‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 41 sur 461 · MUSCLES DES GOUTTIÈRES COSTO-VERTÉBRALES · texte numérisé non relu

MUSCLES DES GOUTTIÈRES COSTO-VERTÉBRALES

Ces muscles, si remarquables par leur nombre, leur superposition, les adhérences et l'intrication de leurs fibres, la multiplicité de leurs tendons et la variété de leurs usages, forment assurément le sujet le plus compliqué de la myologie : aussi est-ce un de ceux qui ont le plus exercé la sagacité des anatomistes, sans toutefois que l'on soit encore parvenu à s entendre sur leur nombre et les dénominations qui leur sont imposées. Stenon le premier les a généralisés en les distinguant en muscles droits , médians et latéraux, et en muscles obliques, convergens et divergens. Winslow les a très bien analysés d'après leurs attaches ; mais peut-être les a-t-il un peu trop multipliés, ce qui répand de la confusion sur leurs usages. Après lui, les anatomistes francais nous semblent au contraire en avoir trop restreint le nombre. M. Meckel, en se rapprochant d'Albinus et de Winslow, a fait,selon nous, beaucoup mieux sous ce rapport. M.Cruveilhier, qui groupe ces muscles sous la dénomination de spinaux postérieurs, a répandu de la clarté sur leur étude, en prouvant que les nombreux faisceaux de la nuque sont les analogues et, pour ainsi dire, les extrémités modifiées des grandes masses dorsolombaires. Nous allons nous-même essayer de traiter ce sujet en nous conformant aux dénominations reçues: nous le ferons avec la dernière exactitude, en ne prenant, comme à l'ordinaire, d'autre guide que la nature, et sans nous inquiéter des nombreuses contradictions qui règnent dans les auteurs, et nous ajouterons à ce qu'ils ont écrit pour certains faits que nous croyons ne pas avoir été convenablement observés.

Nous avons déjà fait la remarque que les muscles des gouttières costo-vertébrales, d'abord simples à la partie inférieure du tronc, se compliquent de plus en plus avec les mouvemens à mesure que l'on remonte vers sa partie supérieure. Du bassin à la naissance du cou , il n'y a que deux couches superposées formées par le sacro-spinal d’une part, et de l'autre par le transversaire épineux , auquel s’adjoint supérieurement le demi-épineux du dos. On voit que déjà nous retranchons de la première couche les inter-épineux dorso-lombaires, qui font partie du

sacro-spinal. À la nuque on distingue quatre couches, le splénius, les deux complexus avec le transversaire du cou et le cervical descendant, le demi-épineux du cou et le transversaire épineux, au-dessus duquel sont les droits et obliques postérieurs de la tête. Pour faire cadrer ces muscles avec ceux du dos, nous concentrerons les quatre couches en deux. A ces muscles s’ajoutent les inter-épineux et inter-transversaires, et un muscle isolé, le carré des lombes, qui n’a de commun avec les précédens que sa position au-devant de la masse du sacro-spinal.

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