TOME II
vrotiques , du corps des trois premières vertèbres dorsales en dedans de ceux déjà indiqués , et du corps et des disques des trois ou quatre dernières vertèbres cervicales; puis, assemblés en un seul faisceau , montent en décrivant une courbure à concavité interne, etse fixent sur le corps de l’axis et de latroisième vertèbre cervicale, et sur les disques intermédiaires, en partie confondus avec la naissance du ligament vertébral commun qui les sépare.
Connexions. Sa face antérieure est recouverte en partie par le grand droit antérieur, et, dans le reste de son étendue, est en rapport avec le pharynx ou l'œsophage, l'artère carotide, la veine jugulaire interne , et les filets de communication des ganglions cervicaux. Sa face postérieure est appliquée sur les vertèbres et leurs disques intermédiaires. Son bord externe , en regard des deux premières vertèbres dorsales , est séparé du scalène antérieur par un espace de forme triangulaire que traversent l'artère et la veine vertébrales.
Action. Elle varie pour chaque assemblage de faisceaux. Le premier fléchit l'atlas sur l'axis, et lui imprime un léger mouvement de rotation, qui tourne la face de son côté. Le second, tirant en sens inverse sur les apophyses transverses , tend à leur faire exécuter un mouvement de rotation qui incline la face du côté opposé. Enfin le troisième assemblage de faisceaux, en refoulant les disques intervertébraux, a pour objet de fléchir latéralement la colonne cervicale sur elle-même. Cette action représente encore , à peu de chose près, la résultante moyenne des trois forces. Il est inutile d'ajouter que la contraction des muscles des deux côtés produit la flexion directe.
DES MUSCLES SCALÈNES. (1)
COSTO-TRACHÉLIENS (CHAUSS ); MUSCULI SCALENI; LEVATORES COSTARUM LONGI.
Situation, configuration. Les scalènes, muscles longs, conoïdes,
fusiformes, sont situés sur les parties latérales de la colonne cer-
vicale du rachis. Etendus des apophyses transverses de cette région aux deux premières côtes, M. Cruveilhier les considère comme étant les longs transversaires du cou. En raison du parallélisme de leurs faisceaux et de leur isolement accidentel plus ou moins complet, il est facile d'en varier le nombre sur divers sujets. Ainsi Albinus en comptait cinq, Sabatier trois, Chaussier n'en admettait qu’un seul, Sæmmerring et M. Meckel, au contraire, reviennent au nombre trois, et le dernier en signale encore autant de surnuméraires, dont l'existence est plus ou moins accidentelle. La plupart des anatomistes français n’en reconnaissent que deux , l'un antérieur et l'autre postérieur. Cette division étant à-la-fois la plus évidente en anatomie, et la seule féconde en applications chirurgicales, c’est celle à laquelle nous nous arrêtons.
DU SCALÈNE ANTERIEUR.
Insertions , fasciculation. I procède du tubercule situé au milieu de la face supérieure et sur le bord interne de la première côte, par un fort tendon qui s'épanouit en un cône aponévrotique, des bords et de la cavité duquel naissent les fibres charnues. À partir de cette insertion, le muscle monte obliquement en arrière et en dedans. D'abord fusiforme, il s'aplatit et se divise en quatre faisceaux superposés, qui augmentent de longueur de
(1) Planches 90, 91, 92, 94.
bas en haut. De ces faisceaux procèdeun pareilnombrede tendons qui viennent s'implanter au tubercule antérieur et sur la lèvre correspondante de la gouttière des apophyses transverses des vertèbres cervicales , de la sixième à la troisième. Parfois quelques faisceaux accidentels vont s’insérer aux tubercules postérieurs.
Connexions. En avant, le scalène antérieur répond inférieurement à la veine sous-clavière et au muscle sous-elavier, qui le séparent de la clavicule et croisent sa direction ; au-dessus il est en rapport avec le sterno-cléido-mastoïdien , l'omoplate-hyoïdien , les artères cervicales, transverse et ascendante, et le nerf diapbragmatique. La face postérieure de ce muscle limite en avant un espace en forme de triangle alongé, à base inférieure, compris entre les deux scalènes , et sensible au toucher sous la peau. Cet espace est traversé en bas par l'artère sous-clavière, et dans le reste de sa hauteur, par les branches des nerfs cervicaux qui forment le plexus brachial. Son côté interne , inscrit, comme nous l'avons déjà vu, avec le long du cou , un autre espace triangulaire qui loge l'artère et la veine vertébrales. Enfin la saillie formée en commun par son tendon inférieur et le tubercule de la première côte, sur laquelle il s'implante, sert d'indice en chirurgie pour la ligature de l'artère sous-clavière.
DU SCALÈNE POSTERIEUR.
Insertions , fasciculation. Plus long et plus volumineux que le précédent, ce muscle naît inférieurement de deux tendons bien distincts. L'antérieur, épais et très fort, s'implante sur la face supérieure de la première côte , au-dessous et en dehors de la gouttière de réception de l'artère qui le sépare du tubercule d'insertion du scalène antérieur. Le tendon postérieur, plus mince et plus long, s'attache sur le bord supérieur de la seconde côte. Ces tendons s’amincissent en aponévroses , d'où procèdent les fibres des deux faisceaux qui montent obliquement en dedans et en avant, et se confondent en un seul corps de muscle qui se divise de trois en six fascicules, dont les tendons s'implantent sur les tubercules postérieurs des six dernières vertèbres cervicales. Parfois il existe un septième fascicule qui va gagner l’atlas. Dans quelques sujets, le faisceau né de la seconde côte, reste isoléde l'autre dans toute sa longueur; il s'attache en particulier par deux ou trois tendons aux apophyses transverses inférieures. Les deux muscles qui résultent de cette division constituent les scalènes moyen et postérieur des auteurs qui en admettent trois.
Connexions. Isolé en avant du scalène antérieur par le sillon que traversent le plexus brachial et l'artère sous-clavière, ce muscle est en rapport: en arrière, avec le cervical descendant, le transversaire , le splénius et l'angulaire ; en dedans, avec le premier intercostal externe et les muscles intertransversaires postérieurs ; en dehors, avec le sterno-cléido-mastoïdien , le faisceau supérieur du grand dentelé, l'artère cervicale transverse et de nombreux rameaux du plexus cervical.
Anomalies. Sous la dénomination de SCALÈNES SURNUMÉRAIRES on comprend, outre celui déjà indiqué , deux autres faisceaux accidentels, différens par leur situation et leur attache inférieure, mais qui ont de commun de se terminer supérieurement par deux ou trois petits tendons fixés aux apophyses des vertèbres inférieures. L'un (scalenus minimus Albini), accolé en arrière au scalène antérieur, naît, comme lui, de la première côte. Son
existence est de quelque intérêt,en ce qu'il traverse ordinairement en diagonele l'intervalle des deux grands scalènes, en séparant les unes des autres les branches supérieures et inférieures des nerfs cervicaux qui forment le plexus brachial. L'autre faisceau (scalenus lateralis), également né de la première côte, et accolé au scalène postérieur, n'offre d’ailleurs rien de remarquable.
Action des scalènes. Ces muscles , en prenant leur point d'appui sur les côtes, concourent puisamment à fléchir la colonne cervicale de leur côté. Le scalène postérieur surtout , qui remonte très haut , produit plus efficacement cet effet. La flexion directe est le résultat de la contraction simultanée des muscles des deux côtés. Enfin, en tirant en sens inverse, les scalènes, prenant leur point fixe sur les vertèbres, soulèvent les deux premières côtes, et, dans ce cas, font partie des muscles inspirateurs.