‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 27 sur 461 · DE LA LIGNE BLANCHE. C · texte numérisé non relu

DE LA LIGNE BLANCHE. C

Situation, configuration, structure. On appelle de ce nom une bandelette fibreuse très résistante , tendue verticalement à la partie

(1) Planches 63, 71, 72.

(2) Planches 62, 683, 64 69, 70, 71, 72, 75.

moyenne de l'abdomen, de l'appendice xiphoïde au pubis. Cette bandelette, qui n’est autre que la suture des deux aponévroses antérieures, est formée par la superposition de leurs quatre feuillets intimement unis, et dont les fibres obliques ou transversales s'entre-croisent d’un côté à l’autre, mon-seulement d’un feuillet à celui qui lui est opposé, mais encore entre les différentes couches, de manière à former en commun un cordon inextricable d’une grande solidité. Il s’y mêle dans l'homme quelques fibres longitudinales, mais elles sont peu apparentes et beaucoup moins nombreuses que dans les quadrupèdes, chez lesquels cette corde tendineuse avait besoin d’être renforcée pour supporter la pression directe des viscères abdominaux. La ligne blanche procède du sommet de l'appendice xiphoïde; sa largeur, déterminée par l'écartement des bords internes des muscles grands droits dont elle occupe l'intervalle, est de quatre à cinq lignes dans toute sa partie supérieure jusqu’à deux pouces au-dessus de l'anneau ombilical; ses bords s'écartent ensuite jusqu'au niveau de cette cicatrice et se rejoignent à un pouce au-dessous, de sorte que l'ombilic situé à sa partie moyenne forme le centre d'une losange aponévrotique alongée verticalement. Plus bas, les muscles droits s'adossant l’un à l’autre, la bandelette de la ligne blanche, très resserrée, change ses diamètres et gagne en épaisseur d'avant en arrière ce qu’elle perd transversalement en largeur, disposition nouvelle qui lui permet d'offrir par ses faces latérales un espace suffisant pour l'implantation des muscles pyramidaux. Enfin, à son extrémité inférieure, ce ruban fibreux s'épanouit de chaque côté en un ligament triangulaire, de huit à dix lignes de hauteur, qui passe derrière le tendon du grand droit et s'attache par sa base, dans l'étendue d'un pouce, sur la symphyse et l’extrémité osseuse du pubis.

Connexions. La face antérieure de la ligne blanche est unie à la peau d'une manière moins lâche que le reste des parois abdominales; dans les sujets maigres, et même dans ceux qui n'ont qu'un embonpoint modéré, en raison du relief formé de chaque côté par les muscles droits, son trajet est marqué à l'extérieur par une dépression qui constitue le sillon médian. La face postérieure est en rapport avec le fascia transversalis, les bords latéraux se bifurquent pour envelopper les muscles grands droits.

L'objet de la ligne blanche est de former entre le pubis et l'appendice sternal un ligament qui sert d'appui aux muscles abdominaux et limite l’extension immodérée du tronc en arrière. Cette bandelette représente en réalité une sorte de sternum abdominal flexible lié à celui du thorax par l'intermédiaire du cartilage xiphoïde, pièce élastique et mobile de transition.

La ligne blanche manque quelquefois dans une étendue plus ou moins considérable, par absence primitive de réunion congéniale. Elle est sujette à des déchirures et des distensions par contraction musculaire, mais surtout à des éraillemens déterminés par l'accroissement de volume du bas-ventre, et qui sont suivis de hernies ombilicales et ventrales.

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