FLEXOR DIGITORUM COMMUNIS PROFUNDUS (Nonnulli),

Situation, configuration. Muscle long, situé derrière le précédent, moins large, mais plus épais à sa partie moyenne, comme lui, bifide supérieurement et quadrifide inférieurement.

Insertions, fasciculation. I procède, à l'avant-bras : 1° Des trois quarts supérieurs des faces interne et antérieure du cubitus, en commençant à l'extrémité supérieure par une bifurcation en deux sommets, qui contourne le tendon du brachial antérieur, et dont l'interne remonte beaucoup plus haut que l’externe et se fixe dans un petit enfoncement au-dessous et en arrière de l’attache du ligament interne de l'articulation. 2° Des deux tiers internes du ligament interosseux , et, par quelques fibres obliques, du milieu de la face antérieure du radius, sur son bord interne. 3° Tout-à-fait en dedans, de la portion de l'aponévrose antibrachiale qui est en rapport avec la face interne du cubitus. À partir de ces diverses origines, les fibres se groupent en quatre faisceaux qui semblent former quatre muscles plus distincts que pour le fléchisseur superficiel. De ces faisceaux naît, vers la partie moyenne de l'avant-bras, un pareil nombre de tendons qui vont se rendre à chacun des quatre derniers doigts. Le faisceau le plus su perficiel, très large, appartient à l'annulaire: son tendon remonte très haut; les fibres s’y rendent, des implantations supérieures et latérales, dans unedisposition penniforme. Des trois autres faisceaux sous-jacens, l'interne appartient au petit doigt; le plus externe remonte très haut vers l'implantation supérieure: il est libre dans presque toute la hauteur de son ventre charnu; c'est celui de l'indicateur. Le faisceau du médius, caché par celui de l'annulaire, est presque confondu avec lui. Ces trois faisceaux sous-jacens sont semi-penniformes; les tendons se rapprochant de la ligne moyenne verticale du muscle, les fibres se rendent obliquement sur le bord correspondant à la périphérie du muscle lui-même, c'est-à-dire sur le bord interne du tendon interne, et vice versd sur le bord externe des tendons externes. Ces tendons descendent sur le carré pronateur à la face antérieure du carpe; celui de l'indicateur isolé des trois autres. Tous quatre forment une deuxième rangée de tendons derrière ceux du fléchisseur sublime, et s'engagent avec eux dans l'ellipse aponévrotique palmaire. A la paume de la main, ils s’'écartent de la même manière que ceux du fléchisseur superficiel qu'ils accompagnent, mais divergent un peu plus; de than LS USSR RSR LÉ spncns naine sit 4e

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sorte que, des deux tendons fléchisseurs de chaque doigt, le profond est plus externe que le superficiel pour l'indicateur, et plus interne pour le petit doigt. Ces tendons présentent en outre une particularité : c'est de donner attache à de petits muscles, les lombricaux, qui modifient la direction de leurs mouvemens. Le tendon de l'indicateur, très écarté des autres en dehors, s’applique sur le muscle adducteur du pouce: il donne attache, par son bord externe , au premier lombrical. Le tendon du médian traverse longitudinalement la paume de la main:il s'applique en arrière sur l'attache métacarpienne de l’adducteur du pouce , et donne attache, par son bord externe, au deuxième lombrical, et, par son bord interne , au bord externe du troisième lombrical. Les tendons de l'annulaire et du petit doigt se contournent, comme ceux du fléchisseur superficiel, autour de l’'apophyse de los crochu , et traversent la paume de la main avec une obliquité qui augmente à mesure que les doigts sont plus écartés. Le tendon de l'annulaire sert d'implantation , par les bords correspondans , aux troisième et quatrième lombricaux. Celui du petit doigt donne attache , seulement par son bord externe, au quatrième de ces muscles. Tous deux sont appliqués sur les interosseux. À la hauteur des articulations métacarpo-phalangiennes, les tendons du fléchisseur profond s’enfoncent , avec ceux du fléchisseur superficiel, dans les gaines synoviales des doigts. Chacun d'eux présente d'abord , en regard de la première phalange, deux dépressions latérales obliques, pour le glissement des lamelles de bifurcation du tendon superficiel, et adhère à l'extrémité inférieure de la face antérieure de la première phalange, par un dédoublement synovial. Il s'élargit sur la première articulation phalangienne, puis se rétrécit de nouveau vers le milieu de la seconde phalange, et lui adhère, en arrière, dans toute son étendue, par un second ligament synovial. Vers le milieu , une scission longitudinale le divise en deux tendons, qui franchissent la deuxième articulation phalangienne et viennent simplanter sur le tubercule bifide de la phalange unguéale.

Connexions. Va face antérieure de ce muscle est couverte par le fléchisseur superficiel , les vaisseaux cubitaux et le nerf médian. La postérieure recouvre le cubitus, le ligament interosseux , le muscle carré pronateur, le ligament radio-carpien antérieur, les muscles adducteur du pouce et interosseux. Les tendons sont logés dans la gouttière de la face antérieure des phalanges. Son bord externe recouvre l'artère interosseuse et est recouvert par le bord correspondant du long fléchisseur du pouce.

Anomalies. Parfois il existe un faisceau accidentel , situé entre les deux fléchisseurs communs, qui procède en haut de l’épitrochlée , et vient rejoindre en bas le faisceau de l'annulaire du fléchisseur profond (Gantzer). Dans d'autres cas, une languette détachée du long fléchisseur du pouce vient se confondre avec le faisceau du fléchisseur profond, qui appartient au doigt indicateur.

Action. Ce muscle a pour usage plus spécial de fléchir la troisième phalange sur la deuxième. La succession des autres mouvemens de flexion appartient en commun aux deux fléchisseurs. Nous verrons , dans l’aponévrologie , comment glissent et sont maintenus les doubles tendons de chaque doigt. Renfermés en commun à la partie supérieure de la main, dans l'ouverture ellipsoïde palmaire , contenus, dans la paume, par des bandelettes digitales de l’aponévrose, et renfermés, suivant la longueur des

MUSCLES DE L'AVANT-BRAS. L à |

doigts, dans une gaine fibreuse, mince au-devant des articulations, dont le jeu devait rester libre, ils présentent, sur le milieu des phalanges , des entre-croisemens de bandelettes résistantes, qui retiennent les tendons dans leurs coulisses. La conséquence de ce mécanisme est que, dans la flexion, les cordes tendineuses sont maintenues appliquées sur les os, par des liens résistans, depuis l'extrémité inférieure de l'avant-bras jusqu'aux phalanges unguéales; disposition nécessaire, puisque, sans elle, les tendons, au lieu de s'arrondir avec la courbe des os, se seraient tendus de l'une à l’autre extrémité, comme les cordes de l'arc osseux, et auraient empêché la main de se mouler sur les objets et de les saisir. Ainsi contenus, les doubles tendons fléchissent successivement les phalanges unguéales sur les internodiennes, celles-ci sur les phalanges métacarpiennes, et ces dernières sur les os du métacarpe; puis, le métacarpe lui-même sur le carpe, et enfin le carpe sur l’avant-bras. Comme tous les tendons se trouvent rassemblés en un faisceau, dans l'ellipse fibreuse palmaire, quelle que soit l'inclinaison de la main par rapport à l'avant-bras, c'est vers cette ellipse que convergent les efforts de flexion des doigts, mais avec une légère inclinaison vers l'organe d'opposition, ou le pouce, que nous avons déjà vue dépendre de lobliquité des articulations métacarpo-phalangiennes. Ainsi la flexion des doigts est parfaitement harmoniée avec celle du pouce pour la préhension, et ce double mouvement reste isolé du levier de l'avant-bras, quel que soit l'angle que la main forme avec ce dernier dans les diverses inclinaisons en

avant, en arrière ou sur les côtés, qui constituent sa circumduction.

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