‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie, et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal ... 1re partie. Anatomie (volume 2)Chapitre 24 sur 138 · VENTRICULES DU CERVEAU · texte numérisé non relu

VENTRICULES DU CERVEAU

L’intérieur du cerveau est creusé de cavités considérables qu’on appelle ventricules. Considérées pendant long-temps comme les régions les plus importantes et les plus nobles de l’encéphale , les ventricules ont été dépossédés de cette prépondérance illusoire par Willis. Ce grand anatomiste n’a vu dans les ventricules qu’un vide résultant de la complication du cerveau. Très venlriculi ita vulgo dicti , in unum inane spatium , seu vacuitatem meram è complicalione cerebri resultantem evadent . (Willis opéra, tome 2, page 254).

La disposition des ventricules se coordonne avec celle du segment de cône pédonculaire et celle de l’hémisphère lui-même , de telle sorte qu’il nous paraît impossible de bien comprendre les

DES VENTRICULES

uns sans les autres. On peut comparer chaque hémisphère à une grande calotte de champignon dont le ventricule latéral serait la concavité , et le cône pédonculaire la tige.

Rien ne serait plus simple et plus facile à saisir que cette disposition , si la tige pédonculaire venait s’implanter perpendiculairement au centre d’un segment de sphère creux comme la calotte d’un champignon ; mais il n’en est pas ainsi. Le cône pédonculaire est situé presque au contact de la base du crâne. Placé de champ sur la base de ce cône, l’hémisphère semble avoir été refoulé, il présente une profonde échancrure dont la circonférence embrasse celle de la base du cône. 11 suffit de regarder la face interne d’un hémisphère (voy. pi. 8, fig. 1 ) pour constater que l’insertion du pédoncule (voy. pl. 8, fig. 2, Ar, et pi. 18, fig. 2, JV) s’opère dans une partie basilaire, et qu’elle interrompt la circonférence de l’hémisphère au niveau du quadrilatèreperforé (voy. pl. 18, fig. 2, A ).

A la face externe du cerveau, l’insula traduit, par la saillie qu’elle forme au fond de la scissure de Sylvius , la base du cône pédonculaire; la circonvolution d’enceinte de la scissure de Sylvius représente par son bord adhérant l’échancrure qu'a subie la circonférence de l’hémisphère pour embrasser la base de son pédoncule (voy. pl. 12, CCC, l’insula, et pl. 7, fig. 1, C C, l’iiisula, et E Y E E E E" E" , la eirconvolusion d’enceinte de la scissure de Sylvius ).

Du moment où l’insula qui touche à la base du crâne représente la base du cône pédonculaire , on conçoit que la cavité du ventricule dont est creusé l’hémisphère ne puisse régner tout autour du segment de cône qui l’unit à la moelle. Au lieu de la gorge circulaire visible sous la voûte d’un champignon à l’entour de sa tige, le ventricule cérébral ne doit offrir que ce qu'offrirait cette même calotte de champignon arrachée de sa tige , puis appliquée perpendiculairement par un point de sa circonférence sur le corps de cette tige qu’on presserait assez pour faire rentrer jusqu’au voisinage de son centre la partie refoulée de la circonférence de la calotte.

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Avec cette manière d’expliquer la disposition des ventricules, on comprend que la cavité ventriculaire doive avoir pour parois une partie de la circonférence du cône pédonculaire , et en dehors de sa base la concavité de 1 hémisphère se développant en avant, en haut, en arrière, mais interrompue en bas dans l’endroit où la circonférence de l’hémisphère a subi l’échancrure qui laisse voir, au dehors du cerveau dans le quadrilatère perforé , une partie de la circonférence du cône pédonculaire.

Les ventricules cérébraux ne consistent pas exclusivement dans la cavité d’enceinte de la base du cône pédonculaire. On voit passer d’un hémisphère à l’autre , juste au contact de l’ouverture de la cavité dont nous les avons supposés primitivement creusés , une couche fibreuse indiquée déjà sous le nom de corps calleux. Cette couche allant, comme un pont , d’un hémisphère à l’autre, réunirait simplement en une seule cavité le ventricule de l’hémisphère droit et celui de l’hémisphère gauche, s’il ne se détachait du milieu de cette traverse d’union pour se porter dans l’intervalle des quadrilatères perforés, une cloison verticale médiane qui, coupant en deux une partie de l’espace , dont le corps calleux forme la voûte, établit ainsi distinctement un ventricule droit et un ventricule gauche (voy. pl. 13, fig. 1, D, la cloison; CC, les deux ventricules latéraux. Voy. également pl.]4, fig. 2, R, cloison et en dehors de cette lettre le ventricule latéral. En dedans, celui de la cloison ).

Cette cloison elle-même, attachée au corps calleux, est composée de deux lames entre lesquelles reste une petite cavité, considérée comme un ventricule à part, nommé ventricule de la cloison. Enfin les cônes pédonculaires se rendant obliquement du tronçon pédonculaire au cerveau, la première partie de leur écartement [voy. pl. 2, fig. 4, T) forme une petite lacune ; et de cette lacune on a fait encore un ventricule, appelé troisième ventricule.

Malgré ces différents noms donnés aux diverses régions des cavités ventriculaires, il ne faut pas croire que toutes ces divisions soient parfaitement indépendantes les unes des autres. Situées

DES VENTRICULES

toutes, au moins partiellement, dans le plan médian de l’axe nerveux, elles forment avec les cavités précédemment signalées dans l’axe de la moelle, du cervelet, du tronçon pédoncuîaire, un seul et même système (1)

Tous ces ventricules, à chacun desquels on a donné un nom distinct, ne sont en réalité que des régions diverses d’une seule grande cavité, traversant de part en part l’axe nerveux, depuis son extrémité lombaire jusqu’à son extrémité frontale ; et si chacune des régions qui porte un nom particulier diffère réellement des autres régions, c’est que la partie de l’axe nerveux qu’elle occupe a subi des changements qui commandaient des modifications correspondantes dans la portion du canal ventriculaire qui lui appartient.

Nous avons parlé précédemment du ventricule de la moelle, de celui du cervelet, de l’aqueduc de Sjdvius. Ce qui nous reste à dire maintenant des divers ventricules cérébraux terminera l’histoire de la grande cavité de l’axe nerveux, puisque ces ventricules s’ajoutent à l’aqueduc de Sylvius, dont lacontinuité avec le ventricule cérébelleux et celui de la moelle ne saurait être mise en doute.

Pour nous conformer à l’ordre suivi juqu’à présent , nous commencerons par le troisième ventricule dans lequel souvre directement l’aqueduc de Sylvius ; nous passerons ensuite au ventricule de la cloison , et nous terminerons par les ventricules des hémisphères.

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