‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 147 sur 461 · DE L'OPPOSANT DU PETIT DOIGT · texte numérisé non relu

DE L'OPPOSANT DU PETIT DOIGT

UNCI-MÉTACARPIEN (CAUP.); CARPO-MÉTACARPIEN DU PETIT DOIGT(CHAUSS., DUM.); M, ABDUCTOR OSSIS MÉTACARPI QUINTI.

Situation, insertions. Semblable à l'opposant du pouce, mais plus faible , comme ce dernier, aplati, trapézoïdal, demi-aponévrotique et charnu, l’opposant du petit doigt naît supérieurement, par un large sommet fibreux tronqué, de l’'apophyse et du bord inférieur de l'os crochu. Il se dirige obliquement en bas et en dedans, en s'élargissant, et simplante en avant sur les trois quarts inférieurs du bord interne du cinquième os métacarpien. Ses fibres demi-charnues et aponévrotiques augmentent de longueur et d'obliquité de haut en bas; celles du bord externe, les plus inférieures et les plus longues, se rendent sur un court tendon plat, qui lui-même se fixe sur la tête de l'os métacarpien, et s'épanouit au-delà sur le ligament latéral interne de l'articulation et sur l'extrémité de la phalange, derrière les tendons des deux muscles précédens.

Connexions. Recouvert par l'adducteur et le court fléchisseur,

(1) Planches 119, 120.

(2) Planche 121.

ce muscle recouvre les tendons fléchisseurs du petit doigt et la partie supérieure des trois derniers interosseux.

Action. Comme son nom l'indique, ce muscle, en amenant le cinquième métacarpien en dehors et un peu en avant, contribue au mouvement d'opposition du petit doigt avec le pouce.

Connexions des muscles des éminences thénar et hypothénar. En résumé, de l'étude que nous venons de faire, il résulte que les éminences thénar et hypothénar inscrivent deux triangles musculaires adossés, à angle droit, par leurs bases, au milieu de la partie supérieure de la main. C’est cette base commune, siége des insertions fixes, qui est le centre du mouvement de charnière des leviers du pouce et du petit doigt, auquel contribuent tous les muscles, et qui constitue l'opposition réciproque, caractère essentiel de la main. Toutefois, les trois doigts intermédiaires agissant en commun avec le cinquième dans l'opposition générale de la main, il n'était pas nécessaire que ce dernier fût susceptible d’un déplacement considérable; tandis que le levier formé par le pouce, existant seul sur le bord radial, devait être à-la-fois et plus fort et plus mobile, de manière à s'opposer à-la-fois, avec la même énergie, aux quatre derniers doigts, dans leur ensemble, ou à chacun d'eux en particulier.

DES LOMBRICAUX. (1)

PALMI-PHALANGIENS (CHAUSS.); ANNULI-TENDO-PHALANGIENS (DUM.); M. FLECTENTES PRIMUM INTERNODIUM (SPIGEL); LOMBRICALES.

Disposition générale. Au nombre de quatre, ces petits muscles, avons-nous dit, ne sont que des accessoires des tendons longs fléchisseurs profonds. Insérés supérieurement sur les faces ou les bords de ces tendons, les fibres qui en naissent composent autant de petits faisceaux fusiformes qui traversent , en divergeant, le diamètre vertical de la paume de la main, et se terminent sur de petits tendons, au-dessus des têtes des os métacarpiens. Ces tendons contournent les articulations métacarpophalangiennes, puis la face externe des premières phalanges, s'adossent à ceux des interosseux, et viennent s'implanter, en arrière, sur le bord externe des tendons extenseurs, en regard de la moitié inférieure des mêmes phalanges.

Connexions communes. Recouverts médiatement par les tendons fléchisseurs superficiels, l'arcade superficielle de l'artère cubitale, l'aponévrose palmaire et la peau , ils recouvrent en partie les muscles et les vaisseaux interosseux, et les tendons fléchisseurs profonds, enveloppés par une membrane celluleuse très mince, qui n’est que l'expansion de la gaîne synoviale métacarpienne de ces tendons.

Action. Les auteurs ne sont pas d'accord sur les usages de ces muscles. Vésale les considère comme des adducteurs; Spigel comme des fléchisseurs. M. Cruveilhier pense, d’après Riolan et la plupart des auteurs, qu'ils sont destinés à maintenir appliqués les tendons extenseurs contre les phalanges, en leur tenant lieu de gaine propre; mais, en outre, il leur attribue l'usage de servir de lien entre les tendons extenseurs et fléchisseurs, de manière à s'opposer au déplacement réciproque et des uns et des autres. Quant à nous, tout en reconnaissant la réalité de ces

(1) Planches 120, 119.

divers usages, nous pensons qu'il en est encore un autre omis par les divers auteurs, et qui, cependant, ne nous paraît pas le moins essentiel. Transposant l'insertion mobile, la plus habituelle des lombricaux, des tendons extenseurs aux fléchisseurs, nous croyons que c’est principalement sur ces derniers qu'ils agissent. En effet, si l'on se rappelle que attache supérieure du fléchisseur profond étant tout-à-fait interne, la flexion de l’indicateur et du médius devrait se faire sur le bord cubital de la main, tandis que les tendons de l'annulaire et du petit doigt, détournés de leur direction par l'apophyse de l'os crochu, devraient se fléchir sur le bord radial, on concevra la nécessité des lombricaux, dont les attaches inférieures étant externes, ceux des deux premiers doigts tendent à rappeler leurs tendons un peu en dehors, tandis que les deux derniers les maintiennent plus fixes, de manière à rétablir la flexion directe, ou , en d'autres termes, à faire converger les diverses forces vers la ligne verticale et moyenne de la main.

PREMIER LOMBRICAL. Le plus long des quatre, implanté sur tout le bord externe du tendon de l'indicateur, composéde fibres dont la longueur décroît de haut en bas; il descend obliquement en dehors. Son tendon contourne l'articulation métacarpophalangienne de l'index, accolé à celui du premier interosseux dorsal, et se rend plus bas sur le tendon extenseur de l’indicateur. Ce muscle , comme le tendon auquel il appartient, est très écarté des autres en dehors.

DEUXIÈME LOMBRICAL. Semblable au précédent, mais plus petit, il naît du bord externe du tendon du médius, dans le tiers moyen de la paume de la main, se dirige aussi en bas et en dehors, pour contourner la face externe du médius.

TROISIÈME LOMBRICAL. Situé verticalement entre le deuxième et le quatrième, avec lesquels il forme un groupe convergent, il s'interpose entre les tendons du médius et de l’annulaire, fixé, par ses côtés, au tiers moyen du bord interne du premier et du bord externe du second. Il descend presque directement, et son tendon s'implante, soit au côté externe de l’annulaire, ou au côté interne du médius, et parfois, à tous les deux, par un cordon bifurqué, Par rapport à l'usage que nous attribuons aux lombricaux de tirer sur les tendons fléchisseurs, on conçoit que cette variante, dans l'insertion digitale du troisième lombrical, est insignifiante, tandis qu’elle paraît inexplicable aux auteurs qui ne font agir les lombricaux que sur les tendons extenseurs.

QUATRIÈME LOMBRICAL. Le plus court de tous, décroissant de largeur de haat en bas, il naît de la partie antérieure et des bords adjacens des tendons de l’annulaire et du petit doigt, et descend

obliquement en dedans pour contourner la face externe du petit doigt.

DES INTEROSSEUX. (1)

MÉTACARPO-PHALANGIENS LATÉRAUX ( CHAUSS.); MÉTACARPO-LATÉRI- PHALANGIENS (DUM.); M. INTEROSSEI.

Disposition générale. Les muscles interosseux, ainsi nommés d'après leur situation dans l'intervalle des os du métacarpe, et qui, par leurs insertions mobiles, se rendent sur les premières phalanges, ont pour objet de servir aux inclinaisons latérales

() Planches 121, 122, 123.

des doigts, et, par leurs rapports avec les lombricaux et les tendons extenseurs de concourir plus ou moins, aux mouvemens de flexion et d'extension. D'abord, assez mal connus des premiers anatomistes, Guillemeau et Habicot sont les premiers qui en aient fait une bonne description. On en compte sept: deux pour chacun des trois derniers espaces interosseux, etun seul pour le premier, le muscle complémentaire étant représenté par l'adducteur du pouce. Dans leur position relative, les deux muscles d’un même espace, dont les bords sont d'épaisseur inégale, sont situés l’un devant l’autre en diagonale, de manière à présenter alternativement la plus grande partie de leur étendue vers l’une ou l’autre face de la main, d'où la distinction des interosseux en quatre dorsaux et trois palmaires.

Pour comprendre l'intention générale de ces muscles, il faut, à l'exemple de M. Cruveilhier, les considérer au point de vue de leurs usages, comme adducteurs et abducteurs des doigts, en faisant converger leurs mouvemens vers la ligne moyenne verticale de la main, centre du mécanisme partiel de cet organe. Gette première donnée étant établie, chacun des interosseux dorsaux, plus éloigné de cette ligne à son insertion métacarpienne qu'à son attache digitale, se fixera, par cette dernière, sur le bord opposé du doigt correspondant, qu'il écartera dela ligne moyenne, ou dont il sera l'abducteur; et vice versé, chacun des interosseux palmaires, plus rapproché de la ligne moyenne à son attache métacarpienne qu'à son insertion digitale, se fixera sur le bord de la phalange correspondant à cette ligne, vers laquelle il aménera le doigt, en faisant office d’adducteur.

Ainsi, parcourant la série des sept muscles interosseux, nous trouvons, quant aux attaches et aux usages de chacun d'eux: Premier dorsal, des premier et deuxième métacarpiens au côté externe de la première phalange de l'index; abducteur de l'index. Deuxième dorsal, des deuxième et troisième métacarpiens au côté externe de la première phalange du médius ; abducteur du médius. Troisième dorsal, des troisième et quatrième métacarpiens au côté interne de cette même phalange du médius; abducteur du médius. Quatrième dorsal, des quatrième et cinquième métacarpiens au côté interne de la première phalange de lannulaire ; abducteur de l'annulaire. En sens inverse : Premier interosseux palmaire, du deuxième métacarpien au côté interne de la première phalange de l'index ; adducteur de l'index. Deuxième palmaire, Au quatrième métacarpien au côté externe de la première phalange de l'annulaire; adducteur de l'annulaire. Troisième palmaire, du cinquième métacarpien au côté externe de la première phalange du petit doigt; adducteur du petit doigt.

Ce n'est donc pas sans motif que nous rapportons les mouvemens de l'ensemble des interosseux à la ligne moyenne de la main; Car, sion prenait pour terme de comparaison le plan moyen du corps, les troisième et quatrième dorsaux se trouveraient être des adducteurs, et le troisième palmaire un abducteur. Ainsi les interosseux fournissent des abducteurs et adducteurs à l'index, au médius et à l'annulaire, et un adducteur au petit doigt. Les mouvemens des deux doigts extrêmes sont complétés par les muscles des deux éminences: l'abducteur du petit doigt n'est autre que celui nommé son adducteur, par rapport au plan moyen du corps; et quant au pouce, nous connaissons déjà ses abducteurs et son adducteur propre, qui représente le premier interosseux palmaire, avec un volume plus considérable et une insertion prolongée plus loin, pour satisfaire au fort mouvement d'opposition du pouce.

INTEROSSEUX DORSAUX.

MÉTACARPO-PHALANGIENS LATÉRAUX SUS-PALMATRES (CHAUSS,) ; M. INTEROSSEI EXTERNI.

Muscles longs, aplatis et prismatiques sur leur épaisseur, penniformes, étendus des deux métacarpiens, entre lesquels ils sont situés, à la première phalange et au tendon extenseur du doigt auquel ils appartiennent. De leurs bords d'insertion, l'un occupe dans toute sa largeur la face latérale de l'un des métacarpiens, depuis la crête palmaire jusqu'au bord dorsal ; l'autre est borné à l'extrémité dorsale de la même face du métacarpien adjacent; de sorte qu'il résulte, au-devant de ce dernier, un autre espace triangulaire rempli par l’interosseux palmaire. Les fibres nées de ces deux insertions se rendent sur une aponévrose moyenne qui donne naissance au tendon digital, dont le trajet nous est déjà connu.

Le premier interosseux dorsal diffère beaucoup des autres. Situé dans le premier espace métacarpien , dont la mobilité du pouce rend l'écartement très considérable, ce muscle, d’un grand volume proportionnel, en forme de triangle alongé, se compose de trois faisceaux, un palmaire et deux dorsaux. Le faisceau palmaire présente deux ordres des fibres: les unes naissent, en dehors, de la moitié carpienne du bord interne du premier os métacarpien, et descendent verticalement jusqu'auprès du tendon commun. Les autres procèdent, en dedans, de la moitié palmaire de la face latérale du second os métacarpien, et descendent obliquement pour se mêler aux fibres verticales. Les deux faisceaux dorsaux naissent également de la moitié postérieure des faces adjacentes des deux os métacarpiens.

L'externe est plus fort que linterne. Leurs fibres obliques se rendent vers une ligne aponévrotique, très évidente sur la face dorsale, qui sert de jonction commune, et donne aux muscles, sur ce plan, une disposition penniforme. A la partie supérieure, les trois faisceaux sont séparés par une anse fibreuse, qui donne passage à la branche de l'artère radiale qui forme l'arcade profondé de la main. Inférieurement, les fibres se réunissent sur le tendon digital. Ce tendon fait suite au faisceau palmaire, et donne insertion à ceux du plan dorsal par sa face interne et postériettre ; au-dessous, il contourne, par un large épanouissement , l'articulation métacarpo-phalangienne de l'index, qu'il enveloppe en dehors, et à laquelle il se fixe. Il se termine enfin, dans l'étendue d’un pouce, sur le bord externe du double tendon extenseur de l'indicateur, et s’unit, en bas, à celui du premier lombrical.

Connexions. Les interosseux dorsaux sont en rapport, en avant, avec les interosseux palimaires, l'adducteur du pouce, l'opposant et le court fléchisseur du petit doigt, les lombricaux et les tendons longs fléchisseurs. L’aponévrose interosseuse les sépare de leurs antagonistes, et dans les sillons intermédiaires rampent les artères interosseuses, et pénètrent les branches perforantes. Par leur face dorsale, ils sont en rapport avec les tendons extenseurs des doigts, et recouverts par une mince aponévrose. Le premier interosseux dorsal, en particulier, est plus directement en contact, en avant, avec l’adducteur et le court fléchisseur du pouce, et en arrière, avec la branche de terminaison de l'artère radiale, qui va s'anastomoser avec la cubitale.

Action. Ces muscles sont des abducteurs de la première pha-

lange des doigts; leur contraction est d'autant plus énergique, que la main est placée dans l'extension.

INTEROSSEUX PALMAIRES.

MÉTACARPO-PHALANGIENS SOUS-PALMAIRES (CHAUSS.); INTEROSSEI INTERNI.

De même forme que les précédens, visibles seulement sur la face palmaire, au nombre de trois, si l'on en excepte l'adducteur du pouce, ils sont situés dans la paume de la main, et s'étendent de toute la longueur du bord palmaire de l’un des métacarpiens à la première phalange et au tendon extenseur du doigt correspondant. Le premier et le troisième de ces muscles ne forment qu'un seul faisceau ; le second, situé entre les troisième et quatrième métacarpiens, est réellement penniforme.

Connexions. Recouverts, sur leur face postérieure, par les interosseux dorsaux, leurs rapports sont les mêmes que ceux de ces derniers muscles dans la paume de la main.

Action. Les interosseux palmaires sont, comme nous lavons dit, des adducteurs des doigts. Ils exigent également, pour agir

que la main soit placée dans l'extension.

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