‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 18 sur 138 · ÉTUDE EXTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXTÉRIEURE DU CERVEAU

Organe double , symétrique , partie solide , partie creusé de cavités considérables, d’un grand volume chez l’homme , le cerveau surmonte et couronne les prolongements céphaliques de la moelle épinière à laquelle il est uni par ses pédoncules.

Renfermé dans le crâne , dont il occupe presque toute la capacité , il forme dans son ensemble une masse irrégulièrement ovoïdale , à surface grise et onduleuse , dont le grand axe est dirigé d’arrière en avant.

Son contour et ses régions supérieures convexes [voy. pl. 11), répondent à toute l’étendue de la voûte osseuse. Ses régions inférieures accidentées, mais toujours symétriques (voy, pl. 9) , s’appuient sur la tente du cervelet en arrière , sur les fosses temporales de chaque côté, sur les voûtes orbitaires en avant, et sont pénétrés , dans leur centre , par le tronçon des pédoncules.

Yu d’en haut, le cerveau représente, plus parfaitement que dans aucun autre sens , un ovoïde , dont le plus grand diamètre transversal répond aux fosses pariétales. Yu par en bas, il offre une surface décomposée en plusieurs fractions dissemblables, hétérogènes , comprises dans un ovale parallèle à la circonférence du crâne. Le plus grand diamètre de cet ovale correspond à la région squammeuse de l’os des tempes. Examiné de côté (voy. pl. 10, fig. 1 ) , le cerveau présente une grand masse convexe , in-

(1) Pour étudier convenablement le cerveau, il faut, après l’ablation de la voûte du crâne et l’exâmen attentif de l’organe en place, l’extraire de la boîte osseuse et le dépouiller avec le plus grand soin de toutes les membranes qui l’enveloppent. Il est indispensable d’avoir plusieurs cerveaux pour cette élu ’e : il en faut de frais, il en faut d’autres endurcis dans l’alcool où on les aura tenus suspendus quelque temps. Sans cette dernière précaution, le cerveau pressant contre les parois du bocal se déforme et n’est pas aussi favorable pour les manipulations anatomiques.

DU CERVEAU

sciïte dans une circonférence irrégulière composée d’une grande courbe supérieure qui parcourt d’avant en arrière le cintre de la voûte du crâne , et de deux lignes à peu près droites qui , des extrémités antérieure et postérieure de cette grande courbe, se portent vers la fosse temporale, l’une d’elles finissant au bord antérieur de cette fosse , l’autre gagnant son fond , de sorte qu’entre l’une et l’autre reste un angle saillant de la masse cérébrale (voy. pl. 10, fig. 1, O’). Une scissure profonde, correspondant au cintre médian du crâne, partage le cerveau en deux moitiés appelées hémisphères ou grands lobes cérébraux (voy. pl. 11, Z Z').

Cette scissure, nommée grande scissure, scissure interlobaire, contourne le cerveau suivant le plan vertical médian sans pénétrer partout à une égale profondeur. En arrière, elle divise complètement, de haut en bas, toute l’étendue du tiers de sa masse, une moitié seulement en haut , un cinquième en avant. Dans le milieu de la face inférieure, elle n’est visible qu’antérieurement dans l’intervalle des parties les plus reculées qui reposent sur les voûtes orbitaires, et dégénère ensuite en un sillon superficiel derrière lequel on voit le chiasma des nerfs optiques (voy . pl. 9, Z’ K). Par leur écartement en arrière de ce chiasma , deux rubans nerveux remarquables, qu’on appelle les tractus optiques, décrivent sur le bord de la substance cérébrale une belle courbe (voy. pl. 9, L) dans laquelle sont inscrits les pédoncules cérébraux (voy. pl. 9, N) \ ces tractus optiques forment ainsi la limite réciproque du cerveau et de ses pédoncules.

En écartant les surfaces qui se correspondent dans la grande scissure , on découvre dans son fond , en haut , en avant , en arrière et dans les parties antérieures seulement de sa base , une couche blanche transversale qui passe d’un hémisphère à l’autre. Cette couche blanche est le corps calleux. Une lacune peu profonde existe à droite et à gauche, dans toute l’étendue de ce corps, entre sa surface et celle des parties voisines de l’hémisphère. La surface transversale du corps calleux , visible seulement dans l’intervalle des hémisphères et jusqu’au fond de cette lacune bilatérale , présente environ deux doigts de largeur.

ETUDE EXTERIEURE

Légèrement voûté en haut , courbé en demi-cercle en avant, simplement renflé en un bord obtus en arrière, le corps calleux présente dans toute son étendue des stries dont la direction transversale est croisée par deux petits cordons blancs juxtaposés l’un à l’autre sur la ligne médiane.

Si l'on coupe, suivant cette ligne , le corps calleux dans toute son épaisseur , on voit tomber en dehors les deux hémisphères qui ne tiennent plus l’un à l’autre que par leurs connexions avec les pédoncules et quelques faibles parties médianes que ce n’est pas le lieu d’examiner ici.

En comparant à la masse si considérable des hémisphères le volume du corps calleux qui , dans sa longueur totale , presque égale à celle de la main, n’a que l’épaisseur du bout de l’index ( voy. pl. 8, fig. 1, J) , il est naturel de penser que chaque hémisphère forme un organe à part. Et quand on sait que le lien principal qui les réunit, le corps calleux, s’affaiblit dans les derniers mammifères , est si peu de chose chez les didelphes , que des anatomistes célèbres ont nié son existence chez ces animaux (1) , qu’il manque entièrement chez les oiseaux, et qu’enfîn, chez l’homme lui-même , il n’émane pas directement des hémisphères. On est convaincu que ces hémisphères forment deux organes aussi distincts l’un de l’autre que le sont les deux rétines (2). Il est donc évident qu’il* y a deux cerveaux.

Chaque cerveau , ou suivant le langage usité , chaque hémisphère ou grand lobe cérébral , représente un segment d’ovoïde

(1) M. de Blainvillc a toujours soutenu l’existence du corps calleux chez les didelphes, et me l’a fait voir de la manière la plus manifeste chez plusieurs de ces animaux. Il a si peu de volume qu’on s’explique facilement comment on a pu croire à son absence. M. de Blainville démontre simplement que la réduction extrême du corps calleux chez les didelphes et les ornithodelphes est un des caractères qui doivent les faire rapprocher des oiseaux dans la classification de la série animale.

(2) Les deux rétines sont sans aucun cloute deux parties parfaitement différentes l’une de l’autre, quoique les deux nerfs optiques dont elles sont les expansions terminales se confondent dans le chiasma. De même les hémisphères cérébraux, efflorescences terminales des pédoncules, forment deux organes parfaitement distincts, quoique les pédoncules auxquels ils tiennent ne soient pas moins unis l’un à l’autre sur la ligne médiane que le sont les nerfs optiques dans le chiasma»

DU CERVEAU

auquel on distingue une grande face extérieure convexe, une face interne plane et une face inférieure décomposée en plusieurs régions alternativement concaves et convexes.

La face externe ou convexe de l’hémisphère , correspondant à chaque moitié latérale de la voûte du crâne, présente dans son aire quatre régions plus proéminentes. Une de ces régions est logée sous la fosse frontale , une autre sous la fosse pariétale , la troisième sous la portion écailleuse du temporal , enfin la quatrième, qui est ordinairement la plus prononcée, répond à la fosse occipitale supérieure. Toutefois, ces quatre proéminences sont loin , vu les découpures et la mollesse des parties qui les forment, de ressortir aussi distinctement que les bosses du crâne sous lesquelles elles sont logées (1).

Une scissure profonde, qui commence en bas au niveau des apophyses d’Ingrasias et se porte obliquement en haut et en arrière dans une étendue égale à la longueur d’un doigt , et finit vers le centre de la bosse pariétale , divise incomplètement en deux sections la face externe ou convexe de l’hémisphère (voy. pl. 10, EE, ee). La même scissure se prolonge sur la face inférieure de l’hémisphère qu’elle partage complètement en deux régions distinctes [voy. pl. 9, E E' ). Du point où nous l’avons vue naître au bas de la face inférieure / elle se porte en dedans et en arrière au contact du nerf optique et se confond , un peu en dehors du chiasma, avec une fente remarquable de la face interne , qui sera décrite plus tard sous le nom de fente de Biehat. Cette grande scissure qui coupe en deux la face de chaque hémisphère et se prolonge très-loin sur la face externe et même sur l’interne, est nommée scissure de Sylvius.

La portion de la face inférieure du cerveau , postérieure à cette scissure, égale en longueur l’index et la moitié de l’os corres-

(1) U suffit d’un examen attentif pour reconnaître ejue ies replis circonvolulionnaires qui composent ces proéminences diffèrent d’un sujet à un autre, d’un liétnisplière même à son congénère, et que par conséquent l’on ne peut jamais savoir SVeC certitude, avant d’avoir ouvert le crâne, à quelles parties précises des circou* volulions répondent les bosses crâniennes.

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pondant du métacarpe. Sa largeur est tout au plus du tiers de sa longueur. Cette grande région de la face inférieure ou basilaire du cerveau , représente un segment de zone à surface légèrement concave d’avant en arrière. Le bord interne concave de ce segment de zone répond en dedans à l’insertion du pédoncule et se prolonge jusqu'au bourrelet postérieur du corps calleux. C’est en dedans de ce bord qu’existe l’ouverture qui conduit dans les ventricules et qu’on appelle fente de Bichat (1).

Le bord externe de la zone cérébello-temporale de la base de l’hémisphère suit le contour du crâne et forme la limite respective des parties de la face externe de l’hémisphère et de celle de sa base qui sont situées derrière la scissure que nous avons signalée sur l’une et l’autre de ces régions. Les deux petits bords de ce segment de zone se trouvent , l’un à l’entrée de la région inférieure de la scissure , l’autre au contact de la grande faux ( voy . pl. 9). Dans sa moitié postérieure le segment de zone correspond en arrière au cervelet dont la tente cérébelleuse le sépare. Dans sa moitié antérieure , il répond à la fosse temporale. On peut donc, dans son ensemble, l’appeler région cérébello-temporale de la base du cerveau ; et si l’on ne parle que de la portion cérébelleuse ou de la portion temporale de cette base , on

(1) Cette fente de Bichat peut être considérée comme la prolongation interne et postérieure de la scissure de Sylvius elle-même. Ainsi conçue, cette grande scissure, comprenant avec la scissure de Sylvius proprement dite la fente de Bichat, représenterait pour chaque hémisphère ce que représente la scissure du rein pour ce dernier organe. C’est en effet par cette scissure de l’hémisphère que pénètrent les pédoncules cérébraux, les nerfs optiques, les olfactifs, les prolongements membraneux de l’extérieur à l’intérieur du cerveau; c’est par cette même scissure que plongent les plus gros vaisseaux dont est pénétrée la substance cérébrale. C’est en un mot le lieu par lequel s’opèrent les communications principales du cerveau avec le reste du système nerveux, du système circulatoire et du système cellulaire. Il en est tout à fait de même dans le rein; les communications principales de l’intérieur de cette glande avec le reste du système urinaire, avec le système nerveux, le circulatoire et le cellulaire s’opèrent en effet par sa scissure.

Dans cette manière de voir, la scissure qui naît à la face interne de l’hémisphère, près du bord postérieur du corps calleux et qui n’est séparée de la fente de Bichat <pic par une saillie blanchâtre de substance cérébrale, serait la prolongation de la grande scissure en arrière et en dedans, comme la partie externe de la scissure de Sylvius est la prolongation en dehors et en arrière (voy. pl. 8, Hg. 1, P).

DU CERVEAU

indiquera, d’une manière parfaitement claire, les surfaces particulières qu’on entend désigner.

La seconde portion de la région inférieure occupe , au-devant de la scissure, ..un espace limité par un triangle presque équilatéral (voy. pl. 9 ,FD Z'). De ce triangle, le côté interne, droit , forme l’arête sur laquelle se termine, en avant et en bas, la face plane interne de l’hémisphère. Son côté antérieur courbe , suit la courbe d’union des régions horizontale et verticale de l’os du front et se trouve par conséquent sur la limite inférieure de la région frontale de la face convexe de l’hémisphère. Le côté externe oblique forme le premier fragment de l’enceinte circonvolutionnaire de la région externe de la scissure de Sylvius.

Cette région triangulaire de la base du cerveau qu’il convient, à cause de sa situation et de sa figure , de nommer région orbitaire ou triangle orbitaire, est un peu concave de droite à gauche. Elle offre à peine la longueur , dans chacun des côtés qui la limitent, des deux dernières phalanges de l’index. Elle est donc bien loin d’égaler en étendue le segment de zone postérieur à la scissure. On voit près du bord interne de la région orbitaire de la base du cerveau , le sillon sur lequel repose le nerf olfactif ( voy . pl. 9, /’ ) , et en arrière de ce sillon les racines du même nerf (voy. pl. 9, /, A, j O).

La face interne d’un hémisphère cérébral séparé de son congénère , est plane dans son ensemble. Sa circonscription est celle d’un croissant plus recourbé , moins large en avant qu’en arrière (voy. pl 8, fig. 1 ). Dans le grand croissant se trouve inscrit un autre croissant dont le plus grand contour est représenté par la section du corps calleux J et le bord de la fente de Bichat B\ b. A la partie postérieure du grand croissant , on remarque une scissure assez profonde qui commence un peu au-dessous et en arrière du corps calleux, au delà d’une espèce d’ourlet qui cerne ce corps. Cette scissure, qu’on a nommée scissure postérieure, se porte obliquement en haut et en arrière de la courbe supérieure de l’hémisphère, à une longueur de petit doigt de son extrémité postérieure.

176 Étude extérieure du cerveau.

Cette scissure de la face interne semble encore un prolongement de la scissure de Sylvius. Elle forme la limite postérieure d’un groupe de circonvolutions dont la figure est celle d’un quadrilatère (voy. pl. 8, fig. 1, E E H P). La limite antérieure de ce même groupe quadrilatère est déterminée par une anfractuosité toujours très-profonde , et qui se porte obliquement du voisinage du bord postérieur du corps calleux , au bord supérieur de la face interne de l’hémisphère qu’elle entaille toujours assez profondément.

Cette anfractuosité antérieure au groupe quadrilatère , que la scissure postérieure limite en arrière , surpasse tellement le plus grand nombre des anfractuosités ordinaires de la face interne du cerveau, que nous croyons favorable de la désigner par le nom de scissure antérieure de la face interne de Thémisphère. Tout ce qui reste de circonvolutions au-devant de cette scissure antérieure forme un groupe en croissant. Ce qui reste de circonvolutions en arrière de la scissure postérieure figure un groupe triangulaire , de sorte que la face interne de l’hémisphère se trouve découpée dans sa totalité , par ces deux scissures , en trois groupes de circonvolutions; un moyen quadrilatère , intermédiaire aux deux scissures; un antérieur en croissant, situé au-devant de la scissure antérieure ; un postérieur, triangulaire, situé derrière la scissure postérieure.

Au-dessous du corps calleux apparaissent des parties qui n’appartiennent plus aux régions extérieures du cerveau , et ne doivent pas être examinées ici.

Si nous disons actuellement que l’extrémité antérieure de chaque hémisphère plus mousse, plus obtuse que l’extrémité postérieure , descend moins bas que cette dernière , nous aurons terminé l’exposition sommaire par laquelle nous avons dû préluder à une étude plus approfondie de l’organe.

Passons maintenant à des déterminations plus circonstanciées, et cherchons d’abord à bien connaître la scissure de Sylvius dont nous n’avons fait jusqu’ici qu’indiquer la place.

SCISSURE DE SYLVIUS

SCISSURE DE SYLVIUS

Cette fente qui partage transversalement en deux régions parfaitement distinctes la face inférieure du cerveau , se prolonge obliquement en arrière et en haut sur la face externe, et présente un prolongement analogue sur la face interne , doit maintenant fixer notre attention.

Si l’on écarte avec précaution et le plus largement possible en même temps les bords de cette scissure , on découvre des dispositions d’une extrême importance , qu’il était impossible de soupçonner dans l’état clos de la scissure.

On voit d’abord, dans la région externe ( voy. pl. 10, fig. 1), que les parties rapprochées bord à bord sur toute la longueur de l’entrée de cette ouverture , se décomposent en trois parois d’inégale grandeur , espèces de lèvres qui , s’éloignant les unes des autres par leurs bords adhérents , et se rapprochant par leurs bords libres, circonscrivent et recouvrent une éminence assez considérable sur la surface de laquelle elles sont rabattues comme les lèvres d’une bouche fermée le sont sur les arcades dentaires. Il y a donc à étudier dans cette région de la scissure de Sylvius ses parois latérales ou ses lèvres , et l’éminence centrale qu’elles recouvrent.

Les parois latérales ou lèvres de la partie externe de la scissure de Sylvius , n’ont pas reçu de nom particulier. L’éminence qu’elles recouvrent a été soigneusement étudiée par Reil sous le nom d’insula.

Les trois parois ou lèvres de la région externe de la scissure de Sylvius représentent chacune un quadrilatère. Dans toutes ces parois , un des bords du quadrilatère est adhérent au contour de l’insula ; le bord opposé est libre à l’entrée de la scissure. Dans la paroi moyenne, le bord antérieur est son moyen d’union avec la paroi antérieure , et son bord postérieur s’unit à la paroi postérieure ; et ces deux bords d’union de la paroi moyenne avec les deux autres, se trouvent dans le sommet du sinus d’un angle

SCISSURE DE SYLVIUS

que forment les parois antérieure et postérieure rapprochées de la moyenne , comme les deux valves d’une charnière oblique qui serait presque fermée. Il faut , d’ailleurs , pour bien comprendre les rapports de ces parois entre elles et avec l’éminence de l’insula qu’elles recouvrent, remarquer soigneusement la direction et les dimensions différentes de chacune d’elles.

La supérieure, dirigée d’avant en arrière avec une légère convexité en haut , convexité plus prononcée à son bord adhérent qu’à son bord libre, n’a. guère moins de longueur que le doigt médius et le tiers environ de large [voy. pi. 6, qqq, et pl. 7, fig. 1, E E E, et pl. 10, fig. l,ee). Sa direction approche de celle d’un arc de cercle concentrique à la grande courbe supérieure de l’hémisphère.

La paroi antérieure , inférieure , la plus petite de toutes ( voy . pl. 6, E E', et pl. 10, fig. 1, E’ Y , et pl. 7, fig. 1 ,E F), libre par un de ses bords, adhérente par le bord opposé autour de l’insula, forme charnière, par un troisième bord, avec la paroi supérieure au bord antérieur de laquelle elle s’unit. Son quatrième bord , situé en dedans, se perd dans le bord libre de la région inférieure de la scissure. A peu près carrée, cette paroi antérieure n’a guère de côté que la longueur d’une phalange digitale. La direction de son bord adhérent et de son bord libre est dans le sens du bord externe de la région orbitaire de la base du cerveau. Le bord libre de cette paroi antérieure semble donc former le bord externe du triangle orbitaire du cerveau , comme le bord libre de la paroi supérieure formerait le bord externe de la convexité de l’hémisphère , dont la grande courbe supérieure forme le bord interne.

La paroi postérieure inférieure, d’une grandeur un peu moindre que la supérieure , mais beaucoup plus grande que l’antérieure, a presque la longueur de l’index (voy. pl. 10, fig. 1, E} et pl. 7, fig. 1, E" j E'"). Son bord libre forme en entier le bord inférieur de la scissure ; son bord adhérent est beaucoup moins grand que celui-ci et confine en bas et en arrière à l’éminence de l’insula. Le bord qui lui est commun avec la paroi supérieure, cor-

SCISSURE DE SYLVIUS

respond au sommet du sinus d’un angle très-aigu que cette paroi forme par sa réunion avec la supérieure. Le bord opposé se trouve libre à la partie postérieure de la région basilaire de la scissure, et décrit presqu’un demi-cercle par son développement. La direction du grand bord de cette paroi postérieure inférieure de la région externe de la scissure de Sylvius, est à peu près parallèle . au bord externe de la zone cérébello-temporale de la base du cerveau ; il présente en conséquence une légère convexité en bas, mais il est beaucoup moins étendu que lui ; dans la même proportion de réduction , que les bords libres des deux autres parois présentent dans leurs rapports , l’un avec la grande courbe supérieure de l’hémisphère, l’autre avec le bord interne de la région orbitaire de la base du cerveau. De ces proportions constantes qui existent entre la lèvre antérieure de la scissure de Sylvius et le bord interne du triangle orbitaire , entre la lèvre supérieure de la scissure et la grande courbe qui suit la limite interne de la convexité de l’hémisphère , enfin entre la lèvre inférieure postérieure de la scissure de Sylvius et le bord externe de la zone cérébellotemporale, il résulte que les grandes surfaces de l’hémisphère comprises entre la scissure de Sylvius d’un côté , et le bord interne du triangle orbitaire , la grande courbe supérieure de l’hémisphère et , enfin , le bord externe de la zone cérébello-temporale, de l’autre côté, représentent une espèce de croissant à deux brisures, dont le^ lèvres de la scissure de Sylvius forment les petits bords, tandis que le grand bord est formé par la ligne interne du triangle orbitaire, la grande courbe supérieure de l’hémisphère et le côté externe de la zone cérébello-temporale. Nous aurons occasion de revenir sur cette comparaison. Nous la croyons très-utile pour faciliter l’intelligence de la conformation du cerveau , et pour permettre de comprendre les règles d’après lesquelles les circonvolutions sont développées à sa surface. Au reste , toutes ces parois de la région externe de la scissure de Sylvius sont formées par les brisures d’une seule ligne circonvolutionnaire, que ce n’est pas le lieu d’examiner ici comme circonvolution. Des angles que forment entre elles les trois parois ,

SCISSURE DE SYLVIE S

le postérieur est très-aigu, l’antérieur presque droit. Ces deux angles sont fermés ; l’inférieur seul est ouvert , et conduit à la partie basilaire de la scissure de Sylvius.

Dans toutes ces parois , le bord libre, plus ou moins festonné, est d’une étendue très-supérieure à celle du bord adhérent. C’est dans les limites de ces bords adhérents que s’élève l’éminence que nous avons désignée sous le nom d’insula.

Insula. • — Circonscrite par une sorte de triangle scalène dont les angles sont émoussés, l’insula forme une éminence bombée, qui regarde en dehors et un peu en bas ( voy. pl. 6 , F, et pl. 7, fig. 1 , C C, fig. 2, C C C C C C, et pl. 10 , fig. 1 , C C, et pl. 2, fig. 1 , C F).

Les trois bords du triangle dans lequel est inscrite cette éminence sont proportionnels dans leur grandeur aux trois parois qui leur correspondent. Le supérieur est donc le plus grand, le postérieur inférieur vient ensuite, et l’antérieur inférieur est de beaucoup le plus petit. Quant à la forme de l’éminence elle-même , elle rappelle par sa convexité celle d’une coquille bi-valve , et la disposition remarquable de tous les replis circonvolutionnaires de sa surface ajoute à cette ressemblance. En effet , tous ces replis partent de l’angle inférieur comme d’un centre, pour rayonner en s’élargissant vers le bord opposé à cet angle qui est le bord supérieur ou grand bord de l’insula ( voy. pl. 7, fig. 2).

Son bord antérieur est le même que le bord adhérent de la paroi antérieure inférieure. Le supérieur , vers lequel concourent les terminaisons élargies des replis circonvolutionnaires de sa surface , correspond au bord adhérent de la paroi supérieure , et le bord postérieur inférieur au bord adhérent de la paroi postérieure inférieure.

Les angles postérieur et antérieur de la circonscription de l’insula n’ont rien de remarquable que d’être émoussés. Quant à l’angle interne du triangle, vers lequel concourent les sommets de ces petites circonvolutions, il est blanchâtre, uni, fortement concave d’avant en arrière et convexe de droite à gauche, et, tandis qu’il correspond en dehors aux circonvolutions de l’insula , il se

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