MUSCLES PROPRES DE L’HYOIDE
Son insertion inférieure , largement épanouie, nait, par de courtes fibres aponévrotiques, du ligament sterno-claviculaire , postérieur, et seulement, par ses épanouissemens, du cartilage de la première côte et de la partie voisine de la première pièce du sternum; d'où il résulte que c’est avec raison que M. Cruveilhier substitue au nom impropre de sterno-hyoïdien celui, beaucoup plus exact, de cléido-hyoïdien. A partir de son attache inférieure, ce muscle contourne en arrière l'articulation sternoclaviculaire, puis, légèrement rétréci, monte verticalement en suivant les contours onduleux du corps thyroïde et du larynx, séparé de son congénère par un intervalle médian que remplit une membrane fibro-celluleuse. Il s’insère, par son extrémité supérieure, au bord inférieur du corps de l'os hyoïde, en dedans de l'omoplat-hyoïdien. Les fibres de ce muscle sont parallèles, minces et colorées. Souvent , à la hauteur du cartilage thyroïde, elles sont interrompues par une légère intersection fibreuse transversale. Dans d’autres cas, cette intersection est située à peu de distance de la clavicule.
Anomalies. Ce muscle est quelquefois double. Parfois il se confond inférieurement avec le sterno-thyroïdien (Albinus). On l'a vu aussi naître en bas du milieu de la clavicule (Kelch).
Connexions. Recouvert en avant par l'aponévrose cervicale, le peaucier, le sterno-mastoïdien et la clavicule, le cléido-hyoïdien recouvre en arrière les sterno-thyroïdien, thyro-h yoïdien et cricothyroïdien , le corps thyroïde, les membranes thyro-hyoïdienne et crico-thyroïdienne , dont le séparent souvent des bourses synoviales ; enfin, les vaisseaux thyroïdiens supérieurs, et médiatement la trachée-artère.
DE L'OMOPLAT -HYOIDIEN. (1)
SCAPULO-HYOIDIEN (CHAUSS.); M. RETRACTOR OSSIS HYOIDEI; OMO- HYOIDEUS ; CORACO-HYOIDEUS.
Configuration , insertions. Muscle rubané, plus grêle et plus long que le précédent , digastrique ou composé de deux faisceaux extrêmes, réunis à angle obtus par un tendon mitoyen, et situé sur les parties antérieure et latérale du cou qu'il traverse en diagonale. Son faisceau inférieur ou scapulaire naît du bord cervical de l'omoplate sur la limite de l'échancrure coracoïdienne, et souvent aussi du ligament qui ferme cette échancrure. Les fibres aponévrotiques d'insertion se prolongent assez loin sur le bord supérieur. Le faisceau mince et plat qui leur succède, d'abord presque horizontal, monte ensuite obliquementi d’arrière en avant et de dehors en dedans, glisse entre le trapèze, la clavicule, le peaucier et le sterno-mastoïdien , en avant , et en arrière les scalènes. En regard du scalène antérieur le muscle, plus étroit, est continué par le tendon mitoyen. Celui-ci, long d'un à deux pouces , aplati, incurvé suivant sa longueur, décrit le sommet de l'angle obtus des deux faisceaux. Il est renfermé dans une anse de glissement, formée par une mince duplicature du feuillet profond de l'aponévrose cervicale qui se fixe à la clavicule. Le faisceau supérieur où hyoïdien procède en haut du tendon; il monte presque parallèlement au cléido-hyoïdien, et vient s’insérer en dehors de ce dernier muscle, au bord inférieur
du corps de l'os hyoïde.
Anomalies. Elles sont assez communes et présentent de nom-
(1) Planches 90, 91, 94, 96.
breuses variétés : 1° l'absence totale de ce muscle (Meckel); 2° l'élargissement de son faisceau scapulaire qui s'étend le long du bord de lomoplate ( Albinus ); 3° son origine de la clavicule seule (Albinus) ,ou par deux faisceaux , de cet os et de l'omoplate (Kelch); 4° la fusion de son faisceau supérieur avec le sternothyroïdien (Sels); 5° l'insertion de ce faisceau à l'apophyse transverse de la seconde vertèbre cervicale , sans aucun rapport avec l'hyoïde (Sels), disposition qui annule complétement son principal usage.
Connexions. Indépendamment des muscles nombreux avec lesquels nous l'avons déjà vu en rapport, le scapulo-hyoïdien emprunte en chirurgie un nouvel intérêt de sa direction par rapport aux vaisseaux et aux nerfs. Traversant à-la-fois ies deux sillons vasculaires des régions sous-hyoïdienne et sus-claviculaire, il passe au-devant de l'artère carotide et de la veine jugulaire interne pour la première région, de l'artère sous-clavière et du plexus brachial pour la seconde, et il gène pour pratiquer l'incision qui doit mettre à découvert ces vaisseaux, principalement lorsqu'il s’agit de lier l'artère sous-clavière à sa sortie d’entre les scalènes.
DU STERNO-THYROIDIEN. (1)
M. BRONCHIUS (R/OL.); S. STERNO-THYROIDEUS.
Configuration, insertions. Situé verticalement le long de la partie antérieure du cou, derrière le cléido-hyoïdien ; comme lui, mince, rubané, mais plus large, il naît inférieurement au-dessous de l’attache de ce muscle, par de courtes fibres aponévrotiques, de la partie moyenne et latérale de la face postérieure de la première pièce du sternum et du cartilage de la seconde côte. D'abord très large à son extrémité inférieure, il se rétrécit un peu, puis monte verticalement jusqu'au cartilage thyroïde, où il s'insère obliquement de bas en haut et de dedans en dehors sur la ligne de séparation de ses deux facettes, entre les attaches du thyro-hyoïdien et du constricteur intérieur du pharynx. Il recoit toujours en ce point une languette musculaire de terminaison du dernier de ces muscles , et souvent se continue par quelques unes de ses fibres avec le premier. Les fibres du sternothyroïdien sont parallèles, fines et très colorées ; ordinairement elles sont traversées, un peu au-dessus de la clavicule, par une intersection fibreuse transversale. Ce muscle, comme le cléidohyoïdien, se présente quelquefois double (Gunz).
Connexions. Recouvert par les muscles cléido et scapulo-hyoïdiens , il recouvre en haut le corps thyroïde et ses vaisseaux , le muscle cricothyroïdien , une partie du constricteur inférieur du pharynx; en bas, la trachéezartère , les veines sous-clavière et jugulaire interne, l'artère carotide , et, du côté droit, le tronc brachio-céphalique. Dans l'espace moyen des deux muscles rampent la veine thyroïdienne moyenne et ses rameaux affluens, qu'il est si important de ne pas léser dans l'opération de la trachéotomie.
DU THYRO-HYOIDIEN. (2)
M. HYO-THYROIDEUS.
Petit muscle membraneux , irrégulièrement quadrilatère , qui
semble n'être que la partie supérieure du sterno-thyroïdien isolée pour permettre les mouvemens partiels des parties sur lesquellesil s'insère. Il naît de la ligne oblique du cartilage thyroïde, monte verticalement, en diminuant un peu de largeur et augmentant d'épaisseur, et se fixe au bas de la face postérieure du corps de l’hyoïde, dans sa moitié externe et en dedans de la moitié antérieure de sa grande corne ; en sorte que la longueur de ses fibres diminue du bord interne vers l'externe.
Recouvert par les muscles cléido et scapulo-hyoïdiens, il recouvre le cartilage thyroïde et la membrane hyo-thyroïdienne.
DE L'HYO-THYROIDIEN