‹ Traité complet de l'anatomie de l'homme, par les Drs Bourgery et Claude Bernard et le professeur-dessinateur-anatomiste N.H. Jacob, avec le concours de Ludovic Hirschfeld. Tome deuxièmeChapitre 95 sur 461 · A8 MUSCLES DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

A8 MUSCLES DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE

posé, comme son nom l'indique, de deux ventres charnus. Ces deux faisceaux fusiformes , de longueur inégale , séparés par un tendon mitoyen , forment entre eux un angle droit.

Insertions , fasciculation. Le faisceau postérieur où temporal, le pluslong, naît, en arrière, par une large insertion, de la rainure dite digastrique de l'os temporal , et un peu en dehors, par une aponévrose, du bord antérieur de l'apophyse mastoïde, en dedans du sterno-mastoïdien. Ce faisceau , légèrement aplati, se porte obliquement en bas et en avant: d'abord un peu renflé près de son origine, il s'amincit et s’effile vers sa partie inférieure; ses fibres s'implantent sur les bords et dans la cavité d'un cône aponévrotique, auquel fait suite le tendon mitoyen. Celui-ci, long d'environ deux pouces, traverse ordinairement l'extrémité inférieure du muscle stylo-hyoïdien,ou quelquefois passe au-devant, s'engage dans une anse ou poulie fibreuse horizontale, fixée en bas sur l'os hycïde, longue de quatre à six ligres, et pourvue d'une synoviale de glissement. Au sortir de cette poulie, le teudon change sa direction première pour remonter obliquement en dedans , et bientôt s'épanouit de nouveau en un cône aponévrotique qui recoit les fibres du faisceau maxillaire, Par son bord iuterne, ce tendon est uni avec une lame fibreuse, l'aponévrose sus-lyoïdienne. Cette aponévrose, de forme triangulaire, qui remplit l'intervalle des deux muscles digastriques, donne attache en haut à quelques fibres du faisceau antérieur, et se fixe en bas sur l'os hyaïde, continue avec ceile du côté opposé, par une suture plus ou moins intime, sur le plan moyen; toutes deux forment, par leur réunion , comme une plaque résistante d’insertion à la région sus-hyoïdienne. Le faisceau antérieur où maxillaire, né, par une extrémité très mince, de l'aponévrose et du tendon mitoyen, monte suivant la direction de ce dernier, successivement plus épais et aplati d'arrière en avant. U s'implante, par de nombreux filamens aponévrotiques, dans toute l'étendue de la fossette de la mâchoire inférieure, située au-dessous de l'apophyse géni, en entre-croisant au milieu ses épanouissemens fibreux avec ceux du côté opposé. Quand le muscle digastrique est très fort , les ventres antérieurs s'adossent en avant sur le plan moyen. Le plus souvent ils sont écartés et réanis seulement par un tissu fibreux ou une sorte de raphé à fibres transversales. Dans certains cas, ils s'unissent par quelques fibres au mylo-hyoïdien.

La plupart des anomalies appartiennent aux faisceaux antérieurs. Parfois ils sont unis sur le plan moyen (Meckel), ou ils sont séparés et comme doublés par un petit faisceau né de l'os hyoïde ( Cruveilhier). Bien rarement les faisceaux , au lieu de s'étendre jusqu'au menton , s'attachent à la partie moyenne de la branche de la mâchoire (Platner). Ces dispositions variées rappellent l'état normal de plusieurs marnmifères.

Connexions. Sa face externe est recouverte, en arrière, par la glande parotide , et les attaches supérieures du petit complexus et du sterno-mastoïdien ; au milieu, par la glande sous-maxillaire que le muscle embrasse dans sa concavité; dans ses trois quarts antérieurs, par le peaucier. La face interne recouvre une partie des muscles styliens, mylo-hyoïdien et hyo-glosse, les artères carotide interne, carotide externe, et ses branches labiale et linguale, la veine jugulaire interne, et le nerf grand hypoglosse , qui longe la face inférieure du tendon.

Action. Le dipastrique est indifféremment abaisseur de la mâchoire ou élévateur de l'os hyoïde, suivant que l’un de ces os est fixé, l'autre étant mobile, ou bien même les deux actions se pro-

duisent à-la-fois. Par sa contraction isolée, chacun des faisceaux élève l'os hyoïde, en l’inclinant de son côté, le postérieur en arrière , et l'antérieur en avant ; leur action simultanée produit l'élévation directe. Mais ces effets demandent à être considérés dans chaque faisceau par rapport au plus ou moins de mobilité des deux os. 1° Faisceau postérieur : si tous les muscles sont relächés , il soulève d'abord l'os hyoïde ; mais , en outre, en tirant sur le tendon réfléchi , il abaisse en même temps la mâchoire par le faisceau opposé, qui, de plus, y ajoute son action. Si l'os hyoïde est fixé, l'abaissement de la mâchoire est le seul effet produit. >° Le faisceau antérieur ne peut être le point de départ de la contraction qu'autant que la mâchoire à laquelle il s'attache est préalablement fixée. Dans ce cas, l'aponévrose sus-hyoïdienne est tendue , et l'os hyoïde est soulevé s’il est libre ; mais sil est contenu par ses muscles abaisseurs, l'action se communique par le tendon réfléchi au faisceau postérieur et à son attache temporale, etilen résulte, suivant l'observation de Ferrein, un léger mouvement de bascule du crâne sur l’atlas , qui élève un peu la mâchoire supérieure. Toutefois ce mouvement n'est qu'un très faible auxiliaire de celui déterminé par les muscles extenseurs de la tête. En résumé, il ressort de l'ensemble des considérations précédentes , que , des deux faisceaux du digastrique , le postérieur est plus particulièrement abaisseur de la mâchoire, et l'antérieur, élévateur de l'os hyoïde.

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