PORTION CERVICALE
DU STERNO-CLÉIDO-MASTOIDIEN. (1)
STERNO-MASTOIDIEN (CHAUSS.).
Situation , configuration. Muscle long , épais et rubané, plus étroit à son milieu qu'à ses extrémités, contourné sur lui-même, situé obliquement surles parties latérale et antérieure du cou, en s'étendant du sternum et de la clavicule à l'apophyse mastoïde,
Insertions, direction, fasciculation. Ce muscle se compose de deux faisceaux, l'un sternal et l’autre claviculaire, accolés et confondus en haut, isolés seulement en bas, et dont Albinus, à l'exemple de quelques anatomistes, avait fait deux muscles particuliers, distinction justifiée par l'exemple de quelques mammifères, chez lesquels ces faisceaux sont entièrement séparés. Par son extrémité inférieure, point fixe le plus habituel , il forme une large base; l'attache interne, épaisse et funiculaire, naît au-devant de l'extrémité supérieure du sternum, par un tendon, qui s'entrecroise en bas avec celui du côté opposé, et qui se prolonge en haut sur les fibres charnues.
L’attache externe, membraneuse, procède, par de courts filamens aponévrotiques, de la face supérieure et du bord postérieur du tiers interne de la clavicule dans une étendue assez variable, mais qui n'est pas moins d’un pouce. Dans quelques cas, ces deux attaches sont unies; mais le plus souvent elles sont séparées par un intervalle celluleux de forme triangulaire, que la tension du muscle rend très apparent sous la peau. Les deux faisceaux font suite aux attaches inférieures; le sternal, le plus long et le plus épais, remonte obliquement en dehors et en arrière, en contournant la masse des muscles profonds. Le faisceau claviculaire , dirigé presque verticalement, s’insinue sous la face interne du premier, de manière à croiser en X sa direction : d'abord accolé à celui-ci, il s'y unit au-dessus de la partie moyenne du muscle ; tous deux forment en commun l'insertion supérieure qui embrasse, par un fort tendon, le bord antérieur, le sommet et la face externe de l'apophyse mastoïde , et
(1) Planches 93, 94, 96.
s'implante, par un épanouissement aponévrotique, sur le tiers
externe de la ligne courbe supérieure de l'occipital.
Connexions. Peu de muscles en ont d'aussi importantes. Par leur direction en diagonale, et le relief qu'ils forment sous la peau, les sterno-cléido-mastoïdiens servent d'indice pour les rapports dans la plupart des opérations qui se pratiquent au cou. En avant, ils forment les côtés du triangle antérieur du cou , dans lequel s'inscrivent le pharynx et le larynx avec ses annexes. En arrière , chacun d’eux limite un second triangle à base inférieure , dont l’autre côté est formé par le trapèze. Considéré dans les détails, sa face externe ou superficielle est recouverte par le peaucier et par la peau ; entre les deux muscles rampent la veine jugulaire externe et les rameaux du plexus cervical superficiel. Sa face interne ou profonde recouvre: 1° l'articulation sterno-claviculaire; 2° une partie des muscles de l'appareil hyoïdien et les extrémités de tous ceux dont les attaches se fixent aux apophyses transverses cervicales ; 3° les nerfs pneumo-gastrique, grand hypoglosse, accessoire de Willis, grand sympathique , et la plupart des nerfs cervicaux ; 4° la partie inférieure de l'artère carotide et de la veine jugulaire interne. Ses deux bords circonscrivent les triangles du cou; l'antérieur surtout guide l'incision dans nombre d'opérations chirurgicales.
Anomalies. Elles consistent dans des faisceaux accidentels; les uns ne forment que de simples languettes, isolées seulement par l'une de leurs attaches supérieure ou inférieure; les autres forment des faisceaux séparés , soit en arrière de la clavicule à l'occipital (Meckel), ou en avant du sternum, à l'angle de la mâchoire inférieure (Brugnone). Ces différentes dispositions ne font que rappeler l'organisation normale de certains animaux.
Action. Le sterno-cléido-mastoïdien , s'appuyant sur le thorax fixé par le grand droit abdominal, est principalement fléchisseur de la tête sur le cou , et du cou sur le thorax. Mais en raison de l'enroulement en diagonale qu'il décrit autour de la saillie des muscles profonds , en même temps qu'il fléchit la tête en avant, il l'incline de son côté, et, de plus, tourne la face et l'élève un peu du côté opposé. Sous ces divers rapports, on voit qu'il est l'antagoniste du splénius. Si les deux sterno-mastoïdiens agissent simultanément, la flexion de la tête et du cou est directe.