DU DILATATEUR DE L'AILE DU NEZ
C'est le nom qui nous a paru convenir à un petit muscle tou- Jours distinct, et même très apparent, chez les sujets vigoureux, placé en dehors et en arrière de l'aile du nez. Parfois il est remplacé par un faisceau triangulaire assez épais, composé de fibres convergentes , qui se détache du bord interne des élévateurs, et se rend horizontalement à l'aile du nez. Ce faisceau luimême , quoique moins complétement isolé , diffère très peu du muscle normal.
Ce dernier naît, par une courte attache fibreuse, verticale, dans une hauteur de deux à trois lignes , de la partie postérieure de la face externe du cartilage de l'aile du nez. Dès son origine, il se divise en trois petits faisceaux divergens entre eux, et dans les
(1) Planches 93, 94, 95.
fibres qui les composent ; un supérieur, ascendant ; un médian, sensiblement horizontal ; et un inférieur, descéndant. Les deux premiers, après trois lignes de trajet , s'insinuent dans la masse du triangulaire et des élévateurs, pour se confondre avec leurs fibres. Le troisième s'entremêle avec le naso-labial en dedans, et en bas le demi-orbiculaire supérieur. Tous trois , dans leur portion libre, sont unis intimement à la peau. Pour bien voir ce muscle, il suffit, après avoir enlevé de très près l'enveloppe cutanée, de tirer l'aile du nez en dedans, etun peu en avant; les trois petits pinceaux de fibres, convenablement distendus, se dessinent alors nettement, celui du milieu étant séparé des autres par deux dépressions triangulaires.
Action. Elle nous paraît avoir pour effet irrécusable de tirer en dehors l'aile du nez et de la rendre convexe pour élargir l'ouverture des narines. Il est facile de s'assurer de ce mouvement, en saisissant avec légèreté les ailes du nez entre le pouce et l'indicateur, et en s’efforçant de dilater largement les narines : on perçoit alors nettement au toucher la tension des attaches de ces muscles, et on sent même leur contraction sous la peau dans la petite étendue de leur trajet. Il est, au reste, assez singulier que l’on n'ait pas découvert plus tôt ces dilatateurs des ailes du nez, dont cependant l'action était bien connue; car on voyait ici une fonction évidente, appréciable même à l'extérieur, sans que l'on eût songé à se demander par quel organe elle pouvait être exercée. Ces muscles ont une importance très grande, en ce qu'ils font partie des agens de l'inspiration. La même remarque s'applique aux abaisseurs des ailes du nez ,ainsi qu'aux releveurs communs et aux triangulaires, dont l'action , combinée avec celle des dilatateurs, contribue à produire l'élargissement le plus considérable des ouvertures des narines.
PEAUCIERS DE L'OREILLE. (1)
Sous ce nom, l’on ne décrit ordinairementque lestrois muscles extrinsèques de l'auricule ou ses dilatateurs. Rayonnés, pâles , membraneux et presque sans épaisseur, ils n'existent qu'à l'état de vestige chez l'homme, où ils ne suffisent pas à produire le plus léger mouvement du pavillon acoustique.