DU TRIANGULAIRE DES LÈVRES
MAXILLO-LABIAL (CHAUSS.); DEPRESSOR LABIORUM (COW PER); DEPRESSOR ANGULI ORIS (ALBIN.).
Configuration , insertions. Situé superficiellement à la partie inférieure de la face, en dehors du précédent, mince, triangulaire, dirigé verticalement, ce muscle naît, par une large base, du bord de la mâchoire inférieure au-dessous de la houppe du menton, et successivement, en montant en dehors, du bord inférieur de la ligne oblique externe jusqu'à un demi-pouce du masseter. De là ses fibres montent en convergeant vers la commissure des lèvres, les externes d'abord légèrement obliques d'arrière en avant et de dehors en dedans; les moyennes verticales et les internes en décrivant des courbes, dont l’inclinai-
son en arrière et en dehors est d'autant plus prononcée qu'elles
se rapprochent davantage du plan moyen. Concentré en dehors de la commissure, le triangulaire forme un ruban épais, de quatre lignes seulement de largeur , intimement uni à la peau conjointement avec quelques-unes des fibres superficielles de l'orbiculaire , confondu en dedans avec les fibres profondes de ce muscle et celles du buccinateur, et qui supérieurement recoit les fibres du grand zygomatique, et se mêle avec le canin qui semble former sa continuation.
Connexions. Le triangulaire, dans sa moitié inférieure , est compris dans la duplicature des deux feuillets du peaucier , ou , en d’autres termes, entre la couche sous-cutanée de ce muscle et le carré de la lèvre inférieure dont les fibres croisent sa direction. Supérieurement il s'unit avec tous les muscles de la commissure et avec la peau.
Action. Ce muscle est l'abaisseur de l'angle des lèvres, et, comme tel, il est l'antagoniste du canin et du grand zygomatique, fonction qui s'explique par leur fusion commune dans la commissure , coïncidant avec la direction inverse de leurs attaches osseuses. La même opposition se manifeste dans la part qu'ils prennent au jeu de la physionomie ; car le triangulaire est l'agent des passions tristes, comme les deux autres le sont des passions gaies.
(1) Planches 93, 94, 95, 96.
DU BUCCINATEUR. (1)
ALVÉOLO-MAXILLAIRE (DUM.); BUCCO-LABIAL (CHAUSS.), M. BUCCÆ (COLUMB.) BUCCINATOR.
Situation, configuration. Membraneux, mais assez épais, de forme quadrilatère, le buccinateur, situé à la partie moyenne et latérale de la face, s'étend de l’un à l’autre des os maxillaires, et forme spécialement la couche musculaire de la joue.
Insertions, direction. I] naît : 1° en arrière, d'une aponévrose intermédiaire entre lui et le constricteur supérieur du pharynx. Cette aponévrose est tendue entre le sommet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde et l'extrémité postérieure du bord alvéolaire inférieur. Elle donne naissance à deux feuillets : en arrière et en dedans, l'aponévrose pharyngienne ; en avant, celle du buccinateur. 2° De la surface externe du bord alvéolaire supérieur, suivant une ligne courbe, depuis la tubérosité maxillaire jusqu’en regard de la première dent grosse molaire. 3° De la lèvre externe de la gouttière du bord alvéolaire inférieur, vis-àvis les trois dents grosses molaires. A partir de ces diverses insertions, les fibres de longueur inégale se dirigent toutes d'arrière en avant en convergeant vers la commissure ; les moyennes nées de l'attache postérieure et les plus longues, sont horizontales. Celles des deux bords alvéolaires deviennent de plus en plus courtes, à mesure qu'elles procèdent d'une attache plus antérieure. La direction des fibres supérieures est oblique de haut en bas et de dehors en dedans; celle des inférieures l’est en sens inverse. Toutes ces fibres sont larges, ridées en zigzag, et se revêtent par imbrication, de manière à pouvoir s'écarter dans les cas de distension du muscle. Elles adhèrent à l'aponévrose propre, qui a pour objet de limiter l'écartement. Vers la commissure, où le buccinateur se trouve rétréci en un sommet, il s'insinue dans l'épaisseur de l'orbiculaire sous les divers épanouissemens des muscles élévateurs et abaisseurs de l’angle des lèvres , et se confond avec eux. Quelques unes des fibres de ses bords s'entre-croisent pour se mêler au-delà de la commissure avec le demi-orbiculaire opposé.
Connexions. Le buccinateur , situé profondément dans sa par tie postérieure, est en rapport médiat, par sa surface externe , avec un grand nombre de parties , mais il en est isolé jusqu'à son tiers antérieur par son aponévrose. Cette membrane, dont l'épaisseur diminue d'’arrière en avant, resserre et contient les fibres musculaires. Au-delà le buccinateur est en rapport en arrière avec la branche de la mâchoire inférieure et le bord du masseter, dont le sépare une couche adipeuse; au milieu avec une boule graisseuse d’un volume variable suivant le degré d'embonpoint, mais qui se rencontre toujours, même chez les sujets les plus maigres. Cette masse graisseuse remplit le creux triangulaire de la joue causé par la saillie du masseter, et sépare le buccinateur du grand zygomatique et du risorius de Santorini. Parallèlement à la direction du muscle règnent les nerfs buccaux, les rameaux de l'artère faciale transverse, et le canal de Sténon, qui le traverse en regard de la seconde dent molaire, pour s'ouvrir sur la muqueuse buccale. A la commissure, le buccinateur s'insinue dans l’orbiculaire, sous le grand zygomatique, le canin et le triangulaire. Dans ce point, l'artère et la veine maxillaires externes traversent sa direction. Enfin, par sa surface
(1) De Buccinare, sonner de la trompette. — Planches 93, 94, 95, 96, 99.
interne, ce muscle recouvre la membrane muqueuse de la bouche, dont il est séparé par les glandules buccales.
Action. Le buccinateur a trois attaches fixes et une seule mobile à la commissure; c'est donc sur l'angle des lèvres que doit principalement porter son action. Toutetois, comme il occupe l'intervalle des bords alvéolaires, il peut, en se concentrant, s'appliquer contre les dents. 1° En tirant sur la commissure, ce muscle détermine l’alongement transversal de la bouche , la tension et l'amincissement des lèvres , et le plissement de la peau de la joue en rides verticales. Le buccinateur, sous ce rapport, est l’antagoniste le plus direct de l'orbiculaire, dont il distend les fibres en ellipse. Le mouvement combiné des deux muscles a pour effet d'appliquer les lèvres et les joues contre les arcades dentaires. Appliqué à la mastication ; on conçoit que, s'exécutant à-la-fois de haut en bas et de bas en haut, il a pour résultat d'exprimer ou de déloger l'aliment des deux gouttières situées entre les joues et les bords alvéolaires, et de le reporter sous le plan de broiement des arcades dentaires. A cet effet actif il s'en ajoute, dans certains cas, un autre absolument passif: si, la bouche étant fermée, on fait avec la langue le vide dans la cavité buccale, le buccinateur s'applique contre les dents , ou même se renverse dans leur intervalle lorsqu'elles sont écartées ; c'est ce qui arrive dans le phénomène de la succion , soit de la salive ou des corps solubles. 2° Le mode de contraction du buccinateur de l’une à l'autre de ses insertions alvéolaires, ou en travers de sa direction , n'a lieu que dans le cas où , la bouche étant remplie par une sub. stance quelconque gazeuse , liquide ou solide, la joue s’arrondit en une saillie demi-sphérique au-dehors ; le muscle alors, dont les fibres parallèles sont déplissées et élargies, a perdu un peu de son diamètre antéro-postérieur, et beaucoup augmenté en diamètre vertical, et forme une voussure analogue à celles du diaphragme. Par sa contraction, les fibres, de curvilignes, tendant à redevenir rectilignes , la joue rentre en dedans, et les corps étrangers sont chassés de la cavité buccale, soit à l'extérieur, brusquement ou par gradation , suivant que l’orbiculaire, étant entr'ouvert , offre plus ou moins de résistance, comme dans
l'action de souffler et l’expuition d'un corps solide ou fluide, soit en arrière, vers le pharynx, dans la déglutition.
PEAUCIERS DU NEZ.
Il faut comprendre sous ce nom les muscles qui concourent spécialement à dilater ou rétrécir les narines. Quelques-uns, qui ont encore d’autres usages, nous sont déjà connus: ce sont, l'abaisseur de l'aile du nez, le naso-labial et le petit faisceau alaire de l'élévateur commun. Il ne nous reste plus que le triangulaire et surtout le dilatateur de l'aile du nez. Nous avons décrit en son lieu le pyramidal , qui n'a qu'un rapport de situation avec le nez par sa voûte osseuse , et n'exerce aucune action sur la partie mobile de cet organe.