‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 158 sur 461 · TOME Il · texte numérisé non relu

TOME Il

fibres se rendent en commun sur un tendon horizontal situé entre le carré crural et le jumeau inférieur. Ce tendon glisse par l'intermédiaire d'une synoviale sur la face postérieure de la capsule coxo-fémorale, et vient s'insérer à la partie inférieure de la fosse digitale, au-dessous des tendons de l'obturateur interne et des jumeaux.

Connexions. Sa face antérieure est recouverte, au bassin, par la portion réfléchie du psoas iliaque, le second adducteur et le pectiné.Sa face postérieure recouvre lamembrane obturatrice et le trou sous-pubien ; son tendon fémoral est placé entre le jumeau inférieur et la capsule fémorale. C'est en arrière de ce muscle que s'étend la hernie dite ovalaire, du nom du canal ostéo-fibreux des vaisseaux obturateurs qui en est l'orifice de passage.

DU CARRÉ CRURAL. (1)

ISCHIO-SOUS-TROCHANTÉRIEN (CHA USS.) ; TUBER-ISCHIO-TROCHANTÉRIEN (DUM.) ; M. QUARTUS QUADRIGEMINUS QUADRATUS (R1OL.); QUADRATUS FEMORIS.

Configuration, insertions. Muscle rectangulaire, très épais, situé horizontalement à la partie inférieure et postérieure du bassin. Il procède en dedans, par un faisceau linéaire de courtes fibres aponévrotiques , de la lèvre antérieure de la grosse tubérosité sciatique, au-devant des attaches du biceps fémoral et du troisième adducteur. De là ses fibres se portent transversalement rassemblées en fascicules rubanés parallèles. Il s'implante en dehors, par des fibres aponévrotiques très fortes, sur la ligne épaisse et large qui descend en arrière au petit trochanter, audessus et en dedans de l’attache du grand fessier. A sa partie supérieure, entre lui et le grand trochanter, existe chez quelques sujets une synoviale de glissement.

Connexions. Recouvert en arrière par le grand fessier, le carré crural est en rapport, par sa face antérieure, avec le tendon de l'obturateur externe, l'extrémité de la capsule coxo-fémorale, une portion du col du fémur, le tendon du psoas iliaque, le bord supérieur du petit et du grand adducteurs, et le petit trochanter.

Action des muscles rotateurs de la cuisse. Tous ces muscles, fixés d'une part sur le bassin, s'insèrent à angle droit sur la partie postérieure du grand trochanter. D'après leur direction perpendiculaire, ils tirent de la manière la plus avantageuse sur l'extrémité du levier, et contre-balancent, par leur mode d’insertion, le désavantage de l'extrême longueur ou du poids du membre. Le grand trochanter, étant amené en arrière, suivant un quart de cercle, le genou et la pointe du pied sont tournés en dehors; tandis que la tête du fémur roule en sens inverse en avant, le col de l'os servant de rayon. Tous ces muscles opèrent la rotation en se réfléchissant sur les courbes osseuses, qui leur servent de poulies de renvoi. L'énergie de chacun d'eux, indépendamment de sa masse, est modifiée d’après l'ouverture de l'angle de réflexion, qui elle-même varie suivant la direction de la tête de l'os au moment de la contraction. 1° Si l'on suppose la tête du fémur dans sa position naturelle, le pyramidal, le jumeau et le carré ne sont que très peu réfléchis ; mais il n’en est pas de même de l'obturateur interne, qui peur augmenter de tension, mais dont le degré de la réflexion est inhérent à son trajet. Ainsi ce muscle, dont les faisceaux descendans s'incurvent d’abord à angle droit autour de l'épine

(1) Planches 125, 135, 132.

sciatique, tandis que la masse dans son entier subit la même inflexion sur la petiteéchancrure, est nécessairement celui d’entre eux dont l'énergie est, dans tous les cas, la plus considérable : c'est même, en myologie, le seul exemple d'une insertion aussi avantageuse, comme c'est également le seul cas où il Yÿ ait autant d’inégalité entre la longueur du levier de la résistance et la brièveté de celui de la puissance. Les Jumeaux, implantés sur le tendon de l’obturateur interne, le contiennent, le dirigent, et doivent n'être considérés que comme des accessoires de ce muscle, dont ils forment la portion extérieure au bassin. Dans cette position, l'obturateur externe, réfléchi à angle obtus autour de la tête du fémur, agit encore avec assez d'avantage. Il n’en est pas de même du pyramidal, qui netireque par sa masse, son incurvation sur la cavité cotyloïde étant très faible. 2° Si le grand trochanter est rappelé en arrière, la force des rotateurssecondaires se trouvant épuisée par l'absence de réflexion et lerelächement de leurs fibres, l'obturateur interne est le seul qui, par sa direction, puisse encore maintenir le mouvement. 3° Si, au contraire, le grand trochanter a été porté en avant, tous les tendons se trouvant fortement réfléchis, l'obturateur externe sur le col du fémur, le pyramidal et les jumeaux sur la cavité cotyloïde et la tête de l'os, ils agissent en commun avec une puissance considérable pour rappeler le fémur dans sa position. 4° Enfin, quand la cuisse est fixée, les rotateurs entraînent, suivant un quart de cercle, le bassin en arrière sur le fémur, tandis que la face antérieure du tronc décrit une courbe proportionnelle en sens opposé.

Action des muscles accessoires des rotateurs du fémur. La rotation de la tête du fémur sur la cavité cotyloïde, qui commande l'ensemble des mouvemens du membre abdominal , indépendamment des petits muscles propres qui l'opèrent à l'extrémité du levier, est facilitée, suivant la longueur de ce dernier, par le concours de plusieurs muscles de la cuisse, d'un volume plus considérable, et dont la force est bien mieux en rapport avec le poids du membre. Ainsi la rotation en dedans, déterminée par le petit fessier et le faisceau antérieur du moyen, est facilitée par la contraction des fléchisseurs internes et du poplité ; mais c'est surtout la rotation en dehors, beaucoup plus énergique, à laquelle prend part une masse considérable de muscles: directement, en dehors, le grand etle moyen fessier, et,en dedans, par le mouvement qu'ils impriment au fémur sur son axe, le psoas iliaque, le pectiné et lesadducteurs.

MOTEURS DES ARTICULATIONS COXO-FÉMORALE ET FÉMORO-TIBIALE.

Ces muscles se rapportent à quatre plans opposés, correspondant aux quatre mouvemens principaux du membre : en avant des extenseurs de la jambe, le droit antérieur et le triceps fémoral, ne formant qu’un seul et même muscle; en arrière des fléchisseurs de la jambe, les demi-tendineux, demi-membraneux et biceps fémoral; en dedans des adducteurs, disposés sur deux plans : 1° quatre muscles profonds implants sur le fémur , et par conséquent adducteurs propres de la cuisse, le pectiné et les trois adducteurs proprement dits ; 2° deux muscles superficiels adducteurs et fléchisseurs de la jambe, le couturier et le droit interne. Enfin, en dehors, un abducteur, tenseur de l'aponévrose fémorale, le fascia-lata, auquel s'adjoint la portion externe du triceps fémoral ou vaste externe.

Dans l'agencement des muscles de la cuisse, la démarcation entre les divers appareils, soit synergiques, soit antagonistes, est beaucoup mieux prononcée d'avant en arrière que transversalement. Cette disposition est nécessitée par l'espèce de mouvement propre à la jambe ou à l'articulation fémoro-tibiale, qui n'est réellement susceptible que de flexion et d'extension , tandis que l'abduction et l’'adduction, dont le centre est dans l'articulation coxo-fémorale, étant communes à tout le membre, les muscles qui les produisent s'insèrent à-la-fois sur le fémur et sur les os de la jambe. Quant à la différence proportionnelle entre ces deux mouvemens, il est remarquable à quel point l'adduction, qui rappelle le membre vers le centre de gravité, se distingue par le nombre etla masse des muscles qui l'opèrent, tandis que l'abduction, qui n’a pour objet que de disposer au mouvement inverse, est à peine représentée à la cuisse par deux muscles, dont elle n’est pas même l'objet principal.

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