L'AVANT-BRAS
leur divergence; celui du second radial vient s'insérer, en s'épanouissant, en dehors de l'empreinte triangulaire située sur la face dorsale de l'extrémité supérieure du troisième os métacarpien.
Anomalies. Ce muscle manque quelquefois entièrement, et alors le premier radial est beaucoup plus fort, comme s'il était formé de la réunion des deux muscles; parfois le radial unique se divise, inférieurement, en deux tendons qui vont s'implanter comme à l'ordinaire, disposition analogue à celle de plusieurs mammifères (Salmann). Dans des cas opposés, les deux radiaux existant simultanément, c'est le second radial qui est bifide inférieurement, et dont les deux tendons s’insèrent au troisième et au quatrième os métacarpiens (Albinus, Meckel).
Action des deux radiaux. Nous avons déjà fait observer que ces muscles, par leur position, sont intermédiaires entre les supinateurs et les abducteurs du pouce, d'une part, et de l'autre, les extenseurs des doigts. Leurs usages participent également de l'un et de l’autre mode d'action. Ainsi, ils sont extenseurs du métacarpe sur le carpe, et de celui-ci sur l'avant-bras, et en même temps abducteurs de la main. Ce mouvement est surtou favorisé par la longue courbe oblique que les deux muscles dé crivent le long du radius, leur masse charnue étant externe et même un peu antérieure, tandis que leur tendon métacarpien est tout-à-fait postérieur. Le premier radial, en particulier, en raison de son insertion humérale, peut concourir à la flexion de l’avant-bras sur le bras, et vice versé, suivant l'extrémité qui sert de point fixe.
Nous avons fait remarquer, dans l'Ostéologie, le nombre considérable d'os et d'articulations qui fractionnent la charpente de la main, et lui impriment une si grande mobilité. Les muscles, en nombre proportionnel, qui mettent en jeu les pièces osseuses, composent deux séries : les uns, ou muscles extrinsèques, sont précisément la plupart de ceux de lavant-bras, et ont, pour objet principal, les grands mouvemens de flexion et d'extension. Les muscles intrinsèques de la main sont aussi très variés, mais se rapportent plus spécialement aux mouvemens partiels d'abduction et d'adduction; d'où résultent l'écartement ou l'extension en travers, et le rapprochement ou l'opposition. Épais et fusiformes, leur longueur n’est en général que la moitié de celle de la main, du carpe, à l'extrémité supérieure des premières phalanges. Tous ces muscles sont situés sur la face palmaire, et par cela seul concourent à la préhension. Ils se divisent en trois groupes divergens, un moyen, déprimé dans la paume de la main, et deux latéraux, entveloppant la base du pouce et du petit doigt, où leur masse charnue triangulaire est désignée sous les noms d’éminences thénar et hypothénar, formées chacune de quatre muscles. À l'éminence thénar, appartiennent le court abducteur, le court fléchisseur, l'opposant et l'adducteur du pouce. L'éminence hypothénar renferme un muscle tenseur de la peau, le palmaire cutané; plus, l'adducteur, le court fléchisseur et l’opposant du petit doigt. Les muscles du groupe moyen sont disposés sur deux couches: l'une superficielle, bridée par l'aponévrose palmaire, comprend les quatre lombricaux, accessoires des tendons du fléchisseur profond, auquel ils s’insèrent; la couche profonde, située dans l'écartement des os, se compose de sept muscles interosseux adducteurs et abducteurs des doigts, qui,
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par leur superposition, se divisent en trois palmaires et quatre dorsaux.
En résumé, la main comprend dix-neuf muscles, qui, dans leur intention la plus générale, sont des auxiliaires des fléchisseurs, avec lesquels ils concourent en commun à la préhension. En effet, les muscles des deux éminences, quelle que soit leur dénomination, ont également pour objet de rapprocher l'un de l'autre le pouce et le petit doigt vers la ligne moyenne de la main, ou de faire opposition, et de ce mouvement, combiné avec la flexion des doigts, résulte l'occlusion de la main ou la préhension. Quant aux lombricaux et aux interosseux, ils contribuent, quoique pour une faible part, à l'action commune; les premiers, en modifiant la direction des tendons fléchisseurs; et les seconds, en variant les inclinaisons des doigts.