‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 165 sur 461 · ADDUCTEURS DE LA CUISSE ET DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

ADDUCTEURS DE LA CUISSE ET DE LA JAMBE

Au nombre de quatre: deux superficiels, le pectiné et le moyen adducteur; et deux profonds, le petit et le grand adducteur.

DU PECTINE. (1)

SOUS-PUBIO-FÉMORAL (CHAUSS.); PUBIO-FÉMORAL (DU).); M, PECTINÆUS, S, PECTINALIS.

Configuration, insertions. Muscle rectangulaire, rubané, situé obliquement à la partie antérieure et interne de la cuisse. Il naît, en haut, de la partie antérieure de la branche horizontale du pubis, sous l'arcade crurale , dans un espace triangulaire aponévrotique, formé par l'expansion des piliers de la capsule fémorale. A partir de cette origine, les fibres descendent parallèlement de dedans en dehors et un peu d’avant en arrière, et se rendent sur un tendon membraneux qui se fixe sur la lèvre externe de la bifurcation interne et supérieure de la ligne âpre, en dehors de l'attache du vaste interne.

Connexions. Le pectiné est recouvert, en avant, par le feuillet profond de l'aponévrose fémorale, et en dehors , un peu par le bord réfléchi du psoas iliaque. Il recouvre en arrière l’obturateur externe, les vaisseaux qui traversent ce muscle, et le faisceau supérieur du petit adducteur. Son bord externe forme , avec le psoas iliaque, qui le recouvre, un sillon celluleux triangulaire qui loge les vaisseaux fémoraux. Son bord interne est Juxta-posé avec le moyen adducteur dans ses deux tiers supérieurs ; inférieurement il s'en écarte, mais reste uni à ce muscle par une aponévrose. Son extrémité supérieure est appliquée sur le trou des vaisseaux obturateurs, et se trouve par conséquent placée au devant des hernies ovalaires. Le tendon fémoral est souvent perforé pour le passage des vaisseaux circonflexes internes. Audessous, il limite l'arcade de passage de l'artère perforante.

Anomalies. Winslow a signalé un pectiné surnuméraire, qui s'attache en haut et à la partie interne du trou sous-pubien , et rejoint supérieurement le tendon fémoral.

(1) Planches 134, 131, 127.

DU MOYEN ADDUCTEUR (#rex) (1)

PREMIER ADDUCTEUR (BOYER); PREMIER ADDUCT. SUPERF. ( CRUV £ILH.); PUBIO-FÉMORAL (CHA US$.) ; ADDUCTOR FEMORIS LONGUS, S. CAPUT PRIMUM TRICIPITIS.

Configuration, insertions. Muscle plat, long, triangulaire, situé au-dessous du pectiné. Il naît de la partie inférieure de l'épine du pubis, par un fort tendon plat qui descend dans l’étendue de trois pouces, et s'épanouit en un cône aponévrotique d’où naissent les fibres charnues; celles-ci composent un faisceau épais, oblique en dehors sous un angle aigu , et terminé par une aponévrose largement épanouie , qui s'insère sur la lèvre interne de la ligne âpre, depuis la partie moyenne jusqu'au quart inférieur de l'os. Cette aponévrose, percée en bas d'un orifice pour le passage de la troisième artère perforante, adhère fortement en arrière au troisième adducteur; elle contribue en outre à former le canal ostéo-fibreux des vaisseaux poplités, et la lame aponévrotique triangulaire commune au troisième adducteur et au vaste interne, qui forme en dedans la paroi de l'infundibulum du même canal.

Connexions. Ce muscle est recouvert en avant, de haut en bas, par l'aponévrose fémorale, le couturier, le droit antérieur et le vaste interne. Dans le sillon intercepté entre lui et ces trois muscles rampent les vaisseaux fémoraux et la terminaison de l'artère profonde. Ce rapport avec l'artère fémorale est l'an des plus importans; car c'est vers le milieu de ce muscle, à son bord interne, que se pratiquent ordinairement la compression et la ligature, et c'est sur la surface déclive de son aponévrose que l'artère s’'enfonce en bas et en arrière pour devenir poplitée. La face postérieure du premier adducteur est en rapport avec les muscles du même nom, le petit et le grand. Son bord interne et le plus long est recouvert par le droit interne; son bord interne forme, près du fémur, la limite de l'arcade de passage de la seconde artère perforante.

DU PETIT ADDUCTEUR (rcuar) (2)

SECOND ADDUCTEUR (BOYER); PETIT ADDUCT. PROFOND (CRUPEILH.); SOUS- PUBIO - FÉMORAL (CHAUSS.); M. ADDUCTUR FEMORIS BREVIS, S. CAPUT SECUNDUM TRICIPITIS.

Configuration, insertions. Muscle plat, membraneux, triangulaire, situé à la partie supérieure et interne de la cuisse, derrière le pectiné et le premier adducteur. Il naît, par un faisceau de fibres aponévrotiques très courtes, de l’excavation située au-dessous de l'épine du pubis, derrière le tendon du premier adducteur et entre les attaches de l'obturateur externe et du droit interne; puis il descend obliquement, en s’élargissant, à angle de quarante-cinq degrés, et se divise en deux faisceaux, l’un supérieur, plus petit, l'autre inférieur plus considérable, qui continuent de s’élargir,et se terminent par une double aponévrose fixée aux deux cinquièmes supérieurs de la ligne âpre du fémur, le faisceau supérieur derrière le pectiné, et l'inférieur dans l’écartement triangulaire qui sépare ce muscle du premier adducteur.

Connexions. La face antérieure de ce muscle est recouverte par le pectiné, le premier adducteur et leur aponévrose d'union ;

(1) Planches 134, 131, 127.

(2) Planches 134, 135.

sa face postérieure recouvre une partie de l'obturateur externe et du grand adducteur. Près du fémur, entre ses deux faisceaux, existe l’arcade de passage de la première perforante; son bord supérieur limite celle de la circonflexe interne, et son bord inférieur, celle de la seconde perforante.

DU GRAND ADDUCTEUR (10x47. (1)

TROISIÈME ADDUCTEUR ( BOYER); GRAND ADDUCT. PROFOND (CRUVEILH.); ISCHIO-FÉMORAL ( CHAUSS.) ; ADDUCTOR FEMORIS MAGNUS , S. CAPUT TER- TIUM TRICIPITIS.

Situation, configuration. Vaste muscle triangulaire, très épais,

situé dans toute l'étendue de la partie interne et moyenne de la cuisse.

Insertions , direction, fasciculation. Le grand adducteur se compose de trois faisceaux distincts, horizontal, oblique et vertical, confondus par leurs bords dans leur attache pubienne, mais parfaitement isolés dans leur trajet et dans leur insertion fémorale.

Le faisceau vertical où interne, d'un volume considérable, forme le tiers moyen de l'épaisseur de la cuisse à sa face interne. Il naît, par un trousseau de courtes fibres aponévrotiques, du sommet large et mousse de la tubérosité de l'ischion, et, par un fort tendon , de la partie externe, la plus saillante, de cette tubérosité. Les fibres naissent de cette première implantation et des deux bords d’une expansion tendineuse qui descend jusqu'au milieu de la cuisse : rassemblées en fascicules parallèles, qui forment en dedans une face de deux à trois pouces d'épaisseur, elles sont séparées, en arrière, du faisceau oblique, par un vaste sillon celluleux. Toutes s'insèrent dans la cavité d’un large cône aponévrotique, qui commence au milieu de la face antérieure du muscle. De cette aponévrose procède, en avant, une lame fibreuse, de forme triangulaire, dont nous avons déjà parlé, qui s’insère, à l’autre extrémité, sur l'aponévrose postérieure du vaste interne, et inscrit en dedans la paroi de l'infundibulum des vaisseaux fémoro-poplités. Cet infundibulum, ouvert en haut, forme un canal ostéo-fibreux, circonscrit, en avant, par le vaste interne; en arrière, par le grand adducteur; en dehors, par une lamelle aponévrotique courbe, fournie par ces deux muscleset le premier adducteur, et quil'isole del'os; en dedans, par l'aponévrose triangulaire sus-mentionnée. Oblique de haut en bas, de dedans en dehors et d'avant en arrière, ce canal contourne le fémur à la naissance de la bifurcation interne et inférieure de la ligne âpre, où la surface de l'os est adoucie pour le glissement des vaisseaux; le plan même du passage, de la face interne sur le triangle postérieur, où les vaisseaux, de fémoraux deviennent poplités, est indiqué dans l'état frais par une ouverture ellipsoïde, fermée en dehors par le bord de l'os, et dans le reste de son contour par l’aponévrose du faisceau vertical, qui, en haut, l’unit au faisceau oblique, et, en bas, s’insère sur la ligne interne jusqu'au-dessus du condyle, où elle forme une autre arcade de passage pour les vaisseaux articulaires supérieurs et internes. Plus bas, cette aponévrose rejoint le tendon commun. Ce dernier fait suite au cône aponévrotique; épais et aplati d'avant en arrière, il descend verticalement entre le vaste interne et le demi-membraneux, et s'implante sur un tubercule situé en haut de la face interne du

(1) Planches 135, 133, 134, 132, 137.

condyle interne, en formant de larges épanouissemens sur la tubérosité située au-dessous.

Le faisceau oblique où moyen nait supérieurement au-devant de l'attache du faisceau vertical, qu’il contourne, en suivant,sur la face antérieure, le rebord de la tubérosité sciatique depuis son extrémité interne, en remontant sur la branche ascendante de l'ischion. A partir de cette insertion, le faisceau oblique, d'abord uni au faisceau vertical, contourne en pas de vis la masse de ce dernier; puis, descendant en dehors, il s'épanouit en un triangle membraneux, qui simplante par une courte aponévrose dans l'interstice de la ligne âpre, en dedans de l'attache de la courte portion du biceps. Cette insertion est traversée par les arcades des deux premières artères perlorantes. Le bord inférieur du faisceau oblique, séparé du faisceau vertical dans les deux tiers de son étendue, se termine en bas par un triangle qui renferme les arcades de passage de la dernière perforante et des vaisseaux poplités.

Le faisceau horizontal ou supérieur naît, en commun avec le précédent, des branches ascendantes de l'ischion et descendantes du pubis, au-dessous de l'attache du petit adducteur. Il contourne le grand faisceau, et s'épanouit en un muscle triangulaire très mince, qui s'insère sur la bifurcation externe et supérieure de la ligne âpre en dedans du tendon du grand fessier, contigu, par son bord inférieur, avec le faisceau oblique, par son bord supérieur avec le carré crural, et traversé par les branches de l'artère circonflexe interne.

Connexions. Le grand adducteur est recouvert en avant par le moyen et le petit muscles du même nom, et par le vaste interne. Il recouvreen arrière le demi-membraneux et la longue portion du biceps ; en dedans, il est en rapport dans presque toute son étendue avec le droit interne; en haut, avec l'aponévrose fémorale, et en bas, avec le muscle couturier : sa base longe l'obturateur externe et le carré crural. Ses rapports les plus importans sont ceux qu'il affecte avec le premier adducteur et le vaste interne, pour la formation du canal de passage des vaisseaux fémoro-poplités.

Action des muscles adducteurs.

Ces muscles, en raison de leur obliquité, correspondent à trois sortes de mouvemens. L'insertion pelvienne, la plus élevée, étant surtout plus interne, le premier mouvement produit, et le plus fort, est l'adduction. L’inclinaison d'avant en arrière y ajoute une légère flexion de la cuisse sur le bassin ; et enfin, l'enroulement des aponévroses d'insertion fémorale, qui contournent la face interne del'os, pour se fixer sur son angle postérieur, convertit les adducteurs en rotateurs très énergiques en dehors, disposition qui est encore favorisée, dans le plus petit, par la torsion en pas de vis de son extrémité supérieure, autour du grand faisceau vertical du troisième ; en sorte que la rotation en dehors, que nous avons vue déjà produite, en sens inverse, par tous les muscles de la région fessière, a, dans les muscles adducteurs, un auxiliaire d’une puissance considérable, tant par le volume de leurs fibres que par leur direction et le mode avantageux de leur implantation danstoute la hauteur de l'os. La proportion suivant laquelle chacun de ces muscles agit dans les divers mouvemens, varie suivant leur masse et leur direction. Les adducteurs superficiels sont en même temps fléchisseurs, et, parmi eux, le pectiné est en outre plus essentiellement rotateur. Le troisième adducteur est celui de tous qui

mérite plus particulièrement ce nom. Il concourt également à la rotation ; mais l'éloignement de son insertion pelvienne, en arrière de la cavité cotyloïde, le rend, par son faisceau vertical, l'antagoniste des précédens, d'où il résulte qu'au lieu d'être fléchisseur de la cuisse, ilen est, au contraire, l’un des extenseurs. Lorsque la cuisse est fixée dans la station, les adducteurs tirent le bassin en bas et en dehors, et disposent le tronc à se fléchir ou à s'incliner de leur côté. Dans ce cas, au contraire, le grand faisceau, congénère des muscles fléchisseurs de la jambe, contribue à étendre le bassin en arrière.

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