‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 36 sur 461 · DU GRAND DORSAL · texte numérisé non relu

DU GRAND DORSAL

LOMBO-HUMÉRAL (CHAUSS.); DORSALIS MAXIMUS (ZAUR.); LATISSIMUS DORSI (SOEMM.).

Situation, configuration. Muscle très large, plat, membraneux, sous-cutané, en forme de triangle, dont la base est en haut, de l'extrémité supérieure de l'humérus au rachis, et dont le sommet se termine au coccyx, en sorte qu'il revêt la moitié inférieure du dos, les lombes et la région sacro-coccygienne.

Insertions, direction , fasciculation. Le grand dorsal se compose de deux parties, l'une musculaire et l'autre aponévrotique. L'aponévrose, qui forme son insertion fixe, s'attache sur toute la longueur du ligament sur-épineux etsur les apophyses épineuses dorso-lombaires et sacrées, à partir de la quatrième ou cinquième dorsale, sur les tubercules qui représentent les fausses apophyses transverses sacrées, et sur la moitié postérieure de la lèvre externe de l'os coxal, en se confondant pour ces deux dernières insertions, avec celles du grand fessier. Cette aponévrose en forme de triangle à base inférieure, est d'abord très large inférieurement, jusqu'à un pouce au-dessus de l'os coxal, point où commence la portion musculaire. Elle se rétrécit ensuite peu à peu en montant, suivant une ligne onduleuse; oblique de bas en haut et de dehors en dedans, tracée par la naissance des fibres charnues ; ces dernières approchant d'autant plus près des vertèbres qu’elles sont plus supérieures. Les fibres de l'aponévrose elle-même forment deux séries : les externes, plus ou moins obliques, font suite à celles du muscle dont elles continuent la direction; les internes, qui forment l'implantation vertébrale, sont horizontales ou légèrement inclinées en bas et en dehors; les unes et les autres se confondent en une trame commune sur la partie moyenne de l'aponévrose. La portion charnue du grand dorsal est encore triangulaire. Elle commence par une base interne et inférieure sur la ligne de l'aponévrose. Les fibres qui en naissent, largement fasciculées, convergent toutes en haut et en dehors vers un tendon commun qui forme l'insertion mobile à lhumérus. Les supérieures, de la cinquième à la septième apophyse épineuse dorsale, redescendent d'abord en dehors en décrivant une courbe jusqu'à l'angle inférieur de l'omoplate. Ordinairement renforcées dans ce point par un faisceau particulier qui en naît, elles remontent en dehors, et vont s'insérer sur le côté externe et postérieur du tendon huméral. A partir de la septième apophyse épineuse dorsale, toutes les fibres se dirigent obliquement de bas en haut et de dedans en dehors vers le tendon commun; les plus inférieures, qui naissent près de l'os coxal, sont les plus longuesde toutes ;leur direction est presque

verticale; elles s'insèrent par leur autre extrémité sur le côté du tendon qui forme sa face externe. Au-dessus et en dehors de son attache aponévrotique la plus inférieure, le grand dorsal offre, sur son bord externe, trois ou quatre insertions super posées qui se fixent sur les trois ou quatre dernières côtes en formant des digitations avec les languettes inférieures du grand oblique. Les fibres qui en naissent remontent verticalement, et s'implantent sur le côté antérieur et interne du tendon huméral.

Ce tendon lui-même est membraneux, long de trois pouces sur un de large; il contourne le bord inférieur épais du grand rond, dont il croise la direction, et remonte au-devant de ce muscle. Parvenu à son tendon , il en est d'abord isolé par une synoviale de glissement, puis il s'y unit, s'insère avec ce dernier sur la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale, et se prolonge sur cette pouttière, qu'il tapisse en confondant ses épanouissemens avec ceux du tendon du grand pectoral. Une bandelette unit son bord interne à la petite tubérosité de l'humérus ; une expansion, née de son bord externe, concourt à renforcer l'aponévrose brachiale.

De tout ce qui précède il résulte que le sommet commun, dont fait partie le tendon , reçoit les fibres de toute la vaste surface du grand dorsal, et que ces dernières, échangeant leur position relative, de l'aponévrose postérieure sur le tendon huméral, ce tendon lui-même se contourne pour rentrer en dedans; d'où il résulte une gouttière à cannelure interne qui loge la moitié inférieure du grand rond, et se termine par une anse que traverse la partie supérieure de ce muscle, dont le tendon s'attache audessous et en arriere de celui du grand dorsal.

Connexions. La face postérieure du grand dorsal est recouverte en haut et en dedans par l'extrémité inférieure du trapèze, et dans le reste de son étendue par la peau. L'antérieure est en rapport avec le petit dentelé postérieur et inférieur, son aponévrose et celle du petit oblique abdomina’, une partie des muscles grand rond, grand dentelé, rhomboïde, intercostaux inférieurs, et la moitié postérieure des dernières côtes. Le bord interne constitue l’attache spinale. Le supérieur , remarquable par sa forme demi-circulaire, recouvre en partie l'angle inférieur de l'omoplate. L'externe est le plus intéressant : mince en bas, où il constitue les insertions costales, il est épais et arrondi supérieurement, où il forme le bord postérieur du creux de l’aisselle. Le tendon est en rapport avec les vaisseaux et nerfs axillaires.

Anomalies. D'après Wardrop, la plus commune consiste dans un faisceau transversal charnu ou aponévrotique qui passe au devant du coraco-brachial, et unit les tendons du grand dorsal et du grand pectoral, en formant une bride qui peut comprimer les vaisseaux dans les mouvemens. Parfois, suivant Rosenmüller et M. Meckel, le tendon du grand dorsal envoie une bandelette qui longe le coraco-brachial et s'insère avec lui à l'apophyse coracoïde.

Action. Le grand dorsal, dont le tendon s'enroule autour de l'humérus, tire l'extrémité supérieure de cet os en bas et en arrière, en lui faisant subir une légère rotation, par l'effet de laquelle sa face postérieure devient externe. Il applique l’omoplate contre la poitrine, et, conjointement avec le grand pectoral, rapproche le bras du tronc et l'abaisse avec force lorsqu'il a été élevé. En prenant son point fixe à l'humérus, il concourt à l'inspiration en élevant les trois ou quatre dernières côtes, et entraine ou enlève le tronc vers les membres supé-

rieurs, quand on veut attirer le corps ou l'élever vers un objet fixe que l'on a saisi avec les mains. Enfin la tension de l'aponévrose de ce muscle facilite la contraction de la masse charnue du sacro-spinal.

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