‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 75 sur 461 · DE LA FACE · texte numérisé non relu

DE LA FACE

en zigzag suivant leur longueur ; en sorte que leur déplissement permet d'une manière passive l’ampliation des lèvres. Elles sont disposées, d'avant en arrière, par couches superposées, entre lesquelles s'insinuent à la circonférence les extrémités convergentes des muscles de la face. Les fibres qui avoisinent l'ouverture buccale forment un faisceau particulier de revêtement qui se renverse ou se dédouble en dehors, et contribue à produire ce déjettement des lèvres très prononcé chez quelques individus et qui est exagéré dans la race nègre. C'est vers les commissures que s'unissent les fibres des deux moitiés de l'orbiculaire. Elles s’entre-croisent! pour se confondre sous des angles variés entre elles et avec celles des autres muscles.

Connexions. L'orbiculaire, à part les modifications qui dépendent du squelette, détermine par son étendue la grandeur de la bouche, Il existe seul au pourtour de son orifice. En avant, il est uni intimement à la peau très dense qui le recouvre. Dansle contour des lèvres et en arrière, il est revêtu par la membrane muqueuse buccale, dont l'isolent les glandules labiales, les vaisseaux coronaires, et un nombre considérable de filamens nerveux. Sa circonférence reçoit les épanouissemens des muscles faciaux ses tributaires. Voici dans quel ordre les fibres nous ont paru se superposer de la surface vers la profondeur. 1° Demi-ellipse supérieure : au milieu , le naso-labial d’Albinus , l'orbiculaire, le myrtiforme ; de chaque côté, l’orbiculaire renfermant les releveurs. 2° Demi-ellipse inférieure : le carré du menton, l'orbiculaire. 3° Commissures : le grand zygomatique, l'orbiculaire, le canin et le triangulaire du menton; puis l'orbiculaire, confondant en dehors ses fibres profondes avec celles du buccinateur.

Action. Considérée dans sa plus grande simplicité, la contraction de l’orbiculaire , en rapprochant les lèvres, a pour objet l'occlusion de la bouche. Mais ce mouvement, qui se produit également d'une manière passive par l'élévation de la mâchoire inférieure, emprunte du jeu de l'orbiculaire, et de lopposition de ses antagonistes , les applications les plus variées. Ce muscle, dans son mouvement de totalité, se resserre, de la circonférence vers le centre, comme en général tous les sphincters ; mais il s'en distingue par une propriété bien remarquable , et qui n'appartient qu'à lui: c'est de pouvoir se contracter isolément par fractions ; ainsi non-seulement une lèvre ou une commissure peut agir seule, mais même un côté de lèvre se meut, le reste conservant son immobilité. On concoit qu'en raison de cette faculté locomotrice partielle, l'orbiculaire est, dans les divers points de son contour, l'antagoniste de chacun des muscles qui s'y insère, comme il l’est de tous dans l'ensemble de sa circonférence. Quant à la direction dans laquelle s'exercent ses mouvemens, ce muscle peut également déjeter les lèvres en avant ou les renverser en arrière. Dans le premier cas, la bouche étant fermée par la contraction des fibres labiales, s'il sy joint celle des commissures , les lèvres forment un bourrelet circulaire saillant ; c’est ce qui a lieu dans le sifflement. En écartant un peu les lèvres de manière à former une ouverture infundibuliforme, la bouche est disposée pour la succion ou pour le soufflement. Le mouvement par lequel on rentre les lèvres vers l'intérieur de la bouche peut être porté jusqu’au point d'en envelopper la partie antérieure des arcades dentaires. Ces actions variées appartiennent en propre à l'orbiculaire; mais elles sont modifiées par divers muscles élévateurs, abaisseurs ou diducteurs, tant pour les fonctions nombreuses auxquelles prend part le mécanisme de la bouche que pour le jeu de la physionomie.

DU NASO-LABIAL (azur, (1)

Ce petit faisceau sous-cutané, qui n'est distinct que chez les sujets vigoureux , naît latéralement de l'extrémité antérieure du fibro-cartilage de la sous-cloison, de chaque côté du sillon nasal. Il descend obliquement en dehors, et se confond aprés quelques lignes de trajet dans l'épaisseur de l'orbiculaire. Ses fibres externes se contournent en dehors et en arrière, et forment des ansesrqui vont rejoindre le faisceau inférieur du petit muscle dilatateur de l'aile du nez. Le naso-labial, qui adhère fortement à la peau , est un élévateur médian de la lèvre supérieure ou de l'erbiculaire. Quelques auteurs le considèrent comme formant l'une des attaches de ce dernier.

DU MYRTIFORME. (2)

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